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MALBO.

 — La commune de Malbo fait partie du canton de Pierrefort et de l'arrondissement de St-Flour. Elle est bornée au nord par celles de Pailherols et de Brezons; au sud, par celle de la Capelle-Barrès et la rivière de Ciniq, qui la sépare de celle de Narnhac ; à l'est, par les communes de Vigouroux, de St-Martin et de Brozons, et à l'ouest, par celles de la Capelle-Barrès et de Pailherols. Sa superficie est de 3,000 hectares, savoir : 300 hect. en terres cultivées; 2,000 hect. en prés et pacages servant l'été à des vacheries; 330 hect. en bois, y compris la forêt impériale de Ciniq, située sur le versant sud du Cantal; 120 hect. en terres vaines et bruyères.

Elle est arrosée par le ruisseau de Ciniq, qui prend sa source au-dessus do la montagne de la Fouilharade, traverse toute la partie ouest do la commune et va se jeter dans la Truyère, après s'être réuni dans la commune de Thérondel (Aveyron; au ruisseau de Brezons; les ruisseaux de Malbouet, de Sarrut ou d'Hirondel et de la Capelle.

Sa population est de 683 habitants, répartis dans 8 villages, 2 hameaux et 152 maisons.

Malbo, le chef-lieu, est un petit bourg assez bien bâti, placé sur l'avancement d'un plateau qui se détache de la montagne et qui est couronné par les bois qui le préservent un peu des vents du Cantal. Comme il domine sur la vallée toute couverte de prairies, cette vue est assez riante pendant les beaux jours. C'est un des points habités les plus élevés du département.

L'église était un prieuré sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. Sa construction remonterait à la fin du XIV° siècle ou au commencement du XV° En 1814, on a reconstruit un beau clocher en pierre de taille; il est de forme carrée, surmonté d'une flèche. Ce clocher a servi en même temps à allonger l'église de 5 mètres; en sorte que sa longueur, aujourd'hui, est de 28 mètres sur une largeur de 6 mètres. Il s'y trouve une statue en pierre fort ancienne représentant la sainte Vierge, désignée sous le nom de Notre-Dame-des-Canières; suivant la tradition, elle aurait été trouvée dans les bois non loin du bourg. Suivant le pouillé de 1648, il y avait un chapitre à Malbo uni à l'archidiacre de St-Flour, et dont la collation appartenait a l'évêque.

Un presbytère fort convenable y a été construit depuis quelques années.

Il existe aussi dans la commune quelques croix en pierre, dont les bas-reliefs peuvent mériter l'attention des voyageurs.

Guillaume Labro était recteur de Malbo, en 1347 ; Guillaume Laparra, en 1367 Ce fut pendant qu'il était curé que cette église fut donnée a l'archidiacre, qui en percevait les revenus.

Durand Vidalenc fut curé de Malbo en 1660. Il traita avec N. François de la Volpilière, seigneur du Bousquet, au sujet de certains droits. Jen Vidalenc fut curé en 1692, et N. Malmége, en 1775.

Il y eut de grands débats au sujet de la perception des dînes de Malbo, en 1611. Le seigneur de Montamat, fils du soigneur de Meisseilhac, s'opposa, à main armée, à la recette qu'en faisaient les officiers de l'évêque, sous le prétexte de ses droits.

L'année suivante, il en fit de même. Mais le vice-bailli Lacarrière donna main forte aux collecteurs de l'évêque Le seigneur de Montamat, poursuivi, fut obligé de se précipiter du haut d'un rocher, prés de Vigouroux, au risque de perdre la vie, pour ne pas être arrêté. Il dut se démettre de ses prétentions. .

Dans une plaine couverte de bruyères, au point de réunion des communes de Malbo, Pailherols, St-Jacques et Brezons, se trouve un autel druidique de petite dimension. Cet endroit se nomme le Cayre. Ce n'était peut-être qu'un point de délimitation entre ces diverses communes.

La seigneurie de Malbo était comprise dans le mandement de Barrés (la Capelle), dépendant lui-même de celui de Vigouroux, membre de la vicomté de Murat. Après la confiscation de cette vicomté, elle rentra dans le domaine du roi, fut ensuite compris dans la cession faite, en 1643, au prince de Monaco. Néanmoins, la famille de Brezons possédait une partie de cette seigneurie au xvi° siècle Michel de Brezons, marié à Antoinette de Lautoing, habitait Malbo en 1602. Etant devenue veuve et sans enfants, elle fit, par son testament, des donations importantes à l'église paroissiale.

Les villages et hameaux de la commune sont:

Le Bousquet, village au sud du bourg, situé sur un petit plateau entre deux vallons. Sa seigneurie appartenait à M. Dugreil de Meisseilhac de la Volpilière, qui l'a possédée jusqu'à la révolution.

2° Le Capot, hameau.

Chatour , village au sud el sur la pente nord-ouest de la vallée du Ciniq. François de Bonafox en était seigneur en 1753.

La Francie . village situé dans le vallon du Ciniq, au nord-ouest.

La Garigue, village situé sur la montagne, au couchant du bourg, vers la source du ruisseau de Pleau.

Labio, village aussi au couchant, touchant aux montagnes de Lebuel.

Moulin de Malbo, hameau.

Polverelles, village au nord et près du bourg.

Roupon, village au pied du mont Lagarde, sur un plateau, entre les ruisseaux de Ciniq et d'Yrondeile. Ce fief appartenait a la famille Dugreil de la Volpilière. Claude Dugreil le donna, en 1699, à son frère François, Sr du Bousquet. Le commandeur de Negreserre, et Jacques de la Vergne, chevalier de St-Jean-de-Jérusalem, avaient des rentes à Roupon, en 1664.

10° Sarrus, métairie au levant de Malbo, ayant appartenu longtemps à la famille de Lastic de Vigouroux, qui la vendue, il y a peu d'années, au Sr Baduel.

Chabrol, dans sa coutume, parle d'une tour du Peyret comme située dans la commune de Malbo et dépendante de l'abbaye d'Aurillac. Le point où elle était construite est aujourd'hui ignoré.

Nous venons de voir que la forêt de Ciniq occupe le versant sud du Cantal; elle se relie aux bois de Brezons et de Vigouroux par divers ténements assez considérables, dont l'un, entr'autres, nommé la Barte-d’Estriliisou, appartenait à M. Dugreil de la Volpilière. Cette vaste étendue de bois fait qu'il s'y trouvait beaucoup de gibier et même du chevreuil. C'est aussi un repaire assuré pour les loups qui dévastent souvent ces contrées.

Ciniq appartenait autrefois aux rois d'Aragon. En 1147, le vicomte de Carlat, Richard, l'acheta du roi Alphonse. Le vicomte de Murat s'en rendit acquéreur en 1150. Geoffroy de Pons, lors de son mariage avec Isabelle de Rodez, en devint propriétaire en 1296. Cette forêt appartint plus tard au duc de Berry, vers 1418. et fut revendue ensuite à la maison d'Armagnac. Elle suivit toutes les phases du mandement de Vigouroux ; elle fut confisquée, en 1477, sur le duc de Nemours, et donnée avec la vicomté de Carlat à Jean de Blosset de St-Pierre, sénéchal de Normandie, qui la céda par échange à la maison de Bourbon. En 1531, elle vint au domaine du roi par suite de la confiscation faite sur le connétable de Bourbon. Donnée en 1613 au prince de Monaco, ses descendants en ont joui jusqu'en 1789, époque où elle fut réunie" au domaine de l'Etat. Cette partie du bois de Ciniq appartenant au prince de Monaco, était de 218 hect.

Mais il ne faut pas confondre la partie de la forêt domaniale de Ciniq avec celles du même nom qui sont particulières et beaucoup plus étendues. M. do la Garrigue, président du tribunal de St-Flour, jouit d'une partie considérable. La commune de Malbo en possède 60 hect. Raymond Pons en avait vendu quelques parties en 1343. Lors de la révolte du comte d'Armagnac, il en fut donné une autre partie par ce seigneur à l'abbé d'Aurillac. Cet acte de donation fut dans la suite le sujet d'un grand procès. Plusieurs autres personnes ont aussi dans ce moment la propriété de plusieurs fragments.

Au reste, cette forêt est aujourd'hui peu productive a cause des droits d'usage acquis a tous tes habitants du pays.

Le terroir de la commune de Malbo étant dans les régions cultivées du Cantal les plus élevées, est froid et d'un faible produit.

Les fromages faits dans ses vacheries sont très-estimés.

Ses ruisseaux, sont abondamment pourvus de truites très-délicates, et les écrevisses y sont très-communes. Il y a aussi beaucoup de gibier.

Cette commune était de droit écrit, avec appel à Vic.

Malbo fut compris pour 3,300 livres dans la répartition de l'impôt de 1690 pour l'élection de St-Flour.

Il y a un notariat établi.

 

P. de C.

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