RIVIERES ET RUISSEAUX DU CANTAL

CANTAL NATURE

RIVIERES ET RUISSEAUX DU CANTAL

Etude réalisée par Robert JAMMET

A l' ère primaire, le soulèvement hercynien a formé nos montagnes puis celles-ci ont subi une forte érosion ; le soulèvement alpin à l'ère tertiaire et la forte activité volcanique ont occasionné de profondes fractures, soulevé nos montagnes, formé les lacs, les vallées et aussi les plaines d'effondrement.

Du massif volcanique du Cantal, rayonne un grand nombre de cours d'eau formant comme l'écrivait notre illustre compatriote Emile DUCLAUX, " les rayons d'une roue sans la jante". Ces rivières et ruisseaux rejoignent trois grands collecteurs qui nous  entourent : la Dordogne, le Lot, l'Allier.

Ceux-ci  servaient jadis à la navigation fluviale, avec bien des difficultés dues aux eaux trop fortes ou trop basses et aux  drames qui en découlaient, avant l'arrivée du chemin de fer qui mit fin à cette activité.



La moitié ouest du département est sous l'influence océanique et reçoit une moyenne de 1500 mm d'eau par an et ne craint pas trop les sécheresses d'été ; par contre, la moitié est, sous influence plutôt méditerranéenne, reçoit moitié moins de pluviosité et les étés y sont plus chauds.

Le régime de nos cours d'eau en général est irrégulier : gonflés lors des grandes pluies d'automne et de la fonte des neiges au printemps, au niveau très bas en période estivale.

Il est dit couramment que  le Massif Central est le château d'eau de la France ; c'est vrai dans la mesure où les rivières qui en descendent apportent leurs eaux aux pays des plaines environnantes, mais d'autre part, le sol d'origine volcanique ne retient pas l'eau, aussi les nappes phréatiques sont elles de faible contenance.

Le Cantal possède 2000 km de rivières et 4000 km de ruisseaux ; tous ne seront bien sur pas cités dans cet exposé, mais au moins le plus grand nombre possible sera t-il présenté. et donnera une image de l'hydrographie cantalienne.

Ce n'est pas une énumération sèche qui fait l'ouvrage, mais à chaque fois, un petit descriptif du cours d'eau viendra personnaliser celui-ci.


PS / L'attention du lecteur est attirée sur le fait suivant : parfois le cours d'eau coule entre deux sites opposés, le premier cité sera toujours celui de la rive droite, le second sera celui de la rive gauche.

I - VERSANT DE LA DORDOGNE :


La DORDOGNE , appelée Rivière Espérance par l'écrivain Christian SIGNOL  naît dans le Puy de Dôme ; elle résulte de la réunion de deux cours d'eau de montagne : la Dore et la Dogne qui viennent du massif du Sancy à 1700 m d'altitude..

La toute première partie de son parcours se passe dans la plaine de Saint-Sauves, puis elle passe les gorges granitiques d'Avèze, sauvages et pratiquement inhabitées, où la rivière est rapide et tumultueuse ; à leur sortie, se trouve la ville de Singles, construite sur un plateau  tandis des éperons rocheux  dominent le confluent avec le Chavanon ( à D ) et le Mortagne et la Burande ( à G ) appelé la Digue d'Arpiat. Uun pont franchit la rivière à cet endroit et relie le Puy de Dôme et la Corrèze ;  puis la Dordogne s'engage dans une vallée évasée qui la conduit au barrage de  Bort les Orgues, mis en eau en 1951, le plus important du Massif Central, construit sur un rétrécissement phonolitique ; son lac artificiel couvre près de 1100 hectares sur 21 km de remontée.

En amont de Bort les Orgues, côté corrézien, se trouvait le village de Port Dieu ;celui-ci a été noyé par la retenue du barrage et reconstruit sur la hauteur autour du village de Confolens et se  nomme aujourd'hui  Confolens-Port Dieu ; sur la rive gauche, dominent l'abbaye de Thynières dans le Puy de Dôme, le château de Val (XV°) dans le Cantal.

D un point situé entre Confolens et  Port Dieu ( Corrèze ) et Labessette (Cantal), jusqu'au barrage de l'Aigle, la Dordogne fait limitesur 60 Km entre la Corrèze et le Cantal. Le lac de l'Aigle couvre 750 ha et sur 25 km.de remontée.


Ci-contre le lac de Bort vu de l'une des tours du château de Val.

En aval de Bort, elle longe la plaine de  Madic du  côté cantalien, puis s'enfonce à nouveau dans des gorges sauvages noyées par le retenue de Marèges, mise en eau en 1935, qui remonte sur 16 km et couvre 200 hectares. Au confluent de la Dordogne et de la Diège ( RD ) le monument dédié à  Saint-Nazaire  placé  au cours du XIX° siècle domine  le plan d'eau. Sensiblement au même endroit, se trouve l'usine de Bal Beneyte qui utilise les eaux venant par conduite forcée depuis le barrage des Chaumettes sur la Diège.

Aussitôt après, elle s'engage dans de nouvelles gorges noyées par le lac artificiel de l'Aigle. Le lieudit   "jonction", appelé "ajustant" en langage du pays, marque le  confluent de la Dordogne et de la Sumène sur RG, face au  belvédère de Gratte Bruyère sur RD ; La  route des  "ajustants"  va du  pont de Vernéjoux au barrage de l'Aigle, sur la rive droite de la Dordogne pendant 7 km. Au dessus du confluent et côté Cantal, se trouve l'ancien monastère de la Thébaïde, reconverti en lieu de tourisme, et légèrement  en amont, le pont suspendu de Saint-Projet qui a remplacé celui noyé par la montée des eaux.

Le Pont de Vernéjoux marque la fin de la Haute Dordogne, mais celle-ci n'en a pas encore fini avec les gorges. car elle est encore barrée  par de  grands barrages formant un escalier : l'Aigle ( voir- ci-dessus ) , limitrophe avec le Cantal, le Chastang et le Sablier se trouvent entièrement en Corrèze.

Jadis, le haut pays produisait du bois que de hardis mariniers descendaient  jusqu'au Bec d'Ambès ; le chemin de fer a mis fin à cette activité. Avant l'immersion de la vallée, la voie ferrée Aurillac-Montluçon-Paris longeait la Dordogne en amont de Bort, ceci a pris fin avec la mise en eau du barrage.


Les cours d'eau qui sont présentés ci-dessous et descendus  des montagnes  prennent la direction Ouest et rive gauche de la Dordogne ; ceux de la rive droite ( côtés départements de la Corrèze et de la Dordogne) ne seront que rapidement évoqués.

Le passage de la rive cantalienne à la rive corrézienne se fait par le barrage de Bort, les ponts de Vernéjoux et de Saint-Projet, et le barrage de l'Aigle.


Affluents de rive droite de la Dordogne : Ils concernent peu ou pas le Cantal, mais ils méritent cependant d'être cités :

- Venu de Haute Corrèze :

* Le Chavanon ( 43 km ) est essentiellement corrézien ; il est plus long et de plus haut débit que la Dordogne (33 km)jusqu'au confluent.

- Se terminant face à la rive cantalienne de la Dordogne et descendues de Haute Corrèze et du plateau de Millevaches, coulent :

* La Diège qui passe à Ussel, au barrage des Chaumettes, se termine près du site  de Saint-Nazaire.et de l'usine de Val Beneyte, dans la retenue de Marèges.

* La Triouzoune qui passe à Neuvic, au barrage de Neuvic d'Ussel (appelé aussi Henri Queuille), se termine dans la retenue de l'Aigle.

- Sont tout à fait corréziennes : la Corrèze ( 85 km ), qui passe à Corrèze, Tulle, et rejoint la Vézère à Brive ; la Vézère (grossie de la Corrèze) 192 km, passe notamment près du site préhistorique des Eyzies. Plus loin l'Isle rejoint la Dordogne en Aquitaine au bout de 235 km de cours.


Affluents  rive gauche de la Dordogne :

Nous trouvons successivement, venus du Puy de Dôme :

* Le Mortagne vient de Latour d'Auvergne, passe à Tauves et rejoint la Dordogne à Singles.

* La Burande a le même terminus que le précédent.

* Le Tialle prend sa source près du Puy de Sancy, coule dans le Puy de Dôme et rejoint le lac de Bort en aval de Beaulieu et dans le Cantal.


Sur le cours supérieur,  venant du Cantal :

* La Grande Rhue (50 km) vient de Vassivière dans le Puy de Dôme, coule d'abord direction sud, passe entre de la station  Sports d'hiver de Super-Besse et le lac Pavin, dessert Eglise Neuve d'Entraygues ; à  Condat en Feniers, joli chef lieu de canton du Nord Cantal, elle infléchit son cours en direction  l'Ouest ; elle passe à Saint Amandin, traverse la forêt domaniale de Maubert, passe le Saut de la Saule et rejoint la Dordogne à Saint-Thomas, en aval du barrage de Bort. Sur son parcours, se dressent trois petits barrages :

Celui de Condat sur la Santoire, qui alimente l'usine de Saint-Amandin

Celui des Essarts sur la Grande Rhue qui alimente l'usine de Coindres

Celui de Vaussaire qui reçoit aussi les eaux venus des lacs de Lastioules et de la Crégut.

Elle reçoit sur sa droite :

- Le Gabacut qui termine sa course dans la retenue de Coindres.

- La Tarentaine, une rivière de l'Artense venue de la forêt de Gravièrequi traverse Champ sur Tarentaine, charmant chef lieu de canton du Nord Ouest Cantalien. Les  eaux de la Grande Rhue et de la Tarentaine sont  déviées par un grand collecteur qui les conduit à la retenue  de Bort.

Elle reçoit sur sa gauche  :

- Le Bonjon venu du Cézalier ; le confluent est à Condat en Feniers.


- La Santoire ( 30 km ),appelée aussi " le val fleuri",  venue du Peyre Arse  passe à Lavigerie, Dienne, Ségur les Villas, Saint Bonnet de Condat, et rejoint la Grande Rhue à Condat en Feniers.Elle n'a pas d'affluents notoires sur sa droite, mais elle reçoit sur sa gauche :

- L'Impradine descendue de la Brèche de Rolland, la rejoint en aval du moulin de Drils.

- Le Lemmet issu du plateau du Limon lui arrive à Saint Saturnin..

- Le  ruisseau de Saint Amandin .

Vallée de la Santoire


- La  Rhue de Cheylade ou Petite Rhue, descendue du col de Serre, passe au Claux, à Cheylade, sous les ruines du château d' Apchon, sous le viaduc de Barajol, traverse la forêt d'Algère, et rejoint la Grande Rhue dans la retenue de Coindres- Les Essarts.

La Rhue de Cheylade reçoit sur sa gauche seulement :

- La Véronne, passe à Riom Es Montagnes, "capitale" du Nord Cantal, et rejoint la Grande Rhue en aval du viaduc de Barajol.

- Le ruisseau de la Soie rejoint la Grande Rhue en aval du barrage de Coindres.

- Le Seuronnet ou Soulou se termine près de Madic ; il reçoit sur sa gauche le ruisseau de Vaisseredonde qui passe à Saint-Etienne de Chomeil

Ces derniers cours d'eau descendent du versant nord du plateau du Limon, appelé aussi " le pays gentiane".


* LA SUMENE prend sa source au col d'Aulac à 1281 m d'altitude, passe près du bois de Cournil, à Valette ( patrie de l' écrivain cantalien  Jacques MALLOUET (1929-2004 ), à Menet et son plan d'eau, Vebret et  Bassignac en Artense ; à Vendes, elle passe sous le viaduc de l'ancienne voie ferrée Aurillac-Bort et près de l'ancien bassin minier de Champagnac ; elle  rejoint la retenue de l'Aigle au lieudit Gratte-Bruyère. Des fouilles archéologiques sont effectuées dans la vallée de la Sumène.

Elle reçoit sur sa droite, le ruisseau du Gou et le Cheylat.

Et sur sa gauche :

-  Le Violon qui passe près de N.D. de Vignonet et se termine peu en amont de Vebret.

-  Le ruisseau de Munac..

-  Le Marilhou qui reçoit à droite le ruisseau du Varleix, et à gauche, celui de Moussages.

-  Le Mars, descendu du versant nord ouest du Puy Mary dans le cirque du Falgoux, passe au Vaulmier et reçoit sur sa droite le ruisseau de Méallet.

Les eaux de la Sumène sont déviées vers le lac de Madic et le barrage de l'Aigle.


* Le LABIOU est un petit cours d'eau formé de plusieurs ruisseaux venant du Vigean, ; il se termine dans la retenue du barrage de l'Aigle en aval du pont de Saint-Projet après un cours de 12 km seulement ; le monastère de la Thébaïde, fondé au cours des années 1880 par le père SERRE ( 1827-1904) domine le confluent ; après une longue période d'abandon, le bâtiment a été restauré par la Commune d'Arches ( journal la Montagne 23.07.1999).


* L'AUZE vient du col de Néronne, passe au bas d'Anglards de Salers où se trouve le château de la Trémolières ( XV°) avec ses magnifiques tapisseries, franchit la cascade de Salins, passe près du château de la Vigne ( remarquable pour sa collection de voitures miniatures en tous genres,) à Brageac, traverse la forêt domaniale de Miers, et rejoint la Dordogne à Spontour, ancien port fluvial, au sommet de la retenue du Chastang.. Elle reçoit :

Sur sa droite : le ruisseau Saint Jean qui prend sa source peu à l'ouest de Mauriac,le ruisseau de Piallevedel peu avant qu'elle ne rejoigne Spontour.

Sur sa gauche : Le Monzola,  le ruisseau de Palhès, la Sionne au sud de Mauriac ;

-

-        celle-ci reçoit à droite le ruisseau du Fayet, à gauche, ceux de Chavarivière et de Custrac.

-        Le rau de Tarrieu passe près d'Ally.

Comme pour la Grande Rhue et la Sumène, une déviation conduit les eaux de l'Auze dans le lac de l'Aigle.


* La MARONNE : ( 60 km ). Elle vient du Roc des Ombres ( 1633 m ) , passe sous la cité historique de Salers avec son esplanade de Barrouze ; c'est ici que  TYSSANDIER D'ESCOUS créa la race de Salers ( les vaches à la robe rouge ) au XVIII° siècle, passe à Saint Martin Valmeroux "la cité du gant", puis s'enfonce dans les gorges ; sur la rive droite les ruines du château de Brouzac dominent la vallée profonde et étroite, franchie par l'ancienne voie ferrée Aurillac-Bort, à Saint Christophe les Gorges, à l'entrée du barrage d'Enchanetet, sur un étroit méandre de rive droite, se dresse la chapelle Notre Dame du Château.

Le barrage  du Gour Noir et le lac qu'il forme sont  limitrophes entre Corrèze et Cantal,  puis la rivière est tout à fait corrézienne lorsqu'elle  passe sous les Tours de Merle et franchit le barrage de Hautefage ; elle  rejoint la Dordogne à Argentat ancien port fluvial.

Sur sa droite elle reçoit :

- Les ruisseaux d'Encon et d'Albois qui sont proches de la limite du Cantal et de la Corrèze.

Sur sa gauche elle reçoit :

- Le ruisseau du Rat.

- L'Aspre venue du Chavaroche,  passe à Fontanges où se trouve une chapelle dédiée à Saint-Michel,

- La Bertrande qui passe à Saint-Chamant avec son château (XV° & XVII°) son association "Les voix de la Bertrande".

* Elle reçoit sur sa droite le ruisseau de Serre.

* Elle reçoit sur sa gauche :

- La Doire ( 23 km ) qui vient  du col de Légal et  passe à Tournemire au pied du château d'Anjony,( XV°) chargé d'histoire, sous  Saint-Cernin, chef lieu de canton, et  la Soulane qui coule près de l'ancienne gare de Saint-Illide . La Bertrande et la Soulane rejoignent la Maronne dans un des fjords du lac artificiel  d'Enchanet.

- Les  ruisseaux de Rouchy et du Cayrou sont  encore dans le Cantal.


* LA CERE : son parcours de direction nord -ouest - sud ouest est et de 110 km ; il va du col du Lioran à 1150 m d'altitude où se trouve une station de sports d'hiver, à Bretenoux en Quercy sur les bords de la Dordogne, à 150 m d'altitude, au pied du château de Castelnau (XIII° ).


La Roucole

Sur sa partie supérieure, elle reçoit des torrents de montagnes dont certains franchissent des cascades ( Fallitoux, la Roucole) et rejoignent la Cère au Pas de Cère.

Elle franchit des gorges aménagées en amont de Vic sur Cère appelées " Pas de Cère" ; où fut  installée en 1898 une mini-centrale électrique,.

Vic sur Cère, capitale du  Carladès,  est une  station hydrominérale qui était connue déjà du temps des Romains ; la ville est réputée pour sa Maison de l'eau, la maison des Princes de Monaco, son parc, ses hôtels., son casino. La reine Ranavalo de Madagascar y séjourna en 1904..

Faillitoux


La Cère  passe ensuite à Polminhac  où sont nés les trois frères PELISSIER, coureurs cyclistes  dont l'un d'eux, Henri,  gagna le Tour de France en 1923 ; cette localité est située entre  les châteaux  de Pesteil et de Vixouze.

A Arpajon sur Cère, elle rencontre la troisième ville du département ; la rivière s'étale dans le bassin d'Aurillac-Arpajon, se  rétrécit à nouveau à partir de l'éperon rocheux sur lequel  est construit le château de Conros, ( XII° é XV°) ; 30 km en aval, le barrage de Saint-Etienne Cantalès inauguré en 1945, puis le régulateur de Neppes,  barrent  son cours.

La voie ferrée  Aurillac-Brive longe le lac artificiel ; puis la rivière  et le chemin de fer passent  à Laroquebrou,  chef lieu de canton avec son château ; continuent sous le Rocher du Peintre ,dans les gorges entre les départements de la  Corrèze et du Lot où il n'y a place  que pour la Cère  et le chemin de fer, ce dernier passant  sous de nombreux tunnels avant d'atteindre la centrale de Lamativie mise en service en 1927 ;  la Cère  retrouve la plaine à Laval de Cère où fonctionne une aciérie ; plus en aval se trouve le petit barrage de la Brugalle ; elle    termine sa course dans la Dordogne ou Rivière Espérance dans un labyrinthe de canaux et d'îles, sous le château de Castelnau, près de Bretenoux.

La voie ferrée  Aurillac-Capdenac franchit l'un des bras du lac de St Etienne Cantalès sur le viaduc du Ribeyrès (photo ci-contre), puis quitte définitivement la vallée de la Cère et le Cantal.

Les rives du lac sont aménagées pour les sports nautiques, la baignade..


Elle reçoit rive droite :

- Le Mamou, long de 20 km, descendu du plateau du Coyan,

- La Jordanne, ou vallée des légendes venue des flancs du Puy Mary, longue de 37 km ; des cascades aboutissent en son cours supérieur : Liadouze, le Luc,  elle franchit des gorges aménagées pour le tourisme depuis l' été 2006, elle traverse Saint-Simon, patrie du pape Sylvestre II , plus connu sous le nom de Gerbert. ; elle passe à Aurillac, chef lieu du département, ville de 33000 habitants, entre le château Saint-Etienne et le Puy Courny ; réputée pour son industrie du parapluie ; les vieilles maisons le long de la Jordanne forment une image magnifique.

Ces deux derniers cours d'eau se terminent à Arpajon sur Cère dans les eaux de la Cère.


- l'Authre qui descend du col de Légal. rejoint la Cère en amont du barrage de St Etienne Cantalès au lieudit " la Jonction", passe à Marmanhac où se trouve le château de Sédaiges, Jussac célèbre pour son spectacle annuel "  les gens d'ici ", Crandelles et son plan d'eau des Genevrières, Ytrac, patrie du poète occitan Arsène VERMENOUZE et du coureur cycliste Antonin MAGNE,.vainqueur de la Grande Boucle en 1931 et 1934, .et reçoit le Reilhaguet

Sur sa rive gauche :

- Le ruisseau des Granges à Arpajon sur Cère sur lequel se trouvait jadis un martinet pour battre le cuivre ; il est formé par trois petits ruisseaux.

- Le ruisseau de Roanne, qui se termine à Sansac de Marmiesse.

- L'Escaumel venu du Cantal mais qui rejoint la Cère  au Pont de Rodde, à la limite du Lot.

- Le Mamoul  se jette dans la Dordogne peu en aval de Bretenoux.

Voici donc la Dordogne,  présentée pour ce qui concerne plus particulièrement son cours cantalien ;             l' aménagement de sa vallée est géré par l'établissement public appelé EPIDOR.


II - LE  VERSANT  DU  LOT :


Le LOT, appelé aussi rivière d'OLT en occitan,  long de 480 km, affluent de la Garonne, prend sa source dans le département de la Lozère, près de Mende ; il passe les monts d'Aubrac, sert de limite entre le Cantal et l'Aveyron d'Entraygues au Pont de Coursavy pendant 23 km ; c'était le pays des "coustoubis" qui cultivaient les fruits et les légumes et allaient les vendre à Aurillac ; le voyage aller et retour durait 2 jours, au pas des chevaux

La vallée du Lot donne déjà un petit air du Midi. Après Coursavy, le Lot  continue sa course dans le Rouergue, le Quercy et la Guyenne ; il servait jadis à la navigation fluviale, d'Entraygues à l'Aiguillon, où il rencontre la Garonne, et les mariniers continuaient leur course jusqu'à Bordeaux.

Ses affluents de rive droite se trouvent d'abord  dans le  Cantal :


I° ) LA  TRUYERE est le plus important de tous ; son cours est de 160 km ; elle prend sa source en amont du Malzieu ( Lozère ) et file direction Nord ; elle bute alors sur le plateau basaltique de la Planèze et prend la direction Sud Ouest où elle rejoint le Lot à Entraygues. Tout son cours se déroule dans des gorges profondes dans lesquelles sont édifiés de grands barrages : Grandval  ,Lanau, tous deux dans le Cantal ; Sarrans  Labarthe, Couesque, Cambeyrac dans l'Aveyron.


Château d'Alleuze

La retenue de Grandval  et la base nautique de Garabit sont  dominées  par la voie ferrée Paris-Béziers qui emprunte  le viaduc de Garabit, œuvre de Gustave EIFFEL et de Léon BOYER ; cet ouvrage métallique construit en 1882  est haut de 120 mètres, long de 564 mètres puis le plan d'eau s'étale sous  le château d'Alleuze (XIII°) où a lieu tous les ans la procession  des "dits d'Alleuze", spectacle dans les ruines.


Les barrages signalés ci-dessus sont dans cette contrée du Haut  Aveyron, qui par les courants économiques et humains présente bien des affinités avec le bassin d'Aurillac ; d'ailleurs, l'approvisionnement des chantiers s'est fait à partir des gares de Polminhac et d'Arpajon, dans le Val de Cère. D'autre part, le lac de Sarrans remonte jusqu'au pont de Lanau dans le Cantal, à 35 km en amont du barrage.

Les affluents de la Truyère sont souvent équipés de barrages pour la production électrique ou de prises d'eau qui par conduites forcées rejoignent des retenues plus importantes.


Affluents rive droite de la Truyère :


* Venus de la Planèze :

- Vers Chaliers et sur le cours supérieur,  se trouvent le Ribeyre, puis le Roche ; le Mongon est en aval de Garabit

- Le Lander, ou l'Ander prend sa source vers la Chomette en Planèze,  passe à Roffiac, à Saint-Flour Faubourg sous les remparts de la ville haute et de sa cathédrale  et rejoint le lac de Grandval. Saint-Flour est sous-préfecture et siège de l'évêché.

- Plus en aval, sont le ruisseau de Cordesse,  l'Epi grossi du ruisseau de Tourette, le ruisseau de la Prade qui  passe à Oradour, le celui de Montjaloux,

- Le Vézou reçoit le ruisseau d'Assac sur sa gauche,  passe à Pierrefort  chef lieu  de canton où est né Jean TODT, le patron de la Scudéria Ferrari ; et  se termine dans le lac de Sarrans au lieudit "  Belvédère du Vézou ".


* Venus du Plomb du Cantal :

Le Brezons  qui longe le village du même nom, passe à Saint Martin Sous Vigouroux et rejoint le lac de Sarrans sous un pont suspendu conduisant à l'Hospice de la Devèze fondé par le  père ROBERT ( 1828-1908). L'ancien Hospice a été noyé par les eaux du lac en 1934, mais la société qui a construit l'ouvrage a également construit le nouvel Hospice. La Devèze, la presqu' île de Laussac, le barrage de Sarrans, sont un haut lieu de tourisme.


La vallée de Brezons

Hospice de La Devèze

Barrage de Sarrans


- Le Brezons  reçoit sur sa droite l'Hirondelle, formée par les ruisseaux de Moissalou , et de Sarrus.

- La Bromme qui passe à Thérondels, se jette dans la Truyère au Brézou, en aval de l'usine souterraine de Brommat ; une prise d'eau  et un ruisseau. venu de  La Capelle Barres alimentent aussi l'usine, à Brommat, elle reçoit les eaux du Siniq qui descend des forêts de Malbo .


Ci-contre la Truyère en aval du Brezou


* Venus  du Carladez :

-        Le Goul, long de 38 km, descend du Puy Gros à 1360 m d'altitude ; il traverse  le pays Carladès passe tout près du château de Cropières, longe  la Châtaigneraie, et  rejoint la Truyère en amont d'Entraygues à 260 m d'altitude dans la retenue de Cambeyrac.

Le Goul  reçoit sur sa droite venus du Cantal :

* Au lieudit Basaygues, sous le rocher de Ronesque :

-La Rasthène, qui elle-même reçoit l'Embène ; celle-ci est formée du ruisseau de St Etienne et du ruisseau de Caizac descendus du plateau du Vernet ; l'Embène coule sous la table basaltique du Rocher de Carlat dont les alentours ont subi l'érosion. Sur celui-ci s'élevait jadis un château ; la Reine Margot y séjourna, mais comme il servait de refuge à des révoltés, Henri IV le fit raser en 1604 ; des fouilles archéologiques ont lieu sur ce site historique ; le confluent de l'Embène et de la Rasthène se fait entre Carlat et Cros de Ronesque.

- Le ruiseau de Maurs vient de Labrousse où un petit plan d'eau privé a été aménagé.


* Venus de la Châtaigneraie :

- Le ruisseau du Lac passe près de Ladinhac

- Le ruisseau de Palefer prend sa source près de Montsalvy, et rejoint le Goul peu en amont du confluent de celui-ci avec la Truyère.

Un barrage est construit sur le cours inférieur du Goul ; les eaux ainsi retenues sont acheminées par conduite forcée au lac de Couesque.

Sur sa rive gauche venu de l'Aveyron :et sur son cours inférieur, se trouve   le ruisseau de l'Estang.


Affluents rive gauche de la Truyère  :


* Venus de l'Aubrac :

- L' Arcomie rejoint la Truyère à Garabit.

- Le ruisseau de Peyrebesse, puis celui d'Albaret, aboutissent au lac de Grandval.

- Le Bès prend sa source en Lozère au S.E de Nasbinals à 1200 m d'altitude,  prend direction nord, fait limite entre Cantal et Lozère où se situe la Chaldette, petite station thermale, repasse en Lozère à Saint-Juéry où fut construit en 1915-1916 un ensemble barrage-tunnel-centrale afin d'alimenter l'usine de Saint Chély d'Apcher, dépendant des Aciéreis de Firminy repliées ici pour raisons de sécurité, il revient dans le Cantal et aboutit au magnifique cirque de Mallet avec sa base nautique, sur la retenue de Grandval.

Il reçoit rive droite des cours d'eau venus de la Lozère qui le rejoignent à la limite des deux départements :

Le Pascalet, le Chantagne, le ruisseau d'Ussels,

Le Bernadal et le Bédaule se rejoignent à Fournels et rencontrent le Bès à Saint-Juéry.

Le ruisseau d'Arzenc (le château du même nom est sur la rive opposée). Le Mazel lui arrive à Saint-Juéry et il est tout à fait lozérien.

Le rau de Peyrebesse coule entièrement dans le Cantal et rejoint le Bès dans la retenue de Grandval.

Il reçoit sur sa gauche sur son cours supérieur le Lhère, venu des confins de l'Aveyron et qui  passe à Saint-Urcize, puis le Roumeau.


- Le Remontalou ( 30 km ) passe à Chaudesaigues où se trouvent les sources thermales les plus chaudes d'Europe ( 82°) et une Maison de la Géothermie ; le château de Couffour domine la ville au dessus de sa rive gauche ; il se termine au Pont le Lanau, en aval du barrage du même nom.

- Le Lévandès se termine dans le lac de Sarrans peu en amont de Sainte-Marie. Il reçoit le Tailladès sur sa gauche, qui passe à Jabrun.


* Venus du Haut Aveyron :

- Le Maxes rejoint la Truyère au pont suspendu du Tréboul

- L'Argence passe à Sainte Geneviève sur Argence, très belle cité du Nord Aveyron.

- La Selve qui passe à Saint Amans des Cots, grossie du ruisseau des Ondes sur sa droite.

Des barrages sont construits sur ces deux dernières rivières.

Peu après le pont romain d'Entraygues, finit la Truyère, gros fournisseur d'électricité et bien domestiquée sur toute sa longueur.


2° ) LES AFFLUENTS  RIVE  DROITE  DU  LOT,  VERSANT  CANTALIEN :


* Petits cours d'eau venus du plateau granitique  de la Châtaigneraie

-Le Combalis, puis le Combenouze, sont tout petits.

- L'Auze - 18 km( même nom que  celle du Nord Cantal ) prend sa source près de La Capelle del Fraysse, parcourt le Veinazès, franchit des gorges et arrive dans le Lot à Saint-Projet de Cassaniouze.

-Le Célé est plus important ( 35 km ) il vient de Calvinet à 700 m d'altitude et rejoint le Lot à Figeac, patrie de CHAMPOLLION ( 1790.1832 ) qui déchiffra  les hiérogliphes égyptiennes. Il reçoit sur sa droite la Ressègue qui passe à Leynhac, le Montmurat qui le rejoint à Saint Constant. Sur sa rive gauche lui vient la Rance (25 km) qui passe à Maurs, " la Riviéra cantalienne", capitale de la Châtaigneraie ; le confluent est peu en aval de cette dernière ville, une petite usine électrique se trouve sur le cours de la Rance.

Les gorges de la Rance


-Le Mouleyre a ses origines près du Rouget, passe à Boisset, rejoint le Célé au lieudit Entraygues.

- L'Anès vient de Cayrols et se termine à Saint Etienne de Maurs.

- Le Veyre prend naissance à Roumégoux, fait un certain temps limite entre le Lot et le Cantal, passe à Parlan, et se termine à Bagnac sur Célé, département du Lot.

- Le Bervézou est tout à fait lotois et les cours d'eau qui suivent ne viennent plus de chez nous.


Sur ce versant cantalien et surplombant le Lot, se trouve le vignoble du Fel. Sur la rive se trouve  Viellevie,  son château. et sa base nautique.

Sur sa rive aveyronnaise sont  le bourg d'Aynès et sa chapelle ; après le pont de Coursavy  et peu après qu'il ne s'éloigne du Cantal, le Lot reçoit le Dourdou qui passe sous la cité historique de Conques, et en reprenant sa vallée , le bourg de Saint-Parthem accueille "La Maison de la rivière", où est présentée  la vie dans la vallée  au temps jadis.


Le Lot, est équipé de centrales  hydroélectriques en amont  de son parcours cantalien (barrages de Castelnau en amont de Saint Côme d'Olt, de Golinhac en aval d'Espalion, tous deux situés en Aveyron),  en aval ce sont les  barrages-usines  de Cajarc, Luzech, Villeneuve sur Lot, le Temple ) ; puis,  il  part rejoindre la Garonne à l'Aiguillon.


III -  VERSANT  DE  L' ALLIER :


L'ALLIER  (410 km) est le principal affluent de la Loire, venue du Gévaudan à 1426 m et se terminant près de Nevers) 172 m elle ne traverse  ni ne jouxte le Cantal ; cependant, certains de ses affluents rive gauche  descendent de l'est cantalien et la rejoignent en traversant le département de la Haute-Loire ; des barrages sont édifiés sur son cours supérieur afin de régulariser son débit irrégulier ; elle  a servi jadis à la navigation pour emporter vers Paris, via le canal de Briare, les produits du pays, les pierres de Volvic… Brioude, Pont du Château…étaient autant  de ports fluviaux.

LE COURS SUPERIEUR DE L'ALLIER :

Aucun cours d'eau venu de l'Aubrac cantalien ne rejoint l'Allier ; le Bès et les autres rivières déjà citées drainent leurs eaux vers la Truyère.

En aval et côté Margeride,  des rivières et des ruisseaux naissent dans le Cantal ; ce sont :

* Ceux venus du Mont-Mouchet à 1465 m d'altitude, (où se sont déroulés de violents combats en juin 1944,) mais qui coulent essentiellement en Haute Loire (le Desgès, le Pontajou, le Virlange)

* Ceux venus de chez nous :

- Le Gourgayre qui sert un certain temps de limite entre les deux départements.

- La Cronce prend sa source dans le Cantal près de Rageade, mais la plus grande partie de son parcours est dans le département voisin où elle traverse la forêt d'Arlet et se termine à Lavoûte Chilhac.

- Le Céroux vient de Lastic, passe près de Céloux, de  la Chapelle Laurent, sert de limite un certain temps entre la Haute-Loire et le Cantal, passe à Saint-Just (Hte Loire), et rejoint l'Allier à Vieille Brioude, altitude 588 m. après 40 km de cours.


L'ALAGNON : ( Alagnon ou Allagnon )

Le Vallagnon ( nom de la vallée ) débute sur la face nord du col du Lioran, à l'opposé de la Cère.

La rivière coule direction Nord Est, la rivière longe la forêt domaniale du Lioran, passe devant le château d'Anteroche sur sa rive gauche,  l'un des seigneurs du lieu est célèbre par sa parole prononcée à la bataille de Fontenoy en 1745 : à vous Messieurs de tirer les premiers !

Elle passe à Murat, dont étaient originaires de nombreux médecins des 17° et 18° siècles ; elle fut   cité martyre en 1944, la Chapelle de Bredons  et le rocher de Bonnevie lqa dominent la cité ; la Maison de la Faune accueille les visiteurs.


La rivière  poursuit sa voie dans une vallée encaissée où se côtoient la rivière, la route, la voie ferrée,   le château d'Aurouze la domine de ses ruines.

La vallée s'élargie peu avant Massiac, jolie petite ville, célèbre pour sa fête annuelle " des Palhas", où se trouve le Musée Elise RIEUF artiste peintre native d'ici,  avant de  passer entre  deux éperons rocheux de plus de 700 m sur lesquels  sont construites les chapelles   Sainte-Madeleine et Saint-Victor  puis se rétrécit à nouveau et rejoint l'Allier dans le Puy de Dôme à Auzat sur Allier, après 80 km de cours.


Elle reçoit sur sa droite venus de la Margeride :

* Venus du Lioran :

- Le Baner, petit torrent de montagne.

- Le Lagnon passe à Albepierre et se termine après Murat

* Venus de la Margeride :

- Le ruisseau de Coussargues qui lui arrive à Molompize.

- L'Arcueil  à Massiac ; il vient de Sistrières, passe à Bonnac ; il reçoit sur sa droite à Viellespesse  le ruisseau du Pontet, puis le rauisseu de Chandèze peu avant Massiac, et sur sa gauche, le ruisseau du Pradal.

- L'Allagnonette, qui prend sa source à 1000 m d'altitude,  passe à Saint-Poncy, reçoit sur sa gauche le ruisseau de Sautenrouche.

- Le ruisseau du Dau fait limite entre le Cantal et la Haute-Loire, avant de rejoindre l'Allagnon.


Elle reçoit sur sa gauche :

* Entre Murat et Massic :

Venus du versant sud du Limon :

- Les ruisseaux  de Bournandel,  de Fourfouilloux, de la Gazelle, de Freissinet  qui se terminent entre Murat et Neussargues.

Venus du Cézallier :

Elle reçoit l'Allanche à Neussargues ; celle-ci vient d'une zone de marais et de tourbières ; elle reçoit sur sa gauche le ruisseau du Chavanon, passe dans la ville  qui porte son nom, chef lieu de canton réputé pour sa fête annuelle de l'estive ; elle passe le long des bois de la Pinatelle et  l'ancienne voie ferrée Bort - Neussargues.et rejoint l'Alagnon près de cette dernière ville.

- Le ruisseau de Bouzane passe à  Peyrusse et se termine à Ferrières Sainte Mary.

- Le ruisseau de Charmensac traverse  le villages du même nom et se termine à la Chapelle Vauclair.

* Plus en aval, et concernent le Cantal, le Puy de Dôme, et la Haute Loire :

- La Sianne prend naissance dans le Puy de Dôme à plus de 1400 m d'altitude, elle coule direction sud-est, puis est, passe  dans le Cantal où se trouve la plus grande partie de son cours. Elle reçoit sur sa droite le ruisseau de la Meule, et le ruisseau de l'Eglise  à Auriac l'Eglise, dans des gorges, et se termine au Babory en Haute-Loire ; dans sa vallée, des sites archéologiques ont été découverts et il y a eu aussi jadis des exploitations minières.

-  La Voireuse coule essentiellement en Haute Loire, mais son affluent de rive droite, le Barthonnet, débute dans le Puy de Dôme, passe dans le Cantal près de Leyvaux, pour se terminer au Cheylat dans la Haute-Loire.


LA VIE DANS NOS VALLEES :

L'eau sur la terre est source de vie, aussi les vallées ont-elles de tout temps attiré les concentrations humaines ; elles présentent aussi le danger des inondations, mais l'homme ne renonce pas pour autant car elles sont  un moyen essentiel de survie. Les vallées sont aussi les lieux de passage et de pénétration des voies de communications ; parfois la route, la voie ferrée, cohabitent avec la rivière dans des gorges étroites.


La force motrice de l'eau est également exploitée depuis l'Antiquité ; des barrages ont été construits sur les fleuves de Mésopotamie, sur le Nil…chez nous ; ont été aménagés depuis des siècles des seuils de retenues, servant pour les moulins, l'irrigation en été, au risque de conflits entre le meunier, les pêcheurs et les paysans, mais aussi pour actionner les martinets battant  le cuivre (vallées de la Cère et de la  Jordanne notamment) ; les foulons qui broyaient les matériaux destinés à la pâte à papier, les scieries, des petites centrales électriques individuelles…


Il y avait 1100  moulins dans le Cantal en 1800, 1500 en 1850, seulement 360 en 1918 (informations Jean Marc DECHAU) Tous ont disparu, ou bien il n'en reste que quelques vestiges, ou même rien ; certains ont été restaurés : le moulin de la Cère à Arpajon sur Cère, le moulin de  Drills sur la Haute Santoire, le moulin de Blot près de Saint-Flour.. mais leur vocation première a été supplantée par les grands ensembles industriels.


Avec l'arrivée de la fée électricité, nos rivières allaient être domestiquées, d'abord par de petites usines au fil de l'eau ( sur la Rance, sur l'Auze ,plus tard sur l'Allanche) puis par de petits barrages : à la Tuilière près de Bergerac sur la Dordogne en 1908,  aux Essarts sur la Grande Rhue, à la Pradelle,  Lamativie, Laval de Cère,  sur la Cère…et autres ; la houille blanche était née ! En approchant de la moitié du XX° siècle,  de grands barrages furent construits : Sarrans sur la Truyère mis en eau en 1934, Marèges sur la Dordogne mis en eau en 1935, et le plus grand nombre après 1945. Ils ont été cités au cours des pages précédentes, les données  techniques ne seront pas indiquées ici, mais c'est plutôt l'aspect humain qui va être expliqué.


Certaines de nos vallées étaient des gorges pratiquement inhabitées, tellement elles étaient profondes et sauvages, difficiles d'accès…c'était le cas de la portion de la Dordogne recouverte par le lac artificiel de Marèges, par celui du Chastang, (250 à 300 m de profondeur) de la Grande Rhue, sauf pour l'éclaircie de Condat et en aval de Vaussaire, pour une partie l'Auze, la Maronne  sur son cours moyen, la Cère en amont de Vic sur Cère, de Laroquebrou à Laval de Cère, la Truyère sur la plus grande partie de son cours, le Lot sur son cours supérieur…


Parfois, la vallée plus évasée permettait une vie active : la Dordogne à l'emplacement des retenues de Bort et de l'Aigle, le Lot …..Le climat était doux dans ces vallées abritées, aussi, les cultures maraîchères et fruitières, l'élevage,..étaient ils largement pratiqués ; la pêche était aussi une  activité importante, par divers moyens et aussi avec de multiples dangers ; les truites, les anguilles, les écrevisses, les saumons abondaient avant les premiers barrages. Le travail des femmes était d'apporter aux villes du haut pays  les produits récoltés dans la vallée  par des chemins escarpés, à peine tracés, et le voyage aller et retour durait toute la journée. Les hommes s'affairaient  à la pêche, à l'abattage des arbres, à la production de charbon de bois…..


La mise en eau des grands barrages allait déplacer des populations  et ce fut bien sur un déchirement pour elles ; des villages ont été engloutis, mais les habitants  peu nombreux ont été indemnisés, la vie s'est reconstruite sur les hauteurs et de petites villes prospères sont apparues, les ponts reconstruits sont plus accessibles que les précédents,(Vernéjoux, Saint Projet sur la Dordogne, la Marie sur la Cère, Garabit, le Tréboul sur la Truyère …) D'autre  part la crête des barrages est souvent utilisée pour la nouvelle route, moins longue et moins accidentée que la précédente  (  Bort les Orgues,  l'Aigle sur la Dordogne,   Enchanet sur la Maronne,  Saint-Etienne-Cantalès sur la Cère,  Grandval,  Sarrans,sur la Truyère)


Certains édifices ont été également reconstruits dans une version nettement améliorée ( l'Hospice de la Devèze, voir ci-dessus ) Par contre, sur le cours des vallées étaient jadis bon nombre de chapelles, de monastères. et autres lieux de prières et de recueillement ; la plupart ont été désertés par leurs occupants, ils ne sont plus que ruines, sauf si les collectivités locales décident de les restaurer, comme la Thébaïde près de Mauriac,(voir ci-dessus) Les châteaux, s'ils n'ont pas été submergés par les flots, dressent leurs tours au dessus des plans d'eau ( Val sur la Dordogne, Alleuze, Vallon sur la Truyère …)


Nos trois grands collecteurs cités au début de cet ouvrage ( Dordogne, Lot, Allier ) n'étaient que partiellement navigables car  leur cours irrégulier était un handicap : les basses eaux bloquaient les mariniers au port, les hautes eaux étaient trop dangereuses pour s'y risquer ; de plus, il y avait parfois des passages difficiles nécessitant de l'aide ; les hardis navigateurs allant vers la Garonne transportaient des merrains (bois pour la tonnellerie), de la carassonne (piquets pour la vigne), des produits du pays, et remontaient diverses fournitures…Cela pouvait durer plusieurs semaines Ils étaient connus sur tout leur parcours. La très belle chanson "les gabariers de la Dordogne" illustre fort bien le rude travail et le courage de ces hommes ; par l'Allier, les bateliers allaient jusqu'à Paris, via le canal de Briare ; le chemin de fer, beaucoup plus régulier et sûr, a mis fin à la navigation sur les rivières citées.


Nos cours d'eau cependant, dans leur plus grande longueur, à cause d'un débit trop faible ou de la configuration du terrain, ne permettent pas l'édification de nouveaux barrages et il est heureux qu'il en soit ainsi ; ils  contribuent tout de même à alimenter les grands réservoirs.


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Voici réalisé  notre voyage sur les voies d'eau cantaliennes, toutes tournées vers l'Atlantique. Nos rivières  sont certes bien modestes, mais ce sont les nôtres, avec leurs charmes, leurs caprices, leur production d'électricité, leur richesse halieutique, touristique…


Cette liste n'est certainement pas complète  mais elle présente tout de même une large panoplie de nos rivières et ruisseaux, avec une information complémentaire au passage afin de les illustrer et de mieux les connaître.