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 Les origines du Square d'Aurillac

Ce jardin du Square, cerné maintenant par le tourbillon de véhicules, représente depuis plus de 120 ans un endroit paisible,  reposant, et le point de repère central.

Aurillac-Square 1

A l’origine, hors des remparts de la ville qui du portail d’Aurinques s’étendaient en direction de la Jordanne, se trouvait le pré de la Bombe. Un registre de délibération consulaire nous apprend qu’en Novembre 1494, du temps où Colomb découvrait un nouveau continent, il existait là « une pierre à tenir l’eau appelée la Bombe », en mauvais état. « En temps de danger de feu, don Dieu veuille nous garder, l’on pourrait avoir l’eau que l’on soloit »(1), et des réparations étaient nécessaires. La source située sur les hauteurs de Croumaly alimentait le fossé le long des remparts. Un bassin en pierre, ou une chaussée. (La Bombe) formait-elle un petit étang, une réserve d’eau ? Ce n’est qu’une supposition. Vers 1771, la ville acheta au couvent des Cordeliers ce pré, qui servira longtemps de foirail.

Ainsi débute l’expansion de la ville bourgeoise vers la nouvelle route de Tulle et vers le sud, qui s’est poursuivie lentement au XIXe siècle (gare du chemin de fer) et surtout au XXe siècle. La création du jardin public montrera un effort important d’embellissement de la cité : arbres, fleurs, rocaille, eau courante, animaux…

(1) Soloit : avait coutume. Art de Jean Vezole (RHA avr.-juin 1996, p.310)


LES CREATEURS

C’est l’ingénieur Jean-Charles-Adolphe Alphand, né le 6 décembre 1817 à Grenoble (10) qui est chargé de tracer l’aménagement du Square. Le baron Haussmann l’avait fait venir de Bordeaux à Paris où il réalisera des études pour les grands travaux : Bois de Boulogne, Parc Montceau, Buttes Chaumont, Champ de Mars, Champs-Elysées, Vincennes, Parc Montsouris, et des squares de quartiers. Le dessin de ce petit jardin provincial a dû l’amuser ; son plan, qui est une réussite, a été respecté depuis.

Le Conseil municipal d’Aurillac, conformément à sa délibération du 10 mars 1876, décide que le plan dressé par M. Alphand, « l’habile ingénieur de la ville de Paris », serait exécuté aussi fidèlement que possible, et que nous pouvons espérer que dès la saison prochaine (au printemps 1877), nous verrons quelques touffes de verdure sur notre place si longtemps aride. «  En mai 1876, le cirque Bazda peut encore s’installer sur la place du Palais de Justice (11)

L’adjudication pour le terrassement, le gazonnement et les plantations est attribuée à Célestin Moindrau avec un rabais de 2.50% sur le devis ; ses deux concurrents n’ayant pas fourni les certificats nécessaires ont été écartés.  « L’entrepreneur sera tenu de choisir les sujets les plus vigoureux et les espèces les plus remarquables par l’ampleur de leur feuillage, la beauté de leur port ou l’éclat de leurs fleurs » (12)

En septembre 1877, les  Aurillacois surveillent l’avance des travaux : « Déjà les bassins où seront placées la source rocailleuse, la grande pièce d’eau et la rivière artificielle se dessinent distinctement. Les allées sont jalonnées et tracées. Les gravats s’enlèvent et sont remplacés par de la bonne terre végétale où les arbustes prendront facilement racine… » (Le ruisselet qui alimente les bassins est appelé pompeusement « rivière »). (13)

La clôture métallique n’est pas encore installée. Le maire, Joseph Cabanes, établit la première réglementation pour le Square en mai 1878, et cet arrêté municipal interdit d’attacher les ânes des laitières et les chevaux des carrioles, les jours de foire, à la barrière provisoire en bois.


(10) A. Alphand mort à Paris le 6 décembre 1891
(11) L'Indépendant du Cantal -24 février 1877 et 20 mai 1876
(12) Archives Communales d'Aurillac- 1 07.10 juillet et 19 août 1877
(13) L'Indépendant du Cantal-19 sept 1877
(14) L'Indépendant du Cantal-25 mai 1878


LA GRILLE

Pierre Laporte cadet obtient l’adjudication pour la maçonnerie du soubassement en pierre de taille qui supportera la grille, avec un rabais de 5.25% soit 5319 fr
Mais les travaux traînent en longueur, certaines pierres sont défectueuses, ainsi que l’indique un constat d’huissier du 10 septembre 1879.

Pour la grille en fer, avec traverses, arcs-boutants, scellement au plomb fondu, portes à deux vantaux et deux couches de minium, l’adjudication attire onze soumissionnaires, et c’est Alfred Labrue, serrurier à Paris, qui l’obtient avec un rabais important de 18.25% sur le devis de 11 000 fr. La réception des travaux a lieu le 5 juin 1880, et l’exécution est bonne, puisque cette grille est toujours en place (15).

La grille du Palais de Justice sera exécutée en 1897 par Lagarde, serrurier à Aurillac, et payée à moitié par la mairie et par le Conseil général(16).


(15) Archives Communales d'Aurillac - I 07
(16) L'Indépendant du Cantal- 10 avril 1897.

In Cercle des Collectionneurs du Cantal - Germain POUGET, Robert COMBIER Aurillac Septembre 1998