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 La commune de Pleaux aujourd'hui

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— La commune de Pleaux est bornée au nord par celles de Chaussenac et de Tourniac; à l'est, par celles de Barriac et de St-Christophe; au midi, par la rivière de Maronne; à l'ouest, par le département de la Corrèze (communes de Rilhac et de St-Julien-aux-Bois).

Elle est arrosée par la rivière de Maronne, les ruisseaux d'Incon, d'Eschau, de Pondaurat, des Moulègres et de Longuayroux.

La commune de Pleaux est située à l'une des extrémités du grand plateau basaltique qui s'étend entre l'Auze et la Maronne; son sol est en partie volcanique et en partie primitif. Le basalte est la seule roche que l'on trouve dans la première partie ; le gneiss et les micaschistes dominent dans la seconde. On remarque sur plusieurs points de la commune, à Calau, à Enchanet, à Trignac, du minerai de fer. On l'exploitait, il y a peu d'années, dans les premières localités. La fertilité du sol est en rapport avec la nature de la roche dominante. Les plaines volcaniques sont très-fertiles; il n'en est pas de même dans les gorges et la partie de la plaine où le gneiss se montre. La culture est bien entendue, le trèfle y est cultivé en grand ; on y récoltait aussi une grande quantité de pommes de terre avant qu'elles ne fussent atteintes de cette funeste ma'adie qui, depuis quelques années, exerce tant de ravages dans nos champs. On a compris dans cette commune que l'étendue des prairies naturelles n'étant pas en rapport avec celle des terres labourables, il fallait faire disparaître cette disproportion en cultivant les racines et les plantes fourragères. Les cultivateurs se livrent tout à la fois à l'élève et à l'engraissement des bétes à cornes, des moutons et des mulets. Les pâturages n'étant pas assez nombreux et surtout assez productifs, le nombre des élèves est restreint, on les vend jeunes; ils ne suffiraient pas pour la consommation des fourrages secs, dont une partie est destinée aux bétes à l'engrais.

Les propriétés sont fermées par des haies vives et bordées par des noyers, des arbres fruitiers, et, en quelques endroits, par des chênes magnifiques que la hache a toujours épargnés et qui produisent le gland nécessaire à la nourriture dus porcs nombreux que l'on élève dans la commune. Peut-être pousse-t-on un peu loin le luxe des plantations; beaucoup de villages, et surtout ceux qui sont placés dans les parties les plus fertiles, sont littéralement cachés ou plutôt étouffés par les arbres qui entourent les propriétés et les bâtiments.

La population de la commune, portée dans le manuscrit de M. Déribier, à 5,163 habitants, ne s'élève, d'après le dénombrement fait en 1856, qu'à 2,680 âmes. La ville compte 255 feux. 184 maisons sont réparties entre 17 villages et 20 hameaux.

Pleaux, autrefois Pleus et Pleux, en patois Pléou. Son nom dérive du mot latin plebs, plèbes, paroisse, église baptismale (du Cange). D'après M. Charles Giraud, membre de l'institut (Revue de législation, tom. 17, p. 585), les villes ou villages bretons, dont le nom commence par plé, plou, pleu, plo, doivent leur fondation a des moines. Mous hésitons d'autant moins à donner à Pleaux une origine semblable, que les documents historiques viennent à l'appui de nos conjectures.

Il y avait à Pleaux un prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, dont l'existence est établie d'une manière certaine vers le milieu du XI° siècle; il dépendait de l'abbaye de Charroux, près de Poitiers. Dans une bulle du V des nones de mai, indiction III, la deuxième année du pontificat de Léon IX, date correspondant au 3 mai 1053, l'église de Pleaux. (ecclesia de Pleux) est mentionnée parmi les dépendances de l'abbaye de Charroux. Il en est fait mention plus tard, et dans les mêmes termes, dans deux bulles de confirmation, l'une d'Alexandre II, l'autre d'Urbain II. (Biblioth. impériale, ms. de Baluze, armoire 3, paquet 1er.)

Dans un ancien pouillé de l'abbaye de Charroux qui nous a été communiqué par le savant archiviste de la Vienne, M. Redet, le prieuré de Pleaux est mentionné en ces termes: « Prioratus sive monasterium sancti Salvatoris de Pléoux, de prima et antiqua fundatione in quo sunt prior et quinque monachi. » D'après ce passage, le prieuré de Pleaux aurait été uni à l'abbaye de Charroux à l'époque de sa fondation. Cette tradition n'est pas dénuée de vraisemblance. Le monastère de Charroux fut fondé en l'année 769 par Roger, comte de Limoges, et par Euphrasie , sa femme. On voit dans leur testament, du 19 mai 785 , rapporté par Mabillon (Annales ordinis Sti Benidicti, t. II, p. 711 et s. Appendix XXIX , qu'Euphrasie donne au monastère qu'ils avaient fondé le château de St-Yvoine, près d'Issoire, et d'autres possessions qui étaient situées en Auvergne. Aucun des noms de lieu qui y sont cités ne ressemble même de loin à celui de Pleaux; mais il ne serait pas impossible que l'ancien nom eût été changé, et que celui de PLebs, Pieux, lui eût été substitué. Les exemples de ces changements de nom ne manquent pas au moyen âge. Lorsqu'on fondait un monastère dans une localité peu importante, un nouveau nom était souvent substitué à l'ancien, dont le souvenir se perdait.

Il est aussi à remarquer que le monastère de Charroux, celui de Nontron, fondé en 804 par Roger et Euphrasie, et dépendant de Charroux, étaient dédiés à saint Sauveur. C'est aussi sous l'invocation de saint Sauveur que le prieuré de Pleaux avait été placé. Ne semblerait-il pas que la même pensée avait inspiré ces pieuses fondations, et que les unes et les autres étaient contemporaines?

Si ces conjectures étaient fondées, l'origine de Pleaux remonterait au règne de Charlemagne.

Dans le principe, le prieur était l'unique seigneur de Pleaux (Deluguet); mais plus tard, l'abbé de Charroux fut obligé de mettre son prieuré sous la protection des seigneurs voisins et de leur abandonner une partie de ses droits. En 1228, il donne en fief à Astorg d'Aurillac, chevalier, la garde de l'église, du château et de la paroisse de Pleaux. Cet acte étant important pour l'histoire féodale, nous en donnons une traduction a l'appendice.

En 1279, le prieur associa à la justice de Pleaux Bernard, Raoul, Pierre et Hugues de Pleaux , qui prirent le titre de viguiers. Ils se qualifiaient déjà de coseigneurs de Pleaux (Deluguet).

Ces concessions ne produisirent pas les résultats que l'abbé de Charroux et le prieur de Pleaux en attendaient; ils eurent alors recours à un protecteur plus puissant, au roi lui-même. Au mois de février de l'année 1289, un traité fut fait entre le roi Philippe-le-Bel et l'abbé de Charroux; ses dispositions sont importantes, et exercèrent une heureuse influence sur l'avenir de la ville de Pleaux. Nous devons les faire connaître en entier, en donnant une traduction presque littérale et aussi exacte que possible de la charte qui les contient.

« Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Francs, faisons connaître à tous présents et à venir, qu'entre nous, d'une part, et religieux hommes l'abbé, les moines de Charroux, du diocèse de Poitiers, et leur prieur de Pleaux, d'autre, ont été faits le traité, les conventions et les règlements qui suivent, au sujet de l'établissement d'une bastide ou ville nouvelle. Ledit prieur donnera un lieu convenable pour l'établissement de la bastide ou ville nouvelle, à savoir l'ancienne ville de Pleaux et la place appelée de Peyssines, où se tiennent les foires et marchés; notre maison, celle du prieur et l'église paroissiale en feront aussi partie. — Tous les revenus, les rentes, les redevances, les cens, les droits de vente et de revente, tous les profits de toutes les choses existant dans ladite bastide et l'ancienne ville, appartenant audit prieur de Pleaux, seront communs entre nous et le prieur, et seront divisés par égales portions Il en sera de même des appartenances de ladite ville et bastide. Les péages, les droits de leyde, de foire, de marché accoutumés et ceux qui seraient établis à l'avenir, les clames, la justice haute, moyenne et basse, les amendes, les mesures, les émoluments et les droits casuels desdites bastide et ville, de leur territoire et de leurs appartenances, sont et seront communs entre nous et le prieur susdit, sauf le droit d'autrui et celui des viguiers, s'ils en ont. — Le four ou les fours, le moulin ou les moulins qui existent actuellement ou qui seront édifiés dans la bastide et la ville ancienne ou leurs appartenances sont et seront communs, et appartiendront par portions égales à nous et au prieur susdit. — Aucun des habitants desdites, ville et bastide ne pourra moudre son grain hors du moulin ou des moulins communs, ni cuire son pain hors du four ou des fours communs. — Nous ou nos mandataires ne pourrons avoir ni moulin ni four dans lesdites ville et bastide, ni dans les appartenances de la châtellenie de Pleaux, à moins qu'ils ne soient communs avec ledit prieur; et, par réciprocité, le prieur ne pourra avoir dans les mêmes lieux ni four ni moulin, s’il n'est commun. — Il sera établi des fourches et un poteau, où notre bailli et celui du prieur feront justice; l'un ne pourra sans l'autre juger, absoudre, contraindre ou faire justice dans le district desdites ville et bastide. Cependant, en l'absence de l'un d’eux, celui qui sera présent pourra saisir, arrêter et incarcérer, mais il ne pourra mettre en liberté. — Nous aurons dans ladite bastide et ville ancienne un bailli ou un prévôt qui, chaque année, sera tenu de jurer et jurera au prieur, en entrant en fonctions, qu'il observera exactement les règlements et les conventions contenus dans le présent traité, et qu'il respectera le droit et le domaine de l abbé de Charroux et dudit prieur. De même, le prieur aura dans lesdites ville et bastide un bailli qui, chaque année, fera le même serment à notre bailli (1).

 

(1)(Je pense que c'était au bailli royal des montagnes et non au bailli ou prévo! de Pleaux, que le serment était prêté. C'était aussi le bailli des montagnes qui devait recevoir les comptes et juger les appels.)

 

 

Lesdits baillis rendront, une ou deux fois dans l'année, un loyal compte des recettes faites et des droits de justice perçus dans ladite société; ils l'affirmeront devant notre bailli et le prieur susdit, qui recevront ensemble ledit compté. — Nous et ledit prieur aurons une prison commune dans ladite ville et bastide, et non l'un sans l'autre. — Nous n'aurons ni juridiction, ni droit de clame, ni amende sur la famille du prieur, ni le prieur sur la notre, en expliquant cependant que nous et nos préposés, ni le prieur, ne pourrons arrêter les poursuites contre un membre de notre maison, s'il était poursuivi pour un délit entraînant une peine corporelle. — Toutes les enquêtes et recherches dans la bastide ou ville et son territoire seront faites en commun par les baillis susdits, de manière que l'un ne puisse faire des enquêtes ou connaître d'une affaire sans l'autre. — Les publications et les criées seront faites de notre part et de celle de l'abbé de Charroux.

Il sera créé et établi des consuls dans ladite bastide par notre bailli et par le prieur; ils seront tenus de jurer chaque année , en entrant en fonctions, à notre bailli et audit prieur, qu'ils conserveront fidèlement notre droit et notre domaine et ceux de l'abbé de Charroux et dudit prieur, et qu'ils jugeront suivant le droit et les coutumes concédées ou à concéder à ladite ville. — Il y aura dans lesdites ville et bastide un sceau commun dont les habitants seront tenus de se servir à l'exclusion de tout autre; l'émolument qui en proviendra sera partagé entre nous et le prieur. La garde de ce sceau sera confiée à un homme qui nous soit fidèle, ainsi qu'au prieur, lequel sera choisi par notre bailli et par ledit prieur. — Tous les villages, mas ou manses, avec leurs appartenances, les terres cultes et incultes, les jardins, les forêts, les prés, les pâturages et autres choses existant hors des appartenances de ladite ville et bastide, qui sont actuellement tenus du prieur et qui en seront tenus à l'avenir, lui demeureront propres, même dans le cas où ils tomberaient en commise , auquel cas ils pourront être délivrés par le prieur à des personnes qui puissent et soient tenues de répondre audit prieur, et non à d'autres , des droits de vente , de revente, des cens , des rentes et autres droits qui lui appartiennent. Nous et les habitants desdites ville et bastide ne pourrons rien prétendre ni revendiquer dans les choses susdites.

Tous les biens immeubles qui tomberont en commise à raison de la haute justice hors desdites ville et bastide, seront communs entre nous et ledit prieur, sauf le droit des viguiers, ainsi qu'il a été dit plus haut. Quant aux immeubles, ils demeureront au prieur.

Aucun de ceux qui tiennent des fiefs ou arrière-fiefs relevant de l'abbé, de Charroux ou du prieur de Pleaux , ou ayant appartenu auxdits abbé et prieur ou dont leurs prédécesseurs ont été en possession, ne pourra reconnaître les tenir de nous ou de notre mouvance. Si le contraire arrivait, nous ne pourrons prétendre ni revendiquer aucun droit dans ces fiefs. Il en sera de même de tous les autres biens, possessions et choses quelconques appartenant au prieuré de Pleaux. — Il a été réglé que, dans le cas où nous ou nos préposés ferions des achats, des acquisitions, des conquêtes , ou que des donations nous seraient faites dans la paroisse, la ville, la bastide ou la châtellenie de Pleaux, de choses n'appartenant pas au fief ou au domaine desdits abbé ou prieur, ce dernier, à cause de son prieuré, aura la moitié de ces choses, lesquelles seront communes entre nous, pourvu cependant que le prieur paie la moitié du prix de la chose achetée.

Nous donnerons aux habitants desdites ville et bastide des coutumes qui seront approuvées par l'abbé et le prieur. Notre bailli et celui du prieur jugeront ensemble suivant lesdits usages ou coutumes; et, s'il advenait qu'on appelât desdits baillis, l'appel sera porté devant notre bailli et le prieur susdit, lesquels entendront la cause ensemble ou s'entendront pour commettre une autre personne pour la juger. — Nous déclarons concéder au lieu de Pleaux les mêmes franchises que nous avons accordées à la ville franche du diocèse de Rodez.

Il est arrêté que la prison, le four ou les fours, le moulin ou les moulins communs desdites ville et bastide seront faits à frais communs; mais le prieur fixera la dépense à faire pour la construction de ces édifices, suivant sa volonté.

Les présentes conventions seront exécutées suivant leur forme et teneur, sauf le droit d'autrui et celui des viguiers tel qu'il a été réglé dans certaines lettres revêtues du sceau de Pierre de Villemignon (Villamenho) , alors bailli des montagnes d'Auvergne.

Nous, donnant notre approbation aux traité, règlement, association et conventions qui précèdent, voulant qu'elles soient perpétuelles, leur avons donné notre assentiment, sauf notre droit en autres choses et le droit d'autrui en toutes; et, afin que ce soit chose stable et ferme à toujours, nous avons fait apposer notre sceau aux présentes lettres. Fait à Paris, l'an du Seigneur mil deux cent quatre-vingt-neuf, au mois de février. »

 

Arrêtons-nous un instant sur les dispositions de cette charte. Nous y voyons que déjà la ville de Pleaux avait une certaine importance, qu'elle avait des foires et des marchés, et qu'on les tenait dans la place de Peyssines , qui porte encore le même nom. La seigneurie de Pleaux était divisée avant le nouveau et important démembrement qui fut la suite de l'acte d'association du roi avec l'abbé de Charroux et le prieur. Dans trois passages de la charte on réserve les droits des viguiers, qui n'étaient autres que les coseigneurs de Pleaux. Il y avait un château, puisqu'il y avait une châtellenie. Ce château, dont on voit quelques vestiges à Pleaux-Soubeyre, n'appartenait pas au prieur, mais bien à la maison de Pleaux.

Par l'établissement d'une ville nouvelle, à laquelle le roi concédait les mêmes franchises qu'à Villefranche de Rouergue, en lui octroyant le droit d'être administrée par des consuls, le roi et le prieur voulaient y attirer des habitants, en faire un centre commercial et augmenter, par ce moyen, les droits de Ieyde et les redevances de toute nature qui se partageaient entre eux. Ce n'étaient pas seulement les terres du prieuré qui étaient protégées par la puissance royale, mais surtout les habitants, qui trouvaient dans une ville franche et royale un refuge contre les exactions des seigneurs et de leurs officiers, et des sûretés pour l'exercice de leur profession ou de leur commerce et la conservation de leurs biens.

La charte de pariage de Pleaux ne demeura pas une lettre morte, comme quelques autres faites vers le même temps; elle fut exécutée dans toutes ses dispositions. Peu d'années après, en 1299, on voit figurer dans le compte du bailliage d’Auvergne, du terme de l’Ascension, les produits des rentes et de la juridiction de la ville de Pleaux pour 75 sols. Il n'y a pas dix ans encore que le sceau du pariage de Pleaux a été vendu dans cette ville comme mitraille. M. Firmin Biard eut l'heureuse pensée d'en prendre une empreinte que je dois à son obligeance et que je conserve. Ce sceau est rond : au milieu est un écu parti de France ancien (cinq fleurs de lys), et de Charroux (un bras tenant une crosse), à la bordure denchée. Autour du sceau on lit : S. CVRIE PARIATGH DE PLODIO (sceau de la cour du pariage de Pleaux). La forme des lettres est celle du XIII° siècle. C'était très-probablement le premier sceau de la cour du pariage. J'ai vu l'empreinte du sceau de la même cour sur un acte de l'année 1470; elle diffère un peu de celle que je viens de décrire : au lieu de cinq fleurs de lys, il n'y en a qu'une.

Un acte d'échange, en date du 12 août 1457, entre Elie de St-Exupery, coseigneur de Miremont, Guillaume, son fi!s, chevalier, et Guillaume de Bardet, seigneur de Biorc , par lequel ce dernier cède au seigneur de Miremont les rentes d'Estilhol, Soutra et Sobra, paroisse de Jalleyrac, et reçoit en contre-échange des rentes sur les mas de Corbiac et de la Malaudia, paroisse de Barriac, est passé sous le sceau de Jean de Podio (du Puy), bachelier en chacun droit, chancelier et tenant le sceau de la chancellerie commune du pariage de Pleaux , dans la ville de Pleaux, pour les seigneurs dudit pariage.

La charte de Philippe-le-Bel fut confirmée par des lettres du roi Charles VII, données à Paris en 1444; elles furent enregistrées à la chambre des comptes, le 1er décembre 1445.

Le roi Henri IV, voulant récompenser Jean, seigneur de Rillac et de Blavat, bailli des montagnes au siége de Salers, des services qu'il lui avait rendus, lui céda tous ses droits sur la ville de Pleaux, et reçut de lui le village de Dix-Maisons qu'il unit à Carlat. A partir de cette époque, le roi n'eut plus aucune part de la seigneurie de Pleaux, et on ne trouve plus aucune trace de la cour du pariage. La justice fut administrée par les juges seigneuriaux.

Le prieuré de Pleaux avait une certaine importance en 1291. Il est mentionné parmi ceux que Simon de Sully, archevêque de Bourges, dans la visite qu'il faisait des diocèses dépendant de sa métropole, n'avait pas pu visiter. (Mabillou, Vêtera analecta, p. 541.)

Depuis 1399 jusqu'en 1418, Adhémar, abbé de Charroux, et Henri de Beaumont, doyen de Mauriac, manifestèrent l'intention d'échanger les prieurés de Pleaux et de Colonges contre la cellererie de Mauriac. Robert de St-Amand, de l'ordre de St-Augustin , avait reçu pouvoir d'opérer cet échange, qui ne fut pas effectué. (Gall. christ., t. 2, p. 1283.)

Nous avons dit que la seigneurie de Pleaux, qui appartenait dans les temps les plus reculés au prieur, avait été divisée plus tard. Un traité de l'année 1275 constate qu'à cette époque une partie du droit de leyde appartenait a la maison de Pleaux. (Arch de l'Empire, cotte 744, trésoriers de France , génér. de Riom.) En 1279, une portion des droits de justice leur avait été cédée. Bien avant ces deux époques, on trouve dans les titres le nom des seigneurs de Pleaux. Guillaume Odon de Pleus est témoin dans une donation faite, en 1082, au monastère de St-Sauveur de Gélone. (Hist. de Languedoc, t. 2, p. 298. Des Preuves.) Pierre de Pleaux, chevalier, vivait en 1152; Guillaume de Pleaux fut témoin d'un, échange conclu entre l'abbé de Sarlat et celui de Grand-Selve , aux calendes de septembre 1166

Raoul de Pleaux, chevalier, qui vivait en 1230, eut quatre fils : Bernard, Raoul, Pierre et Hugues. Bernard de Pleaux eut un fils qui mourut sans enfants, de Marguerite de Merle, et une fille, Sibille, mariée en premières noces à Guy d'Alhars, et, en secondes noces, à Géraud Robert, seigneur de Lignerac, auquel elle apporta la moitié de la terre de Pleaux.

Raoul de Pleaux forma une seconde branche qui se conserva jusqu'en l'année 1591, époque à laquelle Marguerite de Pleaux, héritière de Pierre de Pleaux et de Françoise de Veyrac, se maria avec François de Grenier, fils d'Amaury, seigneur de la Borie, en Quercy.

Cette branche de la maison de Pleaux compte parmi ses membres un abbé d'Obazines, de 1305 à 1328, et un abbé de Beaulieu, en 1449. Le premier avait le prénom de Raymond, le second s'appelait Bertrand. (Nobiliaire d'Auvergne.)

De toutes les familles qui ont possédé la seigneurie de Pleaux, la plus illustre est sans contredit celle de Robert de Lignerac, soit par les hautes dignités ecclésiastiques ou civiles dont plusieurs de ses membres ont été revêtus, soit par ses alliances. Adhémar Robert, successivement évêque de Lisieux, d'Arias, de Terrouenne, devint archevêque de Sens en 1378; il était cardinal dès l'année 1542. Bertrand Robert, son frère, était évêque de Montauban en 1580.

Plusieurs membres de cette famille ont été gouverneurs de la Haute-Auvergne sous le titre de lieutenants du roi et baillis des montagnes au siége d'Aurillac. Ils conservèrent ces fonctions alors que le chef de cette famille eût été élevé aux dignités de duc et de grand d'Espagne de première classe. C'est comme bailli de la Haute-Auvergne que Joseph-Louis-Robert, marquis de Lignerac, duc de Caylus, présida, en 1789, l'assemblée électorale qui nomma les députés à l'assemblée constituante. De retour de l'émigration, il fut nommé, en 1814, maréchal de camp et pair de France. En 1815, il fut fait officier de la Légion-d'Honneur et fut nommé inspecteur d'infanterie.

La famille Robert de Lignerac est représentée aujourd'hui par François Joseph, marquis de Lignerac, duc de Caylus, fils du précédent.

Nous avons dit que la maison de Pleaux s'était fondue dans celle de Grenier, qui était originaire du Quercy. Le dernier de cette famille ancienne et honorable, mais sans illustration, fut Louis-Christophe de Grenier, marquis de Pleaux, qui, en 1711, avait épousé Marie-Françoise de Montclar-Montbrun, unique héritière de la branche aînée de sa maison. Ils ne laissèrent pas d'enfants.

Le président de Vernyes, dans ses mémoires (page 58), dit que la ville de Pleaux appartenait à divers seigneurs, jusqu'à huit, dont les principaux étaient les seigneurs de Rilhac et de Lignerac. «  Il y soûlait avoir deux bons  châteaux, un appartenant au Sr de Lignerac, l'autre à la maison de Miramont, de laquelle est héritier par sa femme le Sr de Malauze, vicomte de Lavedan, issu d'un bâtard de la maison de Bourbon. Lesdits Sr de Lignerac et Lavedan, pendant les guerres contre ceux de la religion, se sont entrebrûlés lesdits châteaux. Depuis, les habitants ont fait un bon fort de l'église et autres maisons contiguës , et est cette ville de grand passage, avoisinant la vicomté de Turenne. »

C'était à cause du fief du Doignon que les seigneurs de Miremont avaient une partie de la seigneurie de Pleaux. En 1592 cette seigneurie avait passé dans la maison de Rilhac, probablement par le mariage de Louis de Rilhac avec Rose de St-Exupéry-Miremont, qui eut lieu en 1585. Dans le terrier du Doignon, commencé le 22 septembre 1592, toutes les reconnaissances sont faites à «  puissant seigneur messire Jehan de Rilhac, seigneur dudit lieu de Rilhac, du  Doignon, Blavat, Nouzières, baron de St-Martin-de-Valmeroux, chevalier de l'ordre du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre et son balif du haut-pays d'Auvergne, à cause de sa dite seigneurie du Doignon. » Ce n'était donc pas par suite de la cession que le roi Henri IV lui avait faite de ses droits que Jean de Rilhac était coseigneur de Pleaux. Il est même probable que cette cession, dont Deluguet ne donne pas la date, est postérieure au terrier. Aucune des nombreuses reconnaissances qui y sont contenues ne fait mention des droits appartenant au roi, en vertu de la charte de pariage que nous avons donnée plus haut.

Avant que la seigneurie du Doignon et une partie de celle de Pleaux qui en dépendait eût passé dans la maison de Rilhac, elle appartenait à la maison de Miremont et au vicomte de Lavedan, qui était le chef des religionnaires de la Haute-Auvergne; une autre partie de la seigneurie de Pleaux appartenait, dans le même temps, à François-Robert de Lignerac, qui était le chef du parti opposé. L'un et l'autre étaient comptés parmi les meilleurs capitaines de l'époque. En i 590, pendant que le vicomte de Lavedan commandait une partie des troupes royales qui battaient à Issoire le comte de Randan, gouverneur d'Auvergne pour la Ligue, Lignerac était blessé à la bataille d'Ivry, sous le drapeau du duc de Mayenne. Il jouissait d'une si haute considération, qu'au siége de la Fère, Mayenne le chargea de porter sa soumission au roi Henri IV. Jusqu'à cette époque, Lavedan et Lignerac s'étaient toujours trouvés dans des camps opposés; ils s'étaient battus l'un contre l'autre avec des chances diverses.

Le 30 mars 1574, les huguenots, commandés par le vicomte de Lavedan, s'étaient emparés de la ville de Pleaux ; ils l'occupaient encore à la fin du mois d'août. A cette époque, Montal venait de lever le siége du château de Miremont; il conduisit ses troupes sous les murs de Pleaux ; il y tenait enfermé le vicomte de Lavedan, et faisait le siége de la place.

Le parti protestant s'était ému de la guerre acharnée que le gouverneur d'Auvergne, St-Hérem, et Montal, son lieutenant, faisaient au vicomte de Lavedan. Quelques-uns des chefs avaient pris la résolution de marcher à son secours. Le 29 août 1574, le vicomte de Bourdeilles, gouverneur du Périgord, faisait remontrer au roi  qu'il était en grand peine parce qu'il a eu advertissement comme le lieutenant de Poitou (la Haye) et Langoiran sont assemblés, sont  bien tous ensemble mille ou douze cents chevaux, dont il y en a quelques six  vingt de bons, le reste arquebusiers à cheval, et font courir le bruit qu'ils vont en Auvergne combattre le Sr de St-Aram (St-Hérem), et s'assembler et joindre au viscomte de Gourdon par les chemins, qui en peut avoir autant et  après ce dit voyage s'en veulent venir repasser en ce pays (le Périgord) pour s'en aller joindre M. de Lanoue, en Saintonge, pour de là s'en aller combattre M. de Montpencier. (OEuvres de Brantome, t. 2, édition Buchon. )

Le projet qui avait alarmé le gouverneur du Périgord reçut son exécution. La Haye et Langoiran se joignirent au vicomte de Gourdon et marchèrent au secours du vicomte de Lavedan et des assiégés. Montal ne crut pas devoir les attendre. Il se retira avec son canon, encore qu'il fût le plus fort en nombre  d'hommes, mais mal armés et la plupart sans discipline militaire. » (Dupleix, hist de Henri III. p. 22.)

Une lettre du vicomte de Bourdeilles à la reine-mère, en date du 18 septembre 1574, annonce « que le lieutenant de Poitou était de retour d'Auvergne et se trouvait à Bergerac. » En rapprochant les dates que nous venons de citer, on voit que le siége de Pleaux dut être levé dans les premiers jours de septembre de l'année 1574.

Peu de temps après que les troupes commandées par la Haye, Langoiran et le vicomte de Gourdon eurent quitté l'Auvergne, les catholiques assiégèrent de nouveau la ville de Pleaux et s'en rendirent maîtres. Il est du moins certain qu'au mois d'octobre 1574 ils y mirent une garnison. Le baron de Drugeac, chargé de défendre la ville, y commandait dix arquebusiers. Au mois de novembre, la garnison fut renforcée de vingt-deux hommes de pied commandés par le Sr de Lascorbes, qui fut remplacé le mois suivant par le capitaine Delpeuch.

Il est probable que c'est à cette époque que les seigneurs de Miremont at de Lignerac s'entrebrûlèrent leurs châteaux, et que les habitants sentirent la nécessité de fortifier une partie de la ville qui avait beaucoup souffert. En 1592, un grand nombre de maisons étaient tombées en ruines, ainsi que le constate le terrier que nous avons déjà cité.

En 1575, les hostilités entre le vicomte de Lavedan et François de Lignerac continuèrent. Un combat eut lieu entre eux au puy Quinsac, sur les frontières du Limousin et à quelques kilomètres de Pleaux. Lignerac y fit prisonnier le vicomte de Lavedan.

Nous avons dû rechercher, à l'aide du terrier du Doignon, seul document que nous ayons eu en notre pouvoir, où étaient situés le château de Lignerac, le, château appartenant à la maison de Miremont, et quelles étaient les limites du fort de Pleaux. MM. de Burg, nommé récemment juge de paix de Pleaux, et Pau, curé de cette ville, nous ont donné dans cette recherche leur précieux concours. Ils ont une connaissance des lieux que nous ne possédions pas au même degré, et c'est grâce aux renseignements qu'ils ont bien voulu nous donner, que nous pourrons résoudre la question que nous nous sommes posée.

Il ne reste aucune trace du château du Doignon, du jardin et du pré qui y étaient joints; mais, d'après le terrier, il est possible d'en déterminer la situation. Il a été remplacé par les maisons Marquizot et Montinard ; il était situé auprès d'une place appelée d'Enroussou ou du Doignon, qui fait partie de la place actuelle.

On montre encore à Pleaux une ancienne maison connue sous le nom de château de Lignerac ; je ne pense cependant pas que ce soit le château primitif; ce dernier était à Pleaux-Soubeyre, où l'on voit encore les vestiges de constructions importantes. Après la destruction de ce château, qui eut lieu probablement à l'époque des guerres de religion, la maison de Lignerac fit construire dans l'enceinte de la ville un château moins considérable et surtout moins fort, mais qui était suffisant pour y enfermer les prisonniers et y rendre la justice. Il ne paraît pas qu'après le XVI° siècle la famille de Lignerac ait habité Pleaux ; elle faisait sa principale résidence à St-Chamand, canton de Salers, ou à St-Quentin, dans la Marche. C'est dans ce dernier lieu que mourut, en 1613, François de Lignerac, dont nous avons parlé plus haut. Il y avait un troisième château dont la position est parfaitement connue; il est mentionné dans le terrier de 1392 sous le nom de Maison de mademoiselle de Pleaux. Le 15 décembre 1084, Christophe de Grenier, fondé de procuration de Henri de Grenier, chevalier, en fit hommage au roi. Il est ainsi décrit dans l'acte d'aveu et de dénombrement : Un vieux château avec ses tours, créneaux et girouettes, basse-cour, office et petit jardin, contenant le tout une cartelée. Il confrontait du levant avec le cimetière; du midi, à la petite rue allant du château à l'église, et du couchant, avec rues allant dudit château à la fontaine del Bournat, et à la place publique de ladite ville. Depuis la révolution, ce château, qui était peu considérable, était advenu la propriété de la ville. Il servait de maison commune, et le juge de paix y avait son prétoire avant la construction de hotel de ville actuel.

Les véritables limites du fort ne sont pas aussi certaines. D'après de Vernyes. il ne se composait que de l'église et des maisons contiguës; s'il s'était étendu jusqu'aux anciennes portes dont nous indiquerons la position, il aurait compris la plus grande partie de la ville actuelle. Ces dimensions pour un fort nous paraissent considérables, surtout en présence des passages que nous avons cités des mémoires de Vernyes.

Le fort avait une enceinte de murs; il y avait une grande tour appartenant à la ville. Par un acte de vente reçu Delalo, notaire, le 28 septembre 1650, les consuls de Pleaux vendirent une portion de commun dont le prix devait être employé à l'achat  de munitions de poudre et de plomb et d'ais employés au plancher de la grande tour, et réparations de la porte d'entrée du fort et murailles faisant la prescloture d'icelluy. » D'après cet acte, il paraîtrait que le fort n'avait qu'une seule porte. C'est une raison de plus de conclure que le fort ne s'étendait pas jusqu'aux quatre portes de la ville. Il semble résulter de ce qui précède que les principales issues de la ville de Pleaux étaient fermées par des portes, barrière insuffisante pour arrêter l'ennemi; on avait ensuite construit autour de l'église un fort entouré de murs, défendu par des tours et par le clocher qui était crénelé, dans lequel les habitants pouvaient se réfugier et se défendre en cas de péril Les portes étaient au nombre de quatre: l'une, qui, en 1592, portait le nom de Porte du Doignon, était placée près de la maison de M. Claux, maire actuel; la seconde, près de la maison de M. Pagis, notaire; la troisième, dont on voit encore des restes, était à l'entrée de la rue du couvent des Carmes, aujourd'hui le petit séminaire; la quatrième était placée à l'avenue de St-Christophe, près la maison de MM. les abbés Delteil.

La ville de Pleaux avait autrefois deux églises. La plus petite, connue sous le nom d'église de St Jean, était au midi et à 25 mètres de l'église actuelle; elle était située sur l’emplacement d'une partie de l'hôtel-de-ville actuel, mais un peu plus reculée vers l'ouest; elle a été détruite depuis la révolution. Nous empruntons à une note que nous devons à M. Pau, curé de Pleaux, la description de l'église actuelle. « Remaniée à diverses époques, son architecture n'a rien de caractéristique; elle paraît être de la fin du XV° siècle. La voûte est à plein cintre; elle est supportée par quatre piliers massifs, ornés sur leur face intérieure de trois colonnettes d'où s'échappent en gerbe sept à huit nervures prismatiques. Cette église n'avait qu'une seule nef, avec trois chapelles latérales au nord et autant au midi. Le chœur, flanqué de deux sacristies, l'une à droite, l'autre à gauche, était éclairé par une fenêtre masquée depuis par un retable. Une tour carrée s'élevait au-dessus du chœur; elle porte encore les consoles des mâchicoulis qui la couronnaient. Une autre tour était placée au pignon occidental. La municipalité de Pleaux, se conformant probablement à des ordres supérieurs, les fit abattre en 1793. Lors du rétablissement du culte, la principale tour, celle qui dominait le chœur, fut relevée et sert aujourd'hui de clocher. On y employa les matériaux provenant de la démolition de l'église de St-Jean. Quelques années plus tard, on transforma les deux sacristies en chapelles, que l'on fit communiquer avec le chœur par de grands arceaux en plein cintre, et que l'on éclaira par de grandes fenêtres sans caractère. On réunit les chapelles en perçant les murs qui les séparaient, de manière à former deux collatéraux; on pratiqua une grande porte au pignon occidental, Ion construisit sur les côtés de la porte deux salles, l'une pour la sacristie, l'autre pour le catéchisme. Pour compléter cette restauration, l'architecte eut la singulière idée de remplacer toutes les fenêtres latérales par des œils-de-bœuf. » On peut juger, d'après cette description, de ce qu'est l'église de Pleaux. C'est un assemblage informe de styles divers, ou plutôt il n'y a de style que dans les restes de l'ancienne construction ; tout ce qui est moderne en est complètement dépourvu.

Le 21 avril 1638 fut passé un concordat entre le corps commun de la ville de Pleaux et l'ordre des Carmes mitigés, pour leur établissement dans cette ville. Une portion de commun leur fut abandonnée pour y établir leur couvent. Les Pères s'obligèrent à prêcher l'Avent et le Carême à la paroisse.

C'est dans l'enclos des Carmes, agrandi par les bienfaits de M. Mailhes, ancien curé de Pleaux, qu'on a établi le petit séminaire. Les bâtiments sont vastes et bien aérés. Quelques constructions nouvelles, notamment celle d'une salle de récréation, ont complété cet établissement. Le jardin est grand et bien planté. La chapelle est suffisante; on s'occupe en ce moment de sa restauration intérieure, qui était devenue indispensable.

Les constructions de la ville de Pleaux n'ont rien de remarquable, si l'on en excepte toutefois l'hôtel-de-ville , dont les fondements ont été jetés en l'année 1845. La façade est monumentale; les dispositions intérieures sont bien ordonnées.

Pleaux est encore, comme du temps du président de Vernyes (XVI° siècle), une ville de grand passage; elle est vivifiée par la route départementale n° I, de Mauriac à Saint-Céré, et par la route départementale n° 7, de Salers à Argentat. Ces deux routes lui ouvrent des communications faciles avec le Quercy, le Limousin et Aurillac. Les habitants savent profiter de ces avantages; ils se livrent à un commerce de détail fort actif.

Pleaux a une justice de paix, un directeur des postes, un receveur de l'enregistrement, des employés des contributions indirectes et une brigade de gendarmerie à cheval. C'est aussi la résidence du percepteur des contributions directes,

Jean Deluguet, auteur d'un manuscrit conservé à la Bibliothèque impériale, était né Pleaux , à la fin du XVI° ou au commencement du XVII° siècle; il était docteur en droit et avocat au siége présidial d'Aurillac. Son frère aîné, Mr Géraud Deluguet, avocat, habitait Pleaux. Le manuscrit de Jean Deluguet forme un volume petit in-folio; il est intitulé : Mémoires concernant les roys d'Aquitaine, Gascogne et Languedoc, les comtes de Toulouse, de Quercy, les vicomtes de Cahors, les comtes et barons de Cahors, les comtes d'Auvergne et de Bologne , les barons d'Aurillac, les barons de Montal, les seigneurs de Lignerac, les vicomtes de Carlat, les vicomtes de Murat. Ils avaient été composés à la demande de Justel, conseiller et secrétaire du roi, qui préparait alors son Histoire des comtes d'Auvergne et des vicomtes de Turenne. On lit sur le manuscrit la note suivante, de la main de d'Hosier: « Ces mémoires m'ont été donnés par M. Despesses, au mois de juin 1687. Ils paraissent estre écrits de bonne foi par un homme assez entendu, et qui a remarqué et pris par-ci par-là de fort bonnes choses et fort curieuses Il faut savoir discerner et séparer le douteux du véritable. Je répéterai avec d'Hosier que l'ouvrage de Deluguet contient des choses fort curieuses et qu'on ne trouve que là. J'ajouterai que l'auteur y fait preuve d'une érudition étendue et généralement assez sûre. Il y a dans quelques bibliothèques d'Aurillac des copies d'un manuscrit connu sous le nom de Manuscrit de Boussac; l'une de ces copies m'a été communiquée dans le temps par M. le baron Delzons, notre savant collaborateur. En comparant les notes que j'y avais prises aux mémoires de Deluguet, je me suis assuré que le manuscrit de Boussac n'était qu'un extrait assez étendu de ces mémoires.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

Beth. C'est le village de la commune où l'on cultive le mieux.

Boudie (la), hameau.

Bourgeade (la), hameau.

Catau, village. 11 y a du minerai de fer dans son territoire.

Clamous. village.

Croisade (la), hameau.

Dix-Maison», village.

Deignon (le), hameau , autrefois Donho , Dompnhon, mot roman qui signifie donjon. Le Doignon était autrefois un fief, avec une tour ou château qui avait donné son nom à une famille noble. En 1274, le doyen de Mauriac céda à Guy de Donho certaines rentes qu'il percevait sur le village de Beth, paroisse de Pleux, et Guy de Donho lui céda d'autres rentes sur le village de Veyssières, paroisse de Barriac. (Titre à l'hôtel-de-ville de Mauriac.) Un autre Guy habitait Pleaux en 1351. Louis du Doignon n'ayant pas d'enfants, légua tous ses biens à Guillaume de St-Exupéry, seigneur de Miremont, qui prenait, en 1469, le titre de seigneur du Doignon. Cette seigneurie demeura dans la maison de Miremont jusqu'à ce qu'elle passa dans celle de Rilhac, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut.

Enchanet, village. Une succursale y a été érigée il y a quelques années. L'église est dédiée à Notre-Dame. On y conserve une statue miraculeuse de la Vierge, qui est l'objet de nombreux pèlerinages. M. Laden, chanoine de Clermont et de St-Flour, ancien curé de Billom, a publié une notice bien écrite et fort intéressante sur le culte rendu à Notre-Dame-d'Enchanet, et les miracles qu'elle a opérés.

10° Enroussous. hameau. D'après le Nobiliaire d'Auvergne, il aurait existé en ce lieu une commanderie de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem, fondée par la maison de Merle, ainsi que l'aurait reconnu Thomas de Sou ville, grand maître de l'ordre, dans un chapitre tenu à Bouguy, près d'Orléans, le mardi après la fête de l'Ascension 1282. Guy de Ribier en aurait été commandeur en l'an 1500. Cette commanderie, sans doute peu importante, fut supprimée plus tard ou réunie à quelque autre. Ce qu'il y a de certain, c'est que longtemps avant 1789 elle avait cessé de figurer parmi les commanderies que l'ordre de Malte possédait en Auvergne.

11° Foulon (le); hameau.

12° Granous, village considérable.

13° Herm (l’), village.

14° Jauriac, village.

15° Laval-Soubro, hameau.

16° Laval-Soutro, hameau.

17° Leige, hameau, ancien fief qui appartenait, au XVIII° siècle , à la famille Robert Lablanche, et appartient aujourd'hui à Mme Passefonds-Despériès.

18° Loudiès, village. Il dépendait autrefois de Barriac, et a été réuni à Pleaux depuis environ vingt ans.

19° Maniac, village.

20° Moulin-d'Astorg.

21° Moulin-de-Bonnet.

22° Moulin-de-Clavel.

23° Moulin-de-Laval.

24° Moulin-de-Pommier.

25° Moulin-de-Rongier.

26° Moulin-de-Vielh.

27° Nébouzat, village.

28° Nozière, village.

29° Pleaux-Soubeyre , Soubeira en roman , signifie souverain. On y voit des souterrains que l'on considère comme une dépendance du château qui y existait autrefois.

30° Pradel, hameau.

31° Régnal (le), hameau.

32° Salvaniac, village.

33° Souqueirou (le), hameau.

34° Triniac, village. On y trouve de nombreux fragments de briques romaines, et un souterrain qui suit la pente de la montagne et dont la destination n'est pas connue.

55° Vayssière, village. Comme Loudiès, il dépendait autrefois de Barriac.
36° Verdier (le), village.
37° Vielh (le), village.

Em. Delalo


 

Appendice à l’article Pleaux.

TRAITÉ ENTRE G. , ABBÉ DE CHARROUX , ET ASTORG D'AURILLAC , CHEVALIER.

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Astorg d'Aurillac, chevalier, salut. Nous voulons qu'il soit connu de tous, qu'ayant saisi le vénérable seigneur G., abbé de Charroux, de la contestation qui s'était élevée entre nous et P. Girbert et autres chevaliers de Pleus, au sujet de la garde que nous disions avoir du château et de la paroisse de Pleus, .nous avons prétendu que lesdits chevaliers devaient nous rendre la tour dudit château à toute réquisition, par la raison qu'ils l'avaient rendue à P. de Carbonnières, notre oncle, dont nous sommes héritier, laquelle garde notre oncle tenait en fief de l'abbé de Charroux. Nous avons dit en outre que P. et G. de Pleus, chevaliers, nous avaient promis quinze livres pour les trois années pendant lesquelles nous avions demandé que les tours nous fussent rendues; qu'ils nous avaient promis en outre, sous la foi du serment, qu'à l'expiration desdites trois années ils nous rendraient lesdites tours, ce que lesdits chevaliers désavouaient; enfin, ledit abbé s'étant informé de la vérité auprès de l'une et de l'autre partie, après avoir pris le conseil d'hommes prudents, prononça d'après ce qui avait été dit et fait, que nous n'avions aucun droit sur la garde et reddition dont s'agissait; après cela cependant, le seigneur abbé, de l'avis des mêmes bons hommes, concéda en fief à nous et à nos héritiers, la garde de l'église, des chevaliers, des Hommes, des terres dudit château de Pleus et de la paroisse; et hors de ladite paroisse, de toutes les dépendances de l'église et du château; le droit de nous faire rendre les tours dudit château, avec les autres choses que nous tenions en fief de l'église de Charroux, et pour lesquelles nous avons fait, hommage lige audit seigneur. Obligeant nous et nos héritiers à faire ledit hommage, quand besoin sera, à Charroux, à moins que les routes ne soient pas sûres et qu'il n'y ait du danger. Les tours doivent nous être rendues pour la défense desdits château et terre et des choses appartenant à l'abbé et a l'église de Charroux, et pour notre défense personnelle et celle de notre terre Cependant, si par suite de la guerre nous tenions un autre château, les tours de Pleus ne devront pas nous être rendues, à moins que le moine du lieu (monachus loci) . ou le mandataire du seigneur abbé ne décident le contraire. Quand lesdites tours nous auront été rendues, nous devrons les remettre aux chevaliers, non détériorées par la faute de nous ou des nôtres. Si quelque difficulté s'élevait sur ce qui précède, elle sera terminée devant le seigneur abbé de Charroux, ou son préposé. Pour ladite concession nous avons promis et juré, etc.

Fait l'an du Seigneur 1228, au mois de juillet, présents Matfred et R. de Scorailles, Eustorge Gaucelin, chevaliers.

(Bibliothèque de Poitiers, recueil de D. Fonteneau, t. 4, p. 297).