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Un peu d’histoire

Au XIII° siècle, des cabanes en bois ou en terre abritaient durant l’été les bergers, gardiens des troupeaux de brebis venus du Quercy pour paître sur les vastes étendues de l’Aubrac.

Aux alentours de 1800 les propriétaires fonciers succèdent aux moines ayant défriché l’Aubrac jadis entièrement boisé, on assiste alors à l’éclosion des burons en pierre, terme dont la racine normande « bur », signifie habitation. On compte en 1850, pas moins de 300 burons sur l’Aubrac situé aux confins des départements du Cantal, de l’Aveyron et de la Lozère. Ils abritent 1200 buronniers, emploient des centaines de saisonniers et produisent 700 tonnes de fromage entre le 25 Mai et le 13 Octobre, période d’estive. En 1960, seulement 25 tonnes de fromage sont produites, cette étape marque la fin de l’âge d’or des burons ! Deux ou trois burons ont franchi le cap du nouveau millénaire mais en 2002 le dernier se voit contraint d’abandonner définitivement la fabrication du fromage, « hygiène oblige » !

 

Ils y étaient….

Joseph Boulet,  au buron du Jas de Patras et Jena Raynal, au buron du Pas de Matthieu.

Joseph Boulet, âgé de 84 ans fait partie des hommes de la montagne. Désormais pensionnaire à la maison de retraite de Nasbinals, il a du mal à contenir son émotion quand il évoque la grande époque où il « se louait » dans les burons. D’entrée, il dit sans hésitation « si c’était à refaire, je recommencerai volontiers », le ton est donné !

Orphelin de père et de mère à l’âge de 13 ans, Joseph entame alors sa carrière de buronnier à Carteyret sur la commune de Saint Urcize, l’épopée durera 27 ans… A l’image de bon nombre de ses collègues, il rappelle la plus grande difficulté de l’époque : le manque de vêtements adaptés au mauvais temps. « Nous n’avions pas de costumes de pluie, ni de bottes ! A la moindre averse, on était trempé comme des soupes… » raconte Joseph. Le confort des burons était des plus sommaires, la chambre appelée « trabe », n’était qu’un recoin sous les toits, près du foin des veaux ! « Vous sentiez souvent le vent vous souffler dans les oreilles » lance l’ancien buronnier en souriant, «  mais le plus important, c’était la bonne entente  dans l’équipe ! » continue- t –il. Travailleur honnête et responsable, le jeune homme gravit les échelons de la hiérarchie et se retrouve Cantalès au buron du Jas de Patras entre Aubrac et Saint Urcize, durant 14 étés. A cette époque, chaque montagne avait son buron, il reprenait vie tous les ans, le 25 mai.  « En 1962, lorsque j’ai arrêté, il devenait difficile de trouver du personnel. Le responsable devait agir pour l’intérêt des patrons de la montagne et quand il y en avait un qui traînait la savate, le rendement n’était plus le même… » ajoute le montanhòl. Si vous lui demandez son avis sur la fermeture des burons pour des raisons d’hygiène, il répond naturellement « on a toujours réussi à les tenir propre et on faisait du fromage aussi bon qu’avec leurs normes ! On traitait le lait sur place dans des récipients en bois valant mieux que ceux en fer blanc, ainsi il restait chaud ».

Des troupeaux dont il s’est occupé, Joseph en garde un souvenir intact, de Rousette à Mignonne en passant par Capitaine ou Rébille le nom des vaches qu’il a préféré lui revient immédiatement. « Quand on arrivait à la montagne, on choisissait une vache que l’on trayait en premier : on l’appelait la première. Elle avait souvent un veau de petite taille, elle était franche, bonne de lait et facile à traire » se souvient Joseph, amoureux des vaches aux contours des yeux noirs, à la robe grise et aux longues cornes bien ouvertes…

Parmi les bons moments, il cite les bals à Aubrac le jeudi, c’était l’occasion de rencontres avec les collègues.

Pour ce qui est de la nourriture, il avoue n’en avoir jamais manqué. Au menu quotidien, de la soupe de  légumes puis des pommes de terre, du lard, du lait et du beurre à volonté. Un peu de fromage et de temps en temps, un pot au feu ou une poule farcie…

Ses patrons était pour lui des amis, ses collègues une deuxième famille et la montagne, sa vie.

Joseph ne se lasse pas d’évoquer tous ces souvenirs avec son ami Jean Raynal, âgé de 72 ans qui a commencé comme ròl à 12 ans, avant de devenir bédélier au buron du Pas de Matthieu près de Saint Urcize. Issu d’une « famille de buronniers », pour lui, la difficulté majeure consistait à surveiller les veaux pour qu’ils ne s’échappent pas dans les bois avoisinants…et la traite qui durait 2 longues heures ! Il se souvient aussi des violents orages dévastant le parc de traite qu’il fallait ensuite reconstruire.

Parmi ses bons souvenirs, la Saint Jean : «  On faisait l’Aligot, les patrons apportaient un poulet, des gâteaux et du vie et une fois l’arbre planté, on poussait le fameux Aluc, le cri de rassemblement des buronniers. » se rappelle Jean.

Nostalgiques certes, nos deux anciens disent être aussi et surtout des « fanatiques ». Ils sont avant tout fiers d’appartenir à la grande famille des Buronniers !

 

Cette page  a été réalisée  à partir d'extraits du N° 5 de la revue Cantal Magazine. Documents et photos Monique Roque et Laurence Rieutort que nous remercions pour leur autorisation de publication sur CantalPassion.
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