POPULATION

Si le Cantal a continué de perdre des habitants entre 1999 et 2013, l’hémorragie des décennies antérieures est nettement enrayée.

Avec une population de 147 035 habitants établie au 1er janvier 2013, le Cantal détient le triste privilège de rester dans le Top 10 des départements les moins peuplés de l'Hexagone. Seuls la Lozère, la Creuse, les Hautes-Alpes, la Corse-du-Sud, et le Territoire de Belfort s'avèrant plus dépeuplés. Même l'Ariège, qui n'affichait que 137 205 habitants il y a dix ans, est passé devant son homologue cantalienne qui - selon les dernières publications de l'Insee en ce début janvier - a perdu sur la décennie 1999-2009 quelque 2 330 âmes, soit 233 habitants chaque année. Le Cantal est également le seul des départements auvergnats à poursuivre son déclin démographique alors que dans le même temps, l'Allier a vu sa population se stabiliser à 343 431 habitants, tandis que la Haute-Loire (226 203 habitants) et le Puy-de-Dôme (640 999) affichent de réelles dynamiques, avec respectivement + 0,7 % /an et + 0,4 %/an. Pendant de ce recul démographique, la densité de population cantalienne poursuit sa diminution : tombant à 26,3 habitants au kilomètre carré seulement en 2013 (contre 52 hab/km2 en moyenne en Auvergne et 98,8 en France métropolitaine).

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Bienvenu solde migratoire

Une mauvaise nouvelle donc pour un département et des collectivités territoriales qui ont fait de l'attractivité et de l'inversion de l'hémorragie démographique leur cheval de bataille. Une nouvelle ombre dans un ciel cantalien déjà bien nuageux en ce début janvier qu'il convient de nuancer cependant si l'on élargit le pas de temps de ce bilan. En effet, entre 1999 et 2009, l'érosion de la population n'a atteint que 0,159 % annuellement, un niveau trois fois moindre que le déficit annuel constaté sur la décennie précédente.

Sachant en outre que si le solde naturel handicape toujours la démographie cantalienne (- 0,3 %/an), le département continue de bénéficier d'une embellie migratoire. Comme souvent, cette photographie départementale masque d'importantes disparités entre secteurs du territoire et, sans surprise, c'est l'arrondissement de Mauriac qui subit les pertes les plus importantes (- 1 743 habitants depuis 1999, soit - 0,61 %/an) avec l'ensemble de ses cantons en déprise. Plus largement tout le Nord-Ouest du département est touché et notamment le canton d'Allanche qui perd en dix ans près d'un cinquième de sa population.

Plus à l'Est, malgré le gain de plus de 230 habitants sur le canton de Saint-Flour nord, l'arrondissement sanflorain n'arrive pas non plus à enrayer l'érosion de sa population (- 0,32 %/an) du fait de variations décennales très défavorables sur les cantons de Condat, Chaudes-Aigues ou Massiac qui affichent respectivement -15,1 %, - 10,6 % et - 9,4 % entre 1999 et 2009.

Au final donc, avec un gain de près de 700 habitants, seul l'arrondissement d'Aurillac tire son épingle du jeu, non sans enregistrer dans le même temps un phénomène de migration centrifuge de la ville préfecture vers les communes périphériques.

PATRICIA OLIVIERI avec l'aimable autorisation de lunion - Paru le 07/01/2012

DANS LE DÉTAIL

Le sort de certaines communes qui ont perdu en dix ans un tiers de leur population semble scellé alors que les territoires périphériques d'Aurillac ou Saint-Flour sont eux prisés.

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Ces "couronnes" qui attirent

Elles sont six communes à afficher moins de 50 habitants au compteur de leur population en 2009 : Chazelles (33), Leyvaux (29), Montgreleix (44), La Trinitat (43), Le Fau (26) et Valjouze (26), ces deux dernières se partageant le titre de plus petite commune du département. Parmi elles, certaines figurent aussi dans le palmarès des communes cantaliennes à subir de plein fouet une hécatombe démographique qui s’autoalimente avec des pertes qui ont atteint, voire dépasser, entre 1999 et 2009 les 30 % (- 34,3 % pour la Trinitat). Un palmarès qui rassemble également des communes souvent excentrées aux frontières cantaliennes comme Fournoulès, Fridefont, Vèze...

Une déprise qui ne sert pas pour autant les chefs-lieux de cantons ou sous-préfecture : en effet, sur la décennie, la ville d’Aurillac (- 2 344 habitants) a continué de voir ses habitants migrer vers les communes voisines notamment Ytrac (+ 538 habitants), Arpajon (+ 464) Saint-Paul-des-Landes (+ 315), Naucelles (+ 155), Yolet (+ 100)...

Force centrifuge

Ce phénomène de densification du “péri-urbain” (même si le terme est tout relatif dans le Cantal) se retrouve tout autant autour de la Cité des vents même si celle-ci peut se targuer d’avoir stabilisé sa population après plusieurs décennies hémorragiques : Andelat gagne ainsi 101 habitants (+ 30,1 %), Les Ternes 105 (+ 23 %). 
Mais cet effet positif s’estompe au fur et à mesure que l’on s’éloigne d’Aurillac ou de Saint-Flour. On note de fait un croissant sud-est négatif englobant le pays de Pierrefort, le Caldaguès et la Margeride. 

Dans ces évolutions de masse, le sort de certaines communes reste plus difficilement interprétable : les communes d’Anglards-de-Salers ou Saint-Pierre font par exemple un peu figure d’oasis dans un arrondissement mauriacois pour l’heure bien sinistré.

■ Difficile d’imaginer qu’il y a un siècle et demi le Cantal comptait pas moins de 260 479 habitants, c’était en 1846. Depuis le département a vu sa population décroître irrémédiablement - en dépit d’un sursaut dans les années 1880 - et plus fortement encore depuis la première guerre mondiale. Depuis la fin du XXe siècle, ce rythme de décroissance démographique s’est sensiblement ralenti sans pour autant que les efforts des collectivités n’inversent encore la tendance.
Pari qu’a réussi la région Auvergne, qui compte en 2009 1 343 964 habitants soit 3 509 de plus qu’en 1999 (+ 3 %). Néanmoins, le dynamisme régional reste inférieur de moitié à la tendance hexagonale (+ 7 %) et est handicapé par la persistance d’un déficit naturel.