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ÉLECTION.

 Par édit du roi François 1er, du mois de novembre 1543, il fut créé une élection particulière à Mauriac, composée d'un élu particulier, d'un procureur du roi et d'un greffier. (Note de M. P. De Chazelles.) Antérieurement et depuis, les esleus de St-Flour avaient un lieutenant dans la prévôté de Mauriac, qui résidait tantôt à Salers, tantôt a Mauriac.

Par un édit du mois de décembre 1629, une élection en chef fut créée à Salers; supprimée par déclaration du 3 avril 1630, elle fut rétablie par édit du mois de février 1639; elle fut de nouveau supprimée, et cette fois définitivement, par un édit du mois d'août 1664. Cependant, le roi, considérant que la ville de Mauriac était éloignée de vingt-cinq lieues de celle de St-Flour, en pays de montagnes, et que ses sujets, bien loin de recevoir quelque soulagement de la suppression de l'élection de Salers, recevraient un notable préjudice, rétablit à Mauriac une élection particulière qui serait composée « d'un conseiller du roi esleu particulier, d'un substitut du procureur général et d'un greffier, pour rendre la justice et avoir connaissance du fait des aydes, tailles, levées et impositions, et dont les appellation* ressortiront, comme ci-devant, à la Cour des aydes de Clermont-Ferrand. » Il fut établi, par le même édit, un bureau de recette particulière en la ville et prévôté de Mauriac, dans lequel le receveur des tailles de l'élection de St-Flour serait obligé de tenir un commis.

Cette élection subsista jusqu'à la révolution. M. Grenier, ancien président de l'élection de Salers, fut nommé élu par l'édit de création, qui est du 10 décembre 1664. M. de Vezoles fut le premier procureur du roi. En 1789, M. Paulin Duclaux était élu, et M. Bonnefon, procureur du roi.

Dans chaque élection, il y avait au moins un subdélégué de l'intendant. Le premier subdélégué de Mauriac fut M. Courboulès de Montjoly. Ces fonctions passèrent ensuite dans la maison de Vigier, dont quelques membres furent tout à la fois subdélégués et receveurs des tailles. Le subdélégué, en 1789, était M. de Tournemire.

Le roi ayant créé des assemblées provinciales par l'édit de juin 1787, pour délibérer sur les affaires des provinces, il fut établi dans chaque chef lieu d'élection des assemblées d'élection. Ces assemblées avaient des attributions analogues à celles des conseils généraux et des conseils d'arrondissement actuels.

Par un arrêté du 9 octobre 1787, l'assemblée divisa l'élection en quatre arrondissements, dont les chefs-lieux étaient : Mauriac, Salers, Pleaux et Menet.

Le président de cette assemblée avait été nommé par le roi. C'était M. le comte d'Anglards de Bassignac. Six membres avaient été choisis par l'assemblée provinciale, savoir : pour l'ordre du clergé, M. Colinet de Labeau, doyen du chapitre de St-Chamand; pour l'ordre de la noblesse, M. le comte de Sartiges; pour l'ordre du tiers état, M. Lescurier, lieutenant-général au bailliage royal de Salers, Dapeyron de Cheyssiol, avocat à Pleaux, Raymond Tautal, avocat à Menet, Ternal, bourgeois à Mauriac.

Conformément à l'édit, l'assemblée ainsi composée élut pour se compléter:

Pour L'ordre Du Clergé,

M. d'Anglards, curé de St-Martin-Cantalès. — M. de Burg, curé de St-Paul.

Pour L'ordre De La Noblesse, M. de Fontanges, baron de Cousans. — M. le chevalier de La Tour de St-Vincent.

Pour Le Tiers état,

M. Delalo, médecin à Mauriac. — M. Lescurier de Fournol, bourgeois à Anglards. M. Fenolhac de Prades, notaire à Trizac . — M. Perier de Lavergne, notaire à Ostenac.

L'institution des assemblées provinciales et des assemblées d'élection fui supprimée par le décret de l'Assemblée nationale, du 22 décembre 1789, et par les lettres-patentes du roi, de janvier 1790. La France ayant été divisée par départements, il fut établi, dans chaque chef-lieu , une assemblée chargée de l'administration, sous le titre d'administration du département; au chef-lieu de chaque district, une administration de district, et enfin, dans chaque municipalité, une administration municipale.

Mauriac devint le chef-lieu d'un district, plus tard d'un arrondissement; il resta le chef-lieu administratif, comme il l'avait été de la prévôté et de l'élection.