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  La commune de Valuéjols aujourd'hui

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Valuéjols.

 — La commune de Valuéjols dépend du canton sud et de l'arrondissement de St-Flour. Elle est bornée au nord par les communes de La Vaissenet et d'Ussel; au sud, par celles de Tanavelle et de Paulhac; à l'est, par celles d'Ussel et de Roffiac, et à l'ouest, par celle de Paulhac.

Elle est arrosée par la rivière d'Ande, les-ruisseaux de Lescure, d'OEillet, de Nouvialle ou de La Roche, de Loubeyzargues, de Valuéjols, etc.

Son étendue territoriale est de 3,750 hectares , dont 1,750 h. en terres labourables, les plus productives en seigle de la Planèze, quoique très-rapprochées du Plorab-du-Cantal ; 500 h. en prés et pacages à vacherie, situés du côté de Lescure; 100 h. en bois et quelques terres vaines.

L'ancienne petite commune de St-Maurice, supprimée depuis quelques années, fait partie de Valuéjols.

La population de Valuéjols est de 1,818 âmes. Elle habite 16 villages, 1 hameau et 412 maisons. Cette population se livre, en partie, au commerce des bestiaux ou au colportage. Aussi, y a-t-il beaucoup d'aisance dans la commune. Elle comptait dix-neuf électeurs en 1840. Le chemin de moyenne communication, tracé entre Pierrefort et la route de Murat, est destiné à augmenter son importance.

Valuéjols , chef-lieu , à 16 kil. de Saint-Flour, est un gros bourg situé sur un plateau élevé et à l'aspect du nord, près d'un petit ruisseau qui en porte le nom. Il y a quelques maisons d'ancienne construction , et un château dont il sera parlé plus bas. L'église, sous l'invocation de saint Saturnin, aurait été, suivant la tradition , bâtie par les Anglais. Cette tradition est très-douteuse. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'avant l'invasion anglaise en Auvergne, il y avait une église à Valuéjols; car, en 1107, cette église fut déclarée dépendre de l'abbaye de Moissac, contrairement aux prétentions de l'abbé de Conques, fondées sur une donation de Robert de Carlat, en 1050. Cette décision fut portée par Pierre Roux, évêque d'Auvergne, en présence du pape Pascal II, qui était alors à Brioude, d'Etienne, prêtre de Valuéjols, et de plusieurs autres prêtres et prieurs de Saint-Flour et de Moissac. La question avait été déjà débattue entre les deux abbés devant Guillaume, évêque, prédécesseur de Pierre Roux. L'abbé de Moissac jouissait, au reste, quelques années auparavant, en 1100, de plusieurs droits à Valuéjols, car il avait traité sur ces droits avec noble Bernard, fils de Bernard de Valuéjols; et on peut dire que, même en 1096, l'église de Valuéjols relevait de Moissac, puisqu'elle dépendait alors du prieuré de Bredon.

En 1151, Leotguire et Adalberge, sa femme, qui avaient de grands droits sur l'église de Valuéjols, en firent cession à l'abbé de Moissac. Vers cette même époque , il y avait à Valuéjols une autre église placée sous l'invocation de saint Martial.

Brun de Valuéjols en était recteur en 1296; Pierre Etienne, en 1419; Antoine Oussart, curé, en 1638; François Rerol, en 1674.

L'église de Valuéjols est remarquable sous plusieurs rapports. Elle appartient au style ogival ancien. L'abside a des vitraux également anciens. Elle est divisée régulièrement par un groupe de colonnettes aux chapiteaux ouvragés. La chaire, en pierres de taille, est composée de trois panneaux portant les trois reliefs suivant : le Calvaire, la Pénitence figurée par un anachorète, et enfin la Mort. Les stalles du chœur sont remarquables à causa des panneaux qui en forment le dossier. On y voit des peintures sur bois de chine avec encadrement sculpté, portant la date de 1617. Ces panneaux faisaient partie de l'ancien retable élevé par les soins de Jacques Manenc. curé de Valuéjols, en 1617. On admire encore, comme objet d'art, le baldaquin de l'ancien banc-d'œuvre. C'est une véritable dentelle en bois de chêne, avec une corniche supportée par cinq ou six cariatides. Mgr de Marguerye avait voulu faire l’acquisition de ce baldaquin pour sa cathédrale; mais la commune refusa de s'en dessaisir. Il y a dans l'église deux anciens tableaux d'un certain mérite, et une Annonciation dont la sculpture sur bois de chêne est peinte avec soin. L'autel principal se distingue par le choix varié des marbres qui entrent dans sa structure. La pierre en marbre blanc qui recouvre l'autel est d'une seule pièce de 2 m. 15 c. de longueur sur 0 m. 75 c. de largeur. Mgr de Marguerye se rendit sur les lieux pour faire la consécration de cet autel qui est un des plus beaux du diocèse. Il a été fait à Montauban et a coûté trois mille francs.

Valuéjols a été, sans aucun doute, l'ancienne Avalogile, Avalosolensis in terrilorio ù Planeza. C'était, au VIII° siècle, une viguerie qui comprenait le Jarry, le Chambon, Majades (peut-être Maniargues), et Jolicia (inconnu). Une charte de Charles-le-Chauve fait mention d'Avalogile.

La terre de Valuéjols était, en 1100, à un nommé Bernard, chevalier, fils d'autre Bernard, peut-être Bernard d'Henry, qui traita avec l'abbé de Moissac.

En 1289, la terre de Valuéjols, qui était depuis longtemps dans la famille de Brezons, fut l'objet d'une discussion entre Guillaume, vicomte de Murat, Pierre de Brezons et N. Géraud de Montal. Ce dernier prétendait avoir des droits sur cette terre, et le vicomte de Murat en réclamait la suzeraineté.

Eu 1587, Guillaume de Villebois, bailli des montagnes pour le duc de Bern, se saisit de la terre de Valuéjols sur Pierre de Brezons, en représailles de l'occupation de la terre de Vernines, appartenant alors à la famille de Murat.

Le château de Valuéjols fut pris et pillé dans les guerres de Renaud, vicomte de Murat, contre les d Armagnac, vers le commencement du XV° siècle. Rétabli en 1428, il était très-fort et entouré de fossés. Les prieurs de Bredon avaient une maison forte auprès du château.

Tristan de Brezons était seigneur de Valuéjols en 1540, et Charles, son fils. en 1366.

Le château était alors composé de divers corps de logis et d'une grosse tour avec escalier à vis. Il y avait en outre un bâtiment séparé du château. Le tout était entouré par un gros mur qui avait double portail. En 1712, une partie de la tour s'étant écroulée, on la fit réparer.

La seigneurie de Valuéjols, qui, en I731, avait passé dans la maison de Lorraine, ainsi qu'il a été dit à l'article de Brezons, fut vendue par Anne-Josep de Lorraine, prince de Guise, et Louise de Castille, son épouse, à Charles-François d'Estaing, marquis de Sailhans, et à Henriette de Maulevrier, »on épouse, y compris le château et domaine. Un procès-verbal de cette année, 1731, constate le mauvais état des bâtiments qui, aujourd'hui, sont en ruines.

En 1789, le comte de Monthoissier avait des biens à Valuéjols.

Valuéjols a deux bonnes foires, le 23 avril et le 18 septembre. Elles sont très suivies par les marchands de mules, qui vont du Poitou en Languedoc.

Les villages et hameaux de la commune sont:

Brajeac, village sur le ruisseau de Nouvialle, à l'ouest du bourg.

Chambeyrac, village.

Chambon (le), village au sud du chef-lieu. Il était de la viguerie d'Avalogile et fut donné, en 970, par Guillaume, comte d'Auvergne, au chapitre de Brioude.

Cher (le), gros village.

Escure (L’), village situé sur les premières pentes du Cantal ; il est célèbre par le pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Visitation. Une notice très exacte, qui nous est communiquée, donnera quelque idée de ce pèlerinage.

« En 1717, Jean Pailler, né a Chambon, paroisse de Valuéjols, gardait les brebis du village de l'Escure. Suivant sa coutume, il les conduisait, à l'heure de midi, sur le monticule du Peuch-de-Besse lorsque, un des premiers jours de juillet, d'après la tradition, il découvrit la statue miraculeuse si vénérée depuis lors. Il se hâta de construire un petit oratoire au lieu même de cette découverte. Huit ans après, en 1723, les habitants de l'Escure et du voisinage, témoins des faveurs que Marie accordait à ceux qui venaient y prier, remplacèrent l'oratoire par une chapelle qui existe encore et sert de chœur à l'église actuelle. La nef de cette église fut érigée vingt ans plus tard, et, en 1765, un ouvrier de Murat sculpta les trois retables qui décorent le sanctuaire.

La nouvelle église était située sur le territoire paroissial de Valuéjols; des prêtres habitués de cette paroisse la desservirent. Le pèlerinage de N.-D.-de l'Escure fut bientôt en grand renom, et le nombre des pèlerins s'accrut chaque année. Malheureusement , la révolution de 93 survint. Le sanctuaire , objet de la dévotion publique, fut vendu et adjugé au district de Tanavelle. Après la révolution, les habitants, à force de sacrifices, le rachetèrent. L'intérieur était nu ; il n'y restait plus que les retables extrêmement dégradés. Le clocher avait été abattu. On avait pillé tous les ornements. Cependant, deux petites cloches avaient été cachées par des fidèles courageux, et, ce qui était plus heureux encore, c'est que les profanateurs avaient respecté la statue de la Vierge. En 1804, M. Vidalinc, alors vicaire-général de St-Flour, fit ériger l'église de N.-D.-de-l'Escure en chapelle vicariale. Il nomma pour chapelain un véritable confesseur de la foi, M. Farraire, qui peut être appelé le second fondateur de cette église. La foi, la piété des paroissiens, la générosité des pèlerins ont fait le reste, et ont permis de mettre ce saint lieu dans un état modeste mais décent. Depuis 1804, deux prêtres ont toujours été attachés au service de N.-D.-de-la-Visitation; mais en 1821, seulement, elle obtint le rang de succursale. Il est impossible de préciser le nombre des pèlerins qui se rendent tous les ans à l'Escure. On peut dire cependant qu'il y vient chaque année, de la seule ville d'Aurillac ou des environs, plus de mille personnes de tout rang et de toute condition. Dans la belle saison, les pèlerins sont extrêmement nombreux. Ils arrivent de très-loin ; mais les départements qui en envoient le plus, après le Cantal, sont l'Aveyron, le Lot, la Lozère, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme. »

Il existe plusieurs lithographies de N.-D.-de-l'Escure. Celle qui a été faite sur les dessins de M, H. de Lalaubie représente exactement les lieux.

L'Escure était un ancien fief qui a appartenu, à la fin du XIII° siècle, à N. Durand Chastel. N. Raymond de l'Escure, chevalier de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem, était commandeur de l'Escure en 1389. La famille de Guast ou de Gorce possédait la seigneurie de l'Escure en 1396 et encore en 1566, où elle jouissait aussi d'une partie de Valuéjols. Cette seigneurie fut vendue, en 1731 , avec Valuéjols. Le château de l'Escure était composé d'un corps de logis que flanquait une tour carrée de 21 pieds de large sur 27 de long. Cette tour avait six étages. Il n'en reste plus de vestige aujourd'hui.

Fripès, village sur le ruisseau de l'Escure et près de Valuéjols.

Galuse, village sur le ruisseau de Nouvialle. Le grain des environs de ce village est renommé.

Loubeysargues, gros village à l'ouest du bourg, dans un petit vallon. C'était autrefois un membre dépendant de la commanderie de Celles. Ce lieu est fort ancien. Un prêtre, du nom de Calixte, donna, en 936, le village de Loubeyssargues à l'église de N.-Dame-de-Clermont, à St-Agricol, St-Vital et St-Laurent. L'acte fut signé plus tard par Etienne II, évêque d'Auvergne. Le village relevait alors du prieuré de Bredon. N. Jean Gilis ou Gillet de Loubeysargues, damoiseau, seigneur dudit lieu, fit, en 1296, hommage à Pons, prieur de Bredon, de ce qu'il y possédait. Le prieur de Valuéjols traita avec le commandeur de Loubeysargues en 1454. Loubeysargues appartint tour à tour à la famille de Lastic et aux Dubourg, barons du Sailhans. Il y avait une chapelle en 1687. C'est la patrie de M. l'abbé Salvan, instituteur des sourds et muets.

Mallevieille (la), village à l'ouest du chef-lieu et vers la montagne.

10° Maniarges, village qui peut avoir été le Majades de l'ancienne viguerie. Il est situé près de La Vaissenet.

11° Maurice (S1), gros village, ancien chef-lieu de commune et de paroisse. On y voit une antique chapelle digne d'intérêt à cause de son architecture. Ce village appartenait d'abord à la maison de Lastic , puis aux d'Estaing , barons du Sailhans.

12° Nouvialles, village remarquable par le voisinage d'un grand marais dit Narsc-de-Nouvialles. On en tirait de la tourbe pour le chauffage. Nouvialles a dépendu, comme St-Maurice, de la famille d'Estaing.

13e Nouviallou, hameau.

14° Peret, village près du ruisseau de Nouvialles.