Oui, oui!! La vache salers peut être noire!! / Un peu d'histoire de la race Salers noire

La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Oui, oui, la vache Salers peut être noire !!!!



Elevage MATIERE 15130 Arpajon/Cère

Remerciements pour l'ensemble de ce reportage : J.Y BRUNON, L'UNION du CANTAL, l'Elevage MATIERE, RONGERE, l'UPRA, le Herd-Book SALERS, l'UALC, B.GIRAUD (CELVIA/UALC) et particulièrement Mr Alain HAVY, Ingénieur Régional Sud / Sud-Ouest, Département Génétique, Sélection des Races Allaitantes pour l'aide qu'ils m'ont témoigné. Pour CANTALPASSION : Daniel ROUEYRE. 02/2005

Sur les 210 000 bovins de race Salers élevés au travers de notre pays, seuleument quelques centaines de ces sujets déclinent une couleur variante : la robe noire et c'est ce qui explique en partie le proverbe : Chaque cent ans, la vache noire revient à l'étable.

JAIS, taureau Salers noir, naisseur : Mr Jean TRIN à Aurillac. Cette photo est mise à disposition par l'UALC (Union Auvergne Limousin Charente, unité de sélection agréée pour la race). Ce taureau, JAIS, ainsi que quelques autres comme Soho, Satan, Sexy-Boy sont des Salers noirs dont la semence a été prélevée et stockée ; leurs doses sont donc disponibles à l'UALC pour les éleveurs qui le souhaitent.

Source: L’UNION DU CANTAL - J.Y BRUNON – 10 janv 2004

La Salers noire – La race de vache Salers est bien connue du public et appréciée, entre autres, pour sa couleur rouge et ses cornes majestueuses en forme de lyre. Cependant elle revêt parfois une robe d’ébène non moins séduisante et non dénuée de qualités.

Alors que certaines races bovines françaises ont tendance à disparaître, la Salers à robe noire, qui vient du fond des âges, a été sauvée «in extremis» par un petit nombre d’éleveurs passionnés.

Cette Salers noire, anciennement connue, a semble-t-il été délaissée au XIXème siècle par un certain Tissandier d’Escous (*) connu comme le précurseur de la sélection en race SALERS a donné l'orientation actuelle à son standard en éliminant les différentes variantes de la race Auvergnate pour prévilégier la seule couleur rouge. Cette variante de la race a surgi de tout temps dans plusieurs troupeaux des hautes vallées cantaliennes. La couleur noire de sa robe, de sa corne et de ses muqueuses correspond en fait à un gène simple dit «dominant» propre à cette race rustique. Contrairement à certaines idées reçues, le terme «dominant» n’a rien à voir avec le nombre d’animauxà robe rouge (l’immense majorité en race Salers) qui eux possèdent un gène dit «récessif».

(*) statue sur la place de Salers

Une souche rustique

La Salers noire apparaît notamment dans le troupeau de la famille Rongère depuis cinq générations d’éleveurs à La Boudie et à La Réveilladie de Saint-Julien-de-Jordanne. Il se compose aujourd’hui de quarante vaches Salers dont six noires et un jeune taureau de même robe. Outre sa couleur, la rusticité caractérise la Salers noirehabituée à vivre en altitude sur des pâtures de terres volcaniques souvent pentues : «Leurs cornes et leurs sabots très foncés et particulièrement solides, mais aussi leurs muqueuses noires, constituent un gage de rusticité, (**) souligne Jean-Félix Rongère. Ces animaux de la haute vallée étaient autrefois très recherchés pour l’attelage en montagne mais aussi pour le débardage en forêt. La corne de leur sabot est si solide qu’on se dispensait autrefois de les ferrer», précise-t-il. Les Salers noires étaient considérées comme porte-bonheur et les éleveurs en gardaient ou moins une à l’étable. Une vache noire était offerte aux jeunes mariés, symbolisant le point de départ de leur futur métier. Jean-Félix Rongère a vendu des animaux dans diverses régions de France mais aussi en Angleterre et aux Etats-Unis où des travaux de sélection sont effectués. Ce phénotype correspond au goût des éleveurs britanniques, américains et canadiens habitués aux races bovines rustiques de couleur noire telle la race écossaise d’Aberdeen Angus appelée communément l’«Angus» qui possède à l'inverse une variante à robe rouge.

(**) La corne Noire est connue pour être plus solide et résistante que la corne blanche; ce qui a une influence notable sur l’aptitude à la marche dans les terrains caillouteux par exemple. La pigmentation des muqueuses renforce la résistance au parasitisme (piqûres d’insectes, attaques des mouches, etc…). Pour les trayons, la pigmentation augmente la résistance aux gerçures….




Elevage RONGERE Jean Félix

La Réveilladie
15590 SAINT JULIEN de JORDANNE

Un pionnier

Marcel Matière possède un troupeau de vaches Salers Noires qu’il a constitué en achetant les animaux dans divers élevages, afin d'éviter la consanguinité dont celui de Jean-Félix Rongère. Dans le Cantal, une centaine de ces animaux était alors répertoriée dans de petites exploitations. «Des éleveurs américains et canadiens ont manifesté un grand intérêt pour la Salers Noire bien adaptée aux pâturages des terres volcaniques et à un climat rude. Ils la trouvaient cependant trop légère par rapport à la rouge», souligne Marcel Matière. «C’est pourquoi, afin de satisfaire leur demande, j’ai décidé de travailler avec l’aide d’un généticien et de prendre conseil auprès de chercheurs de l’INRA. L’objectif étant de constituer un troupeau de Salers Noire au même poids que la rouge», précise-t-il. Ainsi, des essais ont-ils été effectués sur plusieurs années avec une pratique de la consanguinité très raisonnée. Cet important travail de sélection correspond à un effort de conservation et de valorisation de ce phénotype de la race non exploité. Constatant, à l’époque, le peu d’intérêt porté par les organismes agricoles pour cette piste, Marcel Matière prenait alors en charge son développement, invitant divers organismes à le rejoindre dans cette voie. Aujourd’hui, son troupeau se compose d’une cinquantaine de Salers noire d’un poids moyen de 650-700 kilos. Après une sélection rigoureuse sur plusieurs générations, il produit aujourd’hui 90 % de Salers noire. Le standard de cette variante de la race a donc été grandement amélioré. La souche noire est actuellement très recherchée au Canada, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Elle est utilisée en race pure ou en croisement sur Hereford ou Angus principalement et s’adapte très bien aux différents climats.



Elevage MATIERE

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La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Quelques notions de génétique


SEXY-BOY -  Taureau Salers noir

SEXY-BOY, taureau Salers noir, naisseur : Mr BAFOIL (63). Cette photo est mise à disposition par l'UALC (Union Auvergne Limousin Charentes, unité de sélection agréée pour la race). Ce taureau, dont la semence a été prélevée est donc disponible pour l'insémination artificielle à l'UALC pour les éleveurs qui le souhaitent.

Quelques notions de génétique

La génétique est l’étude de la transmission des caractères. Ce sont les gènes portés par les chromosomes qui véhiculent les caractères héréditaires. Le découvreur de la génétique fut un moine autrichien, Grégor Mendel, à la fin du XVIIIème siècle. Pour étudier les possibilités de descendance, il convient de connaître d’une part le phénotype (ce que l’on voit, la couleur) et d’autre part le génotype (l’ensemble des caractères héréditaires, la carte génétique du sujet). Un gène est dit « dominant » lorsque sa présence amenée par un seul parent suffit pour qu’il ait un effet sur le phénotype. Il est dit « récessif » lorsque les deux parents doivent l’apporter pour qu’il ait un effet visible. Dans ce cas le génotype est en accord avec le phénotype. Toutes les cellules d’un individu contiennent un nombre pair de chromosomes, la moitié étant apporté par le père, l’autre par la mère.

Lorsque le gène possède deux chromosomes de même couleur, il est dit « homozygote » ; s’il possède deux chromosomes de couleurs différentes, il est dit « hétérozygote ».



Les progrès de l’analyse génétique permettent aujourd’hui de connaître facilement et rapidement la composition des chromosomes. Elle est d’un grand secours pour les éleveurs quant aux travaux de sélection des animaux. Des recherches sont actuellement effectuées sur l’exploitation des gènes (notamment le gène « Agouti ») de la coloration de la robe pour une traçabilité raciale des produits d’origine bovine

(*)Le laboratoire de recherches de l’Université de LIMOGES en collaboration avec l’INRA

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Dix salers noires vers I'lle d'Émeraude

Source journal La MONTAGNE du 11 décembre 2004 :


ÉLEVAGE. Parmi 38 bêtes qui sont parties, jeudi, de Mauriac en direction de l'Irlande, dix étaient des salers noires.

Dans un box du foirail du Parc (les Rédines Augustin­Chauvet, à Mauriac, dix salers noires, originaires d'un élevage du Cantal, s'apprêtent à monter dans le camion qui les conduira à Cherbourg, où' elles embarqueront pour traverser la Manche. Direction l'Irlande.

« C'est la première fois qu'un aussi grand nombre de bêtes noires quittent le territoire français pour aller constituer un élevage de salers noires pures en Irlande », a souligné, jeudi, avant le départ de ces animaux, Philippe Deiber, qui travaille au service de l'association pour l'expansion de la race salers, pour la partie export.

«Les pays anglo-saxons sont intéressés par ces salers noires, en particulier pour un croisement avec des Aberdeen Angus, race à viande type de ces pays dans lesquels la viande provient traditionnellement d'une vache noire », détaille-t'il.

« Le croisement avec des Aberdeen Angus avec des salers noires apportera un peu plus de gabarit par la suite, tout en conservant la couleur noire », complète Philippe Deiber (*).

L'acheteur des dix bêtes parties jeudi, Declin Connolly, possède déjà des vaches à la robe acajou sur son élevage. « Mais il va constituer le premier cheptel de salers noires d'Irlande », précise-t-il, ajoutant qu'il a, par ailleurs, « prévu de se déplacer dans le Cantal, au printemps, afin d'acheter un taureau noir».

Sous la houlette de l'Association pour l'expansion de la race Salers, qui travaille avec l'UPRA et le Herd-Book Salers, outre ces dix vaches noires,  vingt-huit autres animaux, tous élevés dans le Cantal, ont quitté, jeudi, le Pays vert pour prendre la direction de l'Ile d'émeraude.

« Ces 38 bêtes (velles, bourrettes, vaches et taureaux) proviennent de six élevages, dont deux exportent pour la première fois. Certaines sont allées au Salon de l'agriculture, à Paris, et d'autres ont participé au Concours national salers de Mauriac. Elles ont été repérées par des éleveurs irlandais lors d'une tournée d'achat, en novembre », indique Philippe Deiber.

Une fois la Manche traversée, ces salers devaient être débarquées à Rosselare, où elles seront remises aux six éleveurs qui les ont acquises.

SÉBASTIEN BESSE

(*) Selon un spécialiste, « dans la mesure où ces vaches sont accouplées avec un taureau porteur du gène noir, il est, en effet, quasi-certain qu'elles donneront naissance à des veaux noirs ».(A la condition toutefois qu'il s'agisse d'un animal homozygote)

INFO plus

180 bêtes exportées. « Cette année, l'association pour l'expansion de la race salers, que préside Francis Manhes, a énormément oeuvré pour l'export. Au total, 180 bêtes ont été exportées en Espagne, au Royaume-Uni et en Suisse », souligne Philippe Deiber, « Des contacts avancés ont été pris avec Ici Chine, ce qui prouve le dynamisme et le sérieux de cette association qui est ou service des éleveurs. Elle assure une bonne représentation de la race et des éleveurs salers à l'étranger ajoute-t-il.

JACQUES ROUCHEZ, PORTRAIT D'UN UTILISATEUR DE CHIENS DE TROUPEAU

*Source : La Dépêche d'Auvergne - Juillet 2010

En plus d'être un utilisateur de chiens de troupeau, Jacques Rouchez est également vice-président de l'association ACUCT, Association Cantalienne d`Utilisation du Chien de Troupeau, créée en 1997 et forte d'une trentaine d'adhérents. Installé depuis 1993, comme exploitant agricole et éleveur au Jarry de Paulhac, Il a vite été convaincu de l'intérêt du binôme avec le chien pour conduire son troupeau de 50 laitières de race Abondance.

QUAND LE CHIEN DE TROUPEAU DEVIENT UN AUXILIAIRE DE TRAVAIL VÉRITABLEMENT EFFICACE...

C'est après avoir participé a un stage d'initiation en 1997, organisé par la Chambre d'Agriculture, sur Saint-Flour que Jacques Rouchez prend pleinement conscience de l'intérêt d'avoir un chien de troupeau dressé : « Beaucoup d'exploitants agricoles possèdent des chiens de troupeau, malheureusement tres peu sont dressés et donc incapables de mener un troupeau ». D'ou l'intérêt de l'association créée dans la foulée avec d'autres éleveurs qui, a travers l'organisation de démonstrations et de concours, met en valeur le travail de ces chiens exceptionnels tout en créant un réseau de contacts pour les formations ou les demandes de chiens.

J_Rouchez

CHIEN DE FERME ET DES ESPACES...

S'il existe plusieurs races de chiens de troupeau, Jacques, lui, a opté pour le Border Collier, une race originaire de la région du même nom située entre l'Écosse et l'Angleterre. C'est d'ailleurs le chien le plus utilisé dans les exploitations agricoles et le plus représenté dans les concours sur troupeau. Jacques Rouchez a aujourd'hui deux mâles qui aident sur l'exploitation : Pady, 11 ans, et son fils Azard, 5 ans. « Dresser un chien de troupeau est un investissement en temps, en soins, en patience. Mieux vaut être prêt pour en avoir un. Mais au final, quand le tandem marche bien, c'est un véritable confort au niveau du travail en plus du plaisir et de la fierté d'avoir un chien éduqué, aux ordres et à l'écoute », insiste cet utilisateur convaincu. Il reconnaît d'ailleurs la ténacité, l'endurance, l'ardeur au travail, la docilité, la concentration, l'intelligence du chien de berger ni craintif, ni excessivement soumis. Il explique son besoin irrépressible de rassembler et de rabattre tout ce qui semble se disperser ou fuir, par ses instincts ancestraux de chasseurs en meute. Instincts qui ont été détournés pour mieux servir leur maître. Chien de berger, le border sait s'imposer et se montrer persuasif par son comportement face au bétail sans toutefois l'oppresser : tout est question de dosage et de stabilité de caractère. « Il n'y a pas de mauvais chiens, il n'y a que de mauvais maîtres », lance le Vice-président. Car si le chien de troupeau et notamment le border est un animal facile a dresser, il faut au préalable « éduquer » le maître pour dresser le chien. Des apprentissages rendus possibles avec la mise en place de formations orchestrées par la Chambre d'Agriculture qui se déroulent en deux parties : « une initiation avec les ordres de base et la mise en troupeau, suivie d'un stage pratique avec la séparation d'un troupeau, et les techniques pour repousser le troupeau, une action contraire a leur instinct naturel de rabatteur », souligne l'éleveur et d'ajouter qu'il n'est pas nécessaire d'être propriétaire d'un chien pour participer a l'initiation au dressage.

LE CHIEN DE BERGER LE FRUIT D'UNE SÉLECTION POUR UN TANDEM GAGNANT

Si le choix de la race du chien de troupeau est une histoire d'affinité, il est préférable de mettre toutes les chances du côté du dresseur en optant « pour un chien a papiers » : avec une lignée connue. « Plus on veut aller loin dans le dressage, mieux vaut avoir un chien certifié ; un chien étant constitué par 50 % de génétique et 50

de travail », explique Jacques Rouchez. Une sélection est donc faite sur les origines du chien pour obtenir un chien de travail de qualité. Trois critères faisant appel a l'instinct de la chasse reposent sur trois mots essentiels : « rechercher, regrouper, ramener » le troupeau d'ovins, de bovins, voir de caprins, de volailles... Au delà de ces critères, il y a l'attirance réciproque entre le chies et son futur maître qui après imprégnation, travail et confiance, se transformera en une par faite complicité, osmose pou peu que le maître comme I~ chien aient une bonne appréhension du troupeau. « C'est us chien qui ne s'économise pas, cherche toujours a faire plaisir son maître », explique Jacques Rouchez. Et quand bien même ce compagnon volontaire e résistant a besoin d'exprime son énergie intarissable, il es important de veiller a ne pas I conduire a l'épuisement total e de prévoir un chenil au calme e a l'écart des animaux lorsqu' n'est pas avec son maître.

Les principales races de chiens de troupeau en France sont le Border Collie, le Beauceron et le Berger des Pyrénées.

CHIENS DE TROUPEAU, CHIENS « DE CONCOURS »...

Si l'intérêt des concours est de faire connaître ces chiens de travail d'exception au grand public, ils ont également le mérite de les sociabiliser : « C'est un autre apprentissage que de ne pas se laisser distraire dans son travail par les spectateurs », souligne le vice-président.

De Paddy, son compagnon a quatre pattes, il avoue cependant qu'il est un peu « cabot » et a tendance à prendre la pose pour les photos. Mais les concours sont aussi l'occasion de rencontrer et d'échanger avec d'autres éleveurs utilisateurs de chiens de conduite de troupeau, et d'apprécier le travail de dressage.