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Disparition, tel pourrait être le sous-titre de ce poème qui évoque avec beaucoup de nostalgie la disparition de tout un petit monde, celui des bergers et des bergères et de leur indispensable acolyte à 4 pattes dans la conduite des troupeaux, aujourd’hui remplacés par des clôtures électrifiées.

ou sont passes les bergers

Où sont passés les bergers

Mais que sont devenus bergers et pastourelles
Qui, pendant les beaux jours, derrière le troupeau,
Entonnaient la grande, antique ritournelle
Emportée par le vent vers les cimes là-haut.

Mais qu’est donc devenu le labri si fidèle,
Gambadant si joyeux au milieu des salers,
Lui qui n’a pas connu à son cou la ficelle,
Utile travailleur au quignon pour salaire.

Plus de jeunes pastrous, plus de belles bergères,
Plus de chien malicieux, cerbère du bétail,
Le progrès est venu, rejetant en arrière
Les bergers et les chiens qui demeurent au bercail.

Aujourd’hui des piquets et des fils électriques
Ceinturent les prairies même les communaux ;
Le progrès, c’est connu, dérange les pratiques,
Mais a-t-on demandé l’avis des animaux ?

Jean-baptiste Manhes

 

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