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  La commune de Soulages aujourd'hui

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Soulages.

— Cette commune dépend du canton de Ruines et de l'arrondissement de St-FIour. Elle est bornée au nord par celle de Rageade; au sud, par Vedrines-St-Loup; à l'est, par le département de la Haute-Loire (Chastel-sur Cronce), et à l'ouest, par Lastic et Montchamp.

La superficie de son territoire est de 1,510 hectares, dont 500 h. en terres labourables; 450 h. eu prés et pacages; 200 V en bois, et 500 h. en terres vaincs.

Elle est arrosée par les ruisseaux de Soulages, de Treyglèse, de Merdevre. Le trop-plein de l'étang de Puissagal, etc.

Sa population est de 552 habitants, répartis dans 7 villages, 3 hameaux et 81 maisons.

Le chef-lieu, Soulages, à 1 myr. 2 kil. de Ruines et à 1 myr. 7 kil de St Flour. est un petit bourg sur le ruisseau de ce nom et près de la limite du département.

L'église , placée sous l'invocation de saint Michel, a longtemps été une annexe de Vedrines-St-Loup. Elle a été rétablie eu succursale par ordonnance royale du 31 mars 1837 , à l'exception de quelques villages et hameaux qui sont restés à la paroisse de Vedrines. Le sacristain du couvent de la Voûte nommait à la cure de Soulages. Jean Notonier était curé de Soulages en 1505; Antoine Blanchet, en 1540; Pierre Espinasse, en 1587.

Il a existé un château à Soulages; on en trouve quelques ruines. Ce fief appartenait à M. le comte de Lastic; il passa ensuite à la branche de Lastic de Fournel.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

Leyrenoux. village vers Montchamp.

Mas (le), village à l'ouest du bourg.

Merle (le), village.

Monteil-Bas (le), hameau.

Monteil-Haut, village près de Soulages et sur le ruisseau de ce nom.

Montmeyrol, village au nord du bourg et au pied d'uu rocher, dans lequel on remarque un souterrain profond.

Montsuc, village avec un château fort aujourd'hui en ruines, qui, suivant Chabrol, formait la seigneurie de Lastic et Montsuc, et relevait en fief du duché de Mercœur. Lastic et Montsuc, dit le même auteur, appartenaient dans la plus haute ancienneté à la maison de Lastic.

La seigneurie de Montsuc fut apportée à la maison de Taillac, par le mariage de Gallienne de Lastic, .fille de Bompar III, avec Guillaume de Taillac.

La seigneurie de Montsuc resta dans la maison de Taillac jusqu'en 1400.

Guillaume de Taillac mourut dans un voyage d'outre-mer, ne laissant que deux filles. Il avait marié Agnès de Taillac, dame de Montsuc, sa fille aînée, en 1392, avec Bompar VII, seigneur de Lastic et de Valeilhes. Ainsi cette terre, sortie par mariage de la maison de Lastic, y rentra par un nouveau mariage, après en être sortie pendant 110 ans environ.

Draguinet de Lastic, leur fils, que nous avons vu conseiller et chambellan du roi Louis XI, reprit a son mariage, en 1430, le titre de seigneur de Montsuc.

Montsuc resta de nouveau dans la maison de Lastic pendant 195 années. Puis'il arriva à la maison de Foix de Mardogne, par le mariage de Françoise de Lastic (héritière de Thibaud de Lastic, son père, et de Louis de Lastic, son frère, décédé fort jeune), avec Joseph de Foix, seigneur de Mardogne. dont elle n'eut qu'une fille, Gabrielle de Foix, femme de Philibert, comte d'Apchier.

Françoise de Lastic étant devenue veuve se maria en secondes noces avec Jean de La Guiche, baron de Bournoncles.

Louis de Lastic avait fait, en 1587, une donation à Gabrielle de Foix, sa nièce, qui fut attaquée comme irrégulière par la- dame de Bournoncles, sa mère. Il intervint un arbitrage, le 28 mars 1598, par lequel la seigneurie et château de Montsuc furent adjugés à Gabrielle d'Apchier. Dans cet acte était insérée une clause de retour pour le cas où l'une des parties contractantes décéderait sans enfants. La dame d'Apchier, d'après l'acte d'arbitrage, n'en avait pas encore. II paraît qu'elle décéda sans postérité, et que la clause de retour eut son effet; car, le 10 mai 1611, Louise de La Guiche porta Montsuc en mariage à Louis de Rochefoucauld de Langeac. Leur fils, Jean de Larochefoucauld-Langeac en fit hommage au baron de Mercœur en 1670. Enfin, cette seigneurie passa au comte Hyacinthe de Lastic-Fournel, lieutenant général des armées du roi, par son mariage, en 1738, avec Marie-Simone de Larochefoucauld-Langeac. Leur fils, Antoine de Lastic de Fournel, seigneur d Allanche, maréchal de camp, en était possesseur en 1789.

Nous n'avons pu trouver aucun document justificatif de l'allégation faite par Chabrol, que M. le comte de Latour-d'Auvergne avait possédé Montsuc, et que c'était de cette famille que M. de Lastic-Fournel en aurait fait l'acquisition.

Nous devons à M. Clavières, greffier en chef de St-Flour, et qui possède dans les archives du tribunal de cette ville un grand nombre de pièces relatives aux branches de Lastic de Rochegonde, de Sieujeac, de Lastic-Fournel et autres, la communication d'un acte de prise de possession du château de Montsuc, accompagné d'un inventaire fait en 1668 en faveur de Christophe de Larochefoucauld, chevalier de Langeac. Nous allons en extraire les passages suivants.

Le sieur Christophe de Larochefoucauld avait des différends avec ses frères sur le partage de famille. Il était créancier de la succession pour une somme de 700 liv., et il obtint un jugement du sénéchal qui le mit en possession des château, droits et devoirs seigneuriaux de Montsuc, sous la condition de faire dresser un procès-verbal de l'état du château, et un inventaire des meubles et autres objets qui s'y trouveraient.

Les commissaires délégués pour faire ces opérations et mettre le Sr de Larochefoucauld en possession, se rendirent à Montsuc. Ils heurtèrent à la porte du château; mais le Sr Turin, concierge, était absent par ordre. Alors ils firent monter les deux archers qui les accompagnaient par une brèche du mur d'enceinte pour leur ouvrir le portail. Après leur entrée dans la cour, ils se rendirent à la porte du château, sur le perron, et la trouvèrent fermée d'un cadenas qu'ils firent sauter, et ne trouvant personne dans l'intérieur du château, ils procédèrent à l'inventaire ci-après.

Ils entrèrent dans la chambre du four où ils trouvèrent : «  un garde-manger fort usé, deux bois de lit (chalil), deux coffres sans serrure, une méchante table, deux bancs, un coffre;

 D'illec dans la chambre verte où ils trouvèrent un lit et trois chaises, une paillasse, un buffet, une table et deux chenets;

 A la cuisine, une table et un banc;

A la chambre de Cussac, deux lits, une petite table, deux grands chenêts en fer;

 A la chambre Sainte Marie, un lit avec sa paillasse, un buffet et une petite table;

 A la salle, une table, un dressoir et quatre chaises;

 A la chambre de feu M. le marquis, qui est au fond de la salle, un lit et deux tours de lit bleus;

 A l'autre chambre attouchant celle du feu marquis, un lit, une petits table et leur de lit jaune;

 A la chambre du corps de garde, onze mousquets et un dressoir;

 A l'autre attouchant, appelée Sainte-Marie, deux lits avec leurs paillasses, une grande chaise, une petite table, sept matelas, une couette, cinq couvertes de cathélonie;

 A un grenier attouchant lesdites chambres, une table et quelques boisements, quatre paires de petits chenets de fer, deux tapis bleus, un tapis de Bergame;

 Au grenier, trois méchants escabeaux, une méchante table, de méchantes guenilles de couvertes et méchants tapis tout usés, quatre ou cinq mauvais chevets de plume;

 A une petite chambre joignant le couroir du grenier, un lit aves sa paillasse;

 A la cave, quatre traules, cinq tonneaux et une demi-traule sans rien dedans.

Et quant au restant de la maison, il est dit : « Sommes entrés là où autrefois l'on cuisait, appelé le Fournial, qui est en ruines, et la plus grande partie à terre.

 Puis nous sommes transportés au pouilhon, où sont les degrés pour monter à l'éperon, lequel a été brûlé, et par même tout par terre.

 Les vitres dudit château, à l'exception de sept au huit toutes brisées, comme aussi les tuiles du couvert brisées et rompues, et quantité arrachées par le vent.

 Comme aussi les murailles qui entourent le château sont la plus grande partie en ruines.

 Puis nous sommes transportés dans les écuries dudit château qui sont encore en ruines, les couverts tout enfoncés et sans duraige, à l'exception de cinq ou six quintaux de foin.

 Et ensuite à la métairie dudit château, qui en est tout proche, où avons trouvé quelques méchants meubles pour le service du métayer.  Et après sommes entrés dans la grange, dans laquelle il n'y a rien qu'une méchante charrette et le couvert par terre, et de là sommes entrés dans l'écurie de la métairie joignant les étables, où avons trouvé deux paires de bœufs, deux paires de taureaux, cinq vaches, deux veaux d'un an et deux veaux tendrons, lequel bétail le métayer a dit lui appartenir. ,

Et nous étant enquis par qui le château avait été démeublé, on nous a répondu que c'était un nommé Cezens, par ordre du seigneur marquis de Langeac; qu'iceux qui étaient les fermiers de la terre de Montsuc, voyant le procédé du seigneur marquis et du seigneur chevalier, avaient retiré le blé de la rente. »

Vers 1380, Mérigot-Marchez escalada de nuit le château de Montsuc; comme de la cour il ne pouvait se rendre maître de la grosse tour, il imagina d'y faire conduire le père et la mère de l'écuyer qui y commandait, et leur dit que s'ils ne lui faisaient pas ouvrir la porte, il allait leur couper la tête. La peur ayant saisi ces bonnes gens, ils obtinrent par leurs larmes que leur fils, pour sauver leur vie, leur donnerait entrée dans la tour et leur remettrait les clefs du château. Ainsi, ce capitaine de pillards s'étant rendu maître de la place, en fit sortir l'écuyer et sa famille sans leur faire aucun tort; il leur laissa même emporter leurs bardes et leurs meubles. Ceci se passait peu après la prise d'Alleuze.

Le 22 juillet 1582, furent tenus des Etats qui délibérèrent de mettre entre les mains du maréchal Louis de Sancerre la somme de 28,000 livres pour la délivrance des forteresses et châteaux occupés par les Anglais. Montsuc fut de ce nombre.

Les huguenots s'étaient emparés du château de Montsuc. Le duc de Nemours, gouverneur d'Auvergne après la mort de M. de Randan, se saisit des places qu'ils y tenaient, et un grand nombre fut remis, Lastic entré autre, au seigneur du Gibertès. Gilbert, seigneur du Gibertès, ayant remis sans indemnité par ordre du duc de Nemours, la terre et château de Lastic, au Sr d'Apchier, à cause des droits que sa femme y avait, cela devint un sujet de guerre entre les seigneurs d'Apchier et de Bournoncles ; car Jean de La Guiche prétendait y avoir des droits du chef aussi de sa femme, et se saisit en même temps de Montsuc en l'absence du comte d'Apchier. Ce dernier fut condamné, par arrêt du mois de mai 1592 , à rendre le château de Lastic au Sr de La Guiche, seigneur de Bournoncles; le seigneur d'Apchier non seulement s'y refusa, mais ayant réuni les troupes qu'il avait conduites à l'amiral de Joyeuse, il assiégea Montsuc, et comme il était prêt à le battre avec du canon, il fut convenu que cette place serait remise au sieur du Gibertès jusqu'à la conclusion de ce débat. Nous avons rapporté plus haut l'acte d'accord qui intervint entre eux après de longs démêlés. Etrange destinée que celle de la seigneurie de Montsuc. Entrée par mariage dans la famille de Lastic, en 1084, elle en sortit deux fois par mariage aussi, et deux fois elle y rentra par les mêmes causes, et s'y trouvait encore lorsqu'elle fut supprimée par une révolution.

Rérigières (les), hameau.

Rougière (le), village.

10° Treyglèze. hameau.

On lit dans l'abbé Teillard : « En 1601, le 17 septembre, il y eût à Soulages, près de Montsuc, un si grand orage de vent, de grêle, d'éclairs et de tonnerre, qu'il renversa et porta au loin plus de cinquante personnes qu'il laissa ou demi-mortes ou étourdies. Le curé fut du nombre. Sept gerbiers furent brûlés par le feu du ciel ; un autre fut transporté au loin, et ses gerbes rangées comme une traînée le long d'une baie. Il parut alors en l'air un homme noir avec une longue queue. »

Il est dit dans la charte de Clovis : « à Soulages sont deux métairies occupées par les serfs Guibert et Engebert; ils donnent deux mesures de blé, une d'avoine et deux sous.

Soulages était pays de coutume relevant de Riom . Il fut imposé à 650 livres dans la taille de 1696.

P. DE CHAZELLES.

À l'article Anglard-de-St-Flour, on a signalé une voie dite romaine ou chaussée de Brunehaut, qui passe dans la commune de Soulages et au-dessous du bois du Mas. C'est peut-être la partie de son trajet où elle mérite le plus d'être observée; elle y présente un état parfait de conservation. Au Mas, dans le bois de Coudins, suivant M. Déribier, « sont quelques vestiges d'une bourgade ou ville saccagée, dit-on, par les Anglais. On croit même y apercevoir un pavé d'église et un souterrain. » D'autres ruines, d'autres souterrains existeraient dans la commune de Soulages. La tradition rapporte, par exemple, que le château de Montsuc communiquait, par des voies secrètes, avec les deux ruisseaux qui coulent dans les environs; on montre l'entrée de ces souterrains par où, suivant la croyance populaire, les chevaux même pouvaient descendre lors des sièges du château, et qui permettaient ainsi d'aller fourrager ou de faire des sorties sur les derrières de l'ennemi. « Prés du bourg, dit encore M. Déribier, on remarque des monuments celtiques, et, au nord, des couches de serpentine. » Si l'on rapproche par la pensée les diverses indications qui viennent d'être données, quelques-unes de visu, cette voie antique qui traversait la commune , ces ruines de villes et de forts, ces monuments celtiques, ces souterrains, et en particulier celui de Montmeyrols, qui pourrait bien n'être qu'une crypte gauloise, on sera convaincu avec nous que le territoire de Soulages, encore assez mal connu, est digne d'être exploré avec attention. Les habitants de ce territoire travaillent à la forêt de la Margeride comme bûcheront ou scieurs-de-long.

 H de L

 

 

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