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Notes sur LACAPELLE-VIESCAMP

L'histoire de La Capelle Viescamp que nous allons essayer de suivre depuis sa plus lointaine origine présente de graves lacunes : dans toute monographie, il faut se contenter de données bien vagues et se résigner parfois à sauter des siècles entiers sur lesquels toute notion fait défaut. Les quelques faits recueillis dans cette étude donnent cependant une idée de la vie de notre paroisse à travers les siècles.
On ne sait rien de son origine. Il est certain toutefois que son territoire était habité à l'époque gauloise, car un prieur de La Capelle-Viescamp, François de FORTET, découvrit en 1668, au village du CASSAN, huit sépultures celtiques et certains disent encore que des poteries datant de l'époque gallo-romaine furent trouvées à l'entour de ce même village.
D'autre part l'étymologie du mot "la capelle viescamp" peut donner quelques renseignements. Il signifierait que notre commune devait posséder, autrefois, des terres incultes et abandonnées. Ceux qui ont particulièrement étudié la région et son histoire veulent voir dans le mot "camp" un souvenir de faits d'armes; ils prétendent que de grands évènements militaires s'y sont passés. "L" histoire ne les a point conservés, la tradition et quelques indices y servent d'indication" (annuaire des enfants de Laroquebrou).
Tout cela ne constitue pourtant que des données bien vagues. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l'on trouve le nom de La Capelle-Viescamp. Par son testament en l'an 1294, Géraud de MONTAL, chanoine de l'église de Mende fondait 4 chapelleries (fondation pieuse dans une église dont le capital se trouvait hypothéqué sur les biens du fondateur) dans l'église du BROU (village de Laroquebrou) dont l'avoir était constitué par des revenus à prendre sur les messes (revenus d'une paroisse) de diverses paroisses, et La Capelle était nommé. Un demi-siècle plus tard, le 25 juin 1449, Etienne de PUECHBROUSSOU (du village de ce nom) fondait par acte notarié chez Maître BERTRAND, dans l'église de notre paroisse une chapellerie, pour la dotation de laquelle il donnait entre autres choses, un pré appelé LIOBART. Ce pré fut vendu à la Révolution pour la somme de 22700 livres.

Origines de Lacapelle-Viescamp

  1. Parrochia de Campis de Veteribus Campis -1297- Texte de Géraud de Montal

  2. Capella Veteribus Campis -1403- Echange avec G de Montal

  3. Vielhs Camps -1485- Reconn. À J. de Montanat

  4. La Chapelle Biesquam -1626- Etat Civil d'Arpajon

  5. La Chapelle Vieux Camps -1628- Paragraphe sur les cont. D'Auvergne

  6. La Chapelle Viescans -1632- Etat Civil de Glénat

  7. La Capelle Vienbscamp -1668- nommée au Prince de Monaco

  8. La Cappelle Viescamp -1675- Etat Civil Laroquebrou

  9. La Capelle Viescamps -1688- Pièces du cabinet Bonnefons

  10. La Capelle de Viescamps -1784- Chabrol

Son église dédiée à Sainte Madeleine était un prieuré à la nomination de l'archiprêtre d'Aurillac. Elle à été érigée en succursale par décret du 28 aout 1803

Le Cimetière

Avant la grande révolution, un usage très ancien permettait d'enterrer les morts dans les eglises elles-mêmes. De nos jours, c'est un fait très rare. Cette faveur était accordée aux bienfaiteurs des églises, aux seigneurs des paroisses, à quelques personnes de distinction, aux curés et autres prêtres de la paroisse. Cet usage existait à Lacapelle Viescamp, comme le prouve un vieux registre de la catholicité remontant à l'année1686, qui se trouve aux archives communales.

On lit en effet que Monsieur Pierre LACAM, curé de la paroisse fut enterré au pied du maitre hotel de l'ancienne église, le 12 septembre 1686.

Les autres prêtres résidant sur la paroisse avaient aussi cette faveur. Ainsi le corps de Monsieur Géraud BOISSON, ancien curé de Nieudan, retiré au village de Calvanhac fut déposé le 30 aoùut 1697 dans le choeur de l'église; celui de Monsieur Guillaume MALRAS, prêtre communaliste et chapelain de Puechbroussou, fut aussi déposé dans l'église le 08.11.1745 etc...

Les seigneurs de Viescamp jouissaient aussi de ce privilège, comme le montre par exemple,l'acte de décès de Louise Charlotte de LA VALETTE, ensevelie dans le choeur de l'église le 25 mars 1694.

En dehors de ces cas les sépultures se faisaient dans le cimetière.

Le plan cadastral dressé en 1828 notait que le cimetière était situé autour de l'église. Il devait l'être depuis fort longtemps, parce que c'était une vieille coutume de l'église d'ensevelir les morts autour des églises quand ce n'était pas dans leur enceinte.

Le cimetière était trop étoit, aussi par acte du 19 juillet 1835, passé devant Maitre Issolier, notaire à Crandelles, Monsieur Bernard CABANES, maire de Lacapelle-Viescamp, acquérait de Jean ROQUETANIERE et de son épouse Marguerite VAYSSE, une parcelle de 5 ares de terrain pour l'agrandissement du cimetière. Cette parcelle était située au nord de l'église et était limitrophe de l'enclos de Monsieur CLAMAGIRAND.

En 1850, la commune achetait à 300 mètres environ de l'église, sur la route de Laroquebrou à Aurillac, 9 ares 38 centiares de terrain pour former le cimetière actuel.

Par acte sous seing privé du 28 juillet 1902, la commune faisait de nouveau l'acquisition de 3 ares de terrain à Madame CLAMAGIRAND pour agrandir le nouveau cimetière jugé insuffisant.

Après la guerre on faisait un dernier agrandissement d'environ 86 mètres carrés de terrain, cédés par Monsieur et Madame MAS du bourg.

La Vieille Eglise de LACAPELLE-VIESCAMP 

essai de reconstitution

Il y a une quarantaine d'années (1890-1891), l'ancienne église de Lacapelle-Viescamp menaçait de tomber en ruines, était démolie pour faire place à celle qui existe actuellement.

Il est très regrettale que les archives de la paroisse ne possèdent pas de document sur cette antique église. Aussi "l'Echo de notre clocher", va essayer de donner une description sommaire de ce monument, d'après les quelques renseignements communiqués par d'anciens de la paroisse.

La nouvelle église a été construite sur l'emplacement de l'ancienne avec cette différence que celle-ci était plus petite, moins longue et moins élevée. Les agrandissements se firent du côté du choeur surtout. L'ancienne église devait donner l'impression d'être un peu écrasée comme le paraissent certaines petites églises de campagne de l'Auvergne.
Le clocher seul, n'a pas été démoli mais simplement restarué. Il est donc resté le même. Cependant au lieu de l'élégante toiture actuelle, il n'avait comme toit, qu'un simple plan incliné, avec un petit auvent du côté de l'église, aussi il ne paraissait pas aussi élevé que de nos jours. L'entrée de l'église, avec son porche et sa rosace n'a donc pas chagé d'aspect dans son ensemble.
L'intérieur de l'église se composait de la nef, de quatre petites chapelles, du choeur et de la sacristie.

La nef assez étroite, ne possédait pas de tribune. Elle était pavée, mais les dalles n'étant pas toutes au même niveau, rendaient difficile le placement des chaises. La voûte (qui parait-il, laissait passer la pluie) formait un long cintre de bois allant du fond à l'entrée du choeur.
Presqu'au fond de la nef, une balustrade en vois (faite, dit-on par Monsieur BORIES, ancien curé de la paroisse) partant de l'extrémité des bancs des familles OLIVIER (à gauche) et MAISONOBE (à droite), qui étaient de chaque côté de la nef, servait de séparation entre les hommes (au fond) et les femmes (en avant). Cette barrière qui était assez grossière fermait complètement le passage; mais on ne tarda pas à l'ouvrir en supprimant le petit portillon.
A la suite en entrant, il y avait la chapelle de St-Joseph, et près du choeur, celle de la Sainte Vierge ; à gauche, en entrant, la chapelle de St-Roch, et près du choeur, celle du Sacré Coeur. L'entrée des chapelles de St-Joseph, et de St-Roch était assez large et de forme arrondie, tandis que celle des deux autres chapelles était plus étroite et de forme rectangulaire.

Ces chapelles, qui étaient très petites, étaient éclairées par une petite fenêtre très étroite, dont le sommet était arrondi. Ces fenêtres à petits carreaux étaient protégées, à l'extérieur, par une barre de fer verticale, coupée au milieu par une autre barre horizontale. ces fenêtres devaient être du genre de celles que l'on trouve dans les vieilles églises de style roman-auvergnat. Comme la nef, les voutes des chapelles étaient arrondies et construites en bois.
Les autels de ces 4 petites chapelles étaient en bois sculpté (?) mais sans valeur aussi ils ont été remplacés par les 2 autels de marbre blanc de la nouvelle église. Ces autels étaient placés dans le même sens que les 2 actuels.
Au fond de la chapelle de St-Roch (à gauche en entrant) il y avait déjà les fonts baptismaux actuels qui n'ont donc pas changé de place. Ce sont ceux qui sonte n bois formant une armoire surmontée d'un cône. Le baptistère en marbre et en cuivre est plus récent.
Dans la chapelle du Sacré Coeur, au dessus de l'autel, on voyait un tableau représentant le martyre de St Jean Baptiste. Ce tableau n'existe plus. Les confessionnaux se trouvaient l'un dans la chapelle du Sacré Coeur (celui du vicaire), l'autre dans la chapelle  de la Ste Vierge (celui du Curé) et un troisième (?) peu utilisé pour les hommes dans la chapelle de Sr-Joseph. Les hommes se confessaient ordinairement dans la sacristie, comme de nos jours.

Dans la chapelle de la Ste Vierge, une petite porte très étroite, permettait d'entrer ou de sortir du côté du presbytère comme celle de la sacristie actuelle.

La chaire se trouvait presque au milieu de la nef, adossée au mur entre la table de communion et la chapelle de la Ste Vierge.
Il y avait 5 bancs; l'un celui de la famille de BONNAFOS, partait de la chapelle de la Vierge, prolongeant en quelque sorte le confessional de Monsieur le Curré , était tourné  face au choeur ; l'autre celui de la famille MAISONOBE dans le sens de la longueur de la nef : formaient ainsi un angle droit. Du côté de l'évangile, le banc de la famille LESCURE, partant de la chapelle du Sacré Coeur formait aussi l'angle droit avec celui de la famille OLIVIER;

Plus haut entre le coeur et la chapelle du Sacré Coeur en face de la chaire, il y avait le banc de la famille ROQUETANIERE. Entre ce banc et cleui de la famille LESCURE, il y avait le passage pour se rendre dans la chapelle du Sacré Coeur.
Le choeur très petit était moins large que la nef. A l'entrée, la table de communion était faite en bois, dans le genre de la balustrade de la nef. De chaque côté de l'entrée du choeur, il y avait une statue dorée. Le choeur étgait bien entouré de boiseries sculptées mai il ne possédait pas de stalles. A gauche du côté de l'évangile, une petite porte permettait de pénétrer dans la sacristie, qui était très petite et dont il ne reste qu'un pan de mur.
Au fond du choeur, était placé le maître-autel actuel en marbre rouge avec son tabernacle Il était déjà renversé, sens dessus-dessous comme maintenant. Est-ce à dessein ou par erreur ? On l'ignore.
Au moment des travaux de démolition, on a trouvé dans les chapelles au pied du maître-autel des tombeaux de pierre. Au pied du maître autel on a découvert les ossements d'un ancien curé de Lacapelle. Serait-ce ceux de Pierre LACAMP mort le 12 septembre 1686, enseveli à cet endroit d'après les registres paroissiaux ?