La Race de Salers
UPRA SALERS
26 rue du 139° R.I B.P. 239 15002 Aurillac Cedex. Tél.: 01471489775.

Une race rustique

Origines: La race de Salers a été sélectionnée dès le XIXéme siècle sur la région volcanique du Massif Central.

Une race "tout terrain"
Sa rusticité héritée en partie des conditions de milieux dans lesquelles elle a été sélectionnée, lui permet de s'adapter aux différents types de conduite.

Qualités des aplombs. Avec ses ongles noirs et ses excellents aplombs, la Salers peut marcher longtemps, sur n' importe quel terrain caillouteux ou humide, sans boiterie. Elle peut également supporter de très longues périodes en stabulation entravée, même sur caillebotis. Cette qualité la fait apprécier aussi bien dans les élevages les plus intensifs que dans les plus extensifs.

Résistance aux climats. Sa robe acajou, sa rusticité, la légère pigmentation de ses muqueuses, lui permettent une excellente résistance à la chaleur (Texas, Portugal), en évitant les gerçures au pis et les affections oculaires.
Son poil frisé poussant très bien en hiver lui permet de résister aux grands froids (Canada, Rocheuses).

Résistance aux variations alimentaires. Rustique, la Salers mobilise ses réserves en période de disette pour assurer une lactation suffisante à son veau.. Elle les reconstitue rapidement en période d'herbe: les expérimentations ont ainsi démontré que les fortes variations de poids des vaches de Salers selon les saisons et le stade de la lactation.

De grandes qualités maternelles
Les qualités maternelles de la vache Salers permettent de garantir la production d'un veau lourd sevré par vache et par an, sans complémentation, et en toute tranquillité au moment des vêlages.

Fertilité, fécondité, longévité. Les résultats nationaux du contrôle de performance en ferme font apparaître que l'intervalle moyen vêlage-vêlage est de 379 jours et ce, malgré une longévité importante. 12% des vaches ont plus de 10 ans. Ces performances font de la Salers la championne en matière de productivité numérique.

Facilité des vêlages. grâce à son bassin incliné et surtout à son ouverture pelvienne inégalée par les autres races, la vache Salers ne connait aucune difficulté de vêlage même en croisement avec des taureaux " culards" de race à viande.
Cette qualité, associée à la bonne production laitière et à la rusticité des vaches Salers, en font une race de premier ordre pour le croisement industriel. Aussi, certains éleveurs, pratiquant ce croisement en plein air intégral, été comme hiver, soucieux de leur "tranquillité" au moment des vêlages, ont-ils surnommé la salers "la vache allaitante de l'an 2000"

Production laitière
Dans sa zone d'origine, 10% des vaches Salers sont traites, en même temps que l'on élève un veau en lui réservant un quartier à la fin de chaque traite. Dans ces conditions, la production laitière d'une vache adulte atteint 3000 Kg de lait par an avec un taux Butyreux de 38% et un taux Protéique de 34%
La qualité de ce lait a donné naissance à 4 fromages d'Appellation d'Origine en Auvergne: Cantal et salers, Bleu d'Auvergne, Saint-Nectaire et fourme d'Ambert.
Principalement utilisée dans des systèmes 100% allaitants, les aptitudes laitières de la vache Salers lui permettent aujourd'hui d'être considérée comme la meilleure nourrice des races allaitantes.

Des veaux sevrés lourds, sans complémentation.
En race pure, la croissance des veaux se situe entre 1000 et 1100 gr/jour pour des mâles et entre 900 et 1000 g/jour pour les femelles, sans complémentation des veaux par du concentré ( le lait de la mère suffit).

En croisement avec un taureau de race à viande, la croissance est améliorée d'environ 100 g par rapport aux performances en race pure.

Des produits adaptés à la filière viande

  • La majorité des génisses de race pure sont destinées à la reproduction; elles donneront des vaches adultes d'un poids vif de 650 à 800kg.

  • Ler reste des produits des élevages allaitants Salers est en majorité dirigé vers des ateliers d'engraissement intensifs, en France 'Grand-Ouest et Nord-Est) ou à l'étranger (Italie, notamment pour les broutards croisés).

  • Outre leur bonne croissance en atelier d'engraissement, les taurillons Salers offrent l'avantage de pouvoir être produits dans des conditions difficiles (caillebotis ou pentes cimentées).

  • Les génisses croisées peuvent aussi être engraissées naturellement et à moindre frais (pâturage l'été et foin l'hiver), jusqu'à l'âge de 24 à 30 mois, et produire jusqu' à 420 kg de carcasse d'une viande de qualité supérieure.

Qualité de viande.

La couleur et le persillé de la viande des animaux purs ou croisés, offrent un attrait supplémentaire pour la présentation des morceaux conditionnés dans les nouveaux circuits de distribution.

Les qualités gustatives de la viande de salers sont reconnues par les professionnels de la boucherie et la grande restauration.

Zone d'élevage, expansion

Une race conquérante des grands espaces

Son berceau d'origine se situe dans le Massif Central: Puy-de-Dôme, Cantal, et bordure corrézienne, petite partie de l'Aveyron et du Lot.
Aujourd'hui, elle est présente dans 85 départements comme mère à veaux, avec une très bonne implantation dans les régions Lorraine, Champagne-Ardenne, Picardie,Normandie et Midi-Pyrénées.

A l'étranger, son expansion recouvre un large panel de pays, dont les conditions topographiques, climatiques et agronomiques sont bien différentes;k Espagne-Portugal (milieux chauds et secs sur de grandes surfaces), Amérique du Nord (canada, Etats-Unis,Mexique), Amérique du Sud ( Brésil, Paraguay, Argentine importent de la semence), Allemagne, Grande-Bretagne et Australie. La rusticité et la performance génétique de la salers intéressent de plus en plus les pays d' Europe de l'Est, qui connaissent eux aussi des hivers longs et difficiles et demandent des races adaptées à la conduite extensive( surveillance réduite, sécurité) et à la production de viande.

Présente dans 25 pays étranger, la race de salers est représentée au niveau mondial par une Fédération internationale, qui regroupe à l'heure actuelle 9 associations nationales.


Oui, oui!! La vache salers peut être noire!! / Un peu d'histoire de la race Salers noire

La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Oui, oui, la vache Salers peut être noire !!!!



Elevage MATIERE 15130 Arpajon/Cère

Remerciements pour l'ensemble de ce reportage : J.Y BRUNON, L'UNION du CANTAL, l'Elevage MATIERE, RONGERE, l'UPRA, le Herd-Book SALERS, l'UALC, B.GIRAUD (CELVIA/UALC) et particulièrement Mr Alain HAVY, Ingénieur Régional Sud / Sud-Ouest, Département Génétique, Sélection des Races Allaitantes pour l'aide qu'ils m'ont témoigné. Pour CANTALPASSION : Daniel ROUEYRE. 02/2005

Sur les 210 000 bovins de race Salers élevés au travers de notre pays, seuleument quelques centaines de ces sujets déclinent une couleur variante : la robe noire et c'est ce qui explique en partie le proverbe : Chaque cent ans, la vache noire revient à l'étable.

JAIS, taureau Salers noir, naisseur : Mr Jean TRIN à Aurillac. Cette photo est mise à disposition par l'UALC (Union Auvergne Limousin Charente, unité de sélection agréée pour la race). Ce taureau, JAIS, ainsi que quelques autres comme Soho, Satan, Sexy-Boy sont des Salers noirs dont la semence a été prélevée et stockée ; leurs doses sont donc disponibles à l'UALC pour les éleveurs qui le souhaitent.

Source: L’UNION DU CANTAL - J.Y BRUNON – 10 janv 2004

La Salers noire – La race de vache Salers est bien connue du public et appréciée, entre autres, pour sa couleur rouge et ses cornes majestueuses en forme de lyre. Cependant elle revêt parfois une robe d’ébène non moins séduisante et non dénuée de qualités.

Alors que certaines races bovines françaises ont tendance à disparaître, la Salers à robe noire, qui vient du fond des âges, a été sauvée «in extremis» par un petit nombre d’éleveurs passionnés.

Cette Salers noire, anciennement connue, a semble-t-il été délaissée au XIXème siècle par un certain Tissandier d’Escous (*) connu comme le précurseur de la sélection en race SALERS a donné l'orientation actuelle à son standard en éliminant les différentes variantes de la race Auvergnate pour prévilégier la seule couleur rouge. Cette variante de la race a surgi de tout temps dans plusieurs troupeaux des hautes vallées cantaliennes. La couleur noire de sa robe, de sa corne et de ses muqueuses correspond en fait à un gène simple dit «dominant» propre à cette race rustique. Contrairement à certaines idées reçues, le terme «dominant» n’a rien à voir avec le nombre d’animauxà robe rouge (l’immense majorité en race Salers) qui eux possèdent un gène dit «récessif».

(*) statue sur la place de Salers

Une souche rustique

La Salers noire apparaît notamment dans le troupeau de la famille Rongère depuis cinq générations d’éleveurs à La Boudie et à La Réveilladie de Saint-Julien-de-Jordanne. Il se compose aujourd’hui de quarante vaches Salers dont six noires et un jeune taureau de même robe. Outre sa couleur, la rusticité caractérise la Salers noirehabituée à vivre en altitude sur des pâtures de terres volcaniques souvent pentues : «Leurs cornes et leurs sabots très foncés et particulièrement solides, mais aussi leurs muqueuses noires, constituent un gage de rusticité, (**) souligne Jean-Félix Rongère. Ces animaux de la haute vallée étaient autrefois très recherchés pour l’attelage en montagne mais aussi pour le débardage en forêt. La corne de leur sabot est si solide qu’on se dispensait autrefois de les ferrer», précise-t-il. Les Salers noires étaient considérées comme porte-bonheur et les éleveurs en gardaient ou moins une à l’étable. Une vache noire était offerte aux jeunes mariés, symbolisant le point de départ de leur futur métier. Jean-Félix Rongère a vendu des animaux dans diverses régions de France mais aussi en Angleterre et aux Etats-Unis où des travaux de sélection sont effectués. Ce phénotype correspond au goût des éleveurs britanniques, américains et canadiens habitués aux races bovines rustiques de couleur noire telle la race écossaise d’Aberdeen Angus appelée communément l’«Angus» qui possède à l'inverse une variante à robe rouge.

(**) La corne Noire est connue pour être plus solide et résistante que la corne blanche; ce qui a une influence notable sur l’aptitude à la marche dans les terrains caillouteux par exemple. La pigmentation des muqueuses renforce la résistance au parasitisme (piqûres d’insectes, attaques des mouches, etc…). Pour les trayons, la pigmentation augmente la résistance aux gerçures….



Elevage RONGERE Jean Félix
La Réveilladie
15590 SAINT JULIEN de JORDANNE

Un pionnier

Marcel Matière possède un troupeau de vaches Salers Noires qu’il a constitué en achetant les animaux dans divers élevages, afin d'éviter la consanguinité dont celui de Jean-Félix Rongère. Dans le Cantal, une centaine de ces animaux était alors répertoriée dans de petites exploitations. «Des éleveurs américains et canadiens ont manifesté un grand intérêt pour la Salers Noire bien adaptée aux pâturages des terres volcaniques et à un climat rude. Ils la trouvaient cependant trop légère par rapport à la rouge», souligne Marcel Matière. «C’est pourquoi, afin de satisfaire leur demande, j’ai décidé de travailler avec l’aide d’un généticien et de prendre conseil auprès de chercheurs de l’INRA. L’objectif étant de constituer un troupeau de Salers Noire au même poids que la rouge», précise-t-il. Ainsi, des essais ont-ils été effectués sur plusieurs années avec une pratique de la consanguinité très raisonnée. Cet important travail de sélection correspond à un effort de conservation et de valorisation de ce phénotype de la race non exploité. Constatant, à l’époque, le peu d’intérêt porté par les organismes agricoles pour cette piste, Marcel Matière prenait alors en charge son développement, invitant divers organismes à le rejoindre dans cette voie. Aujourd’hui, son troupeau se compose d’une cinquantaine de Salers noire d’un poids moyen de 650-700 kilos. Après une sélection rigoureuse sur plusieurs générations, il produit aujourd’hui 90 % de Salers noire. Le standard de cette variante de la race a donc été grandement amélioré. La souche noire est actuellement très recherchée au Canada, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Elle est utilisée en race pure ou en croisement sur Hereford ou Angus principalement et s’adapte très bien aux différents climats.



Elevage MATIERE

 

Oui, oui!! La vache salers peut être noire!! / Un peu d'histoire de la race Salers noire

La Salers noire s'exporte / Quelques notions de génétique

Un peu d'histoire.......


Elevage RONGERE Jean Félix
La Réveilladie
15590 SAINT JULIEN de JORDANNE

La Salers toujours concernée par ses couleurs au cours du temps :

A.SANSON-Traité de zootechnie-1910-Tome 4

S’agissant des caractères zootechniques de la race Salers, l’on peut lire :

‘‘Le mufle est rosé, parfois marbré de veines grises et noirâtres. Ainsi des paupières. Las cornes, blanc grisâtre dans la plus grande partie de leur étendue, sont toujours noires à leur pointe. Le pelage rouge vif est de beaucoup prédominant. La race est pourvue des trois poils rouge, blanc et noir, les deux dernières couleurs étant exceptionnelles dans son ensemble, surtout la noire.’’

Société du herd-Book Salers–année 1946.

Signalons tout particulièrement l'article de P. Régnier paru dans le 2ème Bulletin, sous le titre :

«  A propos de l'Inscription au Herd-Book de la race Salers d'animaux tachés de blanc. »

Il nous parait intéressant de relater brièvement cet exposé, car ainsi que le prévoyait M. Régnier. Cette question devait faire couler beaucoup d'encre et de salive » tout au long de l'existence du Herd-Book.

L'auteur expliquait les taches blanches par l'atavisme; d'après lui la robe fondamentale de notre ancienne race auvergnate était blanche, rouge et noire. Alors que la Ferrandaise  présente ces trois couleurs (le noir étant sur le point de disparaître), la Salers comporte quelques types noirs et une très grosse majorité de sujets rouges avec souvent quelques taches blanches; l'apparition de celles-ci étant un signe de parenté plus étroite avec les ancêtres dont M. Régnier disait qu'ils étaient « osseux, grossiers, tardifs », il convient de l'éviter au maximum, en se montrant impitoyable sur le chapitre de la sélection. Il repoussait également avec énergie la thèse qui voulait que les vaches tachées de blanc s'affirmassent meilleures laitières que celles uniformément rouges. « Je leur rappellerai, dit-il, (aux contradicteurs) que dans tous les concours laitiers qui ont été organisés depuis 3 ans dans le département, ce sont toujours des vaches sans poils blancs qui ont donné les plus forts rendements, et qui de ce chef, ont remporté les premiers prix. Voilà une preuve scientifique, mathématique ».

Ainsi, là encore dès 1910, nos prédécesseurs s'occupaient d'une question qui n'a jamais cessé depuis d'être à l'ordre du jour.


Elevage MATIERE

Décision du Herd-Book Salers lors de sa réunion du 26/10/1981 :

Souche Salers Noire

Reconnaissant qu'il existe depuis toujours quelques vaches Salers présentant la couleur noire (robe et muqueuse) le Conseil accepte qu'une étude soit envisagée sur cette souche ;

Etude qui porterait sur :

- l'importance de l'effectif

- les performances des animaux

- la transmission du gêne noir.

A cet effet deux jeunes animaux mâles noirs pourraient être introduits à la station de contrôle, éventuellement subir un prélèvement de semence et être utilisés sur un petit nombre de vaches noires ou rouges.

Décision du Herd-Book Salers lors de sa réunion du 22/02/1984 :

Etude du gêne Noir en Salers : En 1983, 3 animaux - Salers Noirs (2 mâles et 1 femelle) ont été exportés à titre expérimental vers les U.S.A. Il est probable que l'on assiste à une demande non négligeable pour ces animaux dans les années à venir.

La souche Noire étant en voie de disparition, une étude a été entreprise par le Herd-Book avec le représentant de la station de Génétique Factorielle à l'I.N.R.A., Mr J.J. LAUVERGNE (actuellemennt retraité).

Un premier recensement des vaches noires a eu lieu.

Deux mâles noirs ont donné de la semence qui a été stockée.

Il s'agit maintenant, par le biais d'accouplement raisonné essayer de trouver après testage des animaux noirs mâles homozygotes.

Pour cela, dans un premier temps il s’agira de :

1 - "fabriquer" des animaux noirs en plus grand nombre, en utilisant de la semence de mâle noir par insémination animale.

2 - de tester des mâles noirs issus de pères et mères noirs pour savoir s'ils sont eux-mêmes homozygotes.

A noter que pour vérifier l’homozygootie de ce caractère dominant, il convient de réaliser un « Back cross » sur 30 femelles rouge. Statistiquement cela permet de garantir avec 99,9 % de chance que l’animal est bien Noir homzygote (NN). Prochainement, des techniques de génétique moléculaire permettront de s‘affranchir de ces procréations très coûteuses (30 femelles rouge nécessaires pour tester un taureau Noir, 30 embryons nés pour tester une femelle etc…


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Remerciements pour l'ensemble de ce reportage : J.Y BRUNON, L'UNION du CANTAL, l'Elevage MATIERE, RONGERE, l'UPRA, le Herd-Book SALERS, l'UALC, B.GIRAUD (CELVIA/UALC) et particulièrement Mr Alain HAVY, Ingénieur Régional Sud / Sud-Ouest, Département Génétique, Sélection des Races Allaitantes pour l'aide qu'ils m'ont témoigné. Pour CANTALPASSION : Daniel ROUEYRE. 02/2005

Sur les 210 000 bovins de race Salers élevés au travers de notre pays, seuleument quelques centaines de ces sujets déclinent une couleur variante : la robe noire et c'est ce qui explique en partie le proverbe : Chaque cent ans, la vache noire revient à l'étable.

JAIS, taureau Salers noir, naisseur : Mr Jean TRIN à Aurillac. Cette photo est mise à disposition par l'UALC (Union Auvergne Limousin Charente, unité de sélection agréée pour la race). Ce taureau, JAIS, ainsi que quelques autres comme Soho, Satan, Sexy-Boy sont des Salers noirs dont la semence a été prélevée et stockée ; leurs doses sont donc disponibles à l'UALC pour les éleveurs qui le souhaitent.

Source: L’UNION DU CANTAL - J.Y BRUNON – 10 janv 2004

La Salers noire – La race de vache Salers est bien connue du public et appréciée, entre autres, pour sa couleur rouge et ses cornes majestueuses en forme de lyre. Cependant elle revêt parfois une robe d’ébène non moins séduisante et non dénuée de qualités.

Alors que certaines races bovines françaises ont tendance à disparaître, la Salers à robe noire, qui vient du fond des âges, a été sauvée «in extremis» par un petit nombre d’éleveurs passionnés.

Cette Salers noire, anciennement connue, a semble-t-il été délaissée au XIXème siècle par un certain Tissandier d’Escous (*) connu comme le précurseur de la sélection en race SALERS a donné l'orientation actuelle à son standard en éliminant les différentes variantes de la race Auvergnate pour prévilégier la seule couleur rouge. Cette variante de la race a surgi de tout temps dans plusieurs troupeaux des hautes vallées cantaliennes. La couleur noire de sa robe, de sa corne et de ses muqueuses correspond en fait à un gène simple dit «dominant» propre à cette race rustique. Contrairement à certaines idées reçues, le terme «dominant» n’a rien à voir avec le nombre d’animauxà robe rouge (l’immense majorité en race Salers) qui eux possèdent un gène dit «récessif».

(*) statue sur la place de Salers

Une souche rustique

La Salers noire apparaît notamment dans le troupeau de la famille Rongère depuis cinq générations d’éleveurs à La Boudie et à La Réveilladie de Saint-Julien-de-Jordanne. Il se compose aujourd’hui de quarante vaches Salers dont six noires et un jeune taureau de même robe. Outre sa couleur, la rusticité caractérise la Salers noirehabituée à vivre en altitude sur des pâtures de terres volcaniques souvent pentues : «Leurs cornes et leurs sabots très foncés et particulièrement solides, mais aussi leurs muqueuses noires, constituent un gage de rusticité, (**) souligne Jean-Félix Rongère. Ces animaux de la haute vallée étaient autrefois très recherchés pour l’attelage en montagne mais aussi pour le débardage en forêt. La corne de leur sabot est si solide qu’on se dispensait autrefois de les ferrer», précise-t-il. Les Salers noires étaient considérées comme porte-bonheur et les éleveurs en gardaient ou moins une à l’étable. Une vache noire était offerte aux jeunes mariés, symbolisant le point de départ de leur futur métier. Jean-Félix Rongère a vendu des animaux dans diverses régions de France mais aussi en Angleterre et aux Etats-Unis où des travaux de sélection sont effectués. Ce phénotype correspond au goût des éleveurs britanniques, américains et canadiens habitués aux races bovines rustiques de couleur noire telle la race écossaise d’Aberdeen Angus appelée communément l’«Angus» qui possède à l'inverse une variante à robe rouge.

(**) La corne Noire est connue pour être plus solide et résistante que la corne blanche; ce qui a une influence notable sur l’aptitude à la marche dans les terrains caillouteux par exemple. La pigmentation des muqueuses renforce la résistance au parasitisme (piqûres d’insectes, attaques des mouches, etc…). Pour les trayons, la pigmentation augmente la résistance aux gerçures….




Elevage RONGERE Jean Félix

La Réveilladie
15590 SAINT JULIEN de JORDANNE

Un pionnier

Marcel Matière possède un troupeau de vaches Salers Noires qu’il a constitué en achetant les animaux dans divers élevages, afin d'éviter la consanguinité dont celui de Jean-Félix Rongère. Dans le Cantal, une centaine de ces animaux était alors répertoriée dans de petites exploitations. «Des éleveurs américains et canadiens ont manifesté un grand intérêt pour la Salers Noire bien adaptée aux pâturages des terres volcaniques et à un climat rude. Ils la trouvaient cependant trop légère par rapport à la rouge», souligne Marcel Matière. «C’est pourquoi, afin de satisfaire leur demande, j’ai décidé de travailler avec l’aide d’un généticien et de prendre conseil auprès de chercheurs de l’INRA. L’objectif étant de constituer un troupeau de Salers Noire au même poids que la rouge», précise-t-il. Ainsi, des essais ont-ils été effectués sur plusieurs années avec une pratique de la consanguinité très raisonnée. Cet important travail de sélection correspond à un effort de conservation et de valorisation de ce phénotype de la race non exploité. Constatant, à l’époque, le peu d’intérêt porté par les organismes agricoles pour cette piste, Marcel Matière prenait alors en charge son développement, invitant divers organismes à le rejoindre dans cette voie. Aujourd’hui, son troupeau se compose d’une cinquantaine de Salers noire d’un poids moyen de 650-700 kilos. Après une sélection rigoureuse sur plusieurs générations, il produit aujourd’hui 90 % de Salers noire. Le standard de cette variante de la race a donc été grandement amélioré. La souche noire est actuellement très recherchée au Canada, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Elle est utilisée en race pure ou en croisement sur Hereford ou Angus principalement et s’adapte très bien aux différents climats.



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