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« Où allez-vous coucher? » demande sa soeur. « Je ne sais pas. Le gîte doit être complet. » « Chez nous il n’y a pas de place. Toutes les maisons sont pleines. » « Tu peux rester ici » dit le vieux « il y a un lit. C’est celui où dormait mon fils. » « Merci. Je ne vous dérangerai pas. » « Je suis sourd. Je me couche quand le soleil s’en va et je me lève à son retour. Tu as vu que je n’ai pas l’électricité, même pas de bloc comme les autres maisons. J’étais trop vieux. Je n’en ai pas voulu. » « Veux-tu venir voir Axel et les enfants ? Tu mangeras avec nous. » « Oh! Oui. Je veux bien. Je vais rentrer mon sac et préparer mon lit. »

Elles entrent dans le misérable abri. La roche affleure sous la terre. Un matelas repose dans un coin sur des rondins de bois. Un autre affiche ses taches contre le mur opposé.

Luce le décroche. « C’est là où dormait mon frère. Moi j’étais là-bas. »

Marie déroule son duvet. Elle sera mieux que dehors. Elle va dormir près de son père! Tout va si vite. « Il faut que je descende préparer le repas. Tu viens avec moi? » « Á tout à l’heure » dit Marie au vieil homme. « La porte ne ferme pas. Tu n’auras qu’à la tirer. Je ne t’entendrai pas. Je n’entends que les cyclones ou la chute des rochers quand ils passent trop près. » « Il ne vient pas manger avec nous? » demande Marie à sa soeur. « Non. Il ne vient jamais. Il préfère être seul et manger ce qu’il prépare. Toujours la même chose. »

Ils avancent l’un derrière l’autre sur le sentier qui les conduit vite à la maison. Trois constructions occupent la terrasse cimentée. « Ça c’est le bloc sanitaire. Avec la douche et le w.-c. Ils l’ont mis il y a trois ans. Là c’est la cuisine. »

Marie aperçoit un évier et une sorte de fourneau. « Et là c’est notre case » annonce Luce fièrement en poussant la porte du bâtiment le plus important.

Une table et des chaises en plastique blanc. Une sorte de grand buffet. Un placard. Un lit. Voilà ce que le vieil homme appelle le confort. « Tu as vu, on a la télé! » Les enfants sont assis à même le sol, complètement absorbés par un dessin animé. « Là, c’est la chambre des enfants » dit Luce en poussant une porte. « Chacun dort dans son lit. Deux en bas, deux en haut. Pour le dernier c’est comme un tiroir qu’on sort pour le coucher. Mélanie dort chez la soeur d’Axel qui est seule avec sa fille. Tu ne savais pas qu’on avait tout ça à Mafate. Maintenant on est comme en ville. L’électricité vient des panneaux solaires. Il y en a même un pour chauffer l’eau. Tu vois qu’il ne manque rien. Avec mes allocations et le R.M.I. d’Axel on n’est pas malheureux. »

La porte s’ouvre, poussée par un grand noir qui ne les voit pas. « Poussez-vous les marmailles. C’est l’heure de Coucou c’est nous. » Il prend la télécommande et s’affale sur une chaise. « Axel! C’est Marie. Ma soeur. »

Il ne se retourne pas, fasciné par l’image. « Axel! » « Laisse-moi tranquille! »

Luce prend Marie par la main et vient devant son mari.

Ces yeux injectés de sang, cette peau fatiguée... Bien sûr c’est l’alcool. « Je te dis que c’est ma soeur. Regarde comme on se ressemble. Toi aussi tu as un frère. Il est parti tout petit. » « Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Tu as bu un coup de trop. Tu dis n’importe quoi. »