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Conclusion de JC Gayssot, ancien ministre des transports et ancien cheminot de cette ligne ayant habité à Saint- Flour

GARABIT… le nom se suffit à lui-même, recouvrant le site majestueux, le viaduc pour lequel semble avoir été inventée l’expression d’ouvrage d’ART et la ligne de chemin de fer qu’il supporte. Sans oublier l’Histoire dont il est chargé.

GARABIT, c’est d’abord un formidable exploit humain, de sa conception à sa réalisation. Un défi à la limite extrême des savoirs et des technologies de son époque, alliant l’audace à la conviction que le progrès des connaissances et des techniques doit être au service de l’Homme dans le plus grand respect des sites.

Une chose m’a toujours frappé la beauté, l’élégance de l’ouvrage. L’arche unissant les deux rives d’une gorge. Unissant, oui. Avec toute la charge symbolique de ce mot porteur d’humanité. Impression au demeurant commune à tous les ponts, qui ne sont pas pour rien parmi les ouvrages les plus regardés, les plus célèbres.

La chance voulu que j’ai -un siècle après Garabit- à présider à la construction du Viaduc de Millau dont l’audace n’est pas moindre, et la beauté non plus. Mais cela ne peut effacer GARABIT, écho horizontal de la Tour Eiffel en ses dentelles d’acier, témoin à jamais d’un temps où les hommes affirmaient fièrement leur maîtrise du métal.

Mais GARABIT, c’est pour moi beaucoup plus encore. Il est entré d’un coup dans ma vie de jeune cheminot nommé à St-Flour, puis en LOZERE (des deux côtés de l’arche…) sur la ligne SNCF Béziers-Neussargues-Clermont. Et il est devenu pour moi inséparable de la grande aventure du rail. C’est lui que j’ai retrouvé bien des années plus tard alors que je venais d’être nommé ministre des transports.

L’avenir de la ligne Béziers-Neussargues était en jeu, de grandes luttes se développaient autour d’elle et c’est tout naturellement que je leur ai accordé une attention particulière. Au point que certains, avec une pointe de malveillance, l’ont baptisée « la ligne du Ministre ». A raison et à tort. A raison si on veut évoquer par là mon passé cheminot. Mais à tort si on pense que la décision de moderniser cette ligne a été sentimental. Comment peu-t-on en réalité envisager de supprimer aujourd’hui une telle liaison ferroviaire, en des temps où tout confirme le rôle majeur que doit jouer le rail pour la satisfaction des besoins humains dans un monde dévoré par le tout routier, les gâchis et les pollutions qu’il engendre ? C’est du contraire que nous avons besoin : GARABIT doit retrouver avec une relance vigoureuse de Béziers-Neussargues-Clermont une jeunesse qu’il n’a d’ailleurs pas perdue. Car (et pour certains la surprise a été grande) les études menées par les cabinets internationaux les plus compétents confirment cette vérité : OUI, GARABIT EST TOUJOURS BON POUR LE SERVICE.

Il ne mérite pas de devenir un triste Viaduc-Musée. Il doit continuer à voir passer les trains qui transportent la vie, à voir les voyageurs toujours émerveillés l’admirer, et coller leur nez aux fenêtres des trains pour contempler du haut de son arche majestueuse les gorges qu’il a domptées.

Jean-Claude GAYSSOT Ancien Ministre des transports.

Vice-président du conseil régional de Languedoc Roussillon