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  La commune de Vic sur Cère aujourd'hui

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Vic-sur-Cère, Ou Vic-en-carladès, chef-lieu de canton,, faisant partie de l'arrondissement d'Aurillac, et à deux myriamètres nord-est de cette ville.

Le canton de Vic-sur-Cère a une étendue de 25,611 hectares, et une population de 11,116 habitants, chiffre inférieur d'un dixième à ceux énoncés dans des travaux statistiques antérieurs. D'où vient cette décroissance? Nous l'ignorons; car il n'est pas à notre connaissance que cette contrée ait été ravagée par des épidémies; peut-être faut-ii attribuer la différence que nous signalons au plus ou moins d'exactitude avec laquelle se sont opérés les divers recensements qui ont eu lieu, ou bien à des modifications apportées dans la délimitation du territoire.

Le canton de Vic se limite par le canton nord d'Aurillac; à l'est, par celui de Pierrefort et le département de l'Aveyron ; au sud, par le canton de Montsalvy; à l'ouest, par celui d'Aurillac sud. Il touche par son extrémité nord-est au Plomb-du-Cantal, la partie la plus élevée du département. Il renferme douze communes, qui sont celles de Vic, Badailliac, Carlat, Cros-de-Ronesque, Jou-sous-Mamou, Pailherols, Polminhac, Raulhac, St-Clément, St-Etienne-de-Carlat, St-Jacques-des-Blats et Thiézac.

Ce territoire est arrosé par deux rivières principales, qui sont la Cère et le fioul. La première prend sa source au pied du Mont-Cantal, se dirige vers l'ouest en décrivant une courbe au sud d'Aurillac et après avoir baigné la plus belle vallée du département, va se joindre à la Jordanne au-dessous d'Arpajon, puis se jeter dans la Dordogne au-dessous de Beaulieu (Corrèze). Le Goul coule du nord au sud, traverse les communes de Pailherols, Jou, Raulhac, Cros-de-Ronesque , limite le département du côté de l'Aveyron et va enfin se perdre dans la Trueyre, en amont d'Entraigues.

 

COMMUNE DE VIC.

Cette commune est bornée au nord par celles de St-Cirgues-de-Jordanne et de Thiézac; à l'est, par celle de St-Clément; au sud, par le territoire de Polminhac, et à l'ouest, par celui de Lascelle. Sa superficie est de 3,082 hectares, divisées comme suit : 712 h. en terres labourables; 19 en jardins; 586 en prairies; 1,185 en pâturages; 373 en bois futaies; 61 en bruyères; 146 en terres vaines, chemins et cours d'eau. Le chiffre de la population s'élève à 1,780 habitants, répartis entre 28 villages ou hameaux et 590 maisons, dont 200 pour le chef-lieu.

Le sol de la commune de Vic est de nature volcanique et en général très fertile, surtout en fourrages, grâce aux eaux de la Cère qui l'arrosent dans toute sou étendue. La douceur de son climat est due aux montagnes élevées qui l'abritent des vents du nord et de l'est.

Vic, anciennement siège d'un bailliage dont nous parlerons, est une jolie petite ville chef-lieu d'une justice de paix, avec cure, bureau d'enregistrement, poste, brigade de gendarmerie et gîte d'étape. Il s'y tient en outre quatre foires annuelles fixées aux 6 janvier, 20 mars, 24 avril et 6 octobre. Vic a encore l'avantage d'être situé dans une charmante position et une délicieuse vallée, au débouché d'une gorge étroite et profonde, d'où la rivière de Cère, jusque-là précipitée de cascade en cascade , s'échappe enfin pour se déployer en gracieux méandres à travers un des plus beaux paysages qui se puissent voir.

C'est surtout en arrivant de Murat par la route impériale, a dit un touriste, qu'on admire ce magnifique panorama, après avoir franchi le pas de  Compain, passage fameux dans le pays; après avoir cent fois mesuré de l'œil,  tantôt avec frémissement, tantôt avec admiration, les crêtes chenues d'énormes aspérités et les abîmes profonds qui sont à leurs pieds, on arrive enfin, sous la douce influence de l'air du midi, dans des vallons riants, frais, couverts de bois verdoyants, arrosés par la Cère, dont le bruissement n'est plus celui d'un » torrent, mais le cours d'une onde pure, qui va caressant les fraîches prairies qu'elle fertilise. Arrivé dans cette belle vallée, l'esprit se repose des volcans, des enfers, des orages, des eaux furieuses et de la triste verdure des sapins. » (Guide pittoresque du voyageur.)

De son débouché des montagnes jusqu'à Vic, la vallée a une largeur moyennede deux kilomètres; c'est un magnifique bassin parsemé de vallons verdoyants, de riantes collines que décore la plus vigoureuse végétation. La Cère y décrit mille méandres au milieu de champs et de prairies d'une extrême fertilité.

Partout s'élèvent des châteaux, de belles maisons de campagne, de belles fermes, des hameaux, des villages. De nombreux troupeaux paissent dans les prairies coupées d'une multitude de canaux d'irrigation. En arrière s'élève le Plomb-du-Cantal, ordinairement chargé de neige depuis le mois de novembre jusque vers la mi-mai, et battu par les orages pendant l'été. Cependant, cette montagne n'est pas tellement inaccessible que des troupeaux de vaches ne puissent la gravir pour aller s'y repaître d'une herbe abondante, mêlée de plantes médicales.  (Hugo, la France pittoresque.)

En reportant ses regards en arrière, la scène change; mais elle n'en est pas moins majestueuse : on aperçoit alors la ville de Vic divisée en haute et basse; la ville haute, à cheval sur le torrent appelé l’Iraliot, et dont l'aspect original rappelle les bourgades suisses ou écossaises, a quelques maisons fortes, vrais types des constructions du moyen âge qui se retrouvent à Salers. Tours hexagones, fenêtres grillées à mailles carrées, épaisseur des murs, tout en elles tient à l'époque d'une bourgeoisie militaire. Une des plus remarquables à cet égard est la maison des Huttes, qui rappelle le nom d'un martyr de la fidélité au malheur, dans la néfaste journée du 6 octobre 1789.

La ville neuve, située au pied de la ville haute, est groupée autour de la route d'Aurillac à St-Flour et de la rue qui conduit à la fontaine d'eau minérale. On voit dans cette partie de jolies maisons qui s'épanouissent sur d'élégants jardins. Celle de M. Saphary, auparavant de M. Daudin, ouvrant sur un très-vaste enclos; celle de M. de Sistrières, donnant sur un beau parc, sont les deux habitations incontestablement les plus agréables; ce sont de véritables villas dont le site et le coup d'œil sont délicieux. Elles »nt, l'une et l'autre, pour horizon les plus riantes régions de la vallée de Cère.

Nous ne finirions pas si nous voulions complètement décrire les environs de Vic; mais tout en négligeant, avec regret, nombre de beautés pittoresques, nous ne voulons pas omettre la cascade formée par le bruyant et capricieux torrent l'Iraliot, ni la colline qui le commande et supporte les ruines presque effacées de Castel-Vieil, perchées sur un rocher très-romantique.

En remontant à travers le labyrinthe de ruelles qui sillonne la vieille ville le long du torrent, on arrive à une gorge qui est en quelque sorte le Royal de Vic. Abritée par le rocher de Castel-Vieil, elle est rafraîchie par l'Iraliot qui s'y précipite en charmantes cascatelles. C'est un ravin bien étroit, pressé de part et d'autre par la montagne, et, cependant, rien de plus pittoresque. Des champs et des jardins montent en étages sur ses rampes; des prés verts et ombreux en tapissent le fond. Des rives du torrent s'élancent des frênes, des aulnes, des noyers et des cerisiers; des fentes de chaque roc s'échappent à profusion des rosiers sauvages, des bruyères aux fleurs empourprées, des campanules, des lizerons, des orpius, des achillées ou des branches d'aliziers aux grappes rouges, aux feuilles recouvertes d'un pâle duvet. Cette gorge, presque inconnue des voyageurs, est pleine de charmes et de rêverie; en la suivant quelques minutes, on arrive au détour d'une roche escarpée qui recèle une petite baie semi-circulaire. Cette petite baie, si nous ne nous trompons, s'appelle le Trou-de-la- Conche, et c'est au fond de cette vasque rocailleuse que tombe une des cascades les plus mystérieuses, les plus hautes et les plus curieuses des environs de Vic. Elle forme deux jets : le jet supérieur est de cinq ou six mètres de hauteur. La perspective de cette première cascade fuit gracieusement entre deux blocs qui s'élèvent comme des pilastres au-dessus de la seconde; sa nappe blanche se dessine admirablement dans ce cadre grisâtre. A peine ses eaux se reposent-elles dans le bassin qu'elles ont ciselé, qu'elles en sortent, reprennent leur élan entre les deux promontoires et rebondissent de dix mètres de hauteur jusqu'au fond de l'abîme. Le site entier de la cascade est aussi remarquable qu'imprévu. A travers les escarpements qui le resserrent, apparaît un nouveau ciel, un nouvel horizon; l'œil devine un espace plus large, plus aéré, un paysage moins tourmenté, plus tranquille; c'est, en effet, le val de Malepie, dont les verdoyantes pelouses commencent en ce lieu pour s'élever vers de plus hautes régions. Tout ce merveilleux ensemble laisse dans l'âme une impression que le temps et la distance ne parviennent pas à effacer. » (Notes de M. H. De Lalaubie).

L'aspect extérieur n'est pas le seul avantage qui recommande Vic. Cette petite ville est parfaitement bâtie et fort propre; une belle route impériale là traverse; les diligences d'Aurillac à St-Flour et Murat, qui s'y croisent tous les jours, y établissent des communications faciles. L'air y est d'une salubrité remarquable, le sang y est beau; les habitants de l'un et l'autre sexe aiment la gaité et les plaisirs honnêtes. Aussi, cette charmante localité, grâce aux agréments et aux commodités qu'elle offre, voit-elle affluer dans son sein, pendant l'été, les populations environnantes, qui viennent demander à son air salubre, à ses excellentes eaux minérales, la santé ou les distractions qu'elles chercheraient vainement ailleurs. Nous appellerons plus loin l'attention de nos lecteurs sur les sources de Vic qui méritent, à tous égards, d'être spécialement recommandées.

 

ÉGLISE DE VIC.

Cette église dépendait d'abord de l'abbaye d'Aurillac, suivant une bulle du pape Grégoire VII, de l'an 1080; plus tard, elle fut unie au monastère de St-Flour, et, en dernier lieu, à l'évêché de la même ville, dont le titulaire nommait la cure. Elle est sous l'invocation de saint Pierre, et fort ancienne; mais on y distingue les caractères de constructions exécutées a diverses époques. On y compte sept chapelles, dont l'une est ornée de peintures à fresque. On remarque sur la façade de ce monument et sur les murs extérieurs des sculptures curieuses, représentant des figures grimaçantes, des têtes de bœuf, des oiseaux de proie et autres animaux. (L'Ancienne Auvergne, t. III, p. 228. — Description de la Haute-Auvergne, par M. Bouillet, p. 151.)

Il y avait anciennement à Vic une communauté de prêtres au nombre de dix-sept, suivant un règlement du 30 octobre 1663; elle avait des rentes dans plusieurs paroisses.

Le 3 juin 1507, intervint entre les notabilités de la ville et de la banlieue, un traité par lequel il fut convenu que le jour de la fête Dieu, à la procession du Saint-Sacrement, le poêle serait porté par les personnages ci-après désignés: 1° le gouverneur du Carladès; 2° le juge d'appeaux du bailliage; 3° un officier de la justice ordinaire; 4° un des gentilshommes de la paroisse, lesquels étaient alors : les seigneurs de La Salle, de Comblat, de Boyssonies et de Cols; ceux-ci à tour de rôle.

 

INSCRIPTION TROUVEES DANS l’ÉGLISE de VIC.

HIC JACET D. D. NOBILISSIMVS
JOANNES (IV NOM) DE SISTRIERES
EX ANTIQVIS ATQ. ILLVST.
VICE COMITIBVS MVRATI CAR-
LATI Q. REGIS CARLADGII
PREFECTVS SENECHALLVS
ET LOCVM TENENS
SPATIO. XLV. ANNORVM
IN EADEM BALLIVIA VICENSI
AMICVS POPVLI INGENIO CLARVS
EMINENTISS. SCIENTIA PRAEDITVS
INDEX QVE. INTEGERR. VIXIT
LXXVI. OBIIT ANNO MDCXCIV.

FVNDAVIT IN HOC SACELLO
SVO OFFICIVM SOLEMNE IN DIE
SANTI MICHAELIS PATRONI ET
PROTECTORIS FAMILLE AE SVAE  ET
DVODECIM MISSAS ANNATIM
REQVIESCAT IN PACE.

D'après un titre que possède M. de Métivier, le grand autel de l'église lui fut donné par le président Froquières, qui obtint en retour de Ce don le droit de sépulture pour lui et ses descendants, à perpétuité, autour du bénitier.

NOMS DES CURÉS CONNUS.

Jean Veyrine, 1401. — Ayméric de Vic, 1443. — Benoit de Boisset, 1545. — Jean Courbadières, 1637. — Louis de Boisset, 1656. — N. de Rives, 1097. — Antoine Boyer, 1708-1730. — MM. Douet, 1743. — Jalenques, 1773. — Pons, 1789. — Glanes, 1804. - Martin. 1806-1833. — Virbonnet. 1834- 1845. — Domergues, 1846-1858.

 

COUVENT DE BÉNÉDICTINES.

La dame Camille de Pestels, dame de Polminhac et autres lieux, épouse d'Anna de Noailles, marquis de Montclar et de Chambres, représentée par Pierre ChaumEil, vicaire général du diocèse de St-Flour, fonda à Vic, vers 1640, un couvent de religieuses de l'ordrE de St-Benoît, se réservant pour elle et les siens, à perpétuité, la nomination des supérieures, lesquelles furent : Suzanne de Cassanhes-Beaufort, 1647-1650.—Jeanne de Beauclair, 1653.—Françoise de Saunhac, 1669. — Anne-Marie de Saint-Martial-Drugeac, 1669-1673. — Marie-Madeleine de Cassanhes, 1711. — Marie-Marguerite-Gilberte de Cassanhes-Miremont, 17151731. — Marie Conducher, 1740-1741.— Marie-Madeleine de La Bastide, 1745.

— Delphine de Saint-Herent, 1751. — Catherine Conducher, 1773. — Catherine Gatibert, 1781.

Religieuses dont les noms sont connu, avec la date de leur entrée en religion.

Antoinette de Massebeau du Jarrousset, 1647. — Delphine de Boyer, 1647. — Anne de Marcilhac, 1650. — Louise de de Chateaubodeau, 1653. — Antoinette-Henriette de Saint-Sulpice, 1653. — Agnès de Saint-Benoit-Moulinié, 1669.— Françoise de Fontanges, 1669. — Marie-Marguerite-Gilherte de ,Cassanhes-Beaufort, 1669. — Marie-Antoinette Gaillard-des-Roussains, 1670. — Marie-Gilberte de Gibrat, 1670. — Marie-Madeleine de Cassan-hes-Miremont, 1672. — .Catherine-Yrlande, 1673. — Marie Desprat, 1711. — Jeanne Privat, 1714. — Delphine de de Saint-Herent, 1720. — Elisabeth Lathelize, 1720. — Marie Conducher. 1722. Françoise Pagès, 1722. — Marie Artis, 1723. — Jeanne de Rives de Compalain, 1740. — Anne de la Bachelerie, 1741. — Catherine Conducher, 1741. — Susanne Duranton, 1743. — Catherine Galibert, 1743. — Jeanne Bertrand, 1746. — Anne Blanc, 1751, morte a Chambéry en 1783. — Marianne Pons, 1771. — Elisabeth Faget ou Fayet, 1771. — Jeanne Delmas, 1773. — Marie-Anne Guirbaldy, 1773.

— Jeanne Lasbros, 1774. — Jeanne Daulhac, 1781. — Antoinette Brassac, 1782.

— Claudine Saignet, 1789.

Présentes au couvent en 1731. — Gilberte de Cassanhes-Beaufort, Madeleine de Caldaguès, Elisabeth Lathelize, Marie Conducher, Françoise Pagès, Marie Artis, Marie Delrieu, Gabrielle de Lherme, Marie Sobrier et Françoise Verdier, sœur converse.

Revenus du couvent en 1731. — Un domaine appelé de  Marvejoul paroisse de Polminhac, rendant en argent.. . - 228f.f

En denrées 223

Un autre domaine situé au village des Gardes, paroisse de  1,088 f.

Thiézac, acquis de M. de Bargues, de Salers. produisant en

    fromages 600

En beurre 37

Un pré situé à vic, affermé 40

En rentes constituées 321

Total général des revenus . 1,449 f.

Charges de la maison en rentes, frais de culte, salaires, entretien des bâtiments, impositions 1,115

De sorte qu'il ne restait qu'une somme de 334 f.

pour l'entretien et la subsistance de dix religieuses, ce qui eût été absolument insuffisant si ces dames n'avaient eu la ressource d'un pensionnat de jeunes filles, d'où elles tiraient leur principal moyen d'existence.

Depuis sa suppression, ce couvent est devenu une habitation bourgeoise.

Il y a aussi dans les dépendances de Vic à la cime d'une butte, une chapelle appelée N.-D.-du-Calvaire, à cause, on le prétend du moins, de la ressemblance du monticule sur lequel elle est bâtie avec le vrai calvaire de Jérusalem.

 

ANTIQUITÉS. — CHATEAUX. — HISTOIRE.

La ville de Vic est fort ancienne; elle était connue des Romains, ainsi que le constatent les nombreux débris qu'on y a découverts lors des fouilles faites pour retrouver les sources d'eau minérale, et qui consistent en vestiges d'habitations gallo-romains, des vases antiques et de médailles d'argent à l'effigie des empereurs Auguste, Claude, Vespasien, Dioclétien, Maximilien et Licinius. En 1829, époque à laquelle M. de Murat-Sistrières , acquéreur des mêmes sources, y fit exécuter des travaux importants , on y découvrit de nouvelles médailles : une de l'empereur Claude, trois de Domitien, une d'Adrien, et enfin d'autres     médailles frustes que l'on conserve.

Plus tard, au moyen âge, Vic avait un château fort situé sur une hauteur, au nord de la ville qu’ il dominait, et aujourd'hui désigné sous le nom de Castel-Viel ou château vieux. Ce château, avec ses dépendances, fit d'abord partie de la succession de Saint-Géraud, comte d'Aurillac, et appartint ensuite aux vicomtes de Carlat. Henri I, par son testament du mois d'août 1219, le légua avec ceux de Polminhac, Marmiesse, Scorailles et Saint-Christophe, à Guibert, son fils puîné. L'enceinte fortifiée du château de Vic , dont il reste des traces visibles, renfermait la partie haute de la ville, et s'étendait jusqu'à d'autres points propres à la défense de la place. Du plateau que le fort occupait et qui est aujourd'hui la propriété de M. Saphary, ancien professeur de philosophie au collège Bonaparte, à Paris, on jouit d'une vue magnifique sur la vallée de Cère.

Indépendamment des vicomtes de Carlat, seigneurs dominants, deux autres familles nobles avaient des droits féodaux à Vic dès le XIII° siècle : l'une d'elles portait même le nom de Vic, l'autre celui de Cère. Ces deux maisons reconnaissaient la suzeraineté des vicomtes de Carlat, et étaient tenus de contribuer à l'entretien du fort, considéré comme place commune.

Guillaume de Cère, chanoine de Clermont, agissant tant en son nom qu'en celui de Jean, son frère, et de Guillaume de Cère, son neveu, fit foi et hommage à Henri II, vicomte de Carlat, en 1279, à cause de leur maison de Cère et autres possessions féodales situées à Vic. Cette formalité fut accomplie de nouveau par Renaud de Cère, fils de feu Hugues, en 1333 et 1335 ; par Pierre de Cère, fils de Géraud, en 1344, et par autre Renaud, en 1553. Dans ces possessions étaient compris la maison forte de Portaresse ou Portarelle, domaines, cens, renies, dimes et partie de la viguerie de Vic; le fort appelé de Valconeyre, le mas de Brughat; les cens et renies du mas de Condamine, dont partie avait été acquise de Géraud de Vic et de Cybelle, sa sœur. [Archives de la Cour des comptes, registre 472-470.)

Nous avons dit à l'article de Carlat, p. 30, comment Louis de Cère, de l'obéissance du roi de France, fait prisonnier à Cromières par un Anglais, reconquit sa liberté dans un combat en champ-clos, à Rodez, le 2 janvier 1389. Ce Louis est le dernier que nous connaissions de son nom.

Aux mêmes époques que dessus, on trouve plusieurs personnages du nom de Vic, coseigneurs du lieu, seigneurs de Brousse, de Teissières, de Trémolet, et que nous croyons avoir la même origine que les précédents. De ce nombre sont: Guillaume de Vic et Alix, sa femme, rappelés dans l'acte de foi et hommage que Bertrand de Vic, leur fils, et Elve, sa femme, rendirent au vicomte de Carlat, en 1265 et 1283 ; Pierre de Vic, religieux à l'abbaye d'Aurillac et troubadour célèbre, surnommé le Moine de Montaudon, dont nous dirons quelques mots à la fin de cet article.

Armand Alias-Bernard de Vic, sire de Golfier, damoiseau, vivait en 1535; Géraud et Cybelle de Vic, déjà mentionnés comme ayant vendu des rentes à Jean de Cère antérieurement à 1353. Renaud de Vic, seigneur de Viallard, de Cols et de Trémolet, céda le premier de ces fiefs à Renaud de Pons, vicomte de Carlat, qui lui remit en échange des rentes assises dans la mouvance de Murat-la-Gasse» en 1353. Renaud de Vic laissa une fille qui suit:

Huguette de Vic épousa Renaud de Boissonis, dont la postérité s'éteignit en la personne d'Antoinette de Boissonis, mariée vers l'an 1500 à Lancelot de Beaufort, père de Soubeyrane ou Souveraine de Beaufort, alliée à Raymond de Comblat. De cette dernière union naquit une fille unique, Antoinette de Comblat, mariée à Jean de Cabanes. (Voy. ci-après Comblai.)

Une autre héritière de la maison de Vic, Mirabélie, fille de Bertrand de Vic, s'allia à Jacques de La Roque, qui rendit hommage au vicomte de Carlat en 1355. et dont les descendants furent longtemps coseigneurs de Vic, seigneurs de la Moissetie, de Requiran, de Montal. Cette famille résidait à Montal, sous Arpajon, en 1066.

La ville de Vic fut brûlée par un parti anglais au XIV° siècle, et il est vraisemblable que c'est de cette époque que date la destruction du vieux château. Les religionnaires la pillèrent et la brullèrent une seconde fois en 1568. Henri de Bourbon-Lavedan s'en saisit de nouveau en 1574.

« De là, dit M. Imberdis, les protestants, mettant beaucoup d'ensemble et d'à-propos dans leurs courses, gardèrent une offensive qui ne laissait pas  prendre haleine aux catholiques; la Haute-Auvergne se trouva ainsi à leur discrétion. Dans le nombre des attaques journalières , les catholiques essuyèrent une perte sensible au combat de Vic, qui eut lieu en 1576 ou 1577. »

Nous nous disposions à donner la relation de cette affaire d'après Imberdis, lorsque nous l'avons trouvée dans l'article consacrée à la commune de Thiézac, p. 441-442 du 5° volume, auquel nous renvoyons nos lecteurs.

Nous regrettons de ne pouvoir citer ici quelques actes de l'administration consulaire de la ville de Vic; mais, aux instances que nous avons faites pour en avoir communication , il a été répondu que tous les registres et documents à ce relatifs ayant péri dans un feu de joie révolutionnaire, il n'était pas possible de satisfaire à nos désirs. Il ne nous reste donc qu'à nous résigner, et à déplorer un acte de fureur qui a privé les habitants d'une localité ancienne et importante de pouvoir se complaire dans les souvenirs de sa vieille existence communale. Nous serons plus heureux en ce qui concerne les pouvoirs judiciaires.

Vic a été longtemps le siège de deux juridictions : une prévôté ou justice ordinaire et un bailliage d'appeaux.

La prévôté, dont le ressort s'étendait sur les châtellenies de Vic, Carlat, Caylus et Muret, était composée de quatre officiers, savoir: un président juge-prévôt, un lieutenant civil, un assesseur criminel et un procureur du roi.

Plus d'une fois s'élevèrent des conflits entre les officiers des deux justices, soit à cause de leurs attributions respectives, soit pour raisons de préséances et prérogatives; mais la prévôté eut presque toujours le dessous, et elle fut définitivement supprimée en vertu d'un édit général donné à Versailles au mois d'avril 1749, applicable à toutes les prévôtés établies dans les lieux où siègeait en même temps un bailliage ou une sénéchaussée. Le bailliage de Vic se hâta d'ordonner, par arrêt du Ier juillet suivant, l'exécution de l'édit précité en ce qui concernait la prévôté de cette ville qui, depuis longtemps, lui portait ombrage et lui suscitait des difficultés.

 

BAILLIAGE.

Nous avons dit, à l'article de Carlat, que la justice de ce grand fief qui, dans le principe, était une viguerie, remontait à une haute antiquité; qu'il y fut établi, Pu 1414, un juge d'appeaux ou d'appel dont les décisions relevaient immédiatement du parlement, et que, de seigneuriale que cette justice était, elle devint royale lors de la réunion du Carladès et de la vicomté de Murat à la couronne, en janvier 1531 , et, dès ce moment, ses officiers, nommés par le roi, prirent la qualité de juges royaux qu'ils conservèrent désormais , même après la cession faite du Carladès à la maison de Monaco parle roi Louis XIII, en 1643. . Pendant longtemps, ce bailliage fut ambulant : il tenait ses séances tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre de son ressort; mais une déclaration du roi Charles IX, de l'année 1561, en fixa le siège à Vic-sur-Cère. Il se composait de neuf officiers, à savoir : un lieutenant général civil, criminel et juge d'appeaux; d'un président, d'un lieutenant particulier, d'un lieutenant assesseur, de deux conseillers, d'un avocat du roi, d'un procureur du roi et d'un greffier.

Dans le même article relatif à Carlat, nous n'avons fait que citer un petit nombre de lettres-patentes, édits, déclarations royales et arrêts du parlement ou du conseil d'Etat concernant le bailliage de Vic; nous donnerons, cette fois, une courte analyse de chacune des pièces qui assurèrent à ce siège et a ses officiers les attributions, honneurs, rang et prérogatives dont ils jouirent jusqu'à la révolution de 1789; c'est la meilleure histoire qu'on en puisse faire.

1531. — Edit du roi François 1er, du mois de janvier 1531, portant réunion à la couronne de tous les domaines de la maison de Bourbon, nommément le duché d'Auvergne, les vicomtes de Carlat et de Murat. Le même édit dispose que les justices et juridictions existantes dans l'étendue de ces terres seront exercées au nom du roi ; les officiers d'icelles pourvus de commissions émanées de Sa Majesté. Cet édit fut vérifié et enregistré au parlement, le 12 février de la même année.

1540. — Arrêt de la cour des Grands-Jours de Moulins, du 12 octobre 1540, portant règlement d'attributions entre le juge-prévôt de Vic et le juge d'appeaux du Carladès, par lequel arrêt il est dit que les lettres de rémission accordées à des habitants du Carladès seront adressées au juge d'appeaux, pour être par lui vérifiées, et entérinées de la même manière et au même titre que le faisaient les baillis et sénéchaux des provinces.

1561. — Déclaration du roi Charles IX, qui fixe à Vic le siège du bailliage du Carladès, auparavant ambulatoire.

1043. — Lettres-patentes données à Saint - Germain - en - Laye , au mois de février 1645, portant cession et érection en comté des terres de Carlat, Vic, Boisset, Mur-de-Barrès, Cromières, Calvinet, la Vinzelle, Vigouroux, Turlande et Barrés en faveur d'Honoré de Grimaldy, prince de Monaco, et ce , en exécution du traité de Péronne, de l'année 1641; lettres vérifiées et enregistrées au parlement de Paris, le 14 mars 1645; au parlement de Toulouse (C'est par inadvertance qu'à l'article Carlat, p. 42, nous avons dit que cet enregistrement avait lieu à Bordeaux.), le 19 mai suivant, et au bureau des finances de Riom , le 18 août de la même année. Par ces mêmes lettres, le bailliage de Vic est maintenu dans les mêmes droits de compétence et de ressort que par le passé. Seulement, les juges ordinaires devront rendre la justice au nom du comte; ceux du siège d'appeaux conservent le titre de juges royaux et connaîtront des cas royaux, même dans la vicomté de Murat, qui demeure réunie à la couronne. Faculté est laissée au nouveau comte de confirmer les officiers titulaires de ces justices dans l'exercice de leurs fonctions, ou de les révoquer moyennant une indemnité équitable.

1643. — Traité passé le 23 novembre 1645 entre le prince de Monaco, comte de Carladès, d'une part, et les officiers du bailliage, qui étaient alors: Antoine Boissy, conseiller du roi, président au siège d appeaux; Geraud Sobrier, lieutenant particulier civil, faisant tant pour lui que pour Guillaume Teillard, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, commissaire examinateur et garde des sceaux ; Géraud Fabry, conseiller du roi, lieutenant particulier, assesseur criminel; Jean Rocher, conseiller et avocat du roi ; Jean Teillard, procureur du roi audit siège d'appeaux; François de Caldaguès, conseiller du roi et juge ordinaire civil et criminel en Carladès aux sièges de Vic et Boisset; Jean Boissy, conseiller du roi, lieutenant particulier civil, et Jean de La Ribe, conseiller du roi, lieutenant particulier et assesseur criminel au siège ordinaire, agissant tous pour eux et les leurs. Et encore ledit Jean Teillard, aussi procureur du roi aux sièges royaux de Vic, Boisset et Mur-de-Barrès, d'autre part.

Par ce traité, tous lesdits officiers sont maintenus dans leurs offices en l'exercice de leurs charges avec les honneurs, prérogatives, prééminences, rangs et séances, sous l'autorité du comte, dans tous les districts et ressorts de leurs sièges, en tout et de la même manière que le roi avait coutume d'en user par le passé.

Lesdits officiers , en leur qualité de juges royaux, sont maintenus et conservés dans l'exercice de leurs charges pour la connaissance des cas royaux et de toutes autres matières dont ils avaient coutume de connaître, suivant les pouvoirs à eux attribués par les édits, ordonnances et déclarations de Sa Majesté. Conserveront les mêmes officiers du roi les noms, titres et dignités à eux accordés avant l'érection du comté , lesquels titres et qualités ils pourront prendre en tous actes, excepté ceux auxquels ils procéderont comme officiers du comte. Le garde-scel continuera à sceller du scel royal les actes émanés des juges royaux, et même devant les officiers du siège d'appeaux lorsqu'ils fonctionneront au nom du comte.

Et, pour l'exécution de ce qui précède, les officiers royaux devront être pourvus de lettres de commission de Sa Majesté, bien entendu, néanmoins, qu'ils exerceront leurs charges séparément, suivant le cas où ils procéderont, soit au nom du roi pour les cas royaux, soit au nom du comte en ce qui concerne les autres cas.

Parmi d'autres clauses relatives à diverses natures d'émoluments, on remarque celle qui met à la charge du comte les gages qui, de tout temps, ont été assignés aux officiers du bailliage sur les revenus du domaine de Carladès.

1644. — Arrêt du conseil d'Etat du 16 mars 1644, qui homologue le traité qui précède dans toutes ses parties; et ce faisant, a ordonné et ordonne que lesdits officiers du bailliage exerceront la justice au nom du prince de Monaco pour les cas ordinaires, tant en première instance es-terres du domaine du prince que par appel des vassaux ea l'étendue de leurs ressorts , ainsi qu'ils ont accoutumé, et qu'ils connaîtront au nom de Sa Majesté des cas royaux, lesquels ils jugeront séparément, et pour lesquels ils demeureront toujours , comme auparavant, officiers de Sa Majesté aux mêmes noms, titres, qualités, prérogatives, fonctions, attributions, prééminences, rangs, séances, privilèges attribués à leurs charges, et pour raison de ce, leur cour subsistera comme royale, etc., etc.

1644. — Edit du roi du mois de mai 1644 , renouvelant l'homologation qui précède, dont il reproduit presque textuellement les termes, et qui fut enregistré au parlement, le 15 août de la même année.

1644. — Arrêt du parlement du 13 août 1644, qui déboute les officiers de justice de la ville et vicomte de Murat de l'opposition qu'ils avaient formée à l'enregistrement de l'édit ou lettres-patantes du mois de mai précédent.

1647. — Arrêt du 16 avril 1647, qui déboute le sieur Caldaguès, juge-prévôt de Vic, de sa demande tendante à la suppression du bailliage de Vic et sa réunion à la prévôté. Cet antagonisme s'étant reproduit plus tard entre les deux sièges, ce fut la prévôté qui faillit succomber; car, un édit du 31 mars 1671 l'avait supprimée, et ce ne fut que sur les réclamations du prince de Monaco que l'exécution de cet édit fut ajournée. Les choses restèrent donc en cet état jusqu'en 1749, que la prévôté disparut pour toujours. t

1652. — Arrêt du parlement du 7 septembre 1652, rendu dans les circonstances que voici : En 1635, le roi ayant créé des offices de président dans tous les bailliages et sénéchaussées, Antoine Boissy eut assez de crédit pour se faire nommer au bailliage et siège d'appeaux de Vic, en 1641 , et voulut troubler le sieur de Sistrières dans ses rang et préséances, tant à la chambre du conseil qu'à l'audience ; mais, après une procédure qui dura plus de quatre ans, ledit de Sistrières, juge d'appeaux , obtint l'arrêt précité du 7 septembre 1652, qui le maintint dans son droit de présider aux chambres du conseil et aux audiences; de précéder ledit Boissy en tous lieux, assemblées publiques et particulières. Ce fut en vain que ce dernier se pourvut au conseil; car, de nouveaux arrêts des années 1654 «t 1656, ordonnèrent l'exécution de celui de 1652, attendu que ledit de Sistrières était lieutenant général civil et criminel, indépendant des autres baillis et sénéchaux, et que, dès-lors, il avait le rang de bailli-sénéchal de robe longue.

1659. — Commission de la chambre souveraine du 24 août 1659, adressée au sieur de Sistrières pour faire dresser les terriers des biens domaniaux de Sa Majesté en Carladès.

1660. — Autre commission émanée du garde des sceaux de France, en date du 9 décembre 1660, qui charge le sieur Jean de Sistrières, juge présidial d'appeaux de Vic, de faire dresser les terriers des possessions féodales relevant du prince de Monaco, dans son comté de Carladès.

1660. — Arrêt du parlement du 24 avril 1660 rendu contradictoirement sur contestations entre les officiers de la justice ordinaire de Vic et ceux du siège d'appeaux. Cet arrêt porte que les édits et règlements rendus sur les attributions respectives des baillis, sénéchaux et juges-prévôts, seraient appliqués aux officiers du siège présidial d'appeaux de Vic et ceux de la prévôté royale de la même ville , conformément aux arrêts de règlement intervenus en 1624 et 1659, en la cause des officiers du bailliage et de la prévôté d'Etampes.

Nota. Les détails de ces attributions, dont la connaissance offre aujourd'hui peu d'intérêt, sont d'ailleurs trop étendus pour trouver place ici.

1660. — Arrêt du 9 juillet 1660, par lequel il est fait défense au présidial d'Aurillac de tasser, pour, cause d'incompétence au premier chef de l'édit, le jugements rendus par les officiers du bailliage de Vic, ni ordonner, ni faire défense aux justiciables du ressort du Carladès de plaider devant ledit présidial, et leur fait défense de prononcer autrement que par bien ou mal jugé; même défense de connaître en première instance, sous prétexte des cas de l'édit des présidiaux, des causes des justiciables du ressort du Carladès. Enjoint auxdits officiers d'Aurillac de se conformer aux arrêts sur la matière, notamment celui du 9 juin 1654, sous les peines portées audit arrêt.

1661. — Arrêt du parlement, du 2 août 1661, par lequel les officiers du bailliage de Vic sont maintenus dans le droit de se qualifier juges présidiaux d'appeaux, et fait défense au présidial' d'Aurillac de les qualifier officiers fiscaux ni autrement, que juges d'appeaux et ordinaires, en' conformité de l'arrêt de la cour des Grands-Jours de Moulins, du 12 octobre 1540.

1662. —Nouvel arrêt du parlement, du 5 janvier 1662, ordonnant l'exécution de ceux des 5 juillet 1659 et 24 avril 1660, relatifs au règlement d'attributions entre le bailliage et la prévôté de Vic; fait défense au prévôt d'y contrevenir, à peine de 500 livres d'amende. Cet arrêt fut publié à l'audience du siège d'appeaux, le 27 du même mois.

1668. — Arrêt du parlement, du 13 mars 1668, qui attribue au bailli juge d'appeaux de Vic le droit de recevoir, au nom du prince de Monaco , les hommages et dénombrements des vassaux et tenanciers du comté de Carladès; de connaître de toutes les contestations y relatives, nonobstant l'opposition du bureau des finances de la généralité de Riom.

1671. — Edit du roi, du 31 mars 1671, qui supprime la prévôté de Vic, mais auquel il ne fut pas alors donné suite.

1675. — Lettres-patentes du roi, du 11 janvier 1675, par lesquelles le sieur de Sistrières, lieutenant général au bailliage de Vic, est chargé de procéder à la convocation du ban et arrière-ban de la noblesse de son ressort. Cette opération fournit au sieur de Sistrières l'occasion de constater qu'il y avait dans ce ressort cent gentilshommes, la plupart qualifiés, et deux cents roturiers possédant fief ou partie de fief.

1679. — Arrêt du parlement, du 18 septembre 1679, par lequel la cour renvoie devant le bailliage de Vic les causes civiles et criminelles dont les officiers du bailliage d'Aurillac et ceux du siège de Saint-Flour devront s'abstenir de connaître en cas de récusation ou autrement, conformément à l'ordonnance du mois d'avril 1667, et aux arrêts de la grande chambre du 23 mai 1629 et 18 juin 1660, titre VI, avec défense au présidial d'Aurillac d'y contrevenir.

1697-1698. — Deux arrêts du conseil d'Etat, qui déchargent les officiers du bailliage de Vic des taxes sur eux imposées, soit en leur qualité de commissaires examinateurs et enquêteurs, soit à cause de l'union de la charge de substitut du procureur du roi à celle d'adjoint aux enquêtes; les dispense, en outre, de la création de nouvelles charges de petits sceaux ou autres.

1705. — Déclaration du roi, du 27 février 1703, disposant que toute lettre de rémission , pardon et autres de même nature, obtenues par des personnes de condition roturière, seront adressées aux baillis et sénéchaux relevant directement des cours de parlement dans le ressort desquelles les crimes auront été commis.

1749. — Edit du roi donné à Versailles au mois d'avril 1749, registré au parlement le 13 juin suivant, portant suppression de toutes les prévôtés établies dans les lieux où siègent des bailliages ou sénéchaussées.

1749. — Arrêt du bailliage de Vic, du 1er juillet 1749, pour l'exécution de l'édit précité, en ce qui concerne la prévôté de la même ville.

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1758. — Arrêt de la cour du parlement de Paris, du 27 avril 1758, intervenu entre le sieur de Sistrières, juge d'appeaux, lieutenant général au siège de Vic, d'une part, et les sieurs Sobrier, Sévérac et Pagès, autres officiers du même siège. Cet arrêt déboute ces derniers de leurs prétentions et maintient, au contraire, le sieur de Sistrières en sa qualité de juge d'appeaux , lieutenant général civil et criminel, commissaire examinateur et garde des sceaux audit bailliage et siège présidial d'appeaux, ainsi que ses successeurs dans lesdites charges, aux droits, honneurs, prérogatives, prééminences à eux attribués par l'arrêt du 7 septembre 1652. Qu'en conséquence, ledit de Sistrières et successeurs occuperont la première place à l'audience, en la chambre du conseil et ailleurs, quand même, par défaut d’âge ou de dispense, ils ne seraient pas en état de présider, et qu'ils seront installés en la forme ordinaire Ordonne que tous les jugements, sentences et autres mandements de justice émanés du siège, même ceux rendus en l'absence dudit sieur de Sistrières, ainsi que tous les actes exécutoires des notaires royaux du ressort, seront intitulés de ses noms et qualités; que les requêtes lui seront adressées; et, en cas de vacance dudit office par mort ou autrement, l'intitulé des jugements, sentences, mandements et actes des notaires seront intitulés du nom du premier officier du siège, dans lequel intitulé il sera expressément exprimé que c'est à cause de la vacance dudit office. Ordonne que les causes sommaires et privilégiées d'instruction et par défaut seront appelées par placets, et les autres appelées par rôles, qui sont faites par ledit Sistrières seul,, lequel pourra faire appeler par placets quelques causes à faute de faire appeler les causes du rôle ; ordonne que les causes dans lesquelles les gens du roi pourront porter la parole seront appelées les premières, et que celles desquelles ledit de Sistrières ne pourrait connaître, ainsi que celles en matière criminelle, seront appelées les dernières. Permet audit de Sistrières de prononcer seul et sans prendre d'avis, tous les défauts, congés et autres règlements ordinaires serrant à l'instruction des causes où il n'y aura pas contestation. Fait défense auxdits Sobrier, Sévérac et Pagès de troubler ledit de Sistrières dans ses fonctions, de renvoyer ou donner aucunes séances ou défenses particulières contre les ordonnances, sentences et jugements rendus par ledit de Sistrières, tant à son rapport qu'aux audiences, ni en suspendre l'exécution, ni l'interrompre dans ses prononciations, do prendre la parole sur lui ou prononcer en sa présence, ni tenir audience après, l'heure ordinaire et lorsque ledit de Sistrières sera descendu de son siège, sinon pour les causes dont il ne pourra connaître. Ordonne que le sieur de Sistrières recevra seul les notaires, greffiers, leurs commis, sergents et autres officiers, lesquels seront tenus de prêter ensuite serment à l'audience ordinaire; que ledit de Sistrières- fera seul l'instruction des procès civils non distribués et celle des procès criminels incidents au civil jusqu'à ce que la distribution en ait été faite, et qu'après la distribution des procès, lesdites instructions seront faites par les rapporteurs, et, en cas d'absence des rapporteurs, pendant trois jours, ledit de Sistrières pourra procéder auxdites instructions. Ordonne pareillement que lesdits Sobrier et consorts ne pourront répondre aucune requête dans les procès qui ne leur seront pas distribués, si ce n'est en l'absence du lieutenant général pendant vingt-quatre heures pour les affaires urgentes; de trois jours pour les autres, et de huit jours pour le jugement du procès. Lesquels officiers seront tenus, dans les actes qu'ils feront en l'absence du sieur de Sistrières, de faire mention des causes pour lesquelles ils y procèdent. Fait défense audit Sobrier, lieutenant particulier, de se qualifier conseiller du roi et son lieutenant, mais seulement conseiller du roi et lieutenant particulier. Ordonne que ledit de Sistrières sera maintenu et gardé dans le droit d'exercer seul la police, a l'exception toutefois des cas où il y aurait lieu de statuer en matière de police générale, auquel cas il sera tenu de convoquer les officiers du siège pour être prononcé sur les conclusions des avocats et substituts du procureur général du roi, ainsi qu'il appartiendra. Ordonne que ledit de Sistrières, en sa qualité de commissaire examinateur, aura la confection de toutes les enquêtes et ordonnances avant la distribution des instances ou procès, ensemble l'entière instruction et exécution des jugements d'audience, et que la confection de toutes les enquêtes ordinaires après distribution, avec tout le surplus de l'instruction, appartiendra au rapporteur. Ordonne encore qu'en sa qualité d'examinateur ledit de Sistrières fera toutes les fonctions attribuées au dit office, comme partages, comptes où il y aura débat, prisées, estimations, liquidations et antres à lui appartenant en ladite qualité. Ordonne que la taxe des épices ne pourra être faite en aucun cas que par ledit de Sistrières ou tel autre officier du siège qui aura présidé en son absence. Ordonne que ledit de Sistrières sera réputé présent pendant l'absence que Iui aura occasionnée la poursuite et jugement de l'instance actuelle jusqu'au jour du présent arrêt et deux mois au delà. Condamne, en conséquence, lesdits Sobrier et Sévérac à lui rendre et restituer la part des épices et émoluments qui ont dû lui revenir en sa dite qualité de lieutenant général et commissaire examinateur pendant sa dite absence, et faisant droit sur la requête du 24 avril présent mois, ordonne que les termes injurieux insérés aux diverses écritures de Sobrier et consorts seront et demeureront supprimés; ordonne que le présent arrêt sera imprimé jusqu'à concurrence de cinquante exemplaires, sera lu et publié à l'audience du siège de Vic et enregistré au greffe. Sur le surplus des demandes, fins des conclusions, des parties, les met hors de cour, condamne ledit Sobrier, Sévérac et Pagès aux sept huitièmes des dépens, l'autre huitième compensé. Mandons, etc., etc.

1773. — Lors de la fixation, en 1773, de l'apanage de Mgr le comte d'Artois, depuis Charles X, les officiers de ce prince prétendirent que le comté de Carlat, compris dans le duché d'Auvergne, devait faire partie dudit apanage, et posèrent même des actes qui témoignaient de ces prétentions; mais le prince de Monaco, comte de Carladès, d'accord avec le bailliage de Vic, jaloux de conserver son indépendance, fit valoir ses droits, qui ne tardèrent pas à être reconnus.

1774. — Edit du roi, du 31 mars 1774, qui maintient et confirme les officiers de justice du comté de Carladès dans la connaissance des cas ordinaires et des cas royaux, ainsi que dans tous les droits, privilèges, titres et qualités dont ils ont joui par le passé, à charge par eux de prendre des provisions du prince de Monaco pour les cas ordinaires, et d'en prendre du roi pour les cas royaux.

Après avoir pris connaissance des pièces ci-dessus analysées, notamment de l'arrêt du 27 avril 17S8, qui témoigne de la vivacité de ces luttes tant de fois renouvelées et dont les seuls mobiles étaient l'amour-propre et l'amour des épices, on devine de quelle nature devaient être les relations existantes entre les officiers d'un même siège, et l'on se demande si un tel état de choses ne nuisait pas essentiellement à la bonne administration de la justice?.... Nous laissons à la conscience de nos lecteurs le soin de décider cette grave question.

Ces luttes intestines ne furent pas les seules qui troublèrent l'existence du bailliage de Vic; on a pu voir que les officiers du présidial d'Aurillac le jalousèrent toujours ; il les gênaient d'autant plus que la plupart d'entre eux étaient ses justiciables à cause de leurs possessions situées en Carladès. Aussi l'attaquèrent-ils souvent, mais sans succès, notamment en 1614, auprès des états généraux auxquels ils demandaient sa suppression, laquelle fut jugée inopportune. Ils furent un instant plus heureux auprès du chancelier d'Aguesseau, qui la fit prononcer par le conseil d'Etat en 1742; mais, cette fois encore, le célèbre ministre ne tarda pas à reconnaître que sa religion avait été surprise, et l'arrêt du conseil fut révoqué. Une nouvelle tentative, faite en 1768, n'eut pas plus de succès.

Un relevé fait sur les registres du bailliage de Vic, en 1789, constata que le nombre des sentences prononcées annuellement aux audiences de ce siège, s'élevaient à environ huit cents, non compris celles à rapport, les ordonnances sur requêtes et sur référé, les procès-verbaux et procédures d'hôtel, procédures et jugements criminels et de police.

Nous avons déjà parlé, à l'article de Carlat, des efforts que firent, en 1789 et année suivantes, les officiers de ce bailliage pour la conservation de leur siège ou son remplacement par un tribunal de première instance; mémoires sur mémoires, correspondances volumineuses, démarches de toute nature, rien ne fut négligé; mais malheureusement pour Vic, la ville d'Aurillac, tant de fois battue, triompha cette fois.

Telle est l'histoire du bailliage de Vic, et disons avant de terminer que, s'il triompha des nombreux obstacles qui lui furent opposés; s'il jeta quelque éclat sur sa longue existence , il le dût en grande partie au talent, au zèle et à la fermeté de ses magistrats, surtout de ceux de la maison de Sistrières, qui y occupaient le premier rang et qui eurent eux-mêmes à lutter contre des influences jalouses.

Généalogie de la famille Sistrières, tirée des arcchives da département du Puy-de-Dôme.

Barthelemy Desistrières (Nous suivons l'orthographe de l'original), qu'une tradition et des mémoires font descendre d'un seigneur vassal de Carlat, dont les biens furent, dit-on, confisqués pour crime de félonie, était, dès l'an 1466, juge garde des sceaux de la vicomté de Murat, pour le comte d'Armagnac; il remplissait les mêmes charges en 1490; il y fut confirmé, conjointement avec Jacques, son fils, par Anne de France, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, vicomtesse de Carlat et de Murat, par lettres données à Moulins en 1503. Barthelemy Desistrières eut pour femme Jeanne du Trieu, fille de Durand.

Jacques Desistrières succéda à son père, et, lors de la réunion de la vicomte de Murat à la couronne, il devint juge royal de ladite vicomté. Il eut, en 1533, commission du roi pour faire procéder au renouvellement du terrier de ce fief, mission qu'il accomplit en 1535. Il épousa N. Deboria, de laquelle naquirent Jean, qui suivra, et Guillaume, qui fut prieur de St-Etienne-de-Murat.

Jean Desistrières fut pourvu, en 1540, de la charge de conseiller du roi, lieutenant général au bailliage d'Andelat, qu'il exerça cumulativement avec celles de juge et garde des sceaux de Murat, dans lesquelles il fut confirmé en 1547. Il fut marié avec Jeanne Del arbre, de laquelle il eut : 1° François, avocat au parlement, prieur de St-Etienne-de-Murat, puis cellerier de l'abbaye d'Aurillac.

Il est auteur d'une histoire des conciles, qu'il fit imprimer en 1594 ; 2° Jean de Sistrières, dont l'article suit:

Jean Desistrières, 2e du nom , fut comme son père conseiller du roi, lieutenant général au bailliage d'Andelat, et juge royal ordinaire a Murat. Il s'allia, en premières noces, à Lombarde de Traverse, fille de Jacques, seigneur de Peyrebesse, morte avant 1613, et mère de cinq enfants. La seconde femme fut Catherine Julien, qui ne laissa pas de postérité. Les enfants du premier lit furent : 1° François, qui continua la descendance ; 2° Antoine, lieutenant général au bailliage d'Andelat dès l'an 1621 ; il mourut sans postérité; 3° Guyon, mort jésuite; 4> Jacques, mort récollet; 5° Jean, successivement conseiller de Jeanne de Bourbon, abbesse de Fontevrault, chef du conseil de la maison de Lorraine et du cardinal Mazarin, et enfin conseiller d'Etat en 1650. Il mourut à Paris en 1656.

François de Sistrières, juge royal de la ville et vicomté de Murat, après son père, épousa, en 1615, Gilberte Teillard, fille de Guillaume, juge d'appeaux et lieutenant général au bailliage du Carladès, à Vic. Il mourut en 1029, laissant cinq enfants, entre autres : 1- Guillaume, juge ordinaire de la ville et vicomte de Murat, mort sans postérité ; 2° Jean III, qui suit; 3° Hugues de Sistrières, juge de Murat après son frère, et qui ne laissa pas de lignée.

Jean Desistrières, 3° du nom, succéda, en 1647, à Guillaume Teillard, son aïeul maternel, dans la charge de juge d'appeaux du Carladès. Il s'allia, en 1680, à Catherine de Casses, fille de Michel, seigneur de Ladevèze, receveur des consignations au bailliage de Vic. Il obtint plusieurs arrêts pour la conservation des prérogatives de sa charge; devint, en 1658, maître des requêtes de l'hôtel de la reine; procéda, en 1668 et 1669, au nom du prince de Monaco, à la réception des actes de foi et hommage des vassaux du comté de Carlat, et convoqua, en 1675, au nom du roi, le ban et l'arrière-ban de la noblesse de son ressort. Il laissa, dit-on, plusieurs mémoires historiques. Nous connaissons un de ses manuscrits qui nous a beaucoup servi pour la rédaction de l'article relatif au Carladès, et qui nous sert encore en ce moment. Jean Desistrières mourut en 1692. Des huit enfants qu'il laissa, nous citerons les suivants : 1° Pons, qui lui succéda dans ses charges; 2° Gabriel, prieur d'Apchat et curé de Thiézac; 3° Jean, capitaine aide-major du régiment Royal-Vaisseau, chevalier de Saint-Louis en 1703; il avait été laissé pour mort sur le champ de bataille de Steinkerque, en 1692, et mourut en 1705.

Pons Desistrières fut pourvu, en 1096, des mêmes charges de juge d'appeaux, lieutenant civil et criminel au bailliage de Vic. Il se maria l'année suivante avec Madeleine de Leygonie, fille de François, seigneur de la Bastide et de Rangouse, qui le rendit père de cinq enfants, entre autres :1° Gabriel-Joseph, qui suivra ; 2° François, prieur de St-Georges, de Calvinet, et chapelain de Sainte-Anne-de-Mur-de-Barrès; 3° Jean-Baptiste, d'abord garde du corps du roi, puis lieutenant de cavalerie au régiment de la Vieuville; il mourut à Landau, où il était en garnison en 1718.

Gabriel-Joseph Desistrières a été reçu, en 1723, titulaire des mêmes charges que son père au bailliage de Vic. Il a épousé, en 1728, Françoise Conducher, fille de François, sieur de las Douloux ( Jou-sous-Mamou ), de laquelle il eut six enfants, deux fils et quatre filles ; les garçons furent : 1° François-Michel, qui forma le degré suivant ; 2° Jean-Aimar, reçu mousquetaire du roi en 1754, lieutenant au régiment de Picardie, en mai 1756, puis major de place à Calvi, en Corse.

Francois-Michel Desistrières succéda à son père comme juge d'appeaux et lieutenant général à Vic en 1752, et les exerçait encore en 1776. C'est lui qui obtint, contre ses collègues du même siège, l'arrêt du 27 avril 1758 dont nous avons donné plus haut le texte. Postérieurement à cette date, il se pourvut à la chancellerie pour obtenir des lettres de récognition de noblesse et descendant des anciens vicomtes de Murat; il demandait, en outre, la réunion de plusieurs terres et fiefs dont il était propriétaire et des justices qui en dépendaient, pour être exercées en une seule, au même lieu, sous le nom et titre de châtellenie de Murat-Sistrières. A l'appui de cette demande était une généalogie imprimée, remontant à 1456 et que nous venons de reproduire.

Mais l'exposé de M. de Sistrières fut contredit par l'intendant de la province, dans son avis au chancelier, le motivant sur ce que les justices et fiefs dont la réunion était demandée étaient de trop peu d'importance, ne consistant qu'en quelques cens et rentes dispersés dans plusieurs paroisses ; que le nombre de justiciables ne dépassait pas le nombre de vingt, et que, d'ailleurs, il n'y avait pas dans tout cela un lieu assez considérable pour former le siège d'une châtellenie. ( Archives du département du Puy-de-Dôme .)

M. de Sistrières ne se découragea pas, et il obtint, au mois de septembre 1776, les lettres tant désirées et dont voici la teneur; mais on remarquera que le fief, au lieu d'être érigé en Auvergne le fut en Corse, au milieu de terres incultes concédées.

« Louis, par la grâce de Dieu, etc., etc. Par nos lettres patentes du 22 avril dernier nous avons jugé à propos de concéder au sieur Jacques-Aymar de Sistrières, chevalier de Murat, major de Calvi, et à sieur François-Michel de Sistrières, baron de Murat, bailli, sénéchal d'appeaux, d'épée et de robe du Carladès, et lieutenant général au bailliage dudit pays , à Vic , en Auvergne, 2,700 arpents de terres incultes dans nos domaines de la province de Calvi, et d'en former un fief et seigneurie sous le nom , titre et dignité de vicomte de Murat, à charge par eux de justifier, dans la forme ordinaire par la représentation de preuves de leur noblesse, qu'ils sont susceptibles de ce titre et dignité. A quoi lesdits sieurs de Sistrières avant depuis pleinement satisfait, soit par la représentation de leurs titres, soit par les différents arrêts visés et datés dans celui de notre cour du parlement du 23 août dernier. Instruit d'ailleurs de leurs talents, et considérant leurs services depuis plus de 23 ans, soit dans leurs fonctions, soit dans les commissions et commandements qui ont été confiés audit chevalier de Sistrières, tant en Allemagne durant le cours des campagnes de la dernière guerre qu'il a faite dans les chasseurs, que depuis dans l'île de Corse, soit dans les ouvrages d'histoire, littérature et d'agriculture consacrés à l'utilité de notre province d'Auvergne, et que l'ancienneté de la naissance se réunit avec les services que nous voulons récompenser. — De tout temps la famille de Sistrières de Murat, connue dès le XI° siècle, s'est signalée tant dans l'épée que dans la robe, et a contracté des alliances avec les plus grandes maisons du pays, telles que celles de La Tour, de Peyre, de Caumont, de Pons, de Châteauneuf, des Teilhard, Beauvezé, de Sévérac, de Lespinasse, de Leygonie et autres. — Les biens de Jean de Murat ayant été confisqués pour félonie, en 1414. A l'occasion de son mariage, en 1416, avec Catherine de Sistrières, fille de Guillaume de Sistrières, l'un des écuyers du comte d'Armagnac, leurs descendants ont adopté le nom de Sistrières et en ont réuni les armes à celles de Murat. En 1456, Barthelemi de Sistrières, leur fils, était revêtu de l'office de bailli, juge et garde des sceaux de notre vicomte de Murat, charge remplie avant lui par des personnages décorés du titre de chevalier ou de celui de damoiseau, laquelle il exerçait encore en 1503, conjointement avec Jacques, son fils, et Jean, second du nom, fils dudit Jacques, autre Jean, son petit-fils, et François, son arrière petit-fils, ont, ainsi que Guillaume, Hugues, son frère, fils audit François, possédé successivement et sans interruption et conjointement avec elle, celle de lieutenant général à notre bailliage d'Andelat jusqu'en 1650. — Depuis, Jean de Sistrières, 4° du nom, autre fils dudit François et bisaïeul desdits sieurs de Sistrières, a exercé avec le même talent que ses aïeux, depuis 1647 jusqu'en 1692, la charge de bailli d'épée et de robe et de lieutenant général du pays du Carladès, principale charge de la Haute-Auvergne , possédée encore par l'un d'eux, en vertu desquelles il convoqua, par notre ordre, en 1675, la noblesse de son ressort au ban et arrière-ban, charge qu'il a transmise à Michel et Ponce , ses deux fils, et ce dernier, à Gabriel Joseph, son fils et père desdits sieurs de Sistrières. Dans tous les temps leurs cadets se sont également distingués dans l'épée et dans la robe, puisque indépendamment des autres branches de cette maison, autre Jean de Sistrières, leur grand-oncle, était conseiller d'Etat en 1650; que Louis de Sistrières, l'un des grands oncles de ce dernier, a été l'un des gentilshommes de la compagnie d'ordonnance du duc d'Albanie et d'Auvergne en 1529, et Jean, un de ses petits-neveux, capitaine au régiment Royal-Vaisseaux, fut chevalier de Saint-Louis presqu'à la création de l'ordre, et mourut de ses blessures en 1705. Enfin, Jean-Baptiste de Sistrières-Desalaux, leur oncle, après avoir servi dans nos gardes depuis 1732, ensuite en qualité d'officier de cavalerie au régiment de La Vieuville, est aussi mort au service en 1748. En outre, plusieurs de cette famille ont été en différents temps connus dans la république des lettres, où ils se sont également rendus utiles. —A ces causes et autres, etc., etc., nous avons créé et érigé, élevé par ces présentes signées de notre main, créons, érigeons, etc., etc., ledit fief et territoire, etc., sous le nom de la vicomte de Murat-Sistrières, pour par lesdits sieurs de Sistrières, frères, leurs descendants, hoirs et successeurs en jouir et user a perpétuité, audit nom, titre et dignité de vicomte de Murat-Sistrières , avec tous droits, honneurs, rang, prééminences et prérogatives appartenant à cette dignité. — Voulons et ordonnons, etc., etc. — Donné à Versailles au mois de septembre de l'an de de grâce 1776 et de notre règne le troisième. Signé Louis, et plus bas Saint-Germain, et scellées du grand sceau.— Enregistrées au parlement le 7 septembre 1776. n

(Voy. encore les Etrennes de la Noblesse pour i778, p. 214-216. — Archives de la Noblesse, par M. Lainé, 1.1.—Nobiliaire d'Auvergne, par M. Bouillet, t. IV, p. 597-398)

Le vicomte nie Mural-Sistrières avait alors un fils nommé Michel, entré au service en 1778 , promu au grade de général de brigade en 1813, et créé baron de l'empire en 1812, après de glorieuses campagnes. Il est mort en 1826, laissant deux fils, dont un seul actuellement vivant, Baptiste-Eugène, a servi eu qualité de capitaine d'artillerie.

 

VILLAGES ET HAMEAUX DE LA COMMUNE.

Alquier, hameau.

Aris, village au sud de Vic , sur la rivière de Cère M. de Ribier a commis une erreur lorsqu'il a dit qu'un Pierre d'Aris, damoiseau , était seigneur de ce lieu en 1337, et qu'il avait épousé Esmenarde du Croset; car nous voyons à la même date Pierre de La Rive, fils d'Alduin de Roquenatou et mari d'Esmenarde du Croset, rendre hommage au vicomte de Carlat à cause de son mas de la Ripe ou la Rive, paroisse de Vic. M. de Ribier mentionne encore comme habitant à Aris, en 1666, Hélis Angelvy, veuve de François d'Escaffres, seigneur du Vialard.

Aulhac, hameau.

Auzolles, hameau et ancien fief. Il est vraisemblable que ce lieu a été le berceau de la famille du même nom, établie ensuite dans la seigneurie de la Peyre, commune de Paulhac, puisque nous trouvons Guillaume d'Auzolles seigneur de la Cavade, entre Polminhac et Vic, en 1669, lequel fut père de Marguerite d'Auzolles, mariée à Géraud de Fontanges de Velzic.

Besse, village près de Comblat-le-Pont, sur la Cère.

Blattes (las), hameau.

Brtughet, hameau à l'est de Vic, sur la rive opposée. Ce lieu est mentionne dans la nommée fournie par Jean de Cère au vicomte de Carlat, en 1333.

Cabanusse, village non loin de la rivière de Cère, au sud-ouest du chef-lieu donne son nom à un ruisseau qui sépare son territoire de celui de Polminhac

Cabaneaux (les), hameau.

10° Cols, hameau et ancien fief aux portes de Vic, démembré depuis le XIV° siècle de la seigneurie principale. Il appartenait, dès l'an 1355, à la famille de Cère, de laquelle il passa par alliance à celle de La Vaissière , originaire de la commune de Raulhac. Jean de La Vaissière, seigneur de Cols, épousa vers 1400 Anne Pallat, fille du seigneur de Comblat. Autre Jean de La Vaissière, seigneur de Cols , fut marié en 1426 à Aigline du Bois; le contrat fut passé au château de Muret. Jean de La Vaissière fournit reconnaissance féodale à Guinot de Vixouse, seigneur de Comblat, en 1468 , et vivait encore en 1470. Guittard de La Vaissière était au nombre des gentilshommes du Carladès qui prêtèrent serment au roi la même année 1470. Jean de La Vaissière, deuxième du nom, seigneur de Cols, épousa Françoise de Montjoui, qui testa en 1545. Jean de La Vaissière , troisième du nom , fut marié en 1576 avec Jeanne de Montal de La Prade. Peu de temps après, Cols passa à une famille Dumas, puis à la maison de Comblat, et nous verrons plus tard les Boisset de La Salle prendre aussi la qualité de seigneurs de Cols.

11° Combelles, hameau à l'ouest de Vic.

12° Comblat, village avec un joli château , assis dans une charmante position sur la route impériale et la plus riante partie de la vallée de Cère. Comblat est une ancienne seigneurie mouvante de Carlat. A une époque bien antérieure au château actuel, il y avait en ce lieu un vieux fort appelé Valleyrane ou Valteyrane. Ce fort et celui de Lussat, près de Vic, furent acquis, en 1543 ou 1345, par Guillaume de Viescamp. (Dom Coll.). Ce seigneur ne laissa d'Hélis de Montpeyroux, sa femme, qu'une fille unique, Hélène de Viescamp, qui porta Comblat à son mari, Géraud Pallat, riche bourgeois d'Aurillac, dont la petite-fille, Geralde de Pallat, épousa au XV° siècle Guiral de Vixouse. Celui ci obtint, en 1439, de Bernard d'Armagnac, comte de la Marche et vicomte de Carlat, l'autorisation de reconstruire un hôtel fort avec tours , tourelles, mâchicoulis, murailles, fossés, pont-levis, canonnières, bombardes et toutes choses nécessaires à la défense d'une place. Ce château dut évidemment remplacer l'ancien fort ruiné par les Anglais, et, bien que des modifications aient été apportées à ses abords, c'est bien le même que l'on admire aujourd'hui, précédé de cours, environné de terrasses, de jardins et de promenades qui en embellissent le séjour. Ce Guiral de Vixouse, dont nous venons de parler, était capitaine du fort de Turlande en 1470.

Jacques de Vixouse était l'un des officiers de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, vicomte de Carlat en 1475.

Raymond de Vixouse, dit de Comblat et seigneur du lieu, épousa, en 1507 ou 1517, Soubeyrane (Souveraine) de Beaufort, d'une famille du Rouergue, fille de Lancelot de Beaufort et d'Antoinette de Boissonies, dame du lieu, près de Vic. Louis de Joyeuse, évéque de St-Flour, accorda, en 1513, à Raymond de Vixouse et à sa femme la permission de faire construire une chapelle à leur résidence de Comblat. Raymond de Vixouse avait deux frères qui servirent dans l'artillerie et qui moururent sans alliances. Il ne laissa lui-même de son mariage qu'une fille, Antoinette de Comblat, mariée le 4 février 1541 à Jean de Cabanes, écuyer, que son beau-père substitua au nom et armes-de Comblat, par acte du 1er juin I1561.

Jean de Cabanes-Comblat fut un vaillant homme de guerre, non moins habile dans les négociations. Il défendit successivement avec un indomptable courage les châteaux de Pestels, de Calvinet et autres , s'enferma dans celui de Carbonnières, où il fut fait prisonnier en 1382. Henri III et Henri IV, son successeur, le chargèrent de diverses missions dont il s'acquitta avec zèle et succès. Il devint écuyer de la reine Marguerite en 1586, et gentilhomme de la chambre du roi en 1605. Il ne fut cependant pas toujours à l'abri de soupçons; car, lors des menées séditieuses de Charles de Valois, comte d'Auvergne, en 1602, dans lesquelles trempaient les maréchaux de Bouillon et de Biron, le seigneur de Comblat fut arrêté et enfermé à la Bastille, d'où il ne tarda pas à sortir justifié. Il avait épousé, le 28 août 1570, Gabrielle de Grenier de Mégemont, de laquelle naquirent plusieurs fils : 1° Antoine, qui suit; 2° Raymond, qui commandait la grande et la petite écurie du roi, en 1625, et qui était capitaine au régiment de Picardie; il mourut à Nancy, en 1656; 5° François, chevalier de Malte, mort au service après plusieurs actions de valeur.

Antoine de Cabanes-Comblat, seigneur de Comblat et de la Boissonie, coseigneur , de Vic, épousa, le 6 août 1610, demoiselle Catherine d'Apchier, fille de François, seigneur de Montbrun. Il servit pendant plusieurs campagnes, suivant attestation de M. de Noailles, de l'année 1619. Il eut, entre autres enfants : Louis, qui suit; Raymond, colonel du régiment de Roussillon, en 1651; et François, marié à Anne de Massebeau, et auteur du rameau des seigneurs de Gorces, près de Murat, représenté par Louis-Dominique de Comblat en 1724.

Louis de Cabanes-Comblat succéda à son père dans toutes ses seigneuries, servit pendant six campagnes dans divers corps, et fut pourvu d'une lieutenance de chevau-légers dans la compagnie de Chambord, où il reçut un coup de mousquet dont il portait la cicatrice en 1666. Il rendit hommage au comte de Carlat en 1668. De son mariage avec Jeanne de Montfaucon, qu'il avait épousée le 17 décembre 1648. vinrent : Christophe de Cabanes, mort sans postérité; Pierre, dont le sort est ignoré, et François, qui suit.

François de Comblat, capitaine au régiment de Coëtlogon, seigneur de Comblat, s'allia à Philiberte de Collinet, de laquelle naquit Marie-Françoise de Cabanes-Comblat, fille unique, mariée en 1716 à Joseph-François de La Carrière, mort en 1755, laissant, entre autres enfants:

Raymond de La Carrière, officier aux gardes françaises, lequel épousa, en 1760, Marie-Dorothée de Senezergues de La Rode, fille d'un officier supérieur distingué, dont:

François-Marie-Guillaume de La Carrière, seigneur de Comblat et autres lieux, chevalier de St-Louis, marié en 1778 à Mlle Teillard, qui le rendit père de N. de La Carrière-Comblat, épouse du marquis de La Baume-Pluvinel, actuellement propriétaire de Comblat.

13° Comblat-le-Pont, joli village sur la rive gauche de la Cère, vis-à-vis d» pont sur lequel on franchit la rivière. De toute ancienneté, les seigneurs de Vic, puis les vicomtes de Carlat percevaient à ce passage un droit de péage, sans l'obligation d'entretenir le pont à leurs frais; aussi celui-ci fut-il complètement restauré en 1629, alors que le Carladès faisait partie des domaines de la couronne.

14° Daisse, village au nord-est du précédent, également sur la rive gauche de la Cère.

15° Entremont. hameau.

16° Fontanille, hameau.

17° Fournol, hameau dans la montagne, dans la direction de Thiézac, près d'un torrent qui court de cascade en cascade au milieu de masses basaltiques accumulées en désordre. On y remarquait un pont fort ancien, où les vicomtes de Carlat percevaient aussi un droit de péage. Ce pont est aujourd'hui remplacé par un autre pont beaucoup plus élevé et plus hardi, sur lequel passe la route d'Aurillac à Murat, très-pittoresque en cet endroit.

18° Garde (la), hameau dans la montagne.

19° Malepic, autre hameau près du précédent.

20° Moulin-de-Boudier, hameau.

21° Moulin-de-la-Salle, hameau.

22° Moulin-de-Viallard. Il y avait en ce lieu, au XIV° siècle, un repaire ou fort, possédé par Renaud de Cère, en 1533 et 1335; il le céda alors au vicomte de Carlat, en échange de certaines rentes assises sur d'autres points. On croit que ce repaire, dont il ne reste plus de vestiges, était situé sur les hauteurs qui dominent le moulin, et faisait, avec d'autres forts, tels que ceux de Vic, de Muret et Volteyrane, partie de la ligne de défense qui couvrait la vallée.

23° Olmet, village sur la rive gauche de la Cère, dans la direction de Polminhac.

24e Peyrebeyre, hameau.

25° Prade (la), village au nord, sur la route impériale.

26° Saint-Curial, ermitage avec une chaumière, sur la montagne, au nord-ouest de Vic, au milieu des vacheries et non loin du village d'Alquier. Suivant la tradition, un couvent d'hommes aurait précédé l'ermitage. Ce qu'il y a de certain, c'est que, par acte du 21 septembre 1496, Barthélemi Jacobi, du Mur-de-Barrès, dota l'ermitage de Saint-Curial de huit septiers de seigle, censuels et renduels, mesure de Mur-de-Barrès, à prendre sur la dime du lieu du Monteil, paroisse de Thérondels. On voit encore que Guillaume de Gaches, docteur en droit, patron de la fondation faite par ses prédécesseurs en la chapelle de Saint-Curial, paroisse de Vic, au profit d'un ermite y officiant, informé de l'institution faite par les officiers du bailliage du Carladès en faveur de Pierre Vinhes, ermite, agréa ladite institution par acte du 14 décembre 1589, reçu Antoine Terrisse, notaire à Mur-de-Barrès. L'ermitage de Saint-Curial était encore occupé à la fin du dernier siècle. (Pouillé manuscrit du diocèse de Saint-Flour, à la bibliothèque de Clermont.) A côté de cet ermitage existe un précipice affreux creusé par les eaux d'un impétueux torrent.

27° Salvanhac, village assez considérable, sur la rive gauche de la Cère et à l'est de Vic. On y remarque une belle maison bourgeoise. Richard de Blanchefort était coseigneur de Vic et seigneur de Salvanhac, en 1279; Astorg de Blanchefort était aussi possessionné dans la mouvance de Carlat, en 1355. Charles et Antoine de Beaufort, seigneurs de la Boissonie , habitaient Salvanhac en 1565. Les droits féodaux à percevoir sur ce lieu passèrent plus tard à la maison de Boisset de La Salle.

28° Salvaroque, hameau peu éloigné de la fontaine d'eau minérale de Vie, dont nous nous occuperons tout à l'heure.

29° Vernet (le), village au sud-est de Vic, sur une colline d'où l'on domine la vallée. C'est eu cet endroit qu'était situé le château de La Salle, anciennement appelé le fort de Valleyrane ou Valteyrane. Il n'en reste plus que de faibles vestiges enchâssés dans des constructions d'une date plus récente. Cette seigneurie a appartenu pendant plusieurs siècles , à la maison de Boisset qui en avait pris le surnom.

Pierre de Boisset habitait Salvanhac en 1401 ;il fit foi et hommage au seigneur de Comblat pour ce qu'il tenait de lui Guillaume de Boisset de La Salle était sous la tutelle d'Antoinette de Chapel de La Salle, sa mère, en 1467. Il fut père du suivant:

François de Boisset, seigneur de La Salle, marié le 13 octobre 1517 à Marguerite de Teissières de Marfons, de laquelle il eut un fils qui suit:

Jean de Boisset. seigneur de La Salle, qui épousa, le 26 octobre 1548, Gabrielle de Saint-Myon. Il paraît avec son père dans l'acte de foi et hommage qu'ils firent au roi en leur qualité de vassaux de Carlat, en 1540. Il eut pour fils et héritier:

Jean de Boisset, 2° du nom, seigneur de La Salle et de Saint-Myon, qui s'allia le 22 juillet 1584 avec Françoise du Port, fille de François du Port, premier mari de Marguerite de Saunhac, alors femme de Raymond Chapt de Rastignac. Le mariage se fit au château de Messilhac. Jean de Boisset acheta, en 1596, d'Annet de Fontanges de Velzic, les rentes dites de la viguerie de Vic. Jean de Boisset avait eu un frère, mort sans avoir eu d'enfants d'Antoinette de Tourdes, sa femme.

Jean de Boisset, 3° du nom, fils du précédent, coseigneur de Vic, seigneur de la Salle et de Salvanhac, épousa, le 1er juillet 1607, Marguerite de Turenne-d'Aynac; il fit foi et hommage au roi en 1610, a cause de la viguerie de Vic, qu'il possédait par indivis avec sa majesté. Il eut pour fils:

François de Boisset, seigneur de la Salle, de Salvanhac, de Cols, et coseigneur de Vic. Celui-ci fut marié, par contrat du 16 août 1636, avec Marie de Toursiat, fille et héritière de François de Toursiat, seigneur du lieu, près de Blesle. 11 laissa huit enfants: 1° François de Boisset, marié le 25 août 1657 à Catherine de Caylus, avec laquelle il forma la branche de Toursiat encore existante ; car nous voyons sur les listes électorales du département de la Haute-Loire, pour 1847, figurer les noms de François-Edouard et de Joseph de Boisset de Torsiac, propriétaires dans le canton de Brioude ; 2° François-Berlrand de Boisset de La Salle, né à Fons, en Quercy, le 22 décembre 1639 (1); il embrassa l'état ecclé siastique, fut prieur de Livernon, devint, en 1702, maire perpétuel de la vilte de Fons, et y mourut le 5 août 171*; 3° Joseph de Boisset de La Salle, qui continua la branche des seigneurs de La Salle, et dont l'article viendra ci-après; 4° César de Boisset de La Salle, prieur comandataire du prieuré de Fons, ordre de Cluny, et dans lequel il avait succédé, en 1676, à Joseph de Boisset, son oncle, et à Louis de Boisset, son grand-oncle. César de Boisset fut un personnage distingué ; on le voit visiteur des maisons de son ordre en Dauphiné, en Savoie et en Espagne. Il mourut à Fons, le 6 février 1730; 5° Claude de Boisset, seigneur de Pouzols; 6° Robert de Boisset; 7° François de Boisset ; 8° Antoinette de Boisset, mariée, en 1068, à Bertrand d'Humières, seigneur de Vareilles et de Loubejac, qui, agissant au nom de sa femme, fit foi et hommage au roi, en 1670, à cause de la seigneurie de Toursiat, élection de Brioude. C’est qu'en effet Antoinette de Boisset avait été constituée héritière universelle par sa mère, Marie de Toursiat, et que ce ne fut que par arrangement subséquent que cette terre resta à François de Boisset, son frère aîné.

Joseph de Boisset de La Salle, 3° fils de François et de Marie de Toursiat, fut seigneur de la Salle, de Fraypart, de Salvanhac, de la Cipière, de Montels, de Cols, de la Prade et de Vic en partie; il naquit à Fons, en Quercy, le 10 janvier 1643; il épousa, par contrat passé devant Doyen et Moussier, notaires à Paris, le 28 octobre 1675, Elisabeth de Gascq de Mialet, fille de Claude du Gascq et de Claude de Gilbert du Bourg. Il mourut à Fons, le 20 mars 1718, et fut inhumé dans la chapelle de Saint-Jacques de l'église du monastère du lieu, où était le tombeau de sa famille. Il ne laissa qu'une fille, qui suit:

Laurence de Boisset de La Salle, dame de Fraypart, mariée, le 17 janvier 1714, à messire François de Peret, écuyer, seigneur de Canteperdrix, qui la rendit mère de:

Jean de Peret, seigneur de Canteperdrix et de Fraypart, né le 21 juillet 1715, lequel s'allia, le 18 février 1754, à demoiselle Jeanne de Colomb de Favars, dont:

Jean de Peret, né le 14 février 1767, aujourd'hui capitaine en retraite, chevalier de Saint-Louis, et peut-être le doyen de l'ordre à l'heure qu'il est. Il vit à-Fons, en Quercy.

 

LIEUX RUINÉS.

Nous avons déjà parlé de quelques châteaux dont les vestiges ont disparu ou disparaissent chaque jour. De ce nombre est celui de Boissonis. On croit qu'il était situé au-dessous de celui de la Salle. Il avait été édifié par Reynaud de Boissonis, clerc, époux d'Huguette de Vic, de laquelle il était veuf lorsque, en sa qualité de tuteur de Reynaud et d'Agnès de Boissonis, ses enfants, il fit foi et hommage au vicomte de Carlat en 1355. Hugues de Boissonis, seigneur de Boissonis et de Trémolet, vivait en 1385; Jean, en 1408; Antoine et Georges, en 1489. Antoinette de Boissonis, fille unique et héritière d'Antoine, épousa, l'an 1507 ou 1517, Lancelot de Beaufort, père de Jean de Beaufort, prieur de Cantoin, près d'Espalion, et de dame Soubeyrane ou Souveraine de Beaufort, épouse de Raymond de Vixouse, seigneur de Comblat.

Soubeyrane de Beaufort dut avoir d'autres frères morts sans lignée, car on trouve, sous les dates de 1527 et 1565, Charles et Antoine de Beaufort de Boissonis, domiciliés à Salvanhac. (Voy. D. Coll et le manuscrit de M. de Ribier.)

 

EAUX MINÉRALES DE VIC.

Un article d'une certaine étendue ayant déjà été consacré à l'analyse et a l'indication des propriétés médicinales de ces eaux dans le 1er volume de ce Dictionnaire, p, 446, notre tâche, à nous, ne consiste plus qu'à rappeler ici succinctement les principaux motifs qui ont déterminé les hommes de l'art à en recommander l'usage.

Les sources de Vic appartiennent à la classe des eaux ferrugineuses carbonatées chlorurées. Elles sont remarquables par le nombre et la nature des éléments actifs qu'elles renferment. On peut en voir la nomenclature dans l'article que nous venons de citer et dans une foule d'autres ouvrages dont nous nommerons les auteurs. Elles naissent à la base de la montagne appelée le Griffoul, sur la rive gauche de la Cère, dans la plus riante partie de la vallée, à quelques minutes de la ville. Il y existe un établissement qui renferme quatre sources, dont les eaux sont reçues dans de grandes cuves de pierre, d'où on les extrait au moyen de robinets en cuivre.

Ces sources ont été fréquentées par les Romains; car, ainsi que nous l'avons déjà dit à propos de l'ancienneté de la ville, on y a découvert, à diverses époques, de nombreux débris d'antiquités gallo-romaines et quantité de médailles des empereurs.

Abandonnées d'abord et perdues ensuite, elles demeurèrent longtemps ignorées, et ce ne fut qu'au commencement du XVII° siècle, en 1602, que des animaux domestiques qui s'y abreuvaient de préférence les firent retrouver.

Un grand nombre d'hommes spéciaux et de premier mérite ont examiné avec soin quelles pouvaient être les propriétés médicinales de ces eaux, et aucun d'eux n'a hésité à proclamer leur efficacité dans un grand nombre de cas. Ce n'est pas tout : ils se sont tous extasiés sur la beauté et la salubrité du site, sur les agréments et les ressources que la ville de Vic offre aux buveurs qui y affluent chaque année. Parmi les savants médecins qui, par leurs écrits, ont recommandé l'usage des eaux de Vic, nous citerons le docteur Jean Mante, le plus ancien, puisque son livre porte la date de 1648; le docteur J.-B. Esquirou, dont l'ouvrage fut imprimé à Aurillac en 1718. Après eux viennent les docteurs Coffinhal, Séguiniol, Despral, Mourguye, Cavaroc, et enfin M. E. Soubeiran, professeur à la Faculté de médecine de Paris, qui, dans une courte mais substantielle notice, a fait ressortir les vertus médicinales des eaux de Vic, en les comparant aux eaux les plus renommées de la France et de l'étranger.

« L'eau de Vic, dit-il, peut surtout être mise en parallèle avec les eaux minéraies ferrugineuses les plus estimées. La plus grande analogie existe entre elles et les eaux célèbres de Marienhad, de Kissingen, de Pyrmont, de Spa, de Bussang, d'Ems. En résumé, continue-t-il, l'observation médicale et l'analyse chimique s'accordent à faire considérer l'eau de Vic comme une des eaux minérales précieuses que possède la France. »

Parmi mille citations que nous pourrions faire, mais que ne comporte pas le cadre qui nous est réservé, nous ne pouvons résister au désir de faire connaître quelques lignes du petit livre de Jean Mante, auquel nous voulons laisser le cachet de son époque.

« Au pied des montagnes du Cantal, tant renommées parmi notre France pour la fertilité que nature les a douées de bons pascages, dont une infinité de gros bestial est entretenu , raportant aux habitans et voisins un indicible profit : et tyrant sur le midy, se présenté un vallon de quatre à cinq lues d'estendue, et d'une lue ou environ de largeur, autant fertil en bleds, et orné de si belles prairies qu'autre qui soit en tout le Haut-Auvergne , lesquelles sont arrosées d'un salubre ruisseau appele Cere, fort abondant en belles et bones turittes:

mais encore sont plus grand ornement est la ville de Vic, les habitant de laquelle sont personnes fort affables, civils et courtois aux estrangers, parmi les>quels y a des gens doctes en jurisprudence pour estre la dite ville le ressortiment des appeaus de tout le Carladois.

A une promenade de la ville il y a une fort belle et grande prerie qui avoisine

le penchant d'une montagne couverte de bois taillis appelé Sauve-Roque au milieu de laquelle depuis huit ou dix ans on a descouvert une fontaine , laquelle a grands bouillonemens reialist au pied de la montagne do Suroque à la pleine  et à l'endroit que le bois taillis finit, fort claire en sa consistence diaphane, froide au boire, et au goust piquante, aigrette, avec quelque degoust un peu facheux au commencement : et le commun du peuple abusant de la distinction du goust l'appeloit la fontaine salée, laquelle auiourd'huy, comme estant la  plus grande rareté de ce qui avoisine la ville de de Vic, à bon droict on appelle

les eaux de Vic.

Pour sa situation suivant le jugement d'Hyppocrates, au livre auquel il discourt de l'aër, des eaux et des lieux, elle est à sa perfection, estant du costé d'orient, tyrant un peu sur le midy : qu’est la cause pourquoy les beveurs delicat», qui ne peuvent quitter les délices du lict molet, pour ne lever de bon matin sont incommodez du haie du soleil à leur grand regret.

Il semble que nature a voulu inviter par la bonté et commodité du lieu un chacun à l'usage de ses eaux, car les promenades des beuveurs, les aisances de lascher la bride au d…. , sont si bien a propos qu'il seroit presque impossible avec l'art des meilleurs artisans, de mieux disposer toutes les commodites nécessaires.

Il ne faut doupter que ces eaux ne soyent esté en autre temps de grand  employ et bien visitées pour la recherche de la santé. Feu M. Bonus, homme d'bonneur et de bonne conversation, et capable en sa vaquation, lequel suivanf le jugement qu'il en a pu faire, a donné advis et conseil à plusieurs malades d'en user, dont beaucoup ont recceu grand allegement, et sont estes gueris de fort griefves, et inveterées maladies : lesquels admirables eftects ces dictes eaux continuent a rendre à tous ceux qui en usent bien à propos.

Et afin qu'un chacun aye connoissance des formalités et prevoyances que l'on doit avoir, et prevoir avant, pendant et après l'usage de ces eaux : j'ai

tracé en ce traicté ce petit discours, qui servira de guide à un chacun et principalement aux pauvres qui n'ont moyen de salarier le médecin. (Suit le traité annoncé, trop long pour être reproduit ici.)

 

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES DES EAUX DE VIC.

Tous les médecins qui ont écrit sur ces eaux s'accordent à les considérer comme essentiellement corroborantes, propres à restaurer les forces, à activer les digestions difficiles, à arrêter les diarrhées qui en sont la suite, et à justifier la réputation qui leur a été faite de dissiper parfois la stérélité. C'est le remède par excellence de l'anémie ou grande faiblesse, ainsi que des pâles-couleurs et  des palpitations du cœur qui accompagnent cette maladie. Elle rétablit les règles suspendues, guérit les fleurs blanches et corrige les dispositions aux hémorragies provenant de faiblesse. On en tire un grand avantage dans les engorgements des viscères abdominaux, de ceux surtout qui arrivent à la suite de fièvres intermittentes mal traitées. Son action se manifeste sur les reins, qu'elle  stimule, et peut être employée avec succès contre les calculs, les affections  chroniques de la vessie et de la prostrate, etc. » (Notice du professeur Soubeiran.)

 

BIOGRAPHIE DE LA TILLE DE VIC.

Boissy ( Louis de ), tome II de ce Dictionnaire. page 258. — Caldaguès (Raymond de), id., page 260. — Consul (Guillaume), id., page 263. — Froquières (l'abbé), id., page 270. — Métivier de Vais. On a déjà parlé de cette famille toute militaire à l'article relatif à la commune de St-Santin-Cantalès , tome V du présent Dictionnaire. — Pagès des Huttes (voyez Huttes), t. II, p. 272. — Pagès de Vixouse (François-Xavier), id., p. 281. — Sistrières (Jean de), id., p. 286. — Sistrières (François de) id., p. 286 - Sistrières (François Michel ) id., p. 286 – Sistrières-Murat (Michel) capitaine des  grenadiers en 1790. Il fit toutes les campagnes de la République et de l'Empire dans la cavalerie, et pendant lesquelles il a conquis tous ses grades jusqu'à celui de général de brigade (1), auquel il fut promu le 2 septembre 1813. Il avait été fait baron de l'Empire au mois d'avril précédent, et officier de la Légion-d'Honneur le 10 octobre 1812.

Le général baron de Murat-Sistrières fut blessé plusieurs fois dans le cours de ses campagnes, notamment à l'armée des Ardennes en 1793; reçut plusieurs coups de sabre à la bataille d'Essling, où il eut deux chevaux tués sous lui le 22 mai 1809; blessé de deux coups de feu à Wa gram le 6 juillet suivant; atteint d'un biscayen à la hanche gauche à la bataille de la Moscowa, le 7 septembre 1812, et un boulet lui emporta une cuisse à la bataille de Dresde, où il eut encore un cheval tué sous lui le 27 août 1813. (Etats de services.) Le général de Murat-Sistrières est mort en 1826, laissant un fils capitaine d'artillerie, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Vic (Pierre de) dit le Moine de Montaudon. (Voy. t. Il, p. 278.)

La ville de Vic s'honore encore d'avoir donné le jour et de compter aujourd'hui au nombre de ses citoyens les plus distingués, le comte de Murat-Sistrières, ancien capitaine d'artillerie, et M. Jean Saphary, chevalier de la Légion-d'Honneur, ancien professeur de philosophie au collège Bonaparte, à Paris. (Voy. Polminhac.)

 

DE SARTIGES-D'ANGLES