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Source : « La révolution à Maurs », Roger JALENQUES
Imprimerie du Cantal – Juillet 1979

Les élections ecclésiastiques ne concernent pas les prêtres de Maurs, ou la cure n’est pas vacante en raison de la prestation de serment de ceux-ci, mais, outre celle de l’évêque du Cantal, deux élections de prêtres à des paroisses du canton doivent être mentionnées ici.
L’élection de l’évêque à lieu le 14 Mars 1791 dans l’église Saint-Vincent à Saint-Flour, malgré l’opposition de Monseigneur RUFFO De LARRIC, alors évêque du diocèse, et des chanoines de Saint-Flour. Quelques électeurs affectent de se montrer dans les rues pendant l’élection. Ils sont désapprouvés par la municipalité de la ville « dont le patriotisme n’est pas douteux ».
La rivalité existante entre Aurillac et Saint-Flour fait que le choix des électeurs se porte sur un inconnu : Alexandre-Marie THIBAULT, curé de Souppe en Seine-et-Oise, membre de l’assemblée nationale, qui, au deuxième tour, obtient 114 voix sur 183 votants. Il devient évêque du Cantal. Il donnera sa démission en 1794.
Dans le canton :
- La cure de Montmurat est dépourvue de prêtre. SAGET, Maire de Maurs, est élu par les électeurs du district le 1er Mai. Son élection est rapidement confirmée suivant les textes législatifs en vigueur. Il donne sa démission de Maire de Maurs.
- La cure de Boisset est vacante : DOMERGUE, originaire de la Peyrusse, près d’Arpajon, « lié d’amitié » avec MILHAUD, le futur représentant du Cantal à la convention, est élu. Il est installé dans cette cure en Mai 1791.
Jusqu’à maintenant, à part l’allusion faite par GOURDON dans son allocution lors de la prestation de serment du 30 Janvier, aucune documentation ne fait état pour Maurs de la houle amenée par la question religieuse. Elle déferle – au moins dans des paroisses du canton – avec vigueur et violence.
La diatribe contre les prêtres réfractaires résulte d’un texte entièrement raturé, ne portant aucune signature, figurant dans le registre des délibérations du conseil municipal à la date du 29 Mai 1791 :
« Les ennemis de la chose publique ne négligent aucun moyen pour exciter des troubles dans le royaume. Après avoir envisagé de porter la crainte dans tous les cœurs par des menaces de guerre avec tous les despotes de l’Europe, ils veulent essayer d’intimider les consciences en attaquant la constitution civile d’hérésie ; ils viennent de fabriquer un écrit monstrueux et incendiaire sous le titre de bref du Pape qu’ils font circuler dans les campagnes. Les curés réfractaires vendus au ci-devant haut clergé, passent de maison en maison pour en faire lecture aux paisibles cultivateurs, recherchant à leur faire abhorrer les nouveaux curés. » Le canton « ayant le malheur » d’avoir plusieurs réfractaires, « il est essentiel de proscrire un écrit aussi criminel (…) afin de dessiller les yeux du peuple ».
Le bref du Pape est qualifié d’ »abominable ouvrage », contenant « des principes faux et éloignés de l’esprit de l’Evangile ». Cet ouvrage est « le flambeau dont se servent les ennemis de la nation pour allumer la guerre de religion parmi nous ».
Ce texte conclut en arrêtant que cet écrit sera « lacéré et ensuite brûlé sur la place publique de cette ville en présence du détachement des chasseurs, de la garde nationale et du peuple »
Pourquoi cette délibération n’a-t-elle pas été prise ? Pourquoi le texte, probablement proposé à l’assemblée municipale, a-t-il été raturé et annulé ? Bien des hypothèses peuvent être formulées à cet égard, entre autres : le ton particulièrement violent du projet de délibération avait-il l’agrément de tous les conseillers municipaux ? Par ailleurs, antérieurement, il y avait eu de faux brefs du Pape en cette matière. Peut-être croyait-on qu’il en était de même, mais tel n’était pas le cas de celui-ci.
L’attentat de Boisset : Dans la nuit du 24 au 25 Décembre 1791, le curé constitutionnel de Boisset, DOMERGUE, célèbre la messe à l’autel de la vieille église paroissiale. Soudain, de l’extérieur de l’église, un coup de feu est tiré par une croisée. Le curé est atteint, blessé. Guéri de sa blessur, sur sa demande, il change de poste. Il est nommé à Saint-Paul-Des-Landes. En 1793, il refusa d’apostasier. Parti pour l’Espagne, reconnu par MILHAUD à la frontière, celui-ci le fait nommer juge au tribunal révolutionnaire de Perpignan. Il revient en Auvergne après Thermidor. Il rétracte son serment lors du concordat. Il est nommé professeur, puis aumônier du collège de Limoges. Il décède à Arpajon-Sur-Cère.
Le bruit de cette décharge – qui aurait pu être meurtrière – se propage rapidement aux alentours. Le directoire du département et l’évêque THIBAULT sont saisis de cette grave affaire. Ce dernier en informe le Roi, luis disant que « le peuple est las des troubles religieux ». Sa lettre est lue à l’assemblée nationale. Cet attentat aura un vaste retentissement auprès des instances administratives et dans la contrée. JALENQUES, en sa qualité de juge, eut à s’occuper de cette sinistre affaire. Il en rendit compte au directoire du district. Le 30 décembre 1791, le procureur syndic lui exprime la satisfaction du directoire du département pour le zèle qu’il avait apporté dans cette circonstance « qui faisait craindre pour la sureté publique ».