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"Site de Saint-Victor", c'est l'inscription que vous trouverez sur les panneaux routiers pour vous rendre à l'église du même nom. Son origine semble remonter au moins au XIIe siècle si l'on en croit la fiche consacrée à Saint-Victor dans le Dictionnaire statistique du Cantal de JB De Ribier du Châtelet :

"L'église ... placée sous le vocable de saint Victor, s'élève sur les ruines de l'ancien château que la famille de Vellian avait donné à la commune".

Pour le visiteur contemporain, elle pourrait s’apparenter à une simple chapelle rurale compte tenu de ses dimensions et de son isolement au bout d’une longue route étroite et sinueuse, et pourtant, il s’agit bel et bien d’une église. En effet, au XIXe siècle, le village de Saint-Victor comptait encore 500 habitants, répartis dans la grosse dizaine de hameaux éparpillés autour du promontoire sur lequel étaient bâtis l’église du village et son cimetière, le presbytère, la mairie et l’école communale.

St Victorphoto1912Aperçu des nombreux chemins qui convergeaient vers l'église de Saint-Victor

A cette époque, c’est-à-dire avant l’arrivée des véhicules à moteur, de nombreux sentiers convergeaient des hameaux vers le rocher village. C’est le progrès qui causa la perte de Saint-Victor, la route qui y mène est un cul de sac, elle est longue, étroite, sinueuse et en pente, l’exode rural est déjà en marche. L’école ferme définitivement en 1940, l’église devient une annexe de celle d’Ayrens et, en 1954, décision est prise de transférer la mairie à Aleix, plus facile d’accès.

Après être tombé dans l’oubli pour d’obscures raisons, le pèlerinage annuel (3e dimanche de septembre) dont l’origine remonte au XVIIe siècle a été à nouveau organisé à partir de 1913 à l’initiative de quelques habitants et ce quasiment sans interruption jusqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes.

station chemin de croix II

Mais revenons-en à l’église de Saint-Victor, placée sous la vocable de Saint-Victor de Marseille, elle se découvre après avoir gravi, à pied, une petite côte jalonnée des 12 stations d’un chemin de croix, construit en 1965 par l’Abbé Marcenat. Rénové dans les années 80, le bâtiment a fière allure au sommet de son promontoire rocheux. Au nord, un portillon ouvre sur le petit cimetière situé de part et d'autre de la courte allée qui mène à la porte plein cintre.

St victor porte plein cintre Vitrail St Victor

A l’ouest, la façade est surmontée d’un clocher en peigne à deux ouïes, la façade sud, en demi-cercle, correspond à la nef dans laquelle sont logées deux baies romanes A l’est, l'ensemble est plus difficile à apprécier, c’est la partie la plus à pic de l’ensemble.

chapelle nord ouest3

L'intérieur offre au regard un chœur en cul de four, une nef de dimensions modestes, un clocher à peigne à deux ouïes et deux cloches ainsi qu'une petite chapelle latérale dédiée à Notre Dame des Sept Douleurs.

St Victor nef

En 2015, des moines bénédictins se sont installés sur le rocher de Saint-Victor, ils y assurent une présence monastique tout en aménageant les lieux pour y faire vivre leur petite communauté. Après avoir intégralement défriché les abords du site (chemin et chemin de croix), ils ont soigneusement nettoyé les bâtiments laissés à l'abandon, désherbé le cimetière et créé un potager dans le prolongement de l'église. On remarquera également, à gauche de la porte d'entrée, des fonts baptismaux enchâssés dans le mur.

cimetière chapelle

Après des décennies d’abandon, la vie a repris en ces lieux empreints de sérénité. 

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Edifices religieux

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