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 La commune de Polminhac aujourd'hui

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Polminhac. — Polminhac fait partie du canton de Vic et de l'arrondissement d'Aurillac. Cette commune confine au nord avec celle de Vic; au sud, avec celle de St-Etienne-de-Carlat ; à l'est, encore avec celle de Vic, et à l'ouest, avec celles de Giou-de-Mamou, St-Simon et Yolet.

Sa superficie est de 2,800 hectares, dont 1,000 h. en terres cultivées; 1,530 h. en prairies et pacages à vacherie, et 150 h. en bois de diverses essences.

Elle est arrosée par la rivière de Cère, les ruisseaux du Fraysse , de Costes et autres.

La population se compose de 1,560 habitants, répandus dans 18 villages, 14 hameaux et 324 maisons.

Polminhac, le chef-lieu, à 5 kil. de Vic et à 1 myr. 5 kil. d'Aurillac , est un bourg d'une centaine de maisons et de 500 habitants,agréablement situé au confluent de la vallée de Cère et d'un pittoresque petit vallon protégé par de hautes montagnes. Le château de Pestels commande le bourg. Ce château, l'un des plus beaux souvenirs de l'époque féodale, s'élève fièrement sur une roche escarpée qui domine la vallée et au pied de laquelle se précipite un torrent. Sa haute tour au port superbe, au front ceint de créneaux, dont l'altitude est encore relevée par l'escarpement des abîmes qui l'entourent, et qui fait rêver de combats et de chevalerie comme un burg du Rhin ou du Danube; la vaste plate-forme qui servait de cour au château, et du haut de laquelle l'œil plane sur les riants paysages de la vallée de Cère, en remontant les méandres de la rivière jusque dans les profondeurs des montagnes; le roc à tête d'aigle, monstre' de pierre assis près de la tour et qui surveille avec elle la vallée; le glen sauvage qui s'ouvre sous les murs du château à l'ombre des forêts ; le torrent qui bondit de cascade en cascade au fond de ce glen; les romantiques allées qui mènent aux cascades; les grandes salles aux fortes travées, aux murs ornés de fresques; tous les traits enfin du tableau que présente Pestels sont d'une beauté mâle et solennelle. Ce noble manoir figure le moyen âge dans sa plus énergique expression ; il semble attendre sur son roc quelque existence en harmonie avec sa majestueuse poésie, capable de lui donner une nouvelle splendeur et de faire régner autour de lui les magnificences artistiques avec le renom de la grandeur généreuse et de l'opulence créatrice.

Le bourg de Polminhac, bâti à quelques centaines de mètres au-dessous du château, est vivant et gracieux. Les plus belles maisons bordent la route d'Aurillac à Vic; mais les chaumières parsemées au milieu des vergers, au bord du ruisseau ou sur les rampes du petit vallon baigné par ses eaux, offrent des groupes d'une fraîcheur helvétique.

L'église, ancienne mais d'une architecture assez lourde, a pour patron saint Victor; elle portait le titre de prieuré et était annexée à l'archidiaconat de Billom. Pierre de Montamat fut archidiacre de Billom et prieur de Polminhac. de 1595 jusqu'en 1405 ; Jean de Montamat occupait ce prieuré en 1493; Jean Pradel, prieur de Polminhac , devint chanoine de Clermont en 1584. On trouve encore Cézar Touche, prieur en 1654; Joseph de la Chassagne de Serieys, en 1773. Guillaume Labro prit le titre de curé en 1586; Pierre de Fontanges , en 1693; Joseph Rongier, en 1737; il résigna sa cure en faveur de Jean Labro, en 1752; autre Joseph Rongier était curé en 1772.

En 1421, les prêtres de St-Victor do Polminhac firent un traité avec N. Jacques de Monta mat, seigneur de Folholes, et s'obligèrent à dire un certain nombre de messes pour les familles de Montamat et les anciens seigneurs de Folholes.

Le chapitre de Polminhac, uni à l'archidiaconat de Billom, était à la présentation de l'archiprétré d'Aurillac. Nous avons vu à l'article Bredon, que le curé de Polminhac se rendit à Bredon avec vingt-quatre ecclésiastiques, pour prêter serment au roi devant Draguinet de Lastic.

La seigneurie de Polminhac, avec son château, fit partie de la donation testamentaire d'Henri 1er, comte de Rodez, à Guibert, son fils puîné, sous la réserve de l'hommage au vicomte de Carlat. Postérieurement, en 1283, on trouve Raymond de Blanchefort, coseigneur de Polminhac. Guy de Rochefort fut grand prieur d'Auvergne en 1507. La famille de Montamat posséda la seigneurie de Polminhac. Rigaud de Montamat commença le nouveau château vers 1400. Jean, son fils, y mit la dernière main après la guerre des Anglais; il vendit à l'église une maison voisine et qui était nécessaire au service divin. Jacques de Montamat n'eut qu'une fille nommée Anne, qui réunit tous les grands biens de sa famille et les porta en dot, en 1510, à Guy de Pestels, seigneur de Fontanges. Celui-ci devint ainsi seigneur de Pestels et de Polminhac; il ajouta au château neuf la tour dite de Pestels, qui donna son nom au reste du château.

Les huguenots s'étaient emparés du château de Pestels avant la prise d'Aurillac; ils en furent expulsés après un siége de quelques jours.

Jean-Claude de Fontanges n'eut que des filles. Camille de Fontanges, dame de Pestels, se maria avec Charles de Cassanhes-Beaufort, marquis de Miramon, et lui porta la seigneurie de Polminhac. Camille de Fontanges légua à Charles-François de Beaufort, son fils aîné, les châtellenies de Pestels, de Polminhac, Folholes, Marfons et leurs dépendances. Elle avait hérité d'Antoine de Pestels, son oncle, mort sans enfants, et en qui finissait la branche aînée de cette famille.

La famille de Cassanhes, fort ancienne, est originaire du Rouergue; elle vint ainsi s'établir en Auvergne. Comme le Nobiliaire d'Auvergne n'a donné sur elle qu'une notice très-succincte et incomplète, nous allons rapporter en quelques lignes ce qui la concerne. Nous en extrairons la teneur de M. Déribier et de l'arbre généalogique de cette famille qui nous a été communiqué. Elle fut l'une des plus riches do l'Auvergne et des plus illustrées avant la révolution. De nos jours, elle est placée dans les plus hauts rangs de notre département, par sa fortune et la considération qui lui est acquise.

Le plus anciennement connu est Raymond de Cassanhes, dont la femme se nommait Richilde; ils vivaient en 1029.

Hugues et Rigal de Cassanhes, leurs fils, donnèrent, en 1062,' des sommes très considérables pour reconstruire le monastère de Clairvaux, sous la condition d'avoir leur sépulture dans son église. Cet acte existait aux archives de Clairvaux. Pons de Cassanhes vivait eu 1077.

Pierre et Bégon de Cassanhes firent des dons à l'abbaye de Bellecombe en 1175. Guillaume-Pierre de Cassanhes vivait en 1193.

Guillaume-Arnaud fit des dons, en 1231, à l'abbaye de Bellecorube. (Gall. christ.)

Bernard de Cassanhes se croisa en 1250, lors de la sixième croisade.

Hugues-Etienne de Cassanhes vivait en 1262.

Hugon de Cassanhes, en 1271.

Bérald de Cassanhes, chevalier, eu 1278.

Brenguier de Cassanhes épousa, en 1280, N. de Latour.

Pons, Brenguier et Guillaume de Cassanhes vivaient en 1323.

En 1307, Jean de Cassanhes , templier, fut compris dans la condamnation de l'ordre; il était commandeur. Dans son interrogatoire, à Carcassonne, il donna des détails sur les cérémonies usitées dans les réceptions. [Histoire ecclésiastique.).

Pierre de Cassanhes fut général de l'ordre de St-François, en 1333.

Brenguier de Cassanhes, sénéchal du Rouergue en 1341.

Jean de Cassanhes vivait en 1369.

Brenguier de Cassanhes était capitaine de Capdenac en 1378.
Noble Raymond de Cassanhes existait en 1400. Vinrent après lui:
Brenguier de Cassanhes, damoiseau, en 1422.
Noble Ber^enger de Cassanhes, en 1461.
Guillot de Cassanhes, en 1480.

Jean de Cassanhes s'allia, en 1512, à Galianne-Marie de Massip de Beaufort, héritière de sa famille, et, par cette alliance, le nom de Beaufort fut joint à celui de Cassanhes.

Antoine de Cassanhes de Beaufort se maria en 1563 avec Anne de Cazilhac.

Charles de Cassanhes de Beaufort, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, en 1586, épousa, en 1608, Camille de Pestels, et devint ainsi seigneur de Polminhac. Camille de Pestels légua à Charles-François de Beaufort, son fils ainé , les châtellenies de Pestels, Polminhac, Folholes, Marfons ct leurs dépendances. Elle fonda le couvent de St-Joseph, de l'ordre de St-Benoit, à Vic, et s'était réservé le droit d'en nommer la supérieure. La première fut Suzanne de Beaufort, remplacée après son décès par Antoinette du Jarrousset.

Charles-François de Cassanhes de Beaufort, fils de Charles et de Camille de Pestels, fut le premier qui adjoignit à son nom celui de Miramon ; il avait épousé, en 1649, Marie-Marguerite de Brezons.

Claude-Jacques-Joseph de Cassanhes de Beaufort, marquis de Miramon, fut marié en 1670 avec demoiselle Jeanne d'Aureilhe. Il eut pour successeurs:

Alexandre-Emmanuel de Cassanhes de Beaufort, marquis de Miramon, marié en 1725 avec demoiselle Marguerite-Esther de Latour-du-Pin du Gouverne!.

Jean-Gaspard de Cassanhes-Beaufort-Miramon, marié en 1763 avec MarieAnne de Bardouin de Sansac, dont il eut trois filles.

Son frère, Louis-Alexandre de Cassanhes de Beaufort, comte de Miramon,épousa en premièces noces, en 1776, Marie-Anne-Marguerite de Chabannes-Curton, dont il eut Jean-Louis-Gaspard de Cassanhes, chambellan, préfet, etc Son fils, Napoléon de Miramon, filleul de Napoléon 1er habitait St-Angeau et avait figuré avec distinction , pendant de longues années, dans le Conseil général du Cantal. C’était un homme de grands talents, de grandes espérances et d'un esprit charmant, qui avait été honoré d'une bienveillance particulière par M. le comte de Chambord; on ne lira pas sans intérêt les lignes suivantes d'un ouvrage de M. Nettement, où il est question de lui à propos du voyage que le prince exilé fit à Naples en 1840:

« Le lendemain, on fit une promenade sur mer par une de ces belles journées napolitaines où la nature semble partout sourire à l'homme, dans le ciel, sur la terre et sur les eaux  L'esquif, dont les voiles étaient à demi enflées par une faible brise, voguait lentement vers Ischia et Procida , tandis que M. de Miramon chantait quelques couplets où respirait l'amour de la patrie absente , et la religion de l'exil, chant triste et doux dont on redisait en chœur le refrain touchant. Puis, la conversation étant tombée sur les coups de vent qui surviennent quelquefois inopinément dans ces parages, quelqu'un vint à dire : ° Si nous étions jetés sur les côtes  d'Afrique, que ferions-nous? A ces mots, Henri de France releva brusquement la tète : «  Ce que nous ferions? reprit-il, nous prendrions chacun un fusil, nous marcherions contre les Arabes , et, après les avoir bien frottés , nous reviendrions nous embarquer après avoir demandé à nos compatriotes s'ils sont contents de nous. »

Amour de la patrie, religion de l'exil, courage : ces mots étaient bien compris de M. de Miramon. Il est mort prématurément, en 1836, laissant plusieurs enfants, dont l'aîné est M. le marquis René de Miramon. Louis-Alexandre de Miramon épousa en secondes noces, en 1785, Marie-Anne-Jeanne de Cassanhes de Beaufort de Miramon, sa nièce, fille de Jean Gaspard et d'Anne de Bardouin. De ce second mariage naquit Guillaume-Louis de Cassanhes de Beaufort, marquis de Miramon, ancien officier, marié en 1826 avec Jeanne-Julienne-Olympc de Méallet de Fargues. L'aîné de ses deux fils, le comte Anatole de Miramon, s'est marié en 1856 avec Mlle Louise de Mercœur.

La terre et le château de Pestels furent Vendus nationalement en 1792. Les terres furent très morcelées, et ce beau château appartient aujourd'hui à la famille Reveilhac qui l'habite.

Polminhac a une foire fixée au 5 mai.

Les villages et hameaux de la commune sont:

Cabannes, village sur la rive gauche de la Cère; il a donné son nom à une famille ancienne et honorée. Pierre de Cabannes, chevalier, vivait en 1287. Cette famille entra dans celle de Comblat, en 1541, par le mariage d'Antoinette de Comblat avec Jean de Cabannes.

Cabannes passa plus tard dans la famille de Caissac. Jean de Caissac et Marie de Pestels, sa femme, le possédaient en 1663. Cabannes fut donné en légitime à Françoise-Marie de Caissac en 1690. Jean de Chazelles habitait Cabannes en 1693, et François, son fils, en 1727.

Cabanusse , village sur la route impériale, près du précédent.

3° Canon (le), hameau.

Cavade (la), hameau vers la montagne, au nord. Il s'y trouvait un château. N. Pierre de Lauremon en était seigneur au milieu du XVI° siècle et y faisait sa résidence. Guillaume d'Auzolles et Antoinette, sa sœur, le possédaient en 1669. Guillaume d'Auzolles ayant épousé Claudine de Chazelles ; cette dernière hérita de son mari et donna par testament cette seigneurie, en 1071, à Géraud de Fontanges. Géraud fit construire à la Cavade une chapelle que Marguerite de Fontanges, sa sœur, dota de 500 livres. Gaspard de Scorailles épousa Marie, fille de Géraud, et devint seigneur de la Cavade en 1695. Après lui, Françoise de Scorailles en prit possession ; il passa par le mariage de Madeleine, sa fille et son héritière, à Nicolas-Henri, comte de Briay, baron de Landres, qui devint seigneur de la Cavade en 1753. MTMe la comtesse Roger-Ducos possède aujourd'hui la Cavade.

Clavières, beau château situé sur les pentes méridionales de la vallée de Cère, en regard de Pestels. Il domine la rivière qui se déroule en large ruban devant lui, réfléchissant le ciel dans ses eaux et portant leur fraîcheur au sein de fécondes campagnes. Des bosquets et des jardins aux molles pelouses qui s'épanouissent autour du château, la vue jouit des plus attrayantes perspectives et des contrastes les plus heureux. Tandis qu'au sud-ouest la vallée semble fuir comme un fleuve de verdure ou comme un de ces paysages d'Ionie aux contours si doux, à l'opposite du château, Polminhac souriant de jeunesse et d'aisance, la brune et féodale tour de Pestels, le manoir de Comblat qui, sous les rameaux d'un même lierre, a uni son vieil âge aux élégances modernes; Vic, l'antique cité judiciaire du Carladès, se succèdent au pied de leurs groupes de rochers abruptes et bizarres, colosses grimaçants comme des idoles hindoues; puis, les yeux reposés par l'ombre des massifs, distraits par le charme de leurs rêveuses avenues, sont tout-à-coup éblouis par la magnificence de la haute vallée de Cère, et parcourant avec ravissement la suave mosaïque de cet admirable bassin, s'élèvent de chaînons en chaînons vers les lignes sévères et sublimes des monts cantaliens qui terminent l'horizon.

Le fief de Clavières a appartenu à la maison d'Albars depuis 1284 jusqu'en 1543. Guy d'Albars n'ayant pas laissé d'héritier mâle, Clavières passa par alliance au capitaine Salvatges qui, en 1574, défendit vaillamment avec dix bommes d'armes le château de Calvinet contre les huguenots. La famille de Salvatges était déjà connue dans la paroisse de Polminhac, car, dans un acte du 3 mars 1492, figurent les propriétés de Jacobi ou Jacques de Salvatges.

En 1592 Jean de Salvatges épousa Catherine de Bure, fille de Guy de Bure, seigneur de Bure, les Pommiers, Barriac, etc.

En 1027 eut lieu le mariage de François de Salvatges de Clavières avec Françoise de Giou. Cette dernière était protestante. Elle se convertit à la religion catholique et fit bâtir, en 1043, la chapelle de Clavières. Elle fonda aussi cinq messes hautes aux Cordeliers d'Aurillac, par acte du 26 février 1666. François de Salvatges fut tué dans un guet-à-pens. Malgré les troubles de l'époque, ses meurtriers furent énergiquement poursuivis par le prévôt Lacarrière.

Le 10 juillet 1060, Jean de Salvatges de Clavières, conseiller à l'élection d'Aurillac, épousa Marie de Senezergues.

Le château de Clavières fut restauré en 1009.

Autre Jean de Salvatges de Clavières, probablement fils du précédent, était capitaine aux dragons d'Asfeld; il s'y comporta avec tant d'honneur qu'il reçut, en 1690, des lettres de félicitation de Louis XIV pour ses bons et loyaux services.

Jacques de Salvatges de Clavières, lieutenant au régiment de Maine, eut de son mariage avec Marie-Louise de Lasvergnes plusieurs fils, savoir:

Joseph de Salvatges né en 1749, capitaine au corps royal du génie, mort chevalier de Saint-Louis en 1791. C'était un officier très-distingué dans son arme, et on lui doit les fortifications du Havre.

Joseph-François de Salvatges de Prades, lieutenant-colonel du génie, chevalier de St-Louis et de la Légion-d'Honneur, mort à Marseille le 8 juillet 1831.

Pierre de Salvatges, ancien garde du corps, puis maire de Polminhac, mort en 1821.

François Joseph de Salvatges de Clavières, ancien garde du corps, décédé à Clavières le 20 novembre 1839; il avait épousé, en 1801, demoiselle Irène de Comblat, fille de Jean Lacarrière de Comblat et de Marie de Senezergues ; de ce mariage est né M. Louis de Salvatges ou Salvages de Clavières, ancien membre du conseil général et maire de Polminhac , allié à demoiselle Coralie de Bar, fille de M. Georges de Bar , ancien page de Louis XVI, ancien officier émigré , et de demoiselle Pauline de Veillan; il est mort laissant deux enfants , dont le plus jeune, M. Georges de Salvages de Clavières, est officier de cavalerie. Son frère aîné , M. Joseph de Salvages de Clavières, est propriétaire du château de Clavières , où il fait exécuter d'importantes reconstructions et de grands embellissements. Quand ces reconstructions seront terminées, Clavières, par son site, ses lointains incomparables, le luxe de ses eaux, ses délicieux ombrages et ses jardins de plaisance dessinés avec le goût le plus exercé, formera certainement une des résidences les plus gracieuses que l'on puisse imaginer, même dans notre Auvergne, riche en beaux paysages comme un écrin en pierreries.

Costes, village près de la Cavade.

Courtines (las), hameau au pied de la montagne, sur la rive gauche de la Cère, avec un château qui appartenait, en 1470, à Jean d'Arses. Il passa ensuite à la famille de Chaunac de Moutlauzy ou Montlogis. François de Montlogis, qui avait hérité de Courtines, y résidait en 1772.

Esmons, village près de las Courtines, sur la rive gauche de la Cère.

Fraysse-Bas. village à l'ouest de Polminhac, dans la montagne.

10° Frayste-Haut, au nord du précédent. Marguerite d'Humières, veuve de N. d'Ouvrier, président au parlement de Toulouse, y habitait en 1739.

11° Fraysse-del-Miets, village vers la montagne, sur le chemin de St-Simon.

12° Gentie (la), hameau au-dessous de Clavières, sur la rivière.

13° Huttes (les), village sur la montagne, à l'est et loin du bourg, avec un vieux château. La famille Pagès, de Vic, en possédait la seigneurie. Biaise Pagès fut seigneur des Huttes en 1616. Henri Pagès des Huttes, chanoine au chapitre St-Géraud d'Aurillac, occupait le poste de prieur de St-Martin de Thiézac en 1726. Son neveu, aussi du nom d'Henri, était conseiller-procureur du roi au bailliage et en la prévôté du Carladès; il avait épousé Jeanne-Marie de Cambefort, et eut de son mariage un fils du nom de François et une fille, Marguerite-Gabrielle Pagès des Huttes, qui se maria en 1758 avec M. Guy Delolm de Lalaubie, conseiller du roi au bailliage et siége présidial d'Aurillac, et lieutenant principal en ladite élection. Son frère, François Pagès des Huttes, était capitoul de Toulouse en 1768, et membre de l'assemblée de l'élection d'Aurillac en la même année; il eut une fille et quatre fils : Jérôme, Jean-François, Jacques-Philippe et AntoineJoseph. Ces quatre frères prirent, pour se distinguer entre eux et d'après un usage ancien, les noms de d'Esclauzels, du Teil, de Lavalette et de Nierestang empruntés aux propriétés qu'ils possédaient. Ils servirent en même temps le roi Louis XVI en qualité de gardes du corps, compagnie écossaise. La mort de Nierestang des Huttes est un événement qui appartient à l'histoire. Elle a laissé autour de son nom la triple auréole de l'honneur, du courage et de la fidélité.

Nierestang des Huttes, le plus jeune des quatre frères, était doué d'une âme généreuse et d'un cœur chevaleresque. Entré de bonne heure dans la maison du roi, il y avait gagné de chaleureuses amitiés parmi ses frères d'armes, attirés vers lui par sa nature sympathique, la loyauté de son caractère, la gaîté de son esprit et ce dévouement au roi qu'il devait sceller de son sang; car il fut la première victime inscrite dans ce grand nécrologe de la monarchie qui commence au meurtre des gardes du corps pour aboutir à l'échafaud de Louis XVI.

Personne n'ignore les scènes horribles des 5 et 6 octobre 1789. Animé d'une haine mortelle contre la reine, couvant au fond de son cœur le sombre désir de se frayer dans le sang de la famille royale une voie vers le trône, Philippe d'Orléans avait soudoyé la plèbe des faubourgs de Paris et l'avait lancée sur la route de Versailles. Des hordes féroces étaient entrées dans cette ville ayant à leur tête Maillard, un des héros de la Bastille, et un scélérat sans nom, connu , l’homme à la longue barbe. Lafayette, arrivé sur leurs pas, s'était bercé d'une inexplicable confiance dans quelques précautions prises par lui; et, après avoir répondu au roi de la tranquillité publique, invité la multitude à se retirer, il était rentré lui-même à l'hôtel de Noailles, laissant le château cerné par des rassemblements menaçants et illuminé par le feu lugubre de leurs bivouacs.

M. le marquis de Lafayette avait pris le soin de réparer, comme il le dit lui-même, le désordre.... de sa coiffure, puis il s'était étendu sur un lit de repos; il dormait, mais pendant son sommeil, le crime était debout et trouvait des portes ouvertes et non gardées. Vers trois heures du matin, plusieurs brigands s'introduisirent par ces avenues dans la cour du  château. Dirigés par des guides travestis, ils étaient parvenus jusqu'à l'escalier de marbre qui conduisait aux appartements de la reine; mais là, deux gardes du corps veillaient : c'étaient des Huttes et de Varicourt. Ces deux jeunes officiers comprirent le danger de la reine et se dévouèrent résolument à son salut. Varicourt s'élance vers les appartements intérieurs en criant aux gardes qui s'y trouvaient : « Sauvez, sauvez la reine. » Des Huttes reste à son poste, et seul, inébranlable, tient tête à cette multitude de brigands qui l'entoure et le presse. Un combat héroïque a lieu dans les ténèbres; pendant quelques instants, l'intrépide garde du corps arrête la bande entière des forcenés et donne, au prix de sa vie, le temps à la reine de quitter les lieux où on espérait la trouver. Il tombe enfin, accablé par le nombre, percé de mille coups, et les brigands, passant sur son cadavre, peuvent gravir les marches de l'escalier; mais là, s'engage un nouveau combat, succombe une nouvelle victime, c'est Varicourt. On sait le reste: les envahisseurs s'acharnant à percer la couche vide de l'auguste princesse; Marie-Antoinette, sublime comme reine, épouse et mère, se montrant d'abord au balcon avec ses deux enfants; puis, à un cri sinistre : Pas d'enfants, ramenant ceux-ci dans l'intérieur du palais, et reparaissant seule, les bras croisés sur la poitrine, la tête haute, le front calme, devant les fusils qui la couchaient en joue, si grande en ce moment qu'elle frappa d'admiration cette troupe d'assassins, et qu'un seul cri, un cri d'enthousiasme, put sortir de ses rangs: Vive la reine!

Quelques heures après, le roi se laissait entraîner à Paris; les signes de la destinée qui l'y attendait apparaissaient déjà devant lui : c'étaient les têtes de des Huttes et de Varicourt portées en triomphe par leurs assassins.

Les gardes du corps suivaient, l'œil morne, ce cortége funèbre, convoi de la royauté comme de ses défenseurs. Mais le souvenir de des Huttes devait vivre au fond de leur cœur, et parfois les frémissements d'indignation que leur avait causé sa mort s'exhalaient en termes brûlants du fond de leur poitrine. Nous en trouvons le témoignage dans un article de la Gazette de Paris, daté du 4 septembre1790, qui nous reporte au milieu des palpitations de cette lamentable époque.

« Des Huttes, jeune et brave guerrier, s'écrie l'auteur de l'article, vous êtes mort à votre poste, inébranlable comme la vertu doit l'être ; nouveau d'Assas, défiant un ennemi plus terrible que celui que d'Assas lui-même bravait; car l'Anglais pouvait être généreux, mais l'homme devenu tigre est plus féroce que le tigre lui-même. Valeureux des Huttes, que vos frères, dignes de combattre  avec vous sous le même drapeau, éprouvent des regrets moins amers en pensant au tribut d'éloges que l'histoire vous réserve. Tant que chez les Français les noms des Bayard, des de Vic, des Faudoas, qui moururent pour leur roi seront prononcés avec un respectueux enthousiasme, le vôtre, jeune des Huttes, sera prononcé aussitôt; les mêmes larmes couleront. Votre tête fut promenée en triomphe à côté de votre digne compagnon d'armes, de Varicourt, dont une sœur, chantée par le peintre immortel de Henri, pleure chaque jour l'amour et les vertus; mais quel est celui de leurs assassins qui oserait se faire connaître? Dans les spectacles même, lorsqu'au moment de nommer les meurtriers de  Ninus ou de l'époux de Nephté , le grand prêtre s'écrie : L'assassin est dans ces  lieux, s'il se trouve un seul homme désigné seulement comme complice de cette nuit épouvantable, il s'enfuira; il croira voir les ombres de des Huttes et de Varicourt le poursuivre

Un jour on dira : les des Huttes, les Varicourt n'ont point en vain versé leur  sang,

« Et du sein des tombeaux la vengeance est venue. »

Jacques-Philippe des Huttes, qui prit le nom de des Huttes de Lavalette, était de garde à Versailles en même temps que son frère, les S et 6 octobre 1789. Cela résulte des états de service qui lui furent délivrés a Feistritz ( Autriche, le 17 février 1801, par Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé; il ressort des mêmes états qu'il é migra en 1791, fit la campagne de 1792 à l'armée des princes, frères du roi, joignit le corps du prince de Condé le 5 septembre 1793, servit sous ses ordres, dans la cavalerie noble, depuis cette époque jusqu'au 5 décembre 1795. se trouva à toutes les affaires qui eurent lieu, notamment aux combats des 12 septembre, 13 octobre, 2 et 3 décembre 1793, se conduisit constamment avec un grand honneur, beaucoup de zèle et de courage, et en brave et loyal gentilhomme. Il fut nommé chevalier de Saint-Louis le 18 décembre 1815. Quelque temps plus tard, Louis XVIII l'appela aux fonctions de grand prévôt près l'une des cours prévôtales du royaume, qui remplaçaient avec une composition moins rigoureuse les tribunaux spéciaux du consulat et de l'empire.

M. de Lavalette est mort après 1830, avec le grade de maréchal de camp, laissant la réputation d'un homme d'esprit, d'un ton parfait, dévoué à ses convictions, et d'une énergie de caractère que les circonstances ne faisaient jamais fléchir. Son frère aîné, M. des Huttes d'Esclauzels, a seul laissé des descendants. La famille des Huttes, pendant longtemps fixée à Vic-sur-Cère, est aujourd'hui représentée par Mme de Mandillac, née des Huttes, et par les enfants de Mme de Latapie de Balaguier, sa sœur, MM, Firmin et Félix de Latapie de Balaguier, et M"" la baronne Joseph de Saignes, née Marie de Balaguier.

Les Huttes appartiennent à M. Saphary, ancien maître de conférences à l'Ecole normale de Paris et ancien professeur de philosophie au collége Bourbon, où il a a représenté avec un grand éclat la philosophie de Condillac et de Laromiguière, développée par ses propres travaux. M. Saphary est auteur de plusieurs ouvrages profondément pensés, et d'un style toujours correct et élevé. L'un d'eux, l’Ecote éclectique et l’Ecole française, où il dessine a larges traits les principes de cette dernière école, a été couronné par l'Institut et honoré des suffrages les plus respectables dans l'épiscopat français; mais les sujets de méditation du philosophe n'ont pas eu toujours la même sévérité. Dans un poème de ses jeunes années , qui lui a conquis les distinctions des jeux Floraux, sa muse, éveillée au pied des Pyrénées par l'amour de ses montagnes arverniennes, s'est épanouie envers heureux, tels que ceux-ci:

Des bords que j’ai quittés je reconnais l'image,

Arbres, rochers, torrents, hommes, mœurs et langage,

Tout frappe, tout concourt à cette illusion

Des lieux même souvent je retrouve le nom.

Là, comme sur nos monts, une eau tumultueuse

Egare la pensée et rend l'âme rêveuse,

Me rappelant cette onde au bruit consolateur

Qui répandit souvent le baume dans mon coeur.

Là, je connais l'écho qui répétait Virgile

Lorsqu'enfant je l'appris où l'apprenait Delille.

Plus loin, c'est un ruisseau qui, paisible en son cours,

Me ramène au vallon témoin de mes beaux jours

Ils coulèrent sans bruit tels que son onde pure

Qu'à peine l'on voit fuir à travers la verdure.

 

Au souvenir de Carlat, le poète s'écrie:

 

Nos monts ont leurs débris empreints de souvenirs
De Marguerite encor l'écho dit les soupirs.
Carlat, dans ses vieux murs, à l'aimable princesse,
Au lien d'une prison, offre une forteresse
Où bientôt gouverna l'amour insidieux:
Le gardien fut captif aussitôt qu'amoureux (1).
C'est toi, du Carladès antique citadelle,
Qui protégeais encore une femme rebelle,
Lorsqu'au vainqueur d'Ivry son généreux courroux
Fit briser noblement les fers de son époux (2).
Toi, dont Bayle et Brantôme ont décrit la puissance,
Et qui de la fortune attestes l'inconstance,
Usson, en vain sur eux tes gothiques créneaux
Du vieux Saturne ont vu s'appesantir la faux,
Ecuyers, ménestrels s'offrent à mes regards,
Des chevaliers encor flottent les étendards
Tout s'anime au clairon, jeux, tournois, tout s'apprête,
Des paladins joyeux je partage la fête;
Je rêve avec son luth l'enjoué troubadour
Aux accents belliqueux mêlant le lai d'amour.
Muse, pénètre encor dans les vieilles chroniques,
Puise en des lieux divers des rapports poétiques,
Oppose aux souvenirs de ces monts orgueilleux
De nos monts ignorés les fastes glorieux. »

Enfin , après avoir passé en revue les célébrités de l'Auvergne et raconté de plaintives élégies, il termine par ces accents pieux:

 

Les déserts de tout temps furent religieux:

La mère pour son fils y va faire des vœux.

Sur le roc escarpé s'élève une chapelle

Attestant qu'un seigneur à son vœu fut fidèle

Lorsque par Notre-Dame implorant la santé

Il recouvra ce bien par sa foi mérité.

En tout temps, vers ces lieux, des chrétiens de tout âge

Vinrent le cœur contrit en saint pèlerinage;

Docile à ses aïeux, le pieux montagnard

Y porte son offrande: et j'ai vu le vieillard.

Ainsi que Philémon, sur un bâton antique

S'appuyer, et conter sur un ton prophétique

Des faits miraculeux que nul n'a méconnus.

Et qui sont de l'aïeul jusqu'à lui parvenus.

Viens, déroule à mes yeux tes fastes, Saint-Alyre;

J'entends sous tes vitraux un amant qui soupire:

D'un amour tout céleste entretenant le feu ,

Là, vécurent deux cœurs martyrs d'un chaste vœu;

L'airain avait sonné la fin de leur carrière

Lorsque des deux tombeaux l'insensible poussière

S'animant, rapprocha les restes amoureux

De ceux que le bonheur unissait dans les cieux.

Vains souvenirs !.... Déjà l'ombre de la montagne

Se peint dans le ruisseau, s'étend dans la campagne.

Avec un doux adieu le soleil disparaît:

Qu'à la fin d'un beau jour nous touchons à regret!

Adieu montagne! adieu ravissante verdure,

Adieu touchant émoi qu'éprouve la nature

Quand des champs paternels la main du Créateur

Fait rayonner l'image au fond de notre cœur.

Adieu! si le destin me faisait reparaître

Sous l'ombrage chéri des bords qui m'ont vu naître.

Je leurs dirais un jour que vous seuls autrefois

De la patrie absente éveillâtes la voix

Que j'ai pour un instant retrouvé ma patrie

Comme Orphée, en chantant son épouse chérie.

Sut recouvrer co bien prompt à s'évanouir.

Quand sa lyre frémit de sou dernier soupir

(1) Marguerite de Valois, épouse d'Henri IV, demeura dix-huit mois à Cariat. Il serait trop long de rapporter ce qu'en ont dit d'Aubigné, Brantôme, Bayle; je ne citerai à mon appui que les termes de Davila , historien généralement estimé : « Ella fu posta nel caslello, di Carlat in Overnia come prigione, e di là dopo qualche tempo trasferita ad Ussone nella medesima provincia sotto alla custodia del marchese di Canigliac; il quale, corne si diceva, falto prigione della sua prigioniera l'haveva riposta in liberta.

(2) M- de Morèze.

 

 

14e Marfons, village sur la rive gauche de la Cère, à l'est de Polminhac Le château était un fief qui appartenait très-anciennement à la famille de Teissières. Marfons fut donné, en 923, au monastère de Conques, par Bernard de Carlat. Guy de Teissières était, en 1337, seigneur du château de Marfons. Le commandeur de Teissières fut général des galères de Malte et périt en faisant construire un fort en Afrique, par ordre du vice-roi de Naples, vers 1567.

Le château de Marfons fut du nombre de ceux dont s'emparèrent les huguenots en 1380. N. Antoine de Teissières fut le dernier de sa famille; sa fille unique, Anne de Teissières, marine, en 1616, à Raymond de Chaunac, lui porta les seigneuries de Marfons et de Montlogis. La famille de Chaunac est connue depuis Jean de Chaunac, qui se croisa en 1190. Raymond adjoignit à son nom

celui de Montlogis. Il était mestre de camp d'infanterie en 1620. Cette famille est représentée aujourd'hui par N. de Montlogis, mariée avec N. Duverdier de Marsilhac, qui lui a donné plusieurs enfants; il réside à Dousque.

15° Marvejouls, gros village entre Yolet et St-Etienne-de-Capels, au sud du bourg.

1 6° Menuisier, hameau.

17° Meymac, village sur la route impériale, à l'ouest de Polminhac.

18° Montlogis, hameau et château dominant la rive gauche de la Cère. Il est environné de prairies et de bois. Nous venons de voir comment de la famille de Teissières il passa à celle de Chaunac, originaire du Quercy, qui prit son nom; il appartient aujourd'hui à M. Maurice Bouygues, conservateur des hypothèques à Aurillac, qui l'a restauré et embelli.

19° Murat-Lagasse, village entre Fraysse-Haut et Sévérac. Son château fut saccagé en 1587 par les Anglais; il n'en reste que quelques faibles ruines. Il a existé une famille de ce nom. On connaît Bernard de Murat, coseigneur de Murat-Lagasse, qui vivait en 1240; Pierre de Murat, damoiseau, en 1291. Malfred de Murat rendit hommage au vicomte de Carlat, en 1345, pour le fief de Montlogis. Gabrielle de Murat, dame de Montlogis et en partie de Murat-Lagasse, épousa, en 1501, Gaspard de Moret.

20° Onzac, village.

21° Pestels, château compris dans le chef-lieu. Nous on avons parlé.

22° Peyre-Nigre, hameau.

23° Pouget (le), hameau appartenant, en 1540, à Henri de Vixouze.

24° Ribe (la), hameau et château dans la montagne. Jean de la Ribe en était seigneur en 1654. Une belle maison à quatre étages voûtés a remplacé le château; elle appartient à Mm° la comtesse Roger-Ducos.

25° Rouquette, hameau.

26° Roziers, hameau.

27° Sagne (la), hameau. ; 28° Salvaqua, village près de la Cavade, dominant le ruisseau de Polminhac.

29° Sévérac, village au dessus de Pestels.

30° Touret, hameau.

31° Tourtac, village près de Polminhac.

32° Vixouze, village et château. Sa situation est des plus pittoresques, à mi-hauteur du versant de la montagne qui domine la rive gauche de la Cère. Le fief de Vixouze appartenait à une famille de ce nom. Guy et Hector de Vixouze, damoiseaux, vivaient en 1229; Guillaume, chevalier, en 1284. Le 14 septembre 1329, Hector de Vixouze, autrement dit de Giou, damoiseau, reconnut tenir en fief franc et noble, de Bernard de Pons, vicomte de Carlat, son château de Vixouze et de Hauteval, ainsi que le château de Montjou; de plus, tout ce qu'il possédait dans le mas du Pouget, commune de Polminhac; trois quarts de la forêt du Bos-Viel, et tous les biens qu'il avait entre les eaux du Goul et de la Cère, avec la juridiction haute et basse; le domaine direct et mixte et l'exercice de ces droits.

Par testament eu date du 23  juillet 1354, noble Marguerite de Vixouze foud une chapellenie en l'église paroissiale de N. d'Orlhac, sous le patronage de» consuls et la dotation de 20 sols tournois de rente.

Guy possédait, en 1337, le château de Vixouze et d'Alteval, vers la Capelle-Barrès. Après la famille de Vixouze, dont une branche se fixa à Comblat, cet»© seigneurie passa en celle de Bruneinc en 1432. Cette famille de Bruneinc était déjà ancienne; car on cite parmi les troubadours d'Auvergne, au XIII° siècle, Hugues de Bruneinc. Son histoire présente même un caractère romanesque. Ce gentil troubadour aima une dame d'Aurillac nommée Galliane; il n'eut pas l'art de s'en faire aimer, et elle lui préféra le comte de Rodez. De désespoir, Hugues de Bruneinc se fit chartreux. Le fait est rapporté en langue romane dans la vie des troubadours..

« E entendait en una borzeza d'Orlhac que avio nom dona Galiana; mas ela  non lo vole amar ne retener, ne far negun plazer en dreig d'amor, e tan que  ela avia fag son drat del comte de Rodez, e donct comjat a n'Uc Brunenc. Uc per la dolor que el n'ai mes se en l'ordre de cartoza, e aqui el mori. »

Raymond de Bruneinc vendit la terre de Vixouze à Marguerite de Chaumeil, dame de Caillac, qui la revendit, en 1595, à Jacques de l'Arbre, moyennant 6,600 livres. Après lui Vixouze passa dans la famille de Pagès. Biaise Pagès eu jouissait en 1616. Pierre Pagès fut conseiller au présidial d'Aurillac.

Quant à la branche de Vixouze qui alla se fixer â Comblat, Jacques était au nombre des familiers de Jacques d'Armagnac, en 1475. Raymond, son petit-fils, ne laissa qu'une fille, Antoinette de Comblat, qui épousa, en 1541, Jean de Cabannes, écuyer. De ce mariage sont issus les seigneurs de Comblat et de Gorces, substitués aux nom et armes de Raymond de Comblat, en 1562. Françoise de Cabannes, héritière de Comblat, porta cette terre en mariage, en 1716, à François Joseph de Lacarrièrc, qui en prit le nom.

La famille Pagès a joui jusqu'à notre époque de la belle propriété de Vixouze. Un des derniers représentants de cette famille, M. François Pagès de Vixouze, lieutenant particulier au présidial d'Aurillac et subdélégué de l'intendance d'Auvergne, est célèbre par ses nombreux ouvrages en prose et en vers, parmi lesquels on remarque un traité de littérature en trois volumes, contenant des extraits de littérature grecque, romaine, française, anglaise, italienne, espagnole, portugaise, hollandaise, allemande, russe et turque.. Sa verve était intarissable à tel point que, s'étant aperçu après avoir écrit un poème en quinze chants, la Philipide, que la nouveauté de la mesure introduite dans ce poème pourrait ne pas être goûtée du public, il le refit en entier en vers alexandrins; il laissa une fille unique mariée à M. Malroux-Désaurières, et qui a eu deux enfants : M. Eugène Désaurières et Mlle N. Désaurières, qui a épousé M. Dessauret d'Auliar, ancien maire de St-Flour.

Le château domine agréablement la vallée de Cère. Ce château a été construit à des époques différentes. La tour et une partie de l'enceinte, à l'ouest, appartiennent au XIII° siècle ; les bâtiments du sud sont du XVIII° siècle. Un plateau assez large règne entre le château et la montagne ; il est couvert d'arbres fruitiers et d'autres de diverses essences. Le sol de la commune de Polminhac est en partie volcanique et e» partie calcaire. Les terres cultivées produisent beaucoup de sarrasin, mais subissent en maints endroits l'effet du ravinage. Les prés sont de très - bonne qualité, surtout ceux qu'arrose la Cère. Des masses de rochers basaltiques forment une espèce d'enceinte au nord de la commune et s'élèvent comme des ruines édentées.

La route d'Aurillac à St-Flour traverse la commune et le chef-lieu, en remontant le cours de la Cère.

Polminhac était de droit écrit et relevait de Vic; cette paroisse fut imposée à 7,400 livres pour la taille de 1696.

Paul. DE CHAZELLES. H. DE LALAUBIE.

 

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