CANTAL LE MONDE PAYSAN LES PRODUITS DE LA FERME

LES PRODUITS DE LA FERME

A la fin du XIXè siècle, dans les campagnes du Cantal,  l'agriculture de subsistance domine, il faut avant tout  nourrir la famille ; la population rurale vit quasiment en autarcie.

Le paysan pratique la polyculture du blé, du seigle, du blé noir, de l'orge, de l'avoine, mais les rendements sont très faibles en raison du relief , de l'altitude, du climat.

Chaque ferme a son jardin avec pour principales cultures la pomme de terre, les choux, les navets, les haricots, les oignons...

La nature offre les fruits, les champignons, les noix pour fabriquer de l'huile, les châtaignes... Les abeilles procurent le miel.

Chaque village possède son four où l'on cuit le pain à des fréquences variables selon les saisons ; il peut se conserver un mois en hiver, beaucoup moins longtemps en été. C'est  la nourriture de base. Le pain est pétri dans la maie où la pâte va lever jusqu'au lendemain. Elle est ensuite déposée dans des paillassons ronds recouverts d'un torchon de chanvre. La pâte en forme de tourte est ensuite enfournée et au bout d'une demi-heure les tourtes sont marquées d'un signe distinctif correspondant à chaque famille.

Manger du pain frais, et surtout du pain blanc, est un luxe réservé aux jours de fêtes.

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Récipients servant de mesures à grain

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Produits du jardin et arrosoirs

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Pinces à châtaignes

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Ruches en paille

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Intérieur d'un four de village

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Une maie et des paillassons

Quant à la viande, on en consomme peu. Le veau et le boeuf sont absents des repas, seul le porc est présent sur toutes les tables. Tuer le cochon est un grand jour où l'on s'active énormément surtout la femme qui prépare les morceaux pour les mettre dans le saloir, qui fait les conserves, le boudin, la saucisse... Le lard et le saindoux remplacent le beurre qui est une denrée rare. Volailles et lapins sont bien sûr présents partout.

Le braconnage apporte un complément à la monotonie des repas.

Le Cantal, fromage par excellence, est fabriqué dans les grosses fermes d'au moins 30 vaches et plus spécialement en montagne dans les burons durant les mois d'été. Cela nécessite un outillage spécifique, à commencer par la seilhe, tabouret à pied unique sur lequel s'assoit le vacher pour traire, avec la corne à sel à la ceinture.

Le lait qui gicle dans un seau en bois est versé dans la gerle, transportée au buron par 2 hommes. Après adjonction de présure, on obtient le caillé qui est alors brisé en petits morceaux. Après avoir retiré le petit lait, reste la tomme qui est brisée à son tour et déposée sur un drap de chanvre puis pressée avec une "sella" et enfin placée dans un récipient cylindrique percé de trous ; elle reste ainsi 2 jours, alors s'opère la première fermentation.

Cette tomme est à nouveau brisée et placée dans un moule cylindrique, c'est tout un art que de presser, saler, égaliser. Le moule est enfin recouvert d'un couvercle et placé sous une presse. Le lendemain, la pièce de Cantal est transportée dans la cave où elle sera l'objet de soins attentifs.

Les petits paysans qui ont peu de vaches portent le lait à la laiterie, souvent à dos d'ânes.

Grâce à quelques chèvres, certains fabriquent des cabécous.

 

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Embossoir servant à la fabrication des saucisses

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Tabouret à pied unique: "la seilhe", une corne à sel et un récipient pour transporter le beurre

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Gerle pour le transport du lait

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Gerle avec presse

Presse à tomme

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Baratte à beurre

 

CANTAL LE MONDE PAYSAN LES ACTIVITES FEMININES

LES  ACTIVITES  FEMININES

Si les travaux les plus durs incombent à l'homme, la femme joue un rôle primordial. 

Elle participe à de nombreux travaux des champs :

  • Rassembler le foin avec le râteau,
  • Couper le blé noir à la faucille,
  • Battre au fléau,
  • Vanner le grain...

Elle prépare les repas (jusqu'à 5 en été), s'occupe des enfants souvent nombreux, fait la lessive au lavoir, ou à la rivière.

C'est elle qui s'occupe de la basse-cour, d'élever dans la soue, le cochon qui sera ensuite sacrifié.

Elle file au fuseau ou au rouet la laine des moutons, préalablement lavée.Elle fait des vêtements avec le chanvre dont la culture est très répandue. Le chanvre fournit une huile d'éclairage, mais surtout, après avoir été broyé puis filé, permet de fabriquer des draps, des chemises et autres vêtements moins rugueux lorsqu'il est mélangé à de la laine.

Etait-ce vraiment le bon vieux temps ?

En route pour le lavoir ou le ruisseau.

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La lavandière s'agenouille inconfortablement dans le caisson à laver

Série de battoirs et de savons

La soue, petit bâtiment pour l'élevage des cochons

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Le porte fuseaux

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Le dévidoir permet de faire des écheveaux avec de la laine  préalablement filée

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La laine à matelas est cardée entre 2 planchettes munies de nombreux clous

Le chanvre est broyé entre les mâchoires de la broi

 

CANTAL - LE MONDE PAYSAN - LA VIE AUTOUR DU CANTOU

LA VIE AUTOUR DU CANTOU

Jusqu'à la fin du 19° siècle, un seul bâtiment abrite à la fois l'étable, la grange et la partie habitation, par la suite la maison sera séparée. La famille, souvent nombreuse, vit dans la pièce unique. Tout au long de l'hiver, beaucoup plus enneigé et rigoureux qu'aujourd'hui, la vie se déroule calmement autour du cantou où s'organisent les veillées qui sont les seuls moments de distraction entre voisins.

Assis  dans le cantou, Jean Marie attise le feu ...

pour faire sécher les saucissons.

Ici l 'électricité vient d'arriver.

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Les divers ustensiles sont en cuivre, comme le chaudron,

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les bassinoires ou le seau à eau.

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Bouillottes en terre ou métal et chaufferettes sont des accessoires indispensables.


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La  berceau posé à même le sol peut être actionné du pied grâce à sa forme incurvée.

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Lampes et réchauds à alcool et pétrole.

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Les paniers sont faits en osier, noisetier ou châtaignier.

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Le sabot tapissé de paille n'est plus qu'un lointain souvenir .

On parle, on raconte des histoires, on fait des paniers, les femmes filent à la quenouille, tricotent ...

Dans la cheminée, le feu ne s'arrête jamais, c'est le seul moyen de chauffage et de cuisson des aliments, les braises alimentent les chaufferettes sur lesquelles on pose les pieds et la bassinoire que l'on passe entre les draps des lits enfermés dans les alcôves, la nuit il couve sous la cendre pour être ravivé le lendemain.


Le cantou encadré par les alcôves

Jambons, saucisses et saucissons sont pendus aux poutres du plafond pour sécher.

On s'éclaire avec des lampes à huiles végétales, puis avec des bougies et vers la fin du siècle avec des lampes à pétrole.

Ainsi va la vie dans les campagnes du Cantal.

 

METIERS D'AUTREFOIS DANS LE CANTAL

METIERS D'AUTREFOIS DANS LE CANTAL

 

Le sabotier chausse tous les habitants du village, c'est un véritable créateur, très adroit, au coup d'oeil infaillible, capable de fabriquer 3 paires de sabots par jour. Il connaît bien la forêt et sait choisir les bois qu'il travaille patiemment sans compter son temps.

Le galocher fabrique des chaussures en cuir à semelle de bois, plus légères et plus confortables que les sabots. Petit à petit le cordonnier va concurrencer ces deux artisans, il fabrique sur mesure les chaussures portées surtout le dimanche.

 

Le bois étant le matériau le plus utilisé, le menuisier est un artisan précieux qui ne travaille que le bois massif, fourni parfois par le client lui. Il doit savoir tout faire : porte, fenêtre, armoire, lit, buffet, chaise, escalier, plancher, berceau, cercueil ...

Le tonnelier est en général installé dans les gros bourgs. Fabriquer un tonneau demande beaucoup de savoir faire. En période creuse, il confectionne sur commande des gerles, des comportes, des seaux ... Non seulement il fabrique mais aussi il répare.

 

Le chaumier ou pailleur de toit recouvre les charpentes essentiellement avec de la paille de seigle, petit à petit il sera remplacé par le couvreur qui taille les lauzes et découpe les ardoises. Le rétameur se déplace tout au long de l'année pour réparer et rénover tous les ustensiles de cuisine.

Le maçon travaille souvent avec plusieurs compagnons, il est aussi tailleur de pierres. Il travaille les matériaux rencontrés sur place, l'andésite, le trachyte, la brêche volcanique, le basalte. La technique la plus employée consiste à monter des murs épais avec un blocage de cailloux et de terre entre les parements intérieurs et extérieurs.

Le travail de la laine est réservé aux femmes. Après la tonte des moutons la laine est lavée, séchée, cardée. La fileuse garnit la quenouille, tire le fil et l'enroule sur le fuseau.Pour obtenir la laine à tricoter il faut réunir les fils de plusieurs fuseaux.
Par tous les temps et sur tous les terrain le facteur doit assurer son service. Une bonne condition physique est indispensable pour celui qui  apporte le courrier et aussi les nouvelles qu'il glane tout au long de sa tournée. Il est le témoin des joies et des peines.
Le vannier est un artisan extrêmement habile capable de fabriquer toutes sortes de paniers et autres objets tels que les ruches en pailles.

Le coiffeur est aussi barbier, il travaille installé sur son pas de porte, la coupe au bol et la coupe militaire sont sa spécialité, il n'y a que très peu de choix. Il a surtout du travail les veilles de fêtes et d'évènements exceptionnels.

 

Avec sa caisse en bandoulière, son baluchon sur l'épaule, le colporteur se déplace de village en village. Son itinéraire est tracé d'une année sur l'autre et il déballe sa marchandise dans chaque maison. Il est accueilli par les femmes et il leur ouvre sa caisse qui contient de multiples objets et  son  baluchon dans lequel sont pliées des pièces de tissu . A l'écouter ses clientes font toujours de bonnes affaires

 

Les distractions sont rares, chaque village a sa fête religieuse, c'est un évènement important qui est l'occasion d'inviter la famille et d'assister et participer à quelques diver-tissements. Le dimanche, les villageois se retrouvent pour le jeu de quilles.