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Les vies du château Saint-Etienne

Aurillac

Berceau de la ville d’Aurillac, le château qui la domine fut maintes fois détruit puis reconstruit. Il vit naître Géraud, petit fils de Charlemagne. Il servit de résidence aux abbés, et même au premier préfet. Il accueillit les écoles normales d’instituteurs avant de devenir le siège du CPIE et du Muséum des volcans.

Bâti sur une butte de 685 m, le château Saint Etienne domine la ville.
D’après les vestiges retrouvés dans les fondations de la tour, un dolmen aurait existé en ce lieu à l’époque gallo-romaine. Le château fut construit au IXe siècle pour Gérard Ier comte d’Auvergne. Son fils Géraud, « fondateur de la bourgade d’Aurillac », cousin du roi, y naquit en 856. Il était le petit fils de Charlemagne. Adeltrude, sa mère, était fille de Pépin 1er , roi d’Aquitaine.
De ce premier castrum il ne reste que la tour, offrant sa masse imposante. On pénétrait par une porte à 7 mètres au dessus du sol. De là on accédait au rez de chaussée par une échelle.
En 1233, prétextant les détentions arbitraires par l’abbé d’Aurillac, les habitants prirent le château. Une protestation des consuls d’Aurillac, du 27 mars 1330, « contre l’emprisonnement d’un enfant dans la tour » montre que les relations restaient difficiles. Entre 1469 et 1471, les conflits entre l’abbé et les consuls s’amplifièrent. Forts d’avoir « délivré le pays des Anglais qui occupaient le château et assujettissaient la ville », les habitants « abattirent et mirent par terre le chastel par deux fois ».
Après sa destruction en 1569 par les Huguenots, Charles de Noailles, abbé d’Aurillac, le fit restaurer. La tour était restée intacte avec ses 32 m de haut, lorsqu’en 1747, le cardinal de Gesvres obtint du roi l’autorisation de la réduire de 12 m.

Le 6 avril 1808, la municipalité vendit l’édifice, comme bien national, à madame la marquise de Fontange, nièce de l’abbé. Elle le revendit à Barral, maréchal de camp et armée du roi. Il revint à l’évêché le 6 avril 1845, après avoir appartenu à Catherine Delport veuve Guittard, et Dejou, avocat.

La dernière promotion de normaliens au château :1937 1940

L’école normale d’instituteurs occupa le château pendant plus d’un siècle.
Au début de l’Empire, le château servit de résidence au Préfet.
En 1837, une décision ministérielle transféra l’école normale, de Salers à Aurillac.
Un seul élève-maître occupait l’école normale ouverte à Salers le 11 décembre 1831. C’était une ville décrite par le recteur comme « entièrement isolée…reléguée dans un pays perdu ». Le directeur Badal, écrit en 1837 : « nous avons essayé de faire des hommes religieux, modestes et zélés ». Le conseil municipal de Salers tenta de s’opposer au transfert en soulignant « les dangers de la grande ville » (9500 habitants). Il précisait : « les jeunes gens y prendront le contact et le spectacle du luxe, des goûts de dépense et de plaisir, en désaccord avec leur fonction ».
Le 13 novembre 1847, Grognier, maire d’Aurillac, achète pour la ville, à Gabriel Frédéric Marie François de Margueyrie, évêque de Saint Flour, deux châteaux, haut et bas, la chapelle, la cour, les jardins et les terrasses.
Sous la direction des frères de la doctrine chrétienne, 8 élèves firent leur entrée pour trois ans (sur 25 candidats). « Beaucoup en arrivant ne parlent que le patois ». Le château était dans un état de délabrement presque complet, quand, dans la nuit du 8 au 9 avril, un violent incendie le ravagea. Il fallut vingt ans pour le reconstruire. L’architecte Gustave Lisch lui donna son apparence actuelle, en s’inspirant du palais des papes d’Avignon.
Le 9 août 1879 fut votée la première loi stipulant que les directeurs devraient être laïques.
La dernière promotion d’instituteurs quitta le château Saint Etienne en 1940. Louis et son épouse Odette évoquent leurs souvenirs : « Les garçons qui étaient logés au château suivaient les cours dans l’EN des filles (actuelle école des frères Delmas). Le dimanche, les jeunes filles sortaient encadrées par les surveillantes, alors que les garçons avaient quartier libre ». Ils ne rentraient chez eux qu’une fois par mois. « On sentait arriver la guerre ». Par la suite les normaliennes allèrent au lycée Jules Ferry et les normaliens à Emile Duclaux.
Dans les années 1950, un centre d’apprentissage trouva sa place au château.

Visite de G.Pompidou à la maison des volcans (son père y fut normalien)

La Maison des Volcans abrite, depuis 1970, le 3e centre permanent d’initiatives pour l’environnement créé en France. Le CPIE a été labellisé en 1976. Il est ouvert à tous.

Le docteur Mézard, maire d’Aurillac et président du Conseil Général, installa la Maison des Volcans dans le château. Il avait la volonté de créer un musée et un centre d’étude sur le volcanisme. Des groupes de jeunes et d’adultes, venus de toute la France et de nombreux pays d’Europe, furent accueillis grâce à un centre d’hébergement de 70 lits. Au delà des volcans, la faune, la flore, l’environnement au sens global étaient étudiés, à une époque où le public était moins sensible à ces thèmes.
Le 6 août 1972, le président Pompidou inaugura l’exposition « Volcans et volcanisme », consacrant la naissance de la Maison des volcans, dans ce lieu où son père, ancien instituteur, avait été élève. La presse indique « 40 pays étrangers, 60 laboratoires français et 100 chercheurs ont apporté leur participation ».
Avec la création du muséum, le CPIE réorienta son action vers des études d’impact, imposées par la loi pour les routes et les carrières. Il est devenu Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement. Les collectivités font appel à lui pour le développement des pays : maison de l’eau à Vic, chartes districale et départementale, valorisation du Puy Courny… Plus de 200 interventions se font aussi chaque année en milieu scolaire. Un centre de ressources, pilote au niveau national, vient d’être mis en place. Il est ouvert à tous, que les demandes concernent l’eau, le bâti, les paysages, le milieu naturel…
Le CPIE est présidé par Antoine Bonal et dirigé par Jean Marie Bordes.
Il est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.

Le muséum des volcans accueille 15 000 visiteurs par an.
Le muséum des volcans de la ville d’Aurillac a été rénové en 1997. Il accueille tous les publics. Il répond à la demande des enfants des écoles et des familles, comme des scientifiques. Une exposition permanente est consacrée au volcanisme cantalien, mais aussi à « la terre une planète qui change », « quand le cantal ressemblait à l’Afrique », « des volcans et des hommes »…Dans la salle de projection du troisième étage, des films présentent en continu la faune et la flore du volcan cantalien. Partout, des bornes interactives permettent d’apprendre en s’amusant. Une salle entière accueille des animaux naturalisés, des herbiers, des nids… « cette partie remporte un grand succès » assure la directrice Véronique Bourgarde. Des animations scientifiques pour les enfants et des expositions temporaires ouvertes à tous sont souvent proposées.
7 personnes travaillent au muséum.
IL est ouvert de juin à septembre de 10 h à 18 h 30 et, le reste de l’année, de 14 h à 18 h du mardi au samedi.

Le donjon aujourd’hui , ou  le château domine la ville

 

Auteur : Jean-Claude Champeil