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ÉTAT ACTUEL DE LA VILLE DE MAURIAC

 La ville est agréablement située sur le penchant d'une colline qui s'incline au midi et à l'ouest. Les jardins et les riches prairies qui l'entourent donnent de la grâce au paysage. La promenade est petite; mais on y jouit d'une vue tout à la fois étendue et riante. Le cours Monthyon qui la précède et qui forme aujourd'hui un boulevard, est orné d'une obélisque que la reconnaissance publique éleva au bienfaisant Monthyon, intendant de la province d'Auvergne. C'était en l'année 1770, la misère était à son comble, les grains avaient atteint un prix exorbitant, la quarte de seigle se vendait huit francs dix sous ou 42 fr. 50 c. l'hectolitre, les ouvriers étaient sans travail ; M. de Monthyon, touché de cette situation, trouva le moyen de donner du pain aux malheureux et de faire exécuter dans la ville de Mauriac des travaux d'embellissement et d'utilité publique. On ouvrit le chemin du Limousin, aujourd'hui route départementale, n° 1er, à travers l'enclos du Collège; on nivela la grande rue appelée Place St-Georges; on construisit la fontaine en forme d'obélisque du cours Monthyon, et la fontaine de la place St-Georges ou de la porte de la ville. L'eau fut mise à cette dernière fontaine le 2 mars 1771. M. de Tournemire, alors subdélégué, seconda parfaitement les intentions de l'intendant, et ils trouvèrent l'un et l'autre, dans les échevins Bertin et Delalo, des administrateurs aussi dévoués qu'intelligents.

Une inscription en vers, composée par Marmontel, fut gravée sur le marbre de l'obélisque, pour perpétuer le souvenir des bienfaits du vertueux intendant et de la reconnaissance de la cité.

La ville de Mauriac est assez bien bâtie ; les édifices publics sont remarquables. La sous-préfecture est un charmant hôtel entre cour et jardin; l'hôtel-de-ville, dont les fondements furent jetés vers 1824, et qui n'a été terminé qu'en 1829, a de la grandeur; il est à regretter que les fondations n'aient pas été établies avec plus de soin, et que des lézardes se soient manifestées dans quelques parties du bâtiment.

La place, dégagée aujourd'hui d'une vieille halle el de deux maisons qui l'obstruaient, est grande, régulière et admirablement décorée, d'un côté, par la belle église de N.-D., et de l'autre, par l’hôtel-de-ville. Une fontaine monumentale complétera bientôt sa décoration.

Le tribunal n'a rien de remarquable ; la salle d'audience, restaurée il y a peu d'années, est fort convenable.

Le presbytère, l'école des frères, ont été construits il y a peu d'années et sont suffisants.

Les religieuses de Notre-Dame, qui ont succédé aux religieuses de St-Dominique, établies à Mauriac en 1656, ont un bâtiment vaste, bien aéré, et un enclos magnifique dont l'exposition est fort belle.

L'hospice, dont la direction est confiée aux Sœurs de Nevers, est suffisant et fort bien tenu.

La ville de Mauriac possède tous les établissements que l'on trouve dans un chef-lieu d'arrondissement : une sous-préfecture, un tribunal civil de première instance, composé de quatre juges, d'un procureur impérial, d'un substitut, d'un greffier et d'un commis greffier; une justice de paix, un commissaire de police.

L'administration des finances y compte un receveur particulier, un contrôleur des contributions directes, un vérificateur de l'enregistrement, un conservateur des hypothèques, un receveur de l'enregistrement, un garde général, un directeur des postes, un receveur-entreposeur et deux employés.

Pour les travaux publics, il y a un ingénieur ordinaire et deux conducteurs, un agent-voyer d'arrondissement et deux agents-voyers ordinaires.

Les établissements d'instruction sont nombreux : il y a un Collège en plein exercice, une école primaire gratuite, dirigée par les Frères de la doctrine chrétienne, deux écoles gratuites de filles, l'une au couvent de Notre-Dame, l'autre à l'hospice. Les dames de ces deux établissements reçoivent des pensionnaires et des externes. L'enseignement y est complet.

Un inspecteur des écoles primaires a sa résidence â Mauriac.

Un lieutenant de gendarmerie commande les brigades de l'arrondissement. Celle du chef-lieu est à cheval, et se compose d'un maréchal-des-logis et de six gendarmes.