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  La commune de St Victor aujourd'hui

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VICTOR (St). — La commune de Saint-Victor, bornée au nord par celle de Saint-Santin, à l'ouest et au sud par celle d'Ayrens, et à l'est par Nieudan, Tait partie du canton de Laroquebrou et de l'arrondissement d'Aurillac.

Elle est arrosée par les ruisseaux du Meyrou et de Prallat; les rivières de SaintVictor, d'Etze ou d'Aize et de Soulane la limitent à l'ouest et au nord.

Sa population est de 496 habitants, répartis dans 1 bourg, 14 villages ou hameaux et 51 maisons.

Son territoire est couvert de bois, de rochers, et coupé de ravins profonds; il est froid, maigre et peu fertile; il y a cependant quelques bonnes prairies; les bruyères servent à faire pacager des moutons.

La culture de ce pays est confiée aux femmes; presque tous les hommes émigrent pour exercer l'industrie de chaudronnier ou celle de cordonnier.

L'église, autrefois annexe d'Ayrens, et placée sous le vocable de saint Victor, s'élève sur les ruines de l'ancien château que la famille de Vellian avait donné à la commune.

Le petit bourg chef-lieu , à 9 kilomètres nord-ouest de Laroquebrou et à 14 sud-ouest d'Aurillac, occupe une position pittoresque, sur un rocher formant presqu'île, dont une petite rivière fait le tour.

La seigneurie de Saint-Victor était en 1251 à Durand de Montal, seigneur de La Roquebrou. Il en fit hommage cette année au comte de Rodez. Elle fut donnée en fief par lui a la famille de Selves, et, en 1281, Pierre, chevalier , et Bernard de Selves, seigneurs de Saint-Victor, furent, l'un arbitre et l'autre témoin de la charte accordée aux habitants de La Roquebrou par le seigneur de Montal.

La famille de Prallat, et, plus lard, celle de Jugeais de Peyrac de Vellian, succédèrent à celle de Selves dans la possession de Saint-Victor. L'article qui les concerne dans le Nobiliaire d'Auvergne n'étant pas complètement exact, il convient d'ajouter quelques documents à ceux que renferme cet ouvrage.

La famille de Prallat tire son origine du château de Prallal, aujourd'hui détruit, et qui était situé sur le ruisseau du même nom, dans la commune de Saint-Victor. Jacques de Prallat était coseigneur de Poul, commune d'Arnac, en 1329, et Jean de Prallat, en 1408. On a vu (commune d'Arnac, 1e r vol., p. 90), comment le château de Poul fut saisi sur le seigueur de Prallat par le baron de Montai, en 1470.

La famille de Prallat parait avoir fait alliance avec celle de Vellian et avoir possédé par suite le chateau de Vellian , commune de Saint-Illide , dans le courant du XVII°siècle. En 1602, Louise de Prallat épousa Mercure de Jujeals de Peyrac, et lui porta les terres de la Bontat, Vellian, Bassignac, etc. On trouve néanmoins après cette époque Antoine de Prallat, seigneur de Saint-Victor et de Gorces, qui fut maintenu dans l'ordre de la noblesse en 1666, et servit avec distinction sous Louis XIV; il fut fait gentilhomme de la chambre le 5 avril 164". La famille de Prallat s'éteignit, et la terre de Saint-Victor passa définitivement à la famille de Jujeals de Peyrac de Vellian.

Cette famille parait être originaire de la vicomté de Turenne, dans le Bas Limousin. On découvre des traces de son existence dès l'an 1180; elle a prouvé sa filiation devant M. de Fortia, intendant d'Auvergne, à dater de Pierre de Jujeals de Peyrac, damoiseau, qui vivait en 1365.

En 1402, Etienne de Jujeals de Peyrac commandait le ban et l'arrière-ban du Limousin ; il était marié avec Antoinette de Pleaux.

On peut mentionner après lui:

En 1469, Antoine de Jujeals de Peyrac, qui épousa Catherine de Clermont-Touchebœuf.

Jean de Jujeals, qui était, en 1580, gentilhomme de la maison du roi et députe de la noblesse. Il était allié avec Louise de St-Aulaire.

Mercure de Jujeals de Peyrac , fils de Jean , et qui épousa Louise de Prallat, fille du seigneur de la Bontat. Il acquit par ce mariage les seigneuries de la Bontat, Vellian, Bassignac, etc. Son frère, Henri de Jujeals, était doyen des Arcques.

Viennent ensuite:

Henri de Jujeals de Vellian, marié avec Jeanne de Saillans (1657). Ramond de Jujeals de Vellian, marié avec Madeleine du Bosc, qui lui apporta en dot la terre de ce nom, dans la commune de St-Victor (1733). Joseph de Jujeals, baron de Vellian (1776).

Enfin, Jean-François de Jujeals, baron de Vellian, seigneur de la Bontat, le Bellestat, Prallat, le Bosc, St-Victor, etc., dont une sœur épousa J.-B de Chazelles, baron de Courdes, et une autre sœur, Géraud de Métivier de Vais.

Jean-François de Jujeals de Vellian eut de son mariage avec Marie-Louise de Fraissy de Veyrac cinq filles, savoir : Sophie de Vellian, qui épousa M. le comte de Sedaiges; Rose de Vellian, mariée avec M. de St-Thamar; Joséphine de Vellian, avec M. le marquis de Leotoing Pauline de Vellian, avec M. Georges de Bar ; Augustine de Vellian, aujourd'hui Mme la baronne Higonet, par son mariage avec le colonel, depuis général baron Higonet.

Cette alliance nous amène à parler de l'officier distingué qui est entré dans la maison de Vellian.

La vie militaire de M. le général baron Philippe Higonet, maréchal do camp, commandeur des ordres de la Légion-d'Honneur, de St-Louis, de St-Ferdinand d'Espagne et du Sauveur.de Grèce, appartient à l'histoire de l'Empire et à celle de la Restauration. Né à St-Geniez (Aveyron). le 5 mai 1782, il entra au service en 1803 comme volontaire au 4e léger, et passa successivement par tous les grades inférieurs. Il servit sans interruption, assista aux plus grandes batailles de l'Empire: Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, Wagram, Mohilew, la Moskowa, Waterloo, et dans ces mémorables journées il se signala par de brillants faits d'armes et par une bravoure à toute épreuve. Pour ne mentionner que quelques-unes des actions d'éclat qui ont illustré sa carrière militaire, disons qu’à Mariazell, en 1805, il fit 200 prisonniers parmi lesquels était un major, un colonel et le prince Rospigliosi. Il fut blessé grièvement à Austerlitz, a Iéna, à Eylau. Dans une des terribles péripéties de cette dernière bataille, livrée an milieu de tourbillons de neige, alors qu'autour de lui les divisions des généraux Friant et St-Hilaire venaient d'être forcées de ployer, il se lança à la tête de quatre compagnies sur un corps russe qui détruisait tout sur son passage, l'étonna par son audace, l'arrêta, le rejeta vivement en arrière, et, par ce beau mouvement, conduit avec la bouillante impétuosité française, il donna le temps à nos troupes de se reformer et de rétablir le combat. Colonel à Waterloo, il écrasa par une charge de flanc deux régiments anglais et resta le dernier sur le champ de bataille, d'où il ne se retira que sur l'ordre de Ney et de La Bédoyère.

Sous la Restauration, le colonel Higonet fit la campagne d'Espagne, fut élevé au grade de maréchal de camp, dirigea en cette qualité le blocus de St Sébastien et commanda une brigade au siége de Pampelune. A sa rentrée en France, il reçut la croix de commandeur de la Légion-d'Honneur, et fut honoré du même litre dans l'ordre de St-Ferdinand d'Espagne.

Nommé en 1827 président du collège électoral du Cantal et député de ce même collège , le général Higonet défendit à la Chambre toutes les idées saines et généreuses; la noblesse de caractère qu'il mit à les soutenir et le talent avec lequel il sut les développer, ressentirent surtout de son rapport sur le projet de loi qui continuait leur traitement aux officiers en demi-solde, rapport qui influa beaucoup sur l'adoption de cette loi toute de justice.

Il interrompit, en 1828, ses travaux législatifs pour aller commander une brigade de l'armée expéditionnaire de Morée. « Sur cette terre illustrée par tant de héros, dit un ouvrage récent, le, général Higonet mit le comble à sa réputation militaire, notamment au château de Morée et au siège de Navarin, où  il monta le premier à l'assaut et pénétra dans la ville. Choisi plusieurs fois par le général Maison pour parlementer avec les assiégés, il déploya dans ces missions délicates autant de zèle que de prudence et de sagacité. »

Mais, ce qui fit le plus grand honneur au général Higonet dans cette campagne, ce fut le dévouement qu'il montra aux malheureuses populations helléniques. Il fallait délivrer le Péloponnèse d'un fléau plus redoutable que les Turcs, la peste, qui sévissait dans les montagnes de Calavryta. Au cœur de l'hiver, M. le général Higonet se rendit sur les lieux infectés par la contagion et vécut plusieurs semaines au milieu des pestiférés. Animés par son exemple, ses soldats leur partagèrent leur pain, leurs habits, et se portèrent à des prodiges de charité inouïs ailleurs qu'en France. Les mesures habiles qui furent prises sauvèrent la péninsule, et firent bénir le nom du général français dans toute la Grèce. Aussi, le président du gouvernement grec, comte de Capo d'Istria, crut-il devoir lui témoigner la reconnaissance publique dans une lettre qui est un document précieux pour l'histoire de l'expédition. Elle est ainsi conçue:

« Monsieur le général Higonet ,

Je ne saurais assez vous exprimer les sentiments de reconnaissance dont me pénètrent les soins bienveillants et charitables que vous avez bien voulu donner aux malheureux habitants de Calavryta et de Vrachni, que la contagion menaçait d'une destruction complète. Dieu vous rende le bien que vous leur avez fait!

M Mavromathi reçoit aujourd'hui l'autorisation de venir à leur secours autant que les moyens du gouvernement peuvent te permettre. Le gouvernement doit encore ces moyens à la munificence du roi votre souverain, et c'est ainsi qu'il » n'y a point de jour où les habitants du Péloponnèse ne bénissent le nom de Sa Majesté et celui de l'armée qui les a délivrés d'un double fléau, de la présence des Turcs et de la peste.

J'apprends, Monsieur le général, que vous allez rentrer eu France; je vous accompagne de tous mes vœux , et je prends la liberté de placer sous vos auspices les intérêts de la Grèce. Vous avez été sur les lieux ; vous êtes bon juge, et la Cbambre des députés le sera de même par votre organe.

Agréez , etc.

Le Président,
J.-A. CAPO D'iSTRIA.

Egine. le 28 décembre 1824 ,(8 janvier 1829).

Quand M. le général Higonet reçut, après son retour, audience du roi Charles X, le prince, dont le noble cœur savait comprendre toutes les belles actions, lui serra la main avec émotion et ne lui répondit que par ces mots: « Général, je vous remercie; vous avez bien servi la Fiance! »

La dynastie d'Henri IV et de Louis XIV fut renversée ; malgré cet événement, M. le général Higonet voyait encore s'ouvrir devant lui les perspectives les plus séduisantes. Son mérite bien connu comme officier général, les sympathies que sa grande bienveillance lui avait gagnées dans toutes les opinions, les nombreux et éminents services qu'il avait rendus à d'anciens camarades maintenant en faveur, le mettaient sur la voie des plus hautes positions militaires ; mais il était de ces hommes, ainsi que l'écrivait un de ses compagnons d'armes, qui tiennent leur serment d'honneur et de fidélité. Il avait gardé le sien sur le-champ de bataille de Waterloo; il sut le garder après 1830. Il fit alors, il a fait depuis, malgré de nouvelles révolutions, malgré l'influence que pouvaient avoir sur lui ses premiers souvenirs, les plus grands sacrifices à ses convictions. Personne moins que lui peut-être n'a tenu compte de l'ambition en présence du devoir que lui traçait sa conscience.

M. le général Higonet se condamna à la retraite; mais cette retraite a été féconde et active autant qu'elle pouvait l'être. Le brillant officier de Mariazell, d'Eylau et des châteaux de Morée, commença au sein de ses montagnes une nouvelle vie, et cette vie seule suffirait à sa gloire. Lequel de ses compatriotes, ignore, en effet, que la Haute-Auvergne lui doit en quelque sorte sa régénération agricole, et que, parmi tant d'autres bienfaits, chacune de ses laborieuses journées est encore consacrée à avancer, par ses exemples et ses enseignements, l'éducation agronomique de sa patrie adoptive? Nous avons cru que. dans un ouvrage destiné à l'histoire de cette contrée, il resterait une véritable lacune s'il n'y avait quelques lignes sur une existence aussi honorable et aussi bien remplie.

Les villages et hameaux de cette commune, divisée en deux paroisses, sont:

 

PAROISSE DE SAINT-VICTOR.

    1° Borie (la), village.

Caissiès, village le plus considérable de la commune.

Daumont, hameau.

Meyrou, hameau.

Montagne (la), hameau.

    6° Perissagol. village.

    7° Terrade (la), village.

 

PAROISSE D’ALEX.

Alex ou Alais. village de douze feux, chef lieu de la paroisse érigée en succursale par ordonnance royale du 21 février 184o. L'église est dédiée à saint Alexis.

Bosc (le), village où était un château appartenant a la famille de Vellian.

Claux (le), jolie maison moderne bâtie sur l'emplacement de l'ancien château de Prallat.       4° Fraissy, village.

Mont (le), hameau.

Prallat, moulin.

Vergne la), village.

E. B.