Les deux poèmes qui suivent tout comme les rimes printanières font partis de rose d'hiver paru en novembre avec lorsque point l'aube chez Edilivre.

En vente Librairie Point Virgule.


mixed colors

coclicos et cerises
gondoles à  venise
london sur la tamise
été chaud au cap d'agde
jété en promenade
gèmepa la baignade

le semeur opalan
grandes grues gros palans
sangria frais vin blanc
comboissou les tonnelles
viens dîner aux chandelles
boléro ritournelle

cadogan tapioca
et tezcatlipoca
ti-punch ou kir cassis
rhumerie ou procope
et tu verras la vie
en kaléidoscope.

misaine et cacatois
calembour et bredaine
caféier cacao
l'enfer de macao
cabourg et corsica
ciel bleu flora bella

sang et or encre noire
on tatan au parloir
richezeur du couchant
au rouge flamboyant
lala guna  venise
coclicos et cerises

arétoi arétoi ça défrise


Acrostiche et calligramme

aline
la mutine
aimerait bien
pour dorer son sein
ou tout son corps trop pâle
impatient d’un plus beau hâle
naviguer sans le moindre voile
tanguer vers… la pointe  de  Sein
amarrer  son   bateau  à  voile
ds la crique où un beau mâle
en vacances sans malle
Se baigne  au matin
et l’attend bien
infidèle  !
noelle ?

 

 

Les textes qui suivent sont parus dans lorsque point l'aube édité en novembre 2010 ainsi que rose d'hiver chez Edilivre.

En vente Librairie Point Virgule.

A la suite de ces extraits de l'ouvrage, vous pouvez en lire la Préface ci-dessous.


J'ai la rate
Qui s'dilate
J'ai le foie
Qu'est pas droit…


Gaston Ouvrard, Je n'suis pas bien portant

L’cac n’est pas bien portant

Cette saison la cote boursière,
C'n'est pas rigolo. Entre nous,
Elle est d'une santé précaire,
Et je m'fais un mauvais sang fou,
J'ai beau vouloir me remonter
Je souffre de tous les côtés.

J'ai le cac
Qui s'rétracte
Les quarante
qui se rentrent
L’capital
Qui s’déballe
Y’a la banque
Qu’est exangue
La sub-prime
qui se débine
l’hypothèque
en pastèque
et la cote
qu’est pas haute
le bénef

pas bézef
le port’feuille
qu’est en deuil
paribas
Bien trop bas
L’Agricole
Qui flageole
Aventis
Qui  dévisse
Lagardère
Pas pépère
Michelin
Bien trop fin
Télécom
Qui s'dégomme
Et Axa
Raplapla
Essilor
Pas en or
Saint-Gobain
Fait pas l’plein
De trader
En trou d’air
Générale
Qui s’affale
Fonds d’retraite
Fonds d’tiroir
Capita-
Lisation
La cata

Des pensions
Cac’quarante
Caca rente !

Ah ! bon Dieu ! qu'c'est embêtant
D’avoir le cac patraque,
Ah ! bon Dieu ! qu'c'est embêtant
l’cac n’est  pas bien portant.

 

 

 


Saint Christophe

Tu as beau accrocher la médaille du patron des automobilistes au rétroviseur de ta tire, prudence ! C’est parfois Ganelon ce saint-là.
Odette a bien calculé son temps. Ce n’est pas une conductrice avertie. Elle est le plus souvent à côté de son mari dans leur belle DS. Mais Jules a dû faire un voyage rapide en train sur Paris pour ses affaires et Odette se rend seule à l’invitation des cousins.
La route n’est pas trop encombrée malgré les va-et-vient des touristes et Odette est plutôt en avance. Plus que six kilomètres !
Elle songe à remercier St Christophe qui l’a préservée de tout incident lors de ce trajet tortueux sur les routes de montagne. Elle va bientôt apercevoir sa statue dans la niche grillagée, le long du talus. Il protégera avec la meilleure attention son voyage de retour et glisser quelques pièces dans le tronc ne la ruinera pas.
Cette marque de piété lui procure le contentement d’une personne de bien, une fois le devoir accompli.
Hélas, elle a mal serré le frein à main dans la pente.
Sous les yeux horrifiés d’Odette, la DS finit sa course couchée dans le pré en contrebas!

 


Préface de lorsque point l'aube

Après s’être consacré à une vie professionnelle bien remplie, Paul Sandrin s’est plu à écrire, la retraite venue, avec beaucoup de facilité, romans, poèmes, essais philosophiques.

Lorsque Point l’Aube reprend, en les classant et en les enrichissant, des pages antérieures qui, réunies, dessinent de lui un portrait d’honnête homme attachant, mêlant humour et profondeur.

Comme l’indique le sous-titre : zuihitsu, terme japonais qui signifie « au fil du pinceau », l’auteur choisit spontanément ici l’esthétique du fragment pour aborder des thèmes variés, « à sauts et à gambades », comme dirait Montaigne.

Aucun souci de chronologie ne vient entraver la fantaisie de l’ensemble :
- Portraits satiriques, silhouettes et langage savoureux de son Auvergne natale,
- Souvenirs émus de son enfance,
- Anecdotes pittoresques, qu’il évoque un mémorable repas dominical ou la fameuse recette de la caille aux raisins,
- Formes poétiques variées qui rendent hommage à R.Queneau et à ses 99 Exercices de style, et témoignent ainsi de son goût pour les mots.

Pourquoi enfin ce titre Lorsque Point l’Aube ? Comme le dit lui-même l’auteur, le matin, après les longues insomnies, c’estl’heure propice à l’évocation des êtres et des paysages aimés : Bords d’eau, Pays des volcans, Couleurs de Brie. C’est aussi « l’amère douceur d’une libre errance au fil des ondes incertaines de la mémoire ».

Françoise Robert,
professeur agrégée de lettres, animatrice du Club de lecture du Bois la Croix.