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Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852). Volume 1/5.

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ARPAJON

 — La commune d'Arpajon fait partie du canton sud d'Aurillac. Ella est bornée au nord par celles d'Aurillac et de Giou-de-Mamou ; au sud par celle de Prunet; à l'est par Vezac et Labrousse, et à l'ouest par les communes de Roanne* et d'Ytrac. Elle est arrosée de l'est à l'ouest par la rivière de Cère, et, dans toutes les directions, par les affluents de cette rivière qui sont : La Jordanne et les ruisseaux de Mamou, de Couffin, de Lentat, du Montal, de la Peyrusse. Elle compte 2,331 habitants, répartis dans 31 villages, 21 hameaux et 382 maisons.

Arpajon, chef-lieu de la commune, est un bourg bien bâti, dans une position charmante. Il domine la rivière de Cère et la vaste et riche plaine à laquelle il a donné son nom. Cette plaine, dans laquelle se réunissent la Cère, la Jordanne et le ruisseau de Mamou, est traversée par la route nationale n° 120 d'Aurillac à Rodez, à laquelle viennent se joindre, au Pont d'Arpajon , les routes départementales du Mur-de-barrez et de Pierrefort. Les coteaux qui encadrent la plaine sont bien cultivés dans la partie supérieure et boisée dans la partie inférieure. D'élégantes maisons de campagne, de jolies auberges et des villages, coquettement jetés dans les positions les plus délicieusement choisies, animent et embellissent ce riche tableau.

L'église d'Arpajon, petite et peu éclairée, est du style Lombard, avec archivolte et rond point. Elle est sous l'invocation de saint Vincent. La chapelle de Notre-Dame est voûtée en ogive. C'était autrefois un prieuré, sur lequel la communauté des prêtres d'Aurillac et l'évêque de Saint-Flour prétendaient avoir des droits. En 1437 Jacques Le Loup, évêque de St-Flour , voulut l'unir au chapitre de Notre-Dame de sa ville épiscopale, à la charge par ce chapitre d'y entretenir un vicaire perpétuel après le décès de Jean Catusse -, alors recteur d'Arpajon; mais celui-ci résigna, en 1449, en faveur de son neveu , Vincent Catusse. La communauté des prêtres de Notre-Dame d'Aurillac s'opposa à l'union projetée, et enfin, en 1481, le pape Sixte IV adjugea le prieuré d'Arpajon a la communauté d'Aurillac, moyennant une redevance de 55 écus d'or, à 35 sols chaque, payable au chapitre de Notre-Dame de St-Flour.

Les anciens recteurs ou curés d'Arpajon connus sont : Pierre de Cère en 1315; Pierre de Lolier en 1392; il rendit hommage à N. Astorg d'Aurillac pour ce qu'il tenait de lui ; Jean Catusse en 1440; Vincent Catusse de 1449 à 1465; il acheta de N. Astorg d'Aurillac, pour 700 écus d'or de rentes, qui furent affectées aux chapelles de Labastide, de Conros et autres, dédiées à saint Nicolas, saint Marc et saint Mathieu; Christophe La Gravière en 1617; Pierre Cambon en 1670 ; Amable Delzons en 1682; Jean Delrieu en 1694; il fit son hommage au roi; autre Amable Delzons en 1705. En 1731 la cure d'Arpajon avait le titre d'archiprêtré. Pierre de Cébié, vicaire-général de St-Flour, était curé d'Arpajon en 1757.

Le père Dominique de Jésus rapporte qu'il y avait encore, de son temps, dans l'église d'Arpajon, une pierre sépulcrale, en marbre blanc , portant cette inscription : Constantius Nobilis. Il en conclut qu'Arpajon était très-anciennement habité, même avant la fondation d'Aurillac; d'autres, lisant Constantinus au lieu de Constantius, en ont induit que saint Géraud descendait de l'empereur Constantin; nou» laisserons aux savants la discussion et la solution de cet important problème,

nous nous bornerons à rappeler que Sidoine Apollinaire adresse plusieurs lettres à son ami, le prêtre Constantius.

A l'appui de l'antiquité d'Arpajon, on invoque encore la découverte d'un grand nombre de poteries, de médailles, de statuettes , de figures d'oiseaux, de chiens, de loups et d'autres petits animaux, modelés en pâte calcaire, dont M. Dubuisson possède une riche et belle collection. On peut voir, à la bibliothèque d'Aurillac et chez M. Durif, juge de paix de cette ville, de curieux échantillons de ces ouvrages, évidemment anciens, et qui remontent à l'époque Gallo-Romaine. On a aussi prétendu que le nom latin d'Arpajon était Areopagus. Malheureusement dans l'histoire du Languedoc , vol. 3 , aux preuves, page 149, on trouve: Cum guerra esset d'Arpoios et de Aareliaco et ce titre est de 1180; dans un hommage rendu à l'abbé d'Aurillac en 1269, on lit : Las vigairas d'Arpaio, et nulle part on ne trouve le nom ronflant d'Aréopagus.

Il y a deux foires à Arpajon chaque année, la première le lundi avant le dimanche dos Rameaux, la seconde le 24 août.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

1° La Barraque de Sénilhes, hameau; 2° Barrière, hameau jadis connu sous le nom de Verboulès et Basbourlès; mais alors il était plus bas, près du ruisseau. C'est là que naquit, le 24 septembre 1651, Louis Laparra , lieutenant-général, tué au siége de Barcelone le 15 avril 1706. La carrière de cet illustre émule de Vauban fut des plus brillantes. En voici une rapide analyse, extraite de la notice historique publiée par M. Augoyat en 1839.

Laparra se voua au métier des armes dès sa première jeunesse. En 1667 il entra comme enseigne colonel dans le régiment de Sourches, et, en 1672, comme lieutenant et ingénieur dans celui de Piémont. Il fit en cette qualité, en 1672, la campagne de Hollande; assista, en 1673, aux siéges de Maëstricht et de Trêves, et, l'année suivante, à ceux de Besançon, de Dole et du fort St-André-de-Salins, à tous lesquels il fut blessé. La même année il fut encore blessé, lorsqu'on alla secourir Oudenarde, assiégé par le prince d'Orange. En 1675 et 1676 il continua ses services d'ingénieur aux siéges de Dinant, de Huy , de Limbourg, de Condé, de Bouchain et d'Aire. En 1677 il servit en la même qualité aux siéges de Valenciennes, de Cambrai et de St-Omer; se trouva à la bataille de Cassel, et finit l'année par le siége de St-Guislain , où il fut blessé. Le roi le récompensa par la majorité de cette place. En 1678 il se trouva aux prises de Gand et d'Ypres, et fut blessé dangereusement devant cette place.

Laparra fut nommé brigadier des armées en 1693; en 1697 maréchal-de-camp; en 1704 lieutenant-général. C'était un des généraux les plus braves et les plus capables du grand siècle qui a fourni tant d'hommes distingués dans tous les genres. Son portrait orne la grand'salle de l'Hôtel-de-Ville d'Aurillac.

Laparra n'avait point d'enfant; il était l'appui de son neveu, N. Méallet de Vitrac, qu'il avait près de lui en qualité d'aide-de-camp, et qui fut son héritier.

3° Bellevue, hameau ; 4° La Bouigue-Basse, hameau; 5° La Bouigue-Haute, hameau; 6° Le Bouissou, hameau ; 7° Le Bousquet, village dans la plaine, sur la rive droite de la Cère; 8° Boussac, village près du ruisseau de Couffin; 9° Brouzac, village; 10° Bronzadel, hameau; tous deux étaient, en 1290, à Astorg d'Aurillac, qui en devait hommage à l'abbé; 11° Cabrespine, auberge au point culminant de la côte des Granges; 12° Cabrières, hameau sur la Cère. On y voit un pont en pierres à deux piles et trois arcades. C'était jadis un fort péage au profit des seigneurs de Conros, qui étaient chargés de son entretien. N. Astorg l'engagea en 1232 pour une somme d'argent. Rigaud de St-Martial en jouissait en 1573; mais les consuls d'Aurillac plaidèrent long-temps contre lui et ses successeurs pour les obliger â entretenir soit le pont, soit les chemins qui y aboutissaient. En 1671 le pont de Cabrières, qui n'était que de bois, fut reconstruit en pierres par les états du pays, et enfin le péage fut supprimé, moyennant une indemnité au seigneur de Conros.

13° Cambon, village sur la rive gauche et près de la Cère; 14° Carbonnat, gros village et château sur la rive gauche de la Cère, au-dessus d'Arpajon. C'était un fief dépendant de Conros; un des Astorg l'engagea en 1232 à Géraud d'Auzolles, bourgeois d'Aurillac, pour une somme d'argent. Géraud de Pouzols le possédait en 1295. Un autre Géraud Pouzols acheta, en 1368, des rentes de Delphine de La Tour, dame de Conros; ce fut lui qui fit bâtir le château de Carbonnat. Son fils Louis épousa Jeanne de Mont-Jou et fut père d'Antoine; celui-ci fut ennobli, et testa en 146-1. Louis de Pouzols habitait le château de Carbonnat en 1503. Antoine en était seigneur en 1507; il était fort riche et avait acquis le château de Lapeyre-en-Jordane de N. de Brandely, sire de Biron. En 1569 le sire de Carbonnat fut commissionné pour arrêter les entreprises des huguenots sur les villes et places fortes du pays, et les conserver à l'obéissance du roi ; M. de St-Hérem, gouverneur de la province, lui confia le commandement de Carlat. En 1577 il y eut, près de Carbonnat, un combat entre les catholiques et les huguenots, dans lequel fut tué Louis de Bresons.

Pius tard, Claude de Pouzols, seigneur 'de Carbonnat, ayant fait de mauvaises affaires, la terre de Carbonnat fut vendue par décret en 1657, et adjugée à N.Charles de Montvallat qui, en 1666 , subrogea en son lieu et place Henri de St-Martial, seigneur de Conros; celui-ci la céda, en 1673, à Guy de Passefons, secrétaire du roi, conseiller à la cour des aides de Montauban et au présidial d'Aurillac. Elle appartient encore à ses descendants.

15° Carsac, village entre La Peyrusse et Boussac; 16° Combelles , village sur la route du Mur-de-Barrez; 17° Conros, village et château sur la rive droite de la Cère, résidence de l'ancienne famille des Astorg d'Aurillac.

La châtellenie de Conros est certainement une des plus considérables, et la maison qui la possédait aux XVIII° et XIV° siècles une des plus anciennes du haut pays d'Auvergne. Raison de plus pour se garder de toute exagération, en parlant de l'une et de l'autre.

On a voulu placer à Conros, près Aurillac, la rencontre des fils de Clovis et le miracle obtenu par les larmes de sainte Clotilde, leur mère, qui sépara leurs armées; mais cette erreur, uniquement basée sur un contre-sens et la ressemblance des noms d'Aurillac et d'Orléans en latin, n'est plus soutenable aujourd'hui. Il est certain, d’ailleurs, qu’on ne trouve le nom de Conros dans aucun acte antérieur à 1230.

Quant aux Astorg ou de Montal, car c'est une seule et même famille, dont les aînés prenaient le nom d'Astorg et les cadets celui de Montal, ou vice versa, ce que je n'ose décider. La tradition veut qu'ils descendissent de Raymond, neveu de saint Géraud; j'aime à le croire, mais le fait ne me paraît pas historiquement prouvé.

En effet, saint Géraud est mort au plus tard en 920, et le premier acte dans lequel on rencontre le nom d'Astorg d'Aurillac est daté de 1203; or, pendant ce long intervalle de 283 ans, qui comporte au moins huit générations, nous ne trouvons absolument d'autre trace de la descendance de Raymond, neveu de saint Géraud, que la légende de saint Robert, fondateur de l'abbaye de la Chaise-Dieu, qui rattache ce saint personnage à la famille du fondateur de l'abbaye d'Aurillac. En admettant aussi cette tradition , il resterait encore une lacune de 200 ans depuis la naissance de saint Robert, en 1001, jusqu'au premier acte , à date authentique, qui parle d'un Astorg d'Aurillac. Pour combler cette lacune, je ne connais qu'une sentence arbitrale, sans date, mais que M. Bourlange, qui l'a collationnée, croit être de la fin du XII° siècle. Elle est rendue par B. d'Auzolle, bourgeois d'Aurillac, et Armand de Tournemire, prieur de Jussac , entre l'abbé , le couvent, le celerier et l'aumônier d'Aurillac, d'une part; Astorg d'Aurillac et Durand de Montal, frères, fils tous deux de défunt N. Astorg d'Aurillac, chevalier, d'autre part. Il s'agissait de quelques droits que les deux frères prétendaient, comme viguiers de l'abbaye d'Aurillac, et la sentence constate qu'Astorg d'Aurillac, leur aïeul, avait, à cet égard, scellé de son sceau une charte, dont elle ordonne l'exécution.

Si l'on voulait établir une généalogie devant un tribunal avec une pièce semblable, il est plus que douteux qu'elle fut admise, et l'on aurait quelque raison de la rapporter à une date postérieure, puisque nous trouverons encore des Astorg et des de Montal frères, mais je l'accepterai et la supposerai, si l'on veut, de l'année 1190. En prenant trente ans pour chaque génération, nous aurons donc:

Astorg Ier, celui qui est appelé aïeul dans la sentence; il pourra avoir été châtelain de Conros vers 1130. Astorg II, le père des deux frères; il aura succédé à son père vers 1160. Astorg III, celui des deux frères qui portait ce nom dans la sentence en 1190; ce sera lui qui aura tué ou fait tuer Ramnulfe , 22e abbé d'Aurillac, et qui, touché de repentir de ce crime, a fait, en 1203, une fondation perpétuelle , et a annoncé l'intention ou de partir pour la Palestine, ou de se retirer dans un cloître.

Vient ensuite, suivant Dubouchet, un Astorg de Montal qui fut présent, en 1204, comme parent, au mariage de Marie de Montpellier avec Jacques, roi d'Aragon, qui, en 1219, fut arbitre entre le vicomte de Turenne et Malfre , seigneur de Castelnau, et assista, en 1221, à l'hommage que ce dernier rendit au vicomte de Turenne. Cet Astorg de Montal avait épousé Dia de Carbonnières.

Nous ferons remarquer ici que les deux noms, divisés en 1205 et qui l'ont toujours été depuis, sont réunis en 1204 sur la même tête. Ne serait-il pas possible que, soit que le meurtrier de l'abbé Ramnulfe ait été se faire tuer en Palestine, soit qu'il ait voulu mourir au monde dans un cloître, son frère ait pris à fief, de l'abbé d'Aurillac, les terres qu'il tenait de lui, et ajouté à son nom celui qui était affecté spécialement aux châtelains de Conros? Je ne m'explique pas autrement cette double appellation, dont il n'y a pas d'autre exemple.

Astorg IV; ce qui rend cette conjecture probable , c'est qu'en 1230 Bertrand, abbé de Maurs, rendit une sentence arbitrale entre Géraud V, abbé d'Aurillac, et Astorg IV. Relativement à l'hommage du nouvel édifice de Conros et des repaires circonvoisins, on y lit:

L'abbé d'Aurillac, après avoir prêté serment, a dit : Conros et sa vallée sont du fief de saint Géraud; Durand de Montal l'a reconnu, et s'est fait homme lige du monastère. Astorg, après avoir aussi prêté serment, a nié ces deux faits. L'abbé, reprenant la parole, a dit; Astorg a pris en sa main tout le fief que Durand de Montal tenait de moi. Astorg a répondu : C'est vrai, sur quoi l’arbitre, après avoir entendu les témoins produits de part et d'autre, déclare constant que Durand de Montal avait pris en ses mains Conros et ses dépendances, avait reconnu que le tout faisait partie du fief de saint Géraud, et s'était fait l'homme lige de l'abbé; que, par conséquent, Astorg qui, de son aveu, tenait sa place, devait faire hommage à l'abbé. Il le fit le même jour.

Cet acte prouve, ce me semble, qu'entre Astrog III et Astorg IV, Durand de Montal, ou, comme l'appelle Dubouchet, Astorg de Montal, a tenu le fief de Conros. L'a-t-il fait, comme tuteur de son neveu , en supposant qu'Astorg IV fut le fils d'Astorg III, ou bien Astorg III était-il mort sans postérité, et Durand de Montal, son frère, lui avait-il succédé? Je pencherais vers cette dernière supposition, parce qu'on verra tout-à-l'heure qu'Astorg V appelle Dia de Carbonnières son aïeule, et que c'est par elle que la châtellenie de Carbonnières est advenue aux de Montal de Laroquebrou par Durand, son fils, chef de cette branche.

Quoiqu'il en soit, Astorg IV rendit hommage à Raymond , comte de Toulouse, du château de Tinières, en présence de Raymond, vicomte de Turenne, de Roger de Comminge, de Malfred de Castelnau et de Durand II de Montal, frère dudit Astorg, porte l'acte , nouvelle preuve, ce me semble, qu'ils étaient tous deux fils de Dia de Carbonnières et de Durand de Montal, qui, après la mort naturelle ou civile de son frère, Astorg III, avait pris les noms des deux branches de la famille Astorg et de Montal. Outre les deux enfants ci-dessus nommés, ils avaient eu encore Géraud, archidiacre de la Marche en 1227; Guillaume, évêque de Paris en 1228, qui mourut le 11 avril 1243, et fut enterré à St-Victor; et enfin un autre Astorg, rappelé dans un acte de 1258.

Astorg V. — Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il avait épousé Marguerite de Malemort, qu'il prit la croix et que, par acte authentique de 1258, il confirma et fit ratifier à son fils les donations faites à l'abbaye de Bonneval par Astorg d'Aurillac, son père; autre Astorg d'Aurillac, son oncle, par Pierre de Carbonnières et Dia de Carbonnières, son aïeule. Il partit ensuite pour la croisade, et mourut en Afrique en 1260.

Astorg VI. — Le 24 juin 1261 Astorg VI d'Aurillac et Pierre de Montal, frères, fils et héritiers de N. Astorg d'Aurillac, chevalier, abandonnèrent à Durand de Montal, Guillaume de Montal, Guillaume de Malemort et Malfre de Castelnau, gardiens du testament de leur père et ses exécuteurs testamentaires, la moitié de tous les revenus de leur terre pendant trois ans, pour payer les droits, les frais, les amendes, les dettes et les aumônes dus par sa succession. Cet acte est scellé des sceaux d’Hugues, comte de Rodez, et d'Aymar, abbé d'Aurillac. Astorg VI fut armé chevalier par Saint-Louis le jour de la Pentecôte, 1267. Le 20 juillet 1269 il fournit, à l'abbé d'Aurillac , l'aveu et dénombrement de tout ce qu'il tenait de lui ; le 27 du même mois il reconnut tenir d'Alphonse, comte de Poitiers et d'Auvergne, certains affars situés dans les paroisses de St-Cirgues-de-Jordanne, Lascelles, St-Rémy-de-Jordane et St-Martin-de-Thiézac. Le 3 août, même année, il fit hommage à l'abbé Guillaume, et le mit en possession du château de Conros. Le 12 septembre suivant il obtint des lettres d'Alphonse, comte de Poitiers et d'Auvergne, au sénéchal du Rouergue, pour contraindre Marguerite de Malemort, sa mère, à lui rendre le château de Thinières, dont elle s'était emparé à son préjudice. Le 28 octobre il reconnut qu'Astorg d'Aurillac, son aïeul, tenait à hommage lige, de l'évoque de Clermont, le château de Labastide et ses dépendances. Enfin, le 22 août 1270, après avoir ainsi mis ordre à ses affaires, Astorg VI vendit à Durand de Montal, son oncle paternel, au prix de 13,060 sols de Clermont, tout ce qu'il possédait dans les paroisses de Viescamp, St-Etienne, St-Gerons, Ayrens, Crandelles, Ytrac et Omps, et, avec cet argent, il suivit Saint-Louis dans sa dernière croisade. C'est lui qui est désigné, dans la Biographie universelle, sous le nom d'Ausfau d'Orliac, comme auteur d'une pièce de vers dans laquelle il s'en prend à Dieu et aux saint6 de la mort du saint roi.

Au retour de la Croisade, Astorg VI eut à soutenir une longue guerre contre le comte de Rodez. Voici à quelle occasion : La châtellenie de Conros n'était qu'un arrière-fief de l'abbaye d'Aurillac; elle était un démembrement de la vicomte de Carlat, fief de l'abbaye. Or, en 1096 au plus tard, selon l'art de vérifier les dates, Richard, vicomte de Carlat, et vassal, par conséquent, de l'abbé d'Aurillac, acheta de Raymond de St-Gilles, comte de Toulouse, le comté de Rodez. Mais, ce Richard avait un frère nommé Gilbert, avec lequel il avait été obligé de partager la vicomté de Carlat; celui-ci ayant eu pour sa part le Gévaudan, épousa Gerberge, fille unique de Bertrand, comte de Provence; il en eut une fille nommée Douce, qui hérita de la Provence et du Gévaudan. Après quelques générations, ces provinces tombèrent encore en quenouille aux mains d'une fille, appelée Douce II, qui épousa Raymond Berenger, comte de Barcelone; et, en 1166, Alphonse Ier, roj d'Aragon, succéda au comté de Provence et aux droits do Gilbert.

Saint-Louis qui, dans le contrat de mariage d'Alphonse , son frère , avec l'héritière des comtes de Toulouse, avait stipulé la reversion du comté à la couronne de France, en cas de mort sans enfants, avait à cœur de régler, d'une manière définitive, les droits des princes étrangers sur les terres de son royaume; en conséquence, il signa un traité avec Alphonse, roi d'Aragon, par lequel celui-ci renonça à ses prétentions sur Cascassonne, Béziers, Agde , Albi, Rodez, Cahors, Narbonne, Nimes, ainsi que sur le Minervais, le Lauraguais, le Rouergue, le Quercy, l'Agenais et le Gévaudan, et la France cédait à ce prince ses droits sur Barcelonne, Urgel, Gironne, le Roussillon , une partie de la Cerdagne et quelques autres terres peu considérables. Le roi d'Aragon ne conservait, en deçà des Pyrénées, que la seigneurie de Montpellier avec ses dépendances, et la suzeraineté sur la vicomté de Carlat, en Auvergne, qu'il se réservait, comme faisant partie du domaine des anciens vicomtes de Milhau, ses ancêtres maternels.

Mais, avant ce traité et pendant les longues années d'anxiété et de doute qui s'écoulèrent pendant la guerre des Albigeois, et les brusques changements qui la suivirent, les abbés d'Aurillac avaient dû chercher à retenir la suzeraineté des terres par eux données en fief aux vicomtes de Carlat, et que ceux-ci avaient sous-inféodées. Il est probable qu'ils préféraient les faire passer directement aux mains de vassaux moins puissants que les comtes de Rodez, que d'autre part le châtelain de Conros n'aurait pas été fâché de devenir le vassal direct de l'abbaye au lieu d'en rester l'arrière-vassal, voilà , peut-être, l'explication naturelle de la sentence arbitrale de 1230 et de l'hommage fait directement par Astorg IV à l'abbé le même jour , ainsi que du dénombrement et de l'hommage fait par Astorg VI, en 1269, à l'abbé d'Aurillac. Mais le comte de Rodez réclama , de son côté, cet hommage direct, en sa qualité de vicomte de Carlat; il en appela même aux armes et, après bien du sang répandu et bien des ravages de part et d'autre, on convint enfin d'un arbitrage le 4 mai 1284.

Astorg VI avait épousé Alix de Calmont-d'Olt; n'en ayant pas d'enfants, il institua pour son héritier Aymeric de Montal, son frère, en 1285. Il dut survivre quelque temps à ce testament, car sa veuve épousa, en secondes noces, Raymond Pelet, seigneur d'Alais, le 1er septembre 1292.

Astorg VII. — C'était probablement le fils d'Aymeric de Montal, frère d'Astorg VI, et institué héritier par lui; à moins que cet Aymeric n'eût pris le nom d'Astorg, en recueillant l'héritage de son frère; ce que je ne crois pas, parce qu'Astorg VII est appelé damoiseau dans plusieurs actes que je vais faire connaître. D'abord dans une sentence rendue par Guillaume d'Achillose entre l'abbé d'Aurillac , le comte de Rodez et lui, au sujet de l'hommage de Conros et de ses dépendances, il fut décidé par l'arbitre qu'Astorg prêterait foi et hommage au comte, et que le comte ferait, à son tour, directement hommage à l'abbé d'Aurillac; la sentence est du 3 mars 1290. Durand II de Montal y était présent, et il n'est pas question d'Aymeric. En second lieu, il est encore appelé damoiseau dans le contrat de mariage de Bernard de La Tour et de Béatrix de Rodez, en 1295. L'année suivante, le 29 novembre 1296, Henri, comte de Rodez, rendit foi et hommage à l'abbé d'Aurillac, et Astorg VII est encore qualifié damoiseau dans l'acte qui en fut dressé. Il prend lui-même cette qualité dans un acte du 4 décembre 1298, par lequel il vend dix liv. de rente aux consuls d'Aurillac. Enfin, on le dit encore damoiseau dans un compromis relatif au péage qu'il percevait aux Prades, et ce à la date du 27 janvier 1300. Au contraire, le 25 janvier 1305, dans un hommage par lui rendu à l'abbé d’Aurillac, il prend le titre de chevalier. Or, il est difficile de croire que le frère d'Astorg VI qui avait été armé chevalier en 1267, ne le fut pas encore trente-trois ans après, en 1300. Donc il faut conclure qu'Astorg VII n'était que le neveu de son prédécesseur. Quoiqu'il en soit, Astorg VII avait épousé, en 1285, N. Douce de Thémines, dame de Palaret; Il en eut Astorg VIII qu'il maria, en 1314, avec Dauphine de La Tour, fille de Bernard et de Béatrix de Rodez. Le 9 mai 1317 il consentit, et fit confirmer par son fils, une transaction, dite Charte de Conros, qui énumère tous les droits du seigneur et tous ceux des habitants. Charte précieuse et qui mérite d'être reproduite. Il doit être mort a la fin de 1322 ou au commencement de 1325.

Astorg VIII vendit, en 1355, la terre de Palaret qu'il tenait de Douce de Thémines, sa mère. Le 12 août 1344 il fit, avec Dauphine de La Tour, sa femme, hommage à l'abbé d'Aurillac, qui était alors Aymeric de Montal, leur parent, de ce qu'ils possédaient dans la châtellenie d'Escorailles.

Je pourrais citer de cet Astorg une foule d'actes, mais il faut se borner à quelques-uns. Le 3 novembre 1332 il vendit, à Hugues de Fabrefort, le village de Brozac, entre Arpajon et Prunet. En 1342, de concert avec sa femme, Dauphine de La Tour, il vendit, à Pierre Tocabiou, 20 septiers de blé de rente. Le jeudi après l'Annonciation de la Vierge, 1342, il ratifia et fit ratifier par son fils la donation du village et des dîmes de Gagnac faite en 1306, 1315 et 1321 par son père à Guillaume de Conros, damoiseau, son frère, probablement frère naturel, puisqu'il ne porte pas le nom d'Aurillac; le même jour il vendit à Guillaume Rolland, chevalier, le domaine de Croizet-lez-Aurillac. Le 7 février 1349, d'accord avec son fils, il donna à Dauphine de La Tour, sa femme, le lieu de Vezac et ses dépendances, l'affar de Fournol et le village Despinet, de valeur de 60 livres de rente, en comptant le septier de froment pour 4 sols tournois, le septier de seigle 3 sols, celui d'avoine 18 deniers, la livre de cire 2 sols, les pois comme le froment, les poules 6 deniers, chaque poulet 3 deniers et trente œufs pour un sol, le tout en échange de ce que ladite dame avait dans la châtellenie d'Escorailles. Astorg VIII mourut probablement entre le 21 mai et le 19 septembre 1353, car je trouve deux hommages rendus à Dauphine de La Tour, le premier le 21 mai 1353, par Catherine, veuve de Durand Dalzon , dans lequel elle n'est pas dite veuve, et le second le 19 septembre, même année , par Mathieu Cazal, et dans celui-là on lui donne la qualité de veuve.

Astorg IX. — Il rendit hommage à l'abbé Aymeric pour le péage des Prades et le château de Laroquevieille le 3 octobre1353, preuve évidente que son père était mort cette année. L'hommage ne se rendait qu'à chaque mutation de seigneur ou de vassal ; le seigneur étant le même, il faut bien qu'il y ait eu un changement de vassal. Le 24 septembre 1354 il convint, avec les consuls d'Aurillac, de nommer des arbitres pour fixer l'endroit où devait se percevoir le péage qu'il tenait en fief de l'abbé, aux Prades communes de la ville. Le 8 septembre 1357 il vendit, à Guillaume Rolland , seigneur de Vieillevie, le domaine de La Condamine , parce que, dit-il, dans l'acte, j'ai une fille nommée Dauphine, que je veux marier suivant sa condition, et que je n'ai pas d'autre moyen de lui compter une dot.

Cette fille était née de son mariage avec Marguerite de Cardaillac; il paraît qu'il n'eut pas le bonheur de la marier. Il mourut en 1364 sans laisser d'enfants mâles, et les châtellenies de Conros, Labastide, Thinières et Laroquevieille passèrent à son frère puîné.

Aymeric Ier d'Aurillac. — Tout ce qu'on peut dire de lui, c'est que de 1364 à 1375 il ne fit que battre monnaie avec sa mère , en vendant tantôt séparément, et tantôt conjointement les cens et même les héritages dépendants de ses châtellenies. Il avait épousé Marie de Thinières, dont il eut deux fils et une fille. L'acte suivant fera juger de l'état de sa succession. 13 août 1375, vente par Me Pierre Vernière et Jean Chanut , consuls d'Aurillac; Géraud de Tournemire , chevalier, seigneur de Tournemire; Me Jean Pontier, noiaire; Astorg Bonefan, et Pierre Salvan , bourgeois d'Aurillac , exécuteurs testamentaires de noble Aymeric d'Aurillac, seigneur de Conros et de Thinières, lesquels , n'ayant trouvé aucun meuble dans la succession dudit Aymeric pour fournir à sa sépulture, ont vendu à Bernard de Calsac, marchand, d'Aurillac, pour le prix de onze francs d'or, l'affar et pagésie qui lui avait été léguée par dame Dauphine de La Tour, sa mère, tenue autrefois par Géraud Del-Boigue, de la paroisse d'Arpajon, lequel affar est situé aux villagei de Bolhac et de Puech-Arnal, et confronte, etc.

Astorg X succéda à son père Aymeric Ier, et tint les châtellenies de Conros, Labastide et Thinières. Le 2 juin 1393 il rendit hommage à Henri, évêque de Clermont, des dixmes, blés, novales, carnelages des villages de Carbonnat, Labastide, Maussac, Arpajon, La Banhe, Baulhac, Desmolé, Coffin , Del-Cledier, de La Bosquetie, de La Molenairie, de La Robertie, de Carsac, de La Peyrusse supérieure et inférieure, du Cambon, de La Boigue, de Senilhes, de Taule, de Brozat, de Brozadel, Delmas-Delhos , de Morals et du Ver; plus de la moitié de la dime des villages de Lentat, del Vert, del Bosquet, de Camcor, de Conros, de Ganhac, de Crespiac, de Bornatel et de Jodergues , paroisse d'Arpajon; plus des villages de La Ponetie, de l'Algairie, de Brozat, de Varadel, de La Calm, de Jodargues, de La Borie-d'Enjaime, de l'affar de Marmier, de La Porcherie, paroisse d'Aurillac, el enfin des dîmes qu'il percevait dans les paroisses dé Vezac, Prunet et Roannes. — Il donna audit évêque une paire d'éperons d'or. Il était encore en Auvergne le 27 octobre 1398, puisqu'il y reçut un hommage de Jean de Montagnac, prêtre de Vezac. Mais il y a apparence qu'il n'y était plus le 28 octobre 1402 ; car, dans une vente consentie par N.-Jean de Cayrac, seigneur de Broussette, en faveur de Pierre Fortet, bourgeois d'Aurillac, des deux villages de Dousque supérieur et inférieur, on dit qu'ils relèvent des héritiers de N. Aymeric d'Aurillac, sans désigner quel est l'héritier actuel.

Le 12 juillet 1405 N.-Jean Dalhars fut obligé de prendre des lettres du lieutenant du chancelier d'Auvergne, portant permission de faire assigner N. Aymeric d'Aurillac, frère d'Astorg X, pour se faire reconnaître certaines tailles et rente» qu'il avait acquises en 1367. Et enfin, ce n'est qu'en 1407 que je trouve des actes dans lesquels Aymeric II agit comme seigneur de Conros.

Il paraît qu'Astorg X n'était pas marié, et, qu'à l'exemple de plusieurs de ses ancêtres, il fut mourir en Palestine.

Il eut pour successeur Aymeric II. Le premier acte dans lequel je le trouve mentionné comme seigneur de Conros et Thinières est un traité entre lui et N. dame Imberte de La Fabrie, veuve de Jean de Cayrac, seigneur de Broussette, et Me Vernini, bachelier en droit, patrons de trois chapellenies fondées par Guillaume Fabri dans la chapelle S,e-Madeleine de l'église Notre-Dame d'Aurillac. On voit, par cet acte, qu'Eustache Fabri et Pierre Vernini, héritiers de Guillaume Fabri, avaient acheté, d'Astorg d'Aurillac, lo livres de rente à prendre sur le péage des Granges, mais qu'ils n'en étaient pas payés. Aymeric II s'oblige à leur rembourser 300 liv. tournois pour le capital.

Le 20 février 1428 Aymeric H donna à bail à Géraud Sabatier, Pierre Barte, Durand Revel, Géraud Négrier, Guillaume Lavigne et Jean Dellac, habitants du village de Carbonnat, et à Durand Varet, du village de Vaurs, paroisse d'Arpajon, toutes les possessions et héritages vacants qui lui appartenaient dans les dépendances de Labastide, susdite paroisse , excepté le château et forteresse do Labastide et tout ce qui est compris dans l'enceinte des fossés, de même que le jardin dudit château, tant en dedans qu'en dehors desdits fossés; lequel lieu de Labastide confronte avec les appartenances du village de Vaurs, avec les aflars de La Condamine, de Valette, de Cavagnac, de Carnejac, de Carbonnat et de Maussac. J'ai cité cet acte, parce qu'il détermine l'emplacement de l'ancien château de Labastide. Le 15 mars 1431, devant Pradal et Capial, notaires, Aymeric II fit son testament, dans lequel il institue pour son héritière générale et universelle Alix d'Aurillac, sa fille, et lègue cent écus d'or aux frères mineurs d'Aurillac, afin qu'ils prient Dieu pour le repos de son âme et de celle de sa femme. Il vivait encore cependant le 19 juillet 1440, puisqu'il reçut ce jour-là l'hommage de Pierre Fortet, marchand d'Aurillac, pour quelque censive sur le village de Lalo; mais le 13 mai 1441 Flore d'Estaing, sa femme, prend la qualité de veuve.

C'est donc entre le mois de juillet 1440 et le mois de mars 1441 que mourut Aymeric II, dernier rejeton d'une race noble, fière et intrépide qui avait signalé son courage pendant trois cents ans au moins en Europe, en Asie et en Afrique. En lui s'est éteint le nom d'Astorg , mêlé pendant trois siècles à tous les événements heureux et malheureux qui ont passé sur notre ville d'Aurillac. S'il est vrai, comme l'assure une tradition constante, que les Astorg descendissent du neveu de saint Géraud,' leurs intimes relations avec l'abbaye et la ville d'Aurillac remonteraient plus loin encore. Mais, sans vouloir garantir cette tradition que je rapporte et à laquelle je crois , je n'en déplore pas moins l'extînction totale de la descendance masculine des Astorg d'Aurillac.

Je ne sais où M. Louis-Antoine-Jérôme-Adrien, comte d'Astorg , lieutenant-général, commandant en 1846 la division militaire de Clermont, a trouvé que Dia de Carbonnières avait eu un fils nommé Pedro, tige de la branche des Astorg de Monthartier , diocèse de Montauban , qui portent d'or à l'aigle éployé de sable. Mais, ce qui me paraît incontestable , c'est que : 1° aucune généalogie connue ne parle de ce Pedro; 2° c'est que dans aucun titre des XIII°, XIV° et XV° siècles , ni dans aucun acte antérieur ou postérieur, on ne trouvera le nom de Pedro donné à un enfant de l'Auvergne; 3° que le nom d'Astorg n'est qu'un nom patronimique et pas du tout un nom de famille, car dans ce dernier cas il eut appartenu à tous les enfants du même père, tandis que nous l'avons vu toujours affecté au seul possesseur de Conros; et, chose remarquable , jamais aucun nom patronimique n'est joint à celui d'Astorg, double preuve que ce n'était qu'un surnom affecté aux seigneurs de Conros spécialement; 4° que les armes des Astorg d'Aurillac, qui étaient d'azur , à la bande d'or, accompagnée de six coquilles d'argent placées en orle, n'ont rien de commun avec celles des sires de Monthartier, tandis qu'on retrouve les coquilles dans les armoiries de toutes les familles qui ont eu quelque rapport avec la ville d'Aurillac et la famille des Astorg de Conros.

De tout cela je conclus, à regret, que cette famille est malheureusement éteinte, et bien éteinte.

Dubouchet et autres généalogistes donnent aux Astorg le titre de baron et même de vicomte d'Aurillac; j'ignore encore sur quels titres ils pouvaient appuyer cette prétention. J'ai sous les yeux le cartulaire de Conros, contenant 155 titres antérieurs à 1441, et les archives de la ville d'Aurillac en possèdent au moins trente autres antérieurs à cette époque, dans lesquels figurent successivement tous les membres connus de cette famille. Or, dans un si grand nombre d'actes, ils ne sont jamais désignés que : Noble Astorg d'Auriltac , chevatier ou damoiseau, seigneur de Conros, Labastide et Thinières. Jamais on ne trouve d'autre titre ni dans les hommages qu'ils font, ni dans ceux qu'ils reçoivent, ni dans les contrats de mariage, ni dans les testaments. Donc ils n'étaient pas titrés.

Le nom d’Aurillac, qu'ils prenaient, leur donnait-il quelque juridiction sur la ville? Pas le moins du monde. L'abbé d'Aurillac était seul seigneur de la ville et ne relevait que du pape, à qui saint Géraud avait fait hommage de ses terres et de son abbaye. L'abbé était donc seul justicier. En 1274 il fit défendre au roi, par arrêt du Parlement de Paris, de tenir ses assises à Aurillac et dans aucune des terres de saint Géraud. Les dépendances de l'abbaye étant considérables, l'abbé avait plusieurs viguiers, chargés de rendre la justice en son nom. Les Astorg étaient ordinairement investis d'une de ces vigueries, et prêtaient, en conséquence, directement foi et hommage à l'abbé en cette qualité. .

Ces viguiers arrêtaient les criminels, les faisaient juger par un jury rassemblé à cet effet, comme on le verra à l'article Aurillac, puis ils exécutaient eux-mêmes la sentence. Ainsi, en 1264 Astorg VI pendit, de sa propre main, un voleur nommé Bertrand Nicholaï.

Donc, arrière-vassaux de l'abbaye pour leurs fiefs , vassaux pour quelques possessions particulières et les offices de judicature qu'ils tenaient momentanément, ils ne pouvaient avoir la moindre juridiction personnelle dans une ville où ils ne possédaient rien.

Reste à déterminer quelle était l'étendue de leur tenure féodale. La chose est facile : il suffit de faire connaître en abrégé un de leurs hommages.

La châtellenie de Conros s'étendait de l'affar de Pierre Alquier à La Peyrusse, de là au chemin de Montsalvy à Prunet, de Prunet à La Capelle-en-Vezie, à Feydel, à La Caze, à Canhac, Maussac, La Calm-Mejane, Casillac, Volpilhac, Roanne, Belmon, La Croix-del-Ract, Baradel, et de là à l'affar de Jean de Marone. Sont compris dans ce périmètre: Le château et le village de Conros , le Capmas ou affar de Jodergues, les affars dol Bosquet, du Ver, de Ganhac, deCrespiac, de Bornatel, du Cambon, de La Bouigues, de Vaines, de La Grange, de Senilhes, de Brozac, de Brozadel, de Taule, de Morle, de Beteilhe , de La Roquatade, de La Fage, de StMari, de Palat, del Mas, de Flammarie, de Naudon, de Gladines, de Griffuelhe, de las Catusses; les vigueries d'Arpajon; les affars de Maussac, de Cère, de Bouillac, de La Fortunière, de Couffin-Haut, Despinet, de Salers et de Vezac; les vigueries et l'affar d'Aurillac, et les affars de Calion et de Planhes. Tous lesdits affars situés dans les paroisses de Vie, Vezac, Arpajon, Prunet, Roannes et Aurillac.

La châtellenie de Laroquevieille renfermait, dans ses dépendances , le village de St-Martin; les affars de Bargues, de Fonbouillen, de Cros, d'Alterines, de Prat, de Ginalhac, del Devez, de Brosse, de Talon, de l'Estang, dels Ongles, de Frelhuc, de Vercueyre , de Tidernac , de Chaule , de Carville , de Frégeville, le tout situé dans les communes de Laroquevieille, St-Cernin, St-Martin et Girgols.

Quant au château do Labastide, il était situé dans la paroisse d'Arpajon, sur le penchant du coteau entre Maussac et Carbonnat; on en trouve encore quelques restes dans un taillis. Il était tenu, en 1305, par les chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem.

Mais, que doit-on entendre par le mot affar ? Comme cette expression se rencontre surtout dans les aveux et dénombrements, dans les hommages, les inféodations et autres actes relatifs aux tenures féodales, je pense qu'on s'en servait pour exprimer les terres tenues en hommage par les tenanciers des vassaux et arrière vassaux, les divers membres qui constituaient le fief, la châtellenie; il pourrait venir du verbe affare, parler; le vassal, en effet, devait la bouche et les mains.

Chacun de ces affars était donné à bail emphytéotique à plusieurs individus et nourrissait plusieurs familles. Ce ne serait pas exagérer, peut-être, que de dire que chacun pouvait, au besoin, fournir une lance, et, dans cette supposition , la châtellenie de Conros seule en aurait fourni environ quarante, et celle de Laroquevieille une vingtaine. Le château de Thinières était dans le Rouergue, et je ne puis en faire connaître l'étendue.

Alix d'Aurillac épousa, vers 1445, N.-Louis du Breuil, fils de Jean de Courcelle, chevalier, seigneur d'Aurouse; ce qui est certain, c'est que le 8 mai 1449 ils rendirent tous deux foi et hommage à Bernard d'Armagnac, comte de La Marche et vicomte de Carlat, des châteaux de Conros et de La Bastide, et que le 17 août 1456 ils fournirent aveu et dénombrement à Jacques d'Armagnac, fils de Bernard.

A cette époque, Flore d'Estaing, mère d'Alix, était décédée, car son testament est à la date du 27 octobre 1447. Elle y lègue vingt écus d'or aux cordeliers d'Aurillac pour la fondation de trois messes annuelles avec absoute, et six écus d'or pour une rente de trois quarts d'huile pour le luminaire de la chapelle de NotreDame, fondée par elle et son mari dans ladite église. Alix d'Aurillac mourut vers 1464, laissant un fils nommé Louis, qui hérita de ses biens.

Louis, fils d'Alix, eut de longs procès avec les prêtres de la communauté d'Aurillac. Il résulte , d'un accord passé entre eux le 23 juillet 1465, qu'il avait déjà épousé Isabeau de Langeac, dont il n'eut pas d'enfants; il la fit son héritière, et elle se remaria peu après à N.-Jean d'Urfé.

Jean d'Urfé. — Il résulte d'un acte reçu Me Barrani, prêtre et notaire, le 17 janvier 1477, que la terre de Conros, que l'on appelle dans cette acte baronnie de Conros, était saisie et mise sous la main du roi depuis 1474, sans doute par suite des prétentions de Jean d'Estaing, frère de Flore d'Estaing, mère d'Alix d'Aurillac; il semble aussi qu'à cette époque Jean d'Urfé , qualifié dans l'acte seigneur d'Aurouse, avait déjà épousé Isabeau de Langeac. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1483 il plaidait avec les tenanciers de la châtellenie pour les obliger à faire le guet au château de Conros.

Jean d'Urfé II. — Je trouve, en l'année 1501, dans le cartulaire do Conros, une foule d'hommages rendus à Jean d'Urfé; peut-être doit-on en conclure qu'Isabeau de Langeac avait eu, de son second mariage avec Jean d'Urfé Ier, un fils qui leur aura" survécu et succédé; mais, si cela est, il n'aura,pas vécu long-temps, car, à la date du 7 septembre 1506, je trouve un arrêt du Parlement de Paris, confirmatif d'une sentence du bailliage d'Aurillac obtenue par messire Jean d'Urfé et Isabelle de Langeac, et qui condamnait les habitants de Vezac, Lalo, Carsac, Loumolé, Maussac, Le Garric, Le Fajanel, Couffin , Vaurs, Brozat, Brozadel, Saletz, Dousque et Garric, à venir chaque mois faire pendant une nuit le guet au château de Conros. Cet arrêt a été obtenu par François d'Urfé. Le 7 novembre même année , devant Clerici, notaire, acte d'acquiescement et de reconnaissance du droit de guet, consenti à messire François d'Urfé, et, deux jours après, le 9 novembre 1506, procès-verbal d'exécution dressé par Palat, lieutenant particulier. Je n'avais vu nulle part ce François d'Urfé signalé comme fils de Jean et d'Isabeau de Langeac; mais, il faut bien qu'il leur ait succédé, puisqu'il fait ainsi acte de propriété et de seigneurie. Quoiqu'il en soit, il paraît que la postérité maie s'éteignit, puisqu'elle passa presqu'immédiatement à Isabeau d'Urfé, épouse de N.-Gabriel de Groslée.

Gabriel de Groslée. — Le 9 octobre 1509 il reçut l'hommage d'Antoine Delbac, du lieu de St-Cirgues. Il paraît qu'Isabeau d'Urfé, sa femme, mourut jeune, lui laissant deux fils, Morand et Imbert de Groslée.

Morand et Imbert de Groslée, héritiers d'Isabelle d'Urfé, jouirent peu de temps de la châtellenie de Conros. On ne trouve que deux actes dans lesquels ils soient mentionnés; d'abord la nomination et présentation par eux faite de Me Jean Dulaurens pour la cure ou vicairie perpétuelle de l'église St-Michel du Montai, paroisse d'Arpajon, a la date du 30 décembre 1512; puis des lettres royales, à la date du 22 janvier 1515, portant ordre aux justiciables de la châtellenie de venin faire le guet au château de Conros. Peu après ils vendirent cette terre à Pons de Gontaud, baron de Biron.

Pons de Gontaud-Biron nomma, le 20 juillet 1515, Hugues Delsericys desservant de la chapelle St-Blaise d'Arpajon. Les 2 et 10 août suivant il reçut plusieurs hommages, comme seigneur de Conros. Il eut pour successeur Jean de Goutaud, qui nomma Antoine Lafon desservant de la chapelle St-Nicolas de Conros le 18 janvier 1651. La tradition rapporte aux deux Biron la construction d'une partie du château actuel, notamment d'une grosse tour ronde sur le derrière qui porte encore leur nom. Jean de Goutaud vendit, en 1556, la terre de Conros à N.-Rigaud de St-Martial, au prix de 25,000 liv.

Rigaud de St-Martial, son premier soin après l'acquisition de Conros, fut de demander et d'obtenir des lettres-patentes, datées d'Amboise au mois de mars 1559, qui accordent à Arpajon un marché le mercredi de chaque semaine et deux foires par an : la première le lundi après le dimanche de la Passion, et la seconde le i l août de chaque année. Il avait épousé Françoise de Puydeval, femme d'une grande vertu et d'un courage au-dessus de son sexe. En 1570 les protestants du pays, sous la conduite d'Antoine de Pouzols, seigneur de Fabrègues, s'étant, en l'absence de son mari, emparés par surprise du château de Conros qu'ils pillèrent de fond en comble, elle assembla ses amis et ses vassaux, et réussit à les en chasser. Rigaud de St-Martial mourut vers 1576; Françoise du Puydeval, sa veuve, administra elle-même sa succession, d'abord en l'absence de Giles de St-Martial, son fils aîné, qui fut tué à Anvers en 1582, puis pendant la minorité du plus jeune.

Louis de St-Martial épousa, en 1593, Françoise de St-Chamand , et fut père de Henri de St-Martial, qui épousa, en 1615, Marie de Cosnac. Ils eurent pour fils un autre Henri, marié, en 1654, à Jeanne de Pompadour, et père de Charles, qui eut, de son mariage avec Marie Dufayet, Louis; celui-ci épousa, en 1690, Gabrielle de Broquin, fille de Charles de Broquin, écuyer, seigneur de Ganhac.

Pierre de St-Martial, leur fils aîné, s'unit, en 1732, à Charlotte de Lignerac; ils eurent pour fils Charles-Joseph, marié en 1752 à Louise-Angélique de Combarel-de-Gibanel. De ce mariage sont issus plusieurs enfants : 1° Pierre-François de St-Martial, dit le baron de Conros, qui avait épousé N. de Dreux-Brézé; il est mort sans postérité ; 2° N.. , dit le chevalier de Conros, mort célibataire; 3° N..., dit le chevalier de St-Martial, ancien officier de cavalerie, membre de la chambre des députés; 4° Jeanne de St-Martial, qui épousa M. le comte d'Humière; 5° enfin, Marie-Angélique, mariée à M. le comte de Belinay.

M. de St-Martial, héritier de la terre de Conros, l'a donnée par testament à Mme de Pestel de La Majorie, veuve d'Humière, sa nièce, et celle-ci, ayant fait un partage anticipé de ses biens , Conros est échu à M. Eugène d'Humière, son plus jeune fils, marié à N.-Anna de Dampierre.

18° Couffin, hameau sur le ruisseau de ce nom et la route du Mur-de-Barrez; 19° Crespiat, gros village sur la rive droite de la Cère. Avant la Bévolution, la maison de Conros y possédait un vaste domaine, dont la valeur eut été doublée au moyen d'un pont-aqueduc qui devait conduire les eaux de la Cère de la rive gauche à la rive droite. Les culées, en pierre de taille, subsistent encore ; mais, la séparation de Conros et de Crespiat rend ce beau travail inutile.

20° Le Crouzet, hameau; 21° Donazat, hameau ; 22° Embert, village à la source du ruisseau du Montal; 23° Entourdes, hameau; 24° Espériès-Haut; 25° Espériès-Bas, hameaux; 26° Ganhac , jolie maison bâtie à la place de l'ancien château de ce nom, sur la rive droite de la Cère, près de Conros. C'était un fief possédé d'abord par une famille qui en portait le nom et qui a fourni plusieurs consuls à la ville d'Aurillac. Il passa ensuite à Guillaume et Arnaud de Conros; un Georges de Conros, prieur de St-Victor, testa en 1488. Jeanne de Conros porta Ganhac en dot à N. Dupont au commencement du XVI° siècle; il échut ensuite, par partage, à Jacques de Giou. Le 30 avril 1676 il fut adjugé, par l'autorité du bailliage d'Aurillac, à Me Charles de Broquin, président de l'élection, au prix de 9,510 liv. Il avait épousé Jeanne de Cambefort, et leur fille Gabrielle devint dame de Conros en 1690, par son mariage avec Louis de St-Martial. Détaché de Conros à la Révolution, Ganhac a été racheté par M. Eugène d'Humière, propriétaire actuel de Conros.

27° Les Granges, village sur la route de Rodez et le ruisseau de Couffin; 28 Lagrillîère, hameau; 29° Lentat, village à mi-coteau , près du ruisseau de ce nom; 30° Montal, village situé sur un puy fort élevé qui domine une vaste étendue de pays et toute la plaine d'Arpajon. Il y avait autrefois au Montal un château, et c'est probablement ce château qui avait donné son nom aux Astorg de Conros et aux de Montal de Laroquebrou. Une église, dédiée à saint Michel, était attenante au château; elle avait titre de prieuré, et fut unie au XV° siècle à l'archidiaconat d'Aurillac. Jean Campiniol en était prieur en 1460; Pierre Laroque en 1500; Antoine Laroque en 1620 ;Antoine de Frayssi en 1781, et Lombard en 1789. Le château fut détruit dans les guerres contre les Anglais. En 1639 une branche de la famille de Requiran et de La Moissetie possédait le Montal. Bernard Laroque, qui en était alors propriétaire, épousa en 1650 Astruguette Delzons , fille de Jean Delzons, avocat, et de Léonne Destanne;. Antoine Laroque, habitait Montal en 1705, et Jacques Laroque en était seigneur, en partie, en 1737. Le ruisseau de Montal coule au bas de la montagne et va se jeter dans celui de Couffin.

31° Morzière, hameau et moulin , au bord du chemin d'Arpajon au Bousquet 32° La Peyrusse-Haute-et-Basse, village situé sur la route d'Aurillac à Rodez. Il y avait autrefois un château relevant de Conros. François Chanut, bourgeois d’Aurillac, tenait La Peyrusse en 1642; Pierre Sadourni, secrétaire du roi, en était seigneur en 1719, et après lui son fils Joseph, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel, en 1751. C'est aujourd'hui un beau domaine appartenant aux héritiers de M. Salvage de Clavières.

33° Pont-de-Mamou , hameau avec four à chaux et tuilerie, qui tire son nom d'un pont jeté sur le ruisseau de Mamou , sur lequel passe la route d'Aurillac â Rodez; 34° Pont-d'Arpajon. Il s'est formé, depuis quelques années, un joli village au-delà du pont jeté sur la Cère, sur la même route, au-dessous d'Arpajon.

35° Le Sal, village et moulin à l'embouchure du ruisseau de Couffin dans la Cère; 36° Santou, hameau; 37° Senilhe, village et petit château qui, en 1431, appartenait à Arnaud de Conros, seigneur de Ganhac ; 38° Tabeige, hameau près du pont de Redondette, sur la Jordane; 39° Toule, village près le ruisseau de La Cane. En 1438 Arnaud de Conros y fit construire un moulin.

40° Vaurs, hameau, ancien fief de Conros. Artorg d'Aurillac l'engagea en 1232 à Géraud d'Auzolle et Bernard Fabri pour un emprunt de 8,400 sols du Puy. Cet acte est curieux par deux circonstances : 1° Guillaume Gaucelran , Pierre Tournemire et Pierre de Sédage, cautions d'Astorg, s'obligent, par serment, faute de paiement , à se rendre à Aurillac et s'y constituer personnellement prisonniers entre les mains des préteurs; 2° il est, pour plus de sûreté, scellé du sceau des consuls d'Aurillac. Vaurs appartenait à la famille de Laroque de 1402 à 1540 ; à la famille de Sarret de 1574 à 1614; à la famille de Salvert jusqu'en 1752 , et aujourd'hui à M. Couderc de St-Chamant, ancien receveur-général.

41° Le Ver, hameau; 42° La Viarse , hameau ; 43° La Vidalie, hameau; 44° La Vergne, village au-delà du pont d'Arpajon , près la route du Mur-de-Barrez; 45° Méraud, hameau , jadis Mérals, nom d'une famille distinguée à Aurillac; 46° Maussac, sur le chemin d'Arpajon à Carbonnat; 47° Mérigot, hameau sur le même chemin ; 48° Le Martinet-de-Joly, hameau sur la Cère, sous Arpajon. Il y a encore quatre petits hameaux sans nom sur la route d'Aurillac à Rodez. Il est inutile de s'en occuper.

Au-dessous du bourg d'Arpajon-, et dans les prairies arrosées par la Cère qui le bordent, existait autrefois le château dit de La Prade, composé d'une tour et d'un bâtiment à deux étages au-dessus du rez-de-chaussée; le pont en pierre qui y conduisait est encore debout, quoique décharné, faute d'entretien. C'était encore un fief de Conros , qui appartenait en 1441 à une branche de la famille de Montai; Marguerite de Montal, la dernière de cette branche, épousa N.-Jacques de Vigier, seigneur de Prades, près St-Christophe; son fils, Jacques de Vigier , contracta des dettes, par suite desquelles le château de La Prade fut vendu, par décret, en 1736; il fut acquis par Marie-Françoise de Broglie, veuve de Me Charles-Robert de Lignerac, qui y fit des réparations considérables; mais, quelques années plus tard, la Révolution le renversa de fond en comble, et aujourd'hui il ne reste plus vestige ni de la tour féodale, ni des bâtiments modernes qui l'entouraient. L'herbe croit à la place qu'occupaient les appartements habités par les chevaliers et les nobles dames. Sic transit gloria mundi.

B. Delzons.

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