Oui, oui!! La vache salers peut être noire!! / Un peu d'histoire de la race Salers noire

La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Quelques notions de génétique


SEXY-BOY -  Taureau Salers noir

SEXY-BOY, taureau Salers noir, naisseur : Mr BAFOIL (63). Cette photo est mise à disposition par l'UALC (Union Auvergne Limousin Charentes, unité de sélection agréée pour la race). Ce taureau, dont la semence a été prélevée est donc disponible pour l'insémination artificielle à l'UALC pour les éleveurs qui le souhaitent.

Quelques notions de génétique

La génétique est l’étude de la transmission des caractères. Ce sont les gènes portés par les chromosomes qui véhiculent les caractères héréditaires. Le découvreur de la génétique fut un moine autrichien, Grégor Mendel, à la fin du XVIIIème siècle. Pour étudier les possibilités de descendance, il convient de connaître d’une part le phénotype (ce que l’on voit, la couleur) et d’autre part le génotype (l’ensemble des caractères héréditaires, la carte génétique du sujet). Un gène est dit « dominant » lorsque sa présence amenée par un seul parent suffit pour qu’il ait un effet sur le phénotype. Il est dit « récessif » lorsque les deux parents doivent l’apporter pour qu’il ait un effet visible. Dans ce cas le génotype est en accord avec le phénotype. Toutes les cellules d’un individu contiennent un nombre pair de chromosomes, la moitié étant apporté par le père, l’autre par la mère.

Lorsque le gène possède deux chromosomes de même couleur, il est dit « homozygote » ; s’il possède deux chromosomes de couleurs différentes, il est dit « hétérozygote ».



Les progrès de l’analyse génétique permettent aujourd’hui de connaître facilement et rapidement la composition des chromosomes. Elle est d’un grand secours pour les éleveurs quant aux travaux de sélection des animaux. Des recherches sont actuellement effectuées sur l’exploitation des gènes (notamment le gène « Agouti ») de la coloration de la robe pour une traçabilité raciale des produits d’origine bovine

(*)Le laboratoire de recherches de l’Université de LIMOGES en collaboration avec l’INRA

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La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Dix salers noires vers I'lle d'Émeraude

Source journal La MONTAGNE du 11 décembre 2004 :


ÉLEVAGE. Parmi 38 bêtes qui sont parties, jeudi, de Mauriac en direction de l'Irlande, dix étaient des salers noires.

Dans un box du foirail du Parc (les Rédines Augustin­Chauvet, à Mauriac, dix salers noires, originaires d'un élevage du Cantal, s'apprêtent à monter dans le camion qui les conduira à Cherbourg, où' elles embarqueront pour traverser la Manche. Direction l'Irlande.

« C'est la première fois qu'un aussi grand nombre de bêtes noires quittent le territoire français pour aller constituer un élevage de salers noires pures en Irlande », a souligné, jeudi, avant le départ de ces animaux, Philippe Deiber, qui travaille au service de l'association pour l'expansion de la race salers, pour la partie export.

«Les pays anglo-saxons sont intéressés par ces salers noires, en particulier pour un croisement avec des Aberdeen Angus, race à viande type de ces pays dans lesquels la viande provient traditionnellement d'une vache noire », détaille-t'il.

« Le croisement avec des Aberdeen Angus avec des salers noires apportera un peu plus de gabarit par la suite, tout en conservant la couleur noire », complète Philippe Deiber (*).

L'acheteur des dix bêtes parties jeudi, Declin Connolly, possède déjà des vaches à la robe acajou sur son élevage. « Mais il va constituer le premier cheptel de salers noires d'Irlande », précise-t-il, ajoutant qu'il a, par ailleurs, « prévu de se déplacer dans le Cantal, au printemps, afin d'acheter un taureau noir».

Sous la houlette de l'Association pour l'expansion de la race Salers, qui travaille avec l'UPRA et le Herd-Book Salers, outre ces dix vaches noires,  vingt-huit autres animaux, tous élevés dans le Cantal, ont quitté, jeudi, le Pays vert pour prendre la direction de l'Ile d'émeraude.

« Ces 38 bêtes (velles, bourrettes, vaches et taureaux) proviennent de six élevages, dont deux exportent pour la première fois. Certaines sont allées au Salon de l'agriculture, à Paris, et d'autres ont participé au Concours national salers de Mauriac. Elles ont été repérées par des éleveurs irlandais lors d'une tournée d'achat, en novembre », indique Philippe Deiber.

Une fois la Manche traversée, ces salers devaient être débarquées à Rosselare, où elles seront remises aux six éleveurs qui les ont acquises.

SÉBASTIEN BESSE

(*) Selon un spécialiste, « dans la mesure où ces vaches sont accouplées avec un taureau porteur du gène noir, il est, en effet, quasi-certain qu'elles donneront naissance à des veaux noirs ».(A la condition toutefois qu'il s'agisse d'un animal homozygote)

INFO plus

180 bêtes exportées. « Cette année, l'association pour l'expansion de la race salers, que préside Francis Manhes, a énormément oeuvré pour l'export. Au total, 180 bêtes ont été exportées en Espagne, au Royaume-Uni et en Suisse », souligne Philippe Deiber, « Des contacts avancés ont été pris avec Ici Chine, ce qui prouve le dynamisme et le sérieux de cette association qui est ou service des éleveurs. Elle assure une bonne représentation de la race et des éleveurs salers à l'étranger ajoute-t-il.

JACQUES ROUCHEZ, PORTRAIT D'UN UTILISATEUR DE CHIENS DE TROUPEAU

*Source : La Dépêche d'Auvergne - Juillet 2010

En plus d'être un utilisateur de chiens de troupeau, Jacques Rouchez est également vice-président de l'association ACUCT, Association Cantalienne d`Utilisation du Chien de Troupeau, créée en 1997 et forte d'une trentaine d'adhérents. Installé depuis 1993, comme exploitant agricole et éleveur au Jarry de Paulhac, Il a vite été convaincu de l'intérêt du binôme avec le chien pour conduire son troupeau de 50 laitières de race Abondance.

QUAND LE CHIEN DE TROUPEAU DEVIENT UN AUXILIAIRE DE TRAVAIL VÉRITABLEMENT EFFICACE...

C'est après avoir participé a un stage d'initiation en 1997, organisé par la Chambre d'Agriculture, sur Saint-Flour que Jacques Rouchez prend pleinement conscience de l'intérêt d'avoir un chien de troupeau dressé : « Beaucoup d'exploitants agricoles possèdent des chiens de troupeau, malheureusement tres peu sont dressés et donc incapables de mener un troupeau ». D'ou l'intérêt de l'association créée dans la foulée avec d'autres éleveurs qui, a travers l'organisation de démonstrations et de concours, met en valeur le travail de ces chiens exceptionnels tout en créant un réseau de contacts pour les formations ou les demandes de chiens.

J_Rouchez

CHIEN DE FERME ET DES ESPACES...

S'il existe plusieurs races de chiens de troupeau, Jacques, lui, a opté pour le Border Collier, une race originaire de la région du même nom située entre l'Écosse et l'Angleterre. C'est d'ailleurs le chien le plus utilisé dans les exploitations agricoles et le plus représenté dans les concours sur troupeau. Jacques Rouchez a aujourd'hui deux mâles qui aident sur l'exploitation : Pady, 11 ans, et son fils Azard, 5 ans. « Dresser un chien de troupeau est un investissement en temps, en soins, en patience. Mieux vaut être prêt pour en avoir un. Mais au final, quand le tandem marche bien, c'est un véritable confort au niveau du travail en plus du plaisir et de la fierté d'avoir un chien éduqué, aux ordres et à l'écoute », insiste cet utilisateur convaincu. Il reconnaît d'ailleurs la ténacité, l'endurance, l'ardeur au travail, la docilité, la concentration, l'intelligence du chien de berger ni craintif, ni excessivement soumis. Il explique son besoin irrépressible de rassembler et de rabattre tout ce qui semble se disperser ou fuir, par ses instincts ancestraux de chasseurs en meute. Instincts qui ont été détournés pour mieux servir leur maître. Chien de berger, le border sait s'imposer et se montrer persuasif par son comportement face au bétail sans toutefois l'oppresser : tout est question de dosage et de stabilité de caractère. « Il n'y a pas de mauvais chiens, il n'y a que de mauvais maîtres », lance le Vice-président. Car si le chien de troupeau et notamment le border est un animal facile a dresser, il faut au préalable « éduquer » le maître pour dresser le chien. Des apprentissages rendus possibles avec la mise en place de formations orchestrées par la Chambre d'Agriculture qui se déroulent en deux parties : « une initiation avec les ordres de base et la mise en troupeau, suivie d'un stage pratique avec la séparation d'un troupeau, et les techniques pour repousser le troupeau, une action contraire a leur instinct naturel de rabatteur », souligne l'éleveur et d'ajouter qu'il n'est pas nécessaire d'être propriétaire d'un chien pour participer a l'initiation au dressage.

LE CHIEN DE BERGER LE FRUIT D'UNE SÉLECTION POUR UN TANDEM GAGNANT

Si le choix de la race du chien de troupeau est une histoire d'affinité, il est préférable de mettre toutes les chances du côté du dresseur en optant « pour un chien a papiers » : avec une lignée connue. « Plus on veut aller loin dans le dressage, mieux vaut avoir un chien certifié ; un chien étant constitué par 50 % de génétique et 50

de travail », explique Jacques Rouchez. Une sélection est donc faite sur les origines du chien pour obtenir un chien de travail de qualité. Trois critères faisant appel a l'instinct de la chasse reposent sur trois mots essentiels : « rechercher, regrouper, ramener » le troupeau d'ovins, de bovins, voir de caprins, de volailles... Au delà de ces critères, il y a l'attirance réciproque entre le chies et son futur maître qui après imprégnation, travail et confiance, se transformera en une par faite complicité, osmose pou peu que le maître comme I~ chien aient une bonne appréhension du troupeau. « C'est us chien qui ne s'économise pas, cherche toujours a faire plaisir son maître », explique Jacques Rouchez. Et quand bien même ce compagnon volontaire e résistant a besoin d'exprime son énergie intarissable, il es important de veiller a ne pas I conduire a l'épuisement total e de prévoir un chenil au calme e a l'écart des animaux lorsqu' n'est pas avec son maître.

Les principales races de chiens de troupeau en France sont le Border Collie, le Beauceron et le Berger des Pyrénées.

CHIENS DE TROUPEAU, CHIENS « DE CONCOURS »...

Si l'intérêt des concours est de faire connaître ces chiens de travail d'exception au grand public, ils ont également le mérite de les sociabiliser : « C'est un autre apprentissage que de ne pas se laisser distraire dans son travail par les spectateurs », souligne le vice-président.

De Paddy, son compagnon a quatre pattes, il avoue cependant qu'il est un peu « cabot » et a tendance à prendre la pose pour les photos. Mais les concours sont aussi l'occasion de rencontrer et d'échanger avec d'autres éleveurs utilisateurs de chiens de conduite de troupeau, et d'apprécier le travail de dressage.

Les filles de Lou Parou

Coralie et Élodie : au départ on s'emmêle un peu les pinceaux entre les prénoms, mais très vite le caractère des deux soeurs ingénieurs, qui produisent aujourd'hui Lou Parou, s'affirme...

LOU PAROU

Elles pourraient être jumelles, elles qui sont nées à un an d'écart seulement ; elles pourraient aussi l'une comme l'autre être cadre chez Danone, William Saurin ou Nestlé ou encore ingénieur dans un laboratoire d'analyses biochimiques... Une voie royale et des sirènes de l'agrobusiness que ces deux soeurs n'ont pas suivies préférant un métier de passion à une profession de raison.

Et peu importe l'étonnement et les allusions de leurs anciens camarades d'amphi de l'Énesad(1) ou de l'Insa(2) de Toulouse, il suffit de les écouter parler de leur organisation sur la ferme, de leurs projets, sous le regard protecteur de leur papa Jean-Louis, pour comprendre qu'elles n'ont pas fait fausse route et que c'est bien elles, Élodie (28 ans) et Coralie (27 ans) qui mèneront dans quelques années la barque de la Ferme du Bos, dignes héritières de générations de producteurs de lait au Parou.

Une affaire de famille

Pourtant, alors qu'en mai 2007, après plusieurs années de réflexion et des essais à l'Énilv d'Aurillac (École nationale des industries laitières et viandes), Jean-Louis Caumon met la main dans le caillé de son premier fromage fermier, ni l'une ni l'autre n'envisage alors un retour à la terre au Bos de Leynhac, même si Élodie reconnaît avoir toujours aimé marcher dans les bottes de son père. Été 2008, avant d'envoyer ses premiers CV, Coralie, tout juste diplômée, s'accorde une pause : comprenez un stage intensif de transformation dans l'atelier paternel. Une main d'oeuvre bienvenue alors que le salarié de J.-L. Caumon vient de partir.

Deux mois plus tard, c'est Élodie, diplôme d'ingénieur agronome en poche, qui pose ses valises momentanément au Bos. Trois ans plus tard, aucune des deux n'a envoyé le moindre CV, ni n'est repartie de la "farm sweet farm"... apprenant sur le tas aux côtés de leur père à transformer chaque semaine près de 1 400 litres de lait en yaourts, faisselles, fourmes du Bos (fromage de 10 kg type cantal(3)). La ferme du Bos a aussi lancé ses propres fromages maison élaborés avec l'appui de l'Énilv : Lou Parou, une pâte pressée, et Le P'tit Parou, une pâte égouttée qui devrait bientôt être rebaptisée Lou Carretou pour ne plus être confondu avec son grand frère auquel il n'est pourtant pas apparenté.

Et à chaque membre de la famille sa tâche : Jean-Louis est tout naturellement affecté aux cultures, soins aux vaches, à la traite du matin, tandis que son aînée prend le relais de la traite du soir et officie à la fromagerie et à l'affinage avec sa soeur, toutes deux valorisant ainsi les bases d'hygiène et de microbiologie acquises tout au long de leur cursus.

Dans la cour des grands

La cadette Coralie s'est elle tournée vers la commercialisation avec succès. Depuis que les deux jeunes femmes ont rejoint l'exploitation, dont elles sont pour l'heure salariées avec l'intention à terme de s'installer, la clientèle de la ferme s'est notablement diversifiée : une douzaine de GMS (sur Aurillac, Maurs, Figeac, Rodez...) leur font confiance : "Je suis allée les démarcher et ça s'est bien passé. Je pense que le fait que je sois une fille, qui plus est jeune, facilite les choses", expose Coralie Delpuech, regrettant des critiques trop systématiques de la profession agricole en direction de la grande distribution.

Les produits de la ferme, qui comptent aussi des tartes à la tome et des P'tits caillés, sont aussi distribués par des crémiers et fromagers. Coralie et Élodie installent par ailleurs leur camion frigo les jeudis au marché de Maurs et les samedis matin à Aurillac, avec l'appui régulier de leur mère. L'été, elles assurent les marchés de pays des alentours, des visites à la ferme et la vente au magasin.

Leur objectif ? Augmenter les volumes transformés, leur atelier ayant largement les capacités d'absorber plus du double de la production actuelle (70 000 l sur les 388 000 l de références). "Depuis trois ans et surtout cette année, nous sommes sur une courbe ascendante", se félicitent père et filles qui sont en attente d'une réponse sur deux nouveaux débouchés intéressants. De quoi envisager sereinement l'avenir pour ces jeunes entrepreneuses qui arrivent déjà à dégager un salaire à la ferme du Bos, et rendre un peu plus fier encore leur père : "On nous dit tellement que le Cantal, c'est la France profonde, alors si des jeunes peuvent y rester..."

de PATRICIA OLIVIERI avec l'aimable autorisation de lunion - Paru le 29/10/2011

(1) Établissement national d'enseignement supérieur agronomique de Dijon, devenu AgroSup Dijon.

(2) Institut national des sciencesappliquées.

(3) Les Caumon ne produisent plus d'AOP cantal ayant une partie de l'exploitation hors zone.

Chefs d'entreprise au féminin

Elles n'ont pas 30 ans et ne s'en laissent pas compter. Souriantes, mais volontaires et déterminées, les soeurs Caumon gèrent leur boutique et leur vie harmonieusement. 

"Au début, quand des gens appelaient pour avoir un prix, ils demandaient à me parler, se rappelle Jean-Louis Caumon. Mais ça n'a pas duré." Sous-entendu, ces demoiselles se sont vite fait un prénom auprès de la clientèle. "Sur les marchés, les clients qui ne nous connaissent pas s'adressent spontanément à ma mère qui vient nous aider, alors qu'elle n'y connaît pas grand chose", s'amuse Coralie. Et sa soeur de confirmer : "Le fait d'être jeune a des bons et des mauvais côtés, c'est vrai que parfois on ne nous prend pas au sérieux."

Pas de quoi chagriner les deux soeurs qui ont trouvé leur équilibre avec des conjoints issus du milieu agricole eux-aussi : après le marché du samedi, la semaine est finie, hormis, comme le week-end dernier, à l'occasion de foires ponctuelles. "Je pense qu'il faut faire un métier qui nous plaît, ici, c'est diversifié, on transforme, on affine...", liste Élodie. "On fait aussi nos étiquettes, la comptabilité...", complète Coralie. "C'est tout à fait différent du métier de producteur de lait, c'est quelque chose qu'on ne maîtrisait pas trop et c'est pas toujours gagné, on a eu au départ quelques échecs", enchaîne leur père.

Du pré à la cave ? Jean-Louis Bos a investi 220 000 € en 2007 dans l'atelier de transformation (8 x 20 m2), qui comprend une salle de fabrication, de presse, deux caves d'affinage (une pour les Parou, une autre pour les fourmes) et une chambre froide. La production est fixée en fonction de la demande.