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Marie s’arrête au cabinet de Pierre. Comme la secrétaire lui dit qu’il n’a pas de malade elle entraîne Lina. Pierre est emporté dans une danse folle :

« Pardonne-moi pour tout. Je t’aime. C’est Lina. Encore une Mafataise. Celle-là va te plaire. Il faudra que je vous surveille. C’est mon amie. Elle va rester chez nous quelque temps. Elle m’aidera. »

Pierre tend la main à Lina :

« Vous avez vu, elle est folle. Dire que c’est ma femme. La mère de mes enfants. »

Lina sourit, sentant qu’elle est acceptée.

« Allez » dit-il « Je vous emmène au restaurant. Appelle Cathy. Elle fera face. Après toutes ces années de paix elle a besoin d’être un peu secouée. »

Ils s’installent à la terrasse d’un petit bar sur le Barrachois. C’est Lina qui a dit :

« Je me sens plus à l’aise là que dans un restaurant chic. »

Quand ils arrivent à la villa tout le monde les attend : les jumeaux ont disparu. Partis se promener en fin de matinée ils ne sont pas rentrés.

Marie laisse Lina avec les deux petits et emmène Luce, Mélanie et Julie. Quatre paires d’yeux seront plus efficaces. Elle déclare au commissariat la disparition des enfants, consciente de la difficulté pour les policiers de les retrouver sans photographie.

Elles roulent dans les rues proches élargissant peu à peu leur zone de recherche.

« Les voilà ! » Dit Mélanie, croyant apercevoir l’un des enfants à l’angle d’une rue. De faux espoirs en erreurs répétées l’angoisse peu à peu s’empare de chacune. Ils étaient coutumiers des escapades mais les dangers, ici, sont tout autres que dans le cirque. A chaque heure elles appellent Cathy, espérant l’entendre annoncer leur retour. Mélanie et Julie longent le bord de l’océan pendant que Marie les suit en voiture.

Rien.

Marie appelle Pierre pour que lui aussi regarde au cours de ses visites.

C’est finalement Jacques qui ramène les jumeaux. Il les a rencontrés dans le jardin de l’État alors qu’il se détendait entre deux visites. Ils étaient fatigués mais tranquilles en ce lieu de calme au milieu des arbres et des oiseaux. Ils ont vu beaucoup de nouveautés, joué avec des enfants, bu de l’eau à des robinets trouvés au hasard. Ils sont simplement affamés et promettent de ne plus s’en aller.

En bonne institutrice habituée aux enfants, Lina prépare un papier pour chacun où figure le numéro de téléphone ainsi que leur adresse. Elle procède de cette manière quand elle emmène ses élèves en promenade.

Tous ont besoin de repos.

Lina et Luce échangent des souvenirs qui permettent à Marie de comprendre un peu leur enfance.

Axel n’est toujours pas là. Il doit boire l’argent qu’il a emporté. Luce n’a pas l’air plus inquiète que lors de la disparition des petits. Elle semble ne s’intéresser à rien.

Lina dit à Marie ce que sont les journées pour tous ceux qui se lèvent en n’ayant rien qui les motive : « Avant ils travaillaient. C’était dur de cultiver ce qui devait les nourrir, s’occuper des volailles, aller chercher le bois, réparer la maison, préparer les repas... Ils étaient toujours occupés. Avec les aides, l’ennui est arrivé et le sentiment d’inutilité. Ils sont incapables de profiter de ce temps libre après une vie de contraintes. »

Pierre qui vient d’arriver se mêle à la conversation :

« Ce n’est pas le revenu minimum d’insertion, pas plus que les contrats emploi solidarité qui sont les responsables. Ce sont ceux qui décident. Lorsque le Premier Ministre parle de réduire le chômage, chacun de ses ministres pond une circulaire. Dans les départements les directeurs des services entament une course à la promotion en faisant preuve de zèle. Ils invitent les élus et les associations à fournir des listes de bénéficiaires et la machine est en route. Ici personne ne contrôle rien et la société réunionnaise s’écroule dans l’alcool et l’ennui. »

« Que veux-tu que l’on fasse ? Qu’on supprime les aides ? Ces malheureux vont mourir de faim » dit Marie.

« Ce que je souhaite c’est que chacun fasse son travail. Que les services compétents vérifient chaque cas, contrôlent les formations qui deviendront obligatoires, veillent à ce que des travaux soient offerts à ces gens que l’on paie. Une réelle insertion sera programmée permettant à chacun de trouver sa place. »

« C’est vrai » dit Lina « Il y aurait tant à faire. S’ils participaient à des tâches d’intérêt collectif ils retrouveraient une place dans la société. Leurs enfants les reconnaîtraient, les familles retrouveraient l’équilibre... »

« Alors pourquoi ne le fait-on pas ? » s’indigne Marie.