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Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852) Volume 1/5. 

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 ANGLARDS (De St-Flour)

 — La commune d'Anglards fait partie de l'arrondissement et du canton nord de St-Flour.

Elle est bornée au nord par celle de St-Georges; au sud par la Trueyre qui la sépare de la commune de Faverolles; à l'est par le ruisseau de Montgon qui termine de ce côté la commune de Ruynes ; a l'ouest par la rivière d'Ande , au-delà de laquelle s'étend une partie de la commune de St-Georges.

Outre ces cours d'eau, les ruisseaux de la Gazelle, des Mazes et autres, arrosent le territoire d'Anglards.

L'étendue de ce territoire est de 1,150 hectares dont 600 hectares en terres labourables, sur un sol granitique et schisteux, d'un faible produit ; 400 hectares en prés et pacages assez bons, et 150 hectares en bois.

La population s'élève à 468 habitants, répartis dans 6 villages, 5 hameaux et 98 maisons.

Le chef-lieu, à 1 myriamètre 2 kilomètres de St-Flour, est considérable et renferme plus de 200 habitants. Il s'y trouve quelques maisons bourgeoises remarquables. L'église est placée sous l'invocation de saint Pierre. Le testament d'Alfred, duc d'Aquitaine, fait mention de l'église d'Anglards, à la date de l'année 928. C'était un prieuré qui a dépendu longtemps du chapitre de Clermont, puis du chapitre de St-Flour. Elle fut interdite en 1345 pour défaut de paiement du droit de promotion. L'interdit fut levé en 1347.

Pierre Jouveuroux fut chapelain d'Anglards en 1283; Pierre Dejou, recteur en 1304et 1333. Il devait payer, au chapitre de Clermont, une prestation de 15 s. d'or, et fut interdit sur son refus de remplir cette obligation. Pierre Duprat était prieur en 1394. Il intervint dans les débats qui s'élevèrent entre le prieur de Bredon et le chapitre de N.-D. de Murat. On trouve après lui Jean Maury, curé en 1716; N. Clusel, prieur en 1745; Jean Piallat, prieur en 1760; Bertrand Antignac; Balthazar Vagrèze, prieur en 1772, et N. Lavergne, curé en 1789.

Il y avait jadis six seigneurs à Anglards ou dans la paroisse : ceux de Ruynes, de la Trémouillère, d'Orceyrolles et Chambaron ; le commandeur de Montchamps; le prieur de St-Michel, et le châtelain d'Anglards.

L'étendue de ce territoire est de 1,150 hectares dont 600 hectares en terres labourables, sur un sol granitique et schisteux, d'un faible produit ; 400 hectares en prés et pacages assez bons, et 150 hectares en bois.

Anglards était protégé par un château fortifié dont les Anglais s'emparèrent en 1387; ils le rendirent moyennant rançon. Les fossés et quelques ruines de ce château se voyaient encore en 1716; sa construction devait remonter à une date fort ancienne; il avait donné son nom à une famille de chevaliers. Hugues d'Anglards le possédait en 1204 ; son frère Hugues fut abbé de la Chaise-Dieu, et mourut en 1203; Bertrand Aymonet et Garnier, fils d’Hugues, chevaliers, firent, en 1274, hommage au monastère de St-Flour, pour une partie de la seigneurie; l'autre partie relevait également du monastère, et appartenait alors à N. Bertrand de Brossadol qui la tenait de feu Guillaume de Cussac, chevalier. Cette partie se trouvait comprise entre les rivières de Trueyre, d'Ande, et le ruisseau de Mercœur.

La terre d'Anglards était, en 1398, la propriété de Jeanne de Châteauneuf et du vicomte Renaud de Murat, son mari, qui rendit hommage à l'évêque pour certains villages. L'année 1435, son fils céda ses droits sur la seigneurie d'Anglards a Bernard vin, comte d’Armagnac, vicomte de Carlat et de Murat. Après la défection de ce seigneur en 1471, Anglards, ainsi que d'autres fiefs et seigneuries, passèrent à la maison de Bourbon, et en 1494 Anne de France, épouse de Pierre n, duc de Bourbon, était dame d'Anglards Elle fit bâtir la chapelle de Ste-Agathe, et donna plusieurs rentes pour son entretien.

Par suite de l'embarras pécuniaire où se trouvait l'Etat en 1696 , Anglards, et d'autres seigneuries que le roi possédait en Auvergne, furent engagées moyennant une somme payée comptant, et de plus, une redevance annuelle. Christophe Le Roux acquit des commissaires du roi les terres d'Anglards et du Dauzac, dans la paroisse de Paulhac, pour le prix de 13,500liv. Son fils, Jean-Baptiste Le Roux, seigneur d'Anglards, rendit hommage au roi l'année 1716; il avait épousé Marie Anne Podevigne de Grandval. Un seigneur de ce nom, Raymond Podevigne, possédait, en 1774, la terre d'Anglards aux conditions précédemment citées.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

Les Barraques-Hautes, hameau situé sur la route nationale n° 9 qui conduit de St-Flour à Montpellier; les Barraques-Basses, hameau près du précédent; Le Cros et Barraques, villages dont le dernier est aussi placé sur la route de St-Flour à Montpellier; Le Féchadour, hameau; La Gazelle, près de la route; c'est un village qui mériterait de fixer l'attention des archéologues; les champs environnants sont jonchés de briques romaines et de poteries; la charrue heurte souvent contre des murs à ciment. Des fouilles faites chez M. Vaissière, propriétaire, ont mis à découvert des meules à bras et divers objets que l'on avait cru d'origine romaine. On voit, dans les mêmes lieux, une croix plantée en l'honneur de saint Roch; les habitants lui rendirent ce témoignage de reconnaissance, pour avoir été préservés de la peste, grâce à son intercession. Dans certains jours de l'année, on se rend à cette croix avec des cérémonies religieuses.

Les antiquités de La Gazelle sembleraient se rattacher à l'existence d'une voie romaine, dont on rencontre les traces auprès du village. En combinant les notes qui ont été fournies à ce sujet par deux respectables ecclésiastiques, M. Jalabert, grand-vicaire, de St-Flour, et M. le curé de N.-D. de Lescure, on peut indiquer, sur une certaine longueur, la direction de cette route. Les vestiges signalés commencent à la Chapelle-Laurent ; ils se retrouvent au-dessus de La Combe, commune de St-Poncy; puis à La Bastide, commune de Lastic. La voie romaine traversait le bois de La Bastide ou du Bouschet, et celui du Courbier; elle passait au-dessous du bois du Mas, commune de Soulages, descendait au commun du pont, entrait dans le commun des Chausses où ses restes sont très-caractérisés, pénétrait dans le village de Sistrières, commune de Montchamps, puis se dirigeait vers l'ouest de La Margeride , en passant au-dessus du bois du Monteil; elle paraît ensuite être descendue vers St-Galle retrace dans les bois de La Gazelle, d'où elle suivait sa ligne vers le pont de l'Echelle. (Quelques personnes disent vers le pont de Garabie.) On pense qu'après avoir traversé la Trueyre, elle prenait sa direction du côté de Faverolles, de St-Juery et des montagnes d'Aubrac; car des tronçons bien conservés de cette même route se remarquent près du lac de Salins (Lozère) ; on en aperçoit même près d’Espalion.*

Outre les villages et hameaux dont il a été parlé , la commune d'Anglards renferme encore:

Le moulin de Cheminade, hameau; Orceytette, village à la source d'un ruisseau; Orceyrolles, ancien fief, village dans la plaine; Le Pic, hameau ; le pont de Garabie, sur lequel la route nationale franchit la Trueyre; Le Pouget, village sur cette rivière.

(*) Cette prétendue voie romaine pourrait n'être autre chose qu'une chaussée de Brunehaut.

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