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Le Massif-Central a été souvent qualifié de « montagne plate », car il est doté de plusieurs plateaux de moyenne altitude (environ 1 000 m).

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 C’est aussi « le château d’eau de la France » en raison de l’abondance des rivières de faible pente, alimentées par des précipitations importantes. Ainsi, la plupart des cours d’eau s’écoulent dans des vallées étroites, particulièrement favorables à l’établissement de barrages réservoirs. Le Massif-Central est donc « le pays des barrages » et des moyennes chutes.

Dès 1904, un barrage de 32 m de haut sera construit dans les gorges de la Sioule, autorisant une puissance installée de 5 000 cv. Auparavant diverses usines avaient été  réalisées pour les besoins de la distribution d’électricité et des petites industries locales, notamment dès 1895 à Saint Etienne-du-Vigan sur l’Allier, en 1896 à La Compissade sur la Dordogne, ou en 1897 à Pont-de-Lignon.

A la fin du XIXème siècle, plusieurs centrales thermiques (utilisant le charbon des houillères de la partie sud) étaient déjà en fonctionnement. Mais comme pour les autres massifs montagneux, la guerre 1914-1918 a donné un essor à l’équipement de nouvelles chutes, souvent pour les besoins de l’électrométallurgie ou la distribution de force (usines d’Ambialet sur le Tarn, des Fades sur la Sioule, de l’Isle-Jourdain sur la Vienne…).

Le régime hydraulique de ses cours d’eau étant complémentaire avec ceux des Alpes et des Pyrénées, le Massif Central a joué un rôle décisif dans l’organisation des réseaux de distribution de l’électricité dans le grand sud après la première guerre mondiale. L’interconnexion des réseaux de diverses sociétés de distribution pyrénéennes et alpines en a été ainsi facilitée.

Pour les besoins de la traction électrique, la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans a été à l’origine de la création, en 1926, du premier grand barrage français, le barrage d’Eguzon sur la Creuse (57 millions de m3). Par la suite, il permettra d’alimenter en électricité la ligne de chemin de fer de Paris à Toulouse.

Mais les besoins en énergie des centres industriels de la Loire, de Montluçon, Clermont-Ferrand, Limoges et Mazamet, étaient immenses. Des centrales importantes (Marèges, Brommat, Sarrans) seront alors réalisées, associées à des barrages ayant des capacités de stockage considérables (300 millions de m3 pour celui de Sarrans). La centrale de Marèges, achevée en 1935, sera une des premières à exporter son courant vers le Nord et la région parisienne par une ligne à 220 000 volts.

Mais en raison de la crise économique, la production de ces équipements va devenir surabondante vis-à-vis des besoins de consommation de la région et même du pays. Il s’en suivit une période d’arrêt des constructions d’ouvrages hydroélectrique, qui fut toutefois de courte durée. A l’approche de la deuxième guerre mondiale de grandes « usines-barrages » furent mises en chantier (Saint Etienne-Cantalès, l’Aigle). Sur les toits de ces usines seront implantés des évacuateurs de crues bien caractéristiques, du type « saut à ski ». Saint Etienne-Cantalès, inauguré par le Général De Gaulle en juillet 1945, fut le premier grand aménagement hydroélectrique mis en service après la Libération.

A compter de la deuxième moitié du XXème siècle, d’énormes travaux seront entrepris pour desarrans-amonts aménagements plus méthodiques des cours d’eau, notamment sur la Dordogne (Chastang, Bort-les-Orgues), la rivière la plus importante du Massif Central, qui sera alors considérée comme un véritable « Tennessee français ». La retenue de Bort-les-Orgues (480 millions de m3) régularisera l’usine de l’Aigle (dont le barrage a une capacité de 220 millions de m3), qui compte parmi les plus puissantes du réseau français.

Dans les années 1980, les mises en service au niveau national de six stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) permirent de tester de nouveaux matériels. Dans le département de l’Aveyron, la station de Montézic (équipée de 4 turbines-pompes réversibles de 230 MW chacune) sera une réalisation spectaculaire et aussi un bel exemple de ces avancées technologiques. Malheureusement, il y eu de nombreux accidents lors de la réalisation de cette centrale, et comme sur les autres chantiers hydroélectriques, les personnels ont payé un lourd tribu à l’édification de tous ces ouvrages.

De nos jours, les puissances installées sur les trois principaux bassins d’écoulements des eaux du massif sont fort importantes : de l’ordre de 1 800 MW pour celui de la Dordogne et ses affluents, 1 700 MW pour la Truyère et près de 700 MW pour le Tarn. Dans la vallée du Tarn, se trouve la plus importante turbine de France (286 MW), à la centrale du Pouget. Le Massif central assure maintenant environ 20 % de la production hydroélectrique nationale.

Texte de Pierre CRAUSSE, ancien professeur à l' E.N.S.E.E.I.H.T. (Toulouse),

auteur du livre "L'eau des Pyrénées - Un siècle d'énergie hydroélectrique" - éditions CEPADUES.

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