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 La commune de Laroquebrou aujourd'hui

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 Roquebrou (la) . — Canton. — Le canton de La Roquebrou fait partie; de l'arrondissement d'Aurillac. Il est borné an nord par la rivière de Maronne, qui le sépare de celui de Pleaux ; au sud, par celui de St-Mamet; à l'est, par les cantons de St-Cernin et d'Aurillac (sud), et à l'ouest, par les départements du Lot et de la Corrèze. ,

 

Il est arrosé par les rivières de Gère, de Maronne, et plusieurs forts cours d'eau.

 

Il se compose de 12 communes, savoir : Arnac, Ayrens, la Capelle Viescamp, Cros-de-Montvert. St-Etienne Cantalès, St-Gérons, Glénat, Nieudan, La Roquebrou, Rouffiac, St-Santin-Cantalès, Siran et St-Victor.

 

Sa superficie est de 2,331 hectares, dont 6,788 h. en terres cultivées; 4,398 h. en prés et pacages; 931 h. en châtaigneraies; 6,710 h. en bois de diverses essences, et 4,183 h. en terres vaines et bruyères.

 

La population du canton est de 11,126 habitants.

 

Le sol est généralement composé de schiste micacé, de quartz et de sable ce qui le rend maigre et d'un faible produit.

 

Commune. — La commune de La Roquebrou s'allonge du nord-ouest au sud-est: Elle confine au nord avec celle de St-Santin-Cantalès et le ruisseau de Cabrespine, qui la sépare de Montvert; au sud, par St-Gérons; à l'est, par les communes de Nieudan et de St-Santin, et à l'ouest, par Montvert et la rivière de Cère, qui la sépare de St-Gérons et de Siran.

 

Sa superficie est de 1,400 hectares, dont 400 h. en terres cultivées; 300 h. en prés et pacages; 200 h. en bois, et 500 h. en bruyères et terres vaines'.

 

Elle est arrosée par la Cère, les ruisseaux de Nègre-Rieu, de Régoules, de Brosengnet, de Cabrespine, de Caldeyrou, qui déborde parfois au point d'inonder la ville.

 

Sa population est de 1,476 habitants, dont 1,200 habitants agglomérés dans la ville, qui a 200 maisons environ, une ville, 25 hameaux et 236 maisons.

 

La Roquebrou, le chef-lieu, à 2 myr. 4 kil. d'Aurillac, est une petite ville située dans un enfoncement, sur la rivière de Cère, qui, dans cet endroit, est profondément encaissée. On a jeté sur elle un pont pour communiquer avec la rive gauche et les héritages qui s'y trouvent. Abritée au nord et à l'est par des collines, sa position est avantageuse, quoique, dans les débordements de ses eaux, le Caldeyrou envahisse ses rues tortueuses. Dans son enceinte on voit quelques belles maisons. Les deux rives de la Cère sont décorées par des villas élégantes. La Roquebrou portait le nom de Rupes Berulphi C'est une ville qui remonte a une haute ancienneté. Elle fut nommée Brou pendant longtemps.

 

L'église de La Roquebrou est sous l'invocation de saint Martin; jadis elle était sous le vocable de Notre-Dame-des-Miséricordes. Elle était connue sous le nom d'église paroissiale et collégiale. Son architecture est gothique , avec des cordons et des culs de lampe; des colonnes effilées descendent de la voûte jusqu'au pavé et produisent un bel effet; mais les murs de l'intérieur sont chargés de peintures peu convenables et peu en rapport avec la majesté de' cet édifice ; le chœur, dans de belles proportions est bien voûté, et l'on y trouve cinq chapelles dédiées à saint Jean, sainte Anne, la Trinité, le Sacré-Cœur et le Rosaire. Deux d'entre elles forment le transept de la croix et sont plus grandes que les autres. Deux grands piliers séparent la nef du chœur, leurs chapiteaux sont ornés de figures et de feuillages.

 

M. le curé de La Roquebrou ayant adressé à Mgr l'évêque de St-Flour un rapport sur cette église, nous allons en extraire quelques détails.

 

Cet édifice a, dans œuvre, 31 m. 60 c. de long, et 8 m 65 de large, non compris les chapelles. L'élévation de la nef est de 13 m. 45 c. depuis le pavé jusqu'au point le plus élevé de la voûte.

 

Il n'y a qu'une nef; mais de chaque côté se trouvent quatre chapelles saillantes à l'extérieur, y compris les deux des bras de la croix, qui donnent de l'élégance à l'ensemble de la construction.

 

Trois fenêtres éclairent le fond du sanctuaire. Celle du milieu a deux meneaux qui la divisent en trois compartiments; les deux autres n'ont qu'une seule lancette. En général, les colonnes et entre-colonnements sont ornés de feuillages, de figures et d'ornements en- torsades. L'œil de bœuf au-dessus de la grande porte est dessiné avec élégance, et son centre est occupé par une croix tréfilée.

 

La fenêtre de la chapelle du Sacré-Chœur est ogivale et relevée par deux colonnes latérales.

 

L'église était décorée de vitraux qui ont presque tous disparu. Ceux qui restent encore représentent Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et deux anges.

 

Dans des dimensions plus petites sont représentés: le Christet les Saintes-Femmes au pied de la croix; une vierge; le piédestal de ce dernier porte les caractères .S. M., saint Pierre; puis le soleil, la lune, des étoiles ; des enfants que l'on retrouve, l'un à bande d'or et fond d'azur, coupé horizontalement d'un bâton péri, ce qui annonce l'alliance avec une grande maison. Malheureusement, ces vitraux ayant subi divers accidents, ont été replacés sans goût et sans ordre.

 

Les voûtes de l'église et des chapelles sont ogivales. Elles ont été malheureusement blanchies à la chaux, ce qui a fait disparaître, en partie, les feuillages, les têtes humaines et les rosaces qui les embellissaient, et parmi lesquelles se trouvaient les chiffres et les armoiries de la maison de Montal.

 

Dans la chapelle du Sacré-Cœur, on remarquait une niche demi-circulaire, et au fond de cette niche un tombeau recouvert d'une grande pierre sur laquelle était sculpté un personnage ressemblant à un prélat, les cheveux bouclés, avec une longue robe. Le travail était précieux, et l'on pense que c'était le tombeau du fondateur. Il fut brisé lors de la révolution, et sur son emplacement s'élève un confessionnal.

 

Il y a hors de l'église une autre niche semblable à celle que nous venons de décrire; mais le tombeau en est ouvert. Au lieu où la sacristie a été construite se trouvait une autre chapelle dans laquelle on voyait le tombeau des seigneurs; le cimetière régnait autour de l'église.

 

La sonnerie des cloches ébranle la façade de l'église et a causé deux lézardes qui vont en s'augmentant lorsqu'on les met en mouvement.

 

Il existait à La Roquebrou, sous le patronage de saint Biaise, une communauté de prêtres séculiers connus sous le nom de chapelains de la Trémolière. Le bâtiment dans lequel ils résidaient remontait à une haute antiquité. Il a été restauré en partie, surtout dans la toiture, et sert aujourd'hui à la gendarmerie et au presbytère. On croit que deux frères du nom de la Trémolière en furent les fondateurs. Quoique fort riches, ils y dépensèrent toute leur fortune, avec le produit des quêtes faites par eux. L'un d'eux aurait reçu la prêtrise en Portugal. Cet établissement était doté de six à sept cents livres de rentes et de quelques propriétés. Il fallait être né à La Roquebrou pour être admis au nombre des chapelains de la Trémolière. Les revenus étaient divisés entre le curé, les vivaires, les prêtres chapelains et les autres prêtres qui l'habitaient.

 

La communauté se composait, en 1504, de douze prêtres. Ils plaidaient alors contre Amaury de Montai, baron de La Roquebrou , au sujet d'une rente, au capital de 6,000 liv., léguée à la communauté par ses ancêtres.

 

L'église avait été richement dotée par les seigneurs de La Roquebrou; en 1276, par Bertrand de Montai; en 1294, par Giraud, chanoine de la cathédrale de Mende; il fonda la chapelle de Montai, et en donna le patronage à ses héritiers.

 

Un inventaire du mobilier de cette église énonce des objets très-précieux. Elle fut unie au monastère de Saint-Flour, et le doyen en percevait les revenus. Elle portait aussi anciennement le nom d'église de Brou.

 

Il existait aussi une chapelle appelée du Reclus. Suivant la tradition, un ermite y établit sa cellule ; elle se trouvait dans une prairie. Cette prairie , une rue de la ville et un ruisseau ont conservé le nom de Reclus.

 

Hugues de Montai, frère de Durand, baron de La Roquebrou, était recteur en 1297. Mathieu de Bardel, en 1399; il acheta pour son église des rentes à Louseral. Jean Sacreits était curé en 1472; N. Bonnet, en 1610; Pierre Savy, en 1632; nommé à la cure de La Réole, il résigna sa cure en faveur de Pierre Raymond, qui lui succéda. Antoine Imbert, recteur en 1690, et Jean Imbert, en 1691 ; Antoine Lacombe, en 1727; N. Vedrines, en 1789.

 

En outre de l'église paroissiale, il y avait une chapelle à l'hôpital sous le nom de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs; elle fut dotée, en 1294, par le chanoine Geraud de Montal. Elle portait, depuis 1476, le nom de la Trémolière, ainsi que V Hôpital. Guillaume et Philippe de Carbonnières et Jean de Lafage, prêtres, desservaient cet établissement en 1454. Amaury de Montai lui fit des dons considérables en 1504. Cet hospice est affecté aux vieillards, aux infirmes de la commune et aux anciens militaires pauvres.

 

Sur le pont s'élevait aussi une chapelle dédiée à sainte Elisabeth. Le château de La Roquebrou ou de Montai est au nord de la ville, sur un rocher, et la domine. 11 était très-fortifié; ses murs étaient crénelés; il en reste encore quelques parties qui ne sont pas entretenues et qu'habite un locataire. Amaury de Montai disait aux habitants de la ville, en 1449, « que son château de La Roque était moult beau, et qu'il fallait se garder de le laisser prendre, car il ne serait pas facile de le reprendre sur les ennemis. »

 

Les tours rondes, au nombre de quatre, étaient crénelées; l'une d'elles renfermait l'escalier. Une cinquième tour, aujourd'hui en ruines, tenait à un mur très-élevé, mais était séparée des autres constructions. Une poterne était défendue par un fossé comblé depuis longtemps; elle était surmontée par un mâchicoulis. Dans l'intérieur se trouvait une seconde porte doublée en fer des deux côtés. Sous la terrasse existait un souterrain correspondant à une porte aujourd'hui murée et servant, en temps de siège, à communiquer avec la ville.

 

On voit sur les lambris d'une salle du château un écusson portant deux croix en sautoir, surmonté d'une tiare, et une pierre gravée avec une croix de templier. L'aile du château, dont l'aspect donne sur le vallon, est de construction plus récente que les autres parties. Il serait possible que l'ancienne forteresse, dont les débris subsistent encore,  eût été remplacée par des constructions plus récentes. Sur la terrasse du château est un marronnier remarquable par sa grosseur.

 

Les habitants de La Roquebrou jouissaient d'importantes franchises; des difficultés s'étant élevées à cet égard entre le seigneur et les habitants, il intervint un arbitrage entre eux et Durand II de Montai, seigneur de La Roquebrou, en 1281. Les arbitres nommés de part et d'autre furent : Géraud de Montai, chanoine de la cathédrale de Mende; Pierre de Riorc, chevalier; Guillaume de Veyrac, chevalier, et Géraud de St-Michel. Les arbitres choisis par les habitants furent frère Garnier de Selves, hôtelier du monastère d'Aurillac; Astorg Dubois, chevalier; Pierre Asnière et Geraud de Négremont. Ils réglèrent les droits réciproques pour l'entrée, les poids et mesures, la justice, les amendes, mariages, donations, etc.

 

Nous allons consigner ici cet acte.

 

CHARTE DE LA ROQUEBROU,

 

Dont t'original a été communiqué à M. le baron Delzons par M. Fregeac, membre correspondant de la Commission des Monuments historiques. (Extrait du manuscrit inédit de M. le baron Delzons sur les Annales d'Aurillac.)

 

  « Des différends s'étant élevés entre noble Durand de Montai, chevalier, seigneur de La Roquebrou, et les habitants de sa châtellenie, les parties choisirent pour arbitres Guérin de Selve, hôtelier du monastère Saint-Géraud d'Aurillac, Astorg d'Alboy, chevalier, Pierre Asnière et Géraud de Négremont, qui rendirent la sentence suivante (13 février 1281):

 

« Les habitants de La Roquebrou jouiront paisiblement, comme par le passé, des droits de dépaissance, de chasse et de pèche dans les forets qui les avoisinent.

 

Ils jouiront de même des fours et moulins, sauf les droits des fourniers et meuniers.

 

Quand ils voudront faire garder leurs récoltes, le seigneur de La Roquebrou  sur leur demande , nommera un garde et fixera une amende. Dès qu'ils le voudront, le seigneur révoquera le garde et l'amende.

 

IV. Lorsqu'il sera fait une vente sur laquelle le seigneur percevra les droits le lods il ne lui sera rien payé pour l'apposition de son sceau: dans les autres actes où le seigneur n'a rien à prendre, le prix de l'apposition du sceau sera modéré.

 

V. Qu'il y ait plainte ou non, le seigneur recevra vingt sols pour les blessures graves mais, si la blessure grave a été faite par un père ou une mère à son enfant, par les enfants entre eux , par un maître à l'un de ses serviteurs ou à un mercenaire habitant momentanément sa maison , les vingt sois ne seront dus au seigneur que s'il y a plainte portée devant lui.

 

VI. Il en sera de même si un mari faisait une blessure grave à sa femme.

 

VII. Pour des coups de poing ou des soufflets , s'il y a plainte, le seigneur aura sept sols: il n'aura rien s'il n'y a pas de plainte.

 

VIII. Pour les égratignures et les saignements de nez, le seigneur n'aura rien, à moins que le ,nez ou les joues n'aient été mis en sang par un coup de poing ou un soufflet, auquel cas, s'il y a plainte, il recevra sept sols.

 

IX. Pour chaque plainte, le seigneur aura deux sols: pour chaque défaut, dix-huit deniers tournois. Il n'en jugera pas moins la contumace.

 

X. S'il y a quelque perquisition à faire dans l'étendue de la châtellenie, le seigneur appellera deux prud'hommes qui y assisteront pour éloigner tout soupçon seulement, car le jugement appartient au seigneur.

 

XI. Dans les causes soumises à la cour du seigneur de La Roquebrou dont la valeur ne dépassera pas trente sols , le seigneur recevra six deniers tournois de chaque partie , pour chaque jour employé au procès. Dans celles dont la valeur ne dépassera pas quinze livres, il recevra de chaque partie, pour chaque jour employé au procès , douze deniers tournois. Au-delà de quinze livres , il aura deux sols de chaque partie, sans pouvoir exiger autre chose ni pour le juge ni pour les assesseurs: ces dépens seront payés à la fin du procès. Mais, dans les causes d'appel, de duel, de gage de bataille, il se fera payer modérément, suivant la qualité des parties et la nature de la cause, sans attendre la fin du procès.

 

XII. Si un habitant de, la châtellenie est arrêté sous la prévention d'un crime il ne pourra être détenu que dans la prison du château ; il sera jugé et condamné, s'il y a lieu, dans la châtellenie même: mais, s'il est condamné, le seigneur exécutera la sentence où il le voudra.

 

XIII. Les habitants de la châtellenie ne pourront être traduits en justice hors de la châtellenie sans leur consentement  à moins que le délit ou la nature de la cause n'emporte d'autres juges.

 

 XIV. Ils auront le droit d'imposer des tailles sur eux-mêmes pour l'église , le pont, les chemins et toutes les améliorations qu'ils jugeront convenables , et de contraindre au paiement ceux qui auront consenti à leur établissement. En conséquence, ils pourront convoquer le peuple, soit par messagers . soit par publications; mais, dans ce dernier cas, ou publiera le nom du seigneur avant ceux des convocateurs.

 

XV. Ils ne seront pas tenus de fournir, dans leurs maisons, des lits aux hôtes du seigneur', si cela ne leur convient pas.

 

XVI. S'il leur arrive de suivre le seigneur en armes hors de la châtellenie. celui-ci devra leur fournir des vivres tant qu'ils seront hors de la châtellenie , de loin ou de près: si le seigneur les conduit lui-même au-delà de ses châtellenies de Glenat, Vieseamp. Saint-Victor, Pouls et Carhonnières, il devra, à leur retour à La Roquebrou. leur fournir encore un repas.

 

XVII. Pour quelque cause que ce soit, ils ne peuvent être tenus , contre leur gré, de prêter ou de donner de l'argent au seigneur.

 

XVIII. Pour aller et revenir avec leurs marchandises, et pour les envoyer où bon leur semble , ils ne peuvent être astreints à aucun péage , sauf les droits du marché de Montvert.

 

XIX. Si l'on porte des fruits , du vin, de l'huile ou d'autres comestibles pour les vendre dans la châtellenie, il sera permis de les faire publier, même en en proclamant le prix.

 

XX. Lorsque les habitants de la châtellenie marieront leurs filles, petites-filles ou autres parentes, ils pourront, sans rien payer au seigneur, leur assigner des dots sur leurs biens meubles ou immeubles: néanmoins , si les choses données étaient estimées , les droits de lods seraient dus (parce que l'estimation en transférait la propriété au mari).

 

XXI. Les choses données en gage ou nantissement, par le seigneur ou son baile à quelque habitant qui aura fourni en retour des comestibles , pourront être vendues par lui, si elles ne sont pas retirées dans les deux mois: si c'est un particulier qui a déposé le gage, il sera vendu, faute par lui de l'avoir retiré dans le mois.

 

 XXII. S'il s'élève des difficultés entre des habitants de la châtellenie sur les bornes de leurs héritages , ils auront le droit de les soumettre à des arbitres, et, s'ils ne peuvent terminer ainsi la cause à l'amiable , elle sera portée à la cour du seigneur.

 

XXIII. Tout habitant qui se servira d'un faux poids , d'une aune fausse ou d'une fausse mesure , sera puni chaque fois de trois sols d'amende au profit du seigneur.

 

XXIV. Quand il sera nécessaire de réparer les fossés du château, les habitants Seront manœuvre, porteront le fer et l'acier, et paieront les ouvriers.

 

XXV. Quant aux palissades , lorsque le seigneur voudra les faire refaire ou réparer , les habitants confectionneront à leurs frais les pieux: le seigneur les fera porter sur place, et les habitants les planteront.

 

XXVI. Si le seigneur fait saisir les biens ou la personne d'un habitant de la  châtellenie . il sera tenu de rendre la liberté au prévenu ou de lui donner mainlevée de la saisie , si, suivant sa fortune, il donne caution de se présenter devant la justice , à moins que la cause ne soit telle que la loi ne permette pas de recevoir sa caution.

 

 XXVII. S'il se présente quelque cas nouveau non prévu dans cette sentence, le seigneur sera tenu de prendre le conseil de deux ou trois notables habitants et de juger suivant leur avis, ou, s'il l'aime mieux, en suivant les règles du droit.

 

» XXVIII. Les parties suivront inviolablement et à toujours ce qui vient d'être décidé , sauf au seigneur le domaine direct et mixte, et aux habitants leurs bons usages i.t libertés. «

 

Ladite charte , sur parchemin, contenant 118 lignes d'écriture, est scellée de treize sceaux; il n'y reste que treize cordons, trois sceaux entiers et les fragments de quatre autres.

 

« Cette sentence arbitrale est curieuse sous plusieurs rapports, dit M. le baron Delzons dans son manuscrit inédit:

 

1° Il ne s'agit pas ici, comme a Aurillac, d'une communauté d'habitants réunie dans l'enceinte d'une ville et représentée par un conseil et un petit nombre de chefs élus par ce conseil. Ce sont, au contraire, quatre-vingt-dix individus dont les noms indiquent qu'ils habitaient des hameaux éloignés les uns des autres, des tenanciers, par conséquent, du seigneur de La Roquebrou, dans toute l'étendue de sa châtellenie , qui, sans former un corps, sans avoir constitué des mandataires, se présentent individuellement , chacun dans son intérêt privé, nomment des arbitres, leur donnent les pouvoirs, acceptent leur décision et traitent d'égal à égal avec leur seigneur.

 

2° Le frère Guérin , hôtelier du monastère d'Aurillac , l'un des arbitres, reconnaît aux tenanciers de La Roquebrou des libertés au moins aussi grandes que celles que son abbé et son couvent disputaient l'année précédente, et disputèrent encore aux habitants d'Aurillac. Il y avait donc un droit réel à ces libertés, un usage généralement admis, reconnu et indépendant de toute concession; car il est à remarquer que, dans la charte de La Roquebrou, pas plus que dans la pair d'Aurillac, on ne mentionne aucune concession; on avoue même, pour Aurillac, qu'il n'y en a pas eu. On n'assigne ni date ni époque au commencement de ces libertés; donc, on les considérait comme ayant toujours existé, comme naturelles et inhérentes au sol, comme la loi du pays.

 

 3° Le seigneur reconnaît à ses tenanciers le droit de dépaissance, de chasse et de pêche dans ses forêts, la libre disposition de leurs biens, la liberté du commerce; il reconnaît qu'il ne peut exiger d'eux , sons aucun prétexte, ni prêt, ni dons, ni lits pour ses hôtes. Que lui reste-t-il donc? La justice? mais la justice qui est un besoin pour eux . avec leur concours, à prix débattu par eux et suivant l’usage ou le droit (1);

 

 

 

(I) On pourrait ajouter que la justice, ayant pour conséquence l'exécution des jugements, ou l'accord du au seigncur, parce qu'il était le plus capable de garantir cette exécution. (H. De L)

 

 

 

 

 

L’obligation de travailler aux fortifications du château? mais c'était, dit Mazuer , le plus ancien commentateur de notre coutume, une servitude réciproque, puisque le seigneur était obligé de recevoir dans son château, en temps de guerre, les familles et les meubles de ses tenanciers; le service militaire? mais c'était aussi une association de défense mutuelle. Donc , en Auvergne, du moins dans la Haute-Auvergne, la vassalité n'était pas une servitude; aussi, tenions-nous pour maxime : Nul seigneur sans titre. Il y avait donc un contrat fixant les droits et les devoirs de tous. (Annales d’Aurittac, manuscrit, t. 1°, du VIII° au XI° siècle, p. 134-138.) »

 

Voici les noms de quatre-vingt-onze habitants de La Roquebrou mentionnés dans cet acte:

 

Guillaume Sabathier, Jean La Truite, Guillaume Malpers, Guillaume de Leyrits, Guillaume La Hugonie, Bernard de Moyssenac, Géraud del Maspouillé, Géraud de Bonal, Guillaume La Sallesse, Guillaume del Breuil, Géraud de Palat, Pierre Fabry, Guillaume Fabry, Jean La Trémouillère, Durand de Tremouille. Bernard Guérin, Jean de Bordes, Géraud de Tïémouille. Guillaume Robert, Géraud

 

Guerin, Hugues de Cabannes, Guillaume d'Aletz, Géraud de Palat de Requiran, Etienne del Valat, Bernard Obrier, Geraud Labrosse, Denis Ponsignac, Geraud La Carrière, Jean La Dulaurie , Etienne de Ponmurailles , Jean de Faucailles, Jean de Veilhan, Bernard La Trémouillère, Guillaume La Plase, Pierre La Treille, Durand Aymangau, Pierre Delpuech, Dominique del Sobrier, Etienne de Vernhes, Pierre de Champs, Durand de Tieulet, Mathieu del Solier, Bernard Arnald, Guillaume La Hugonie jeune, Jean Régald, Géraud de Braconnet, Durand Fabry, Bernard del Solier, Pierre de Colonargues, Etienne et Géraud de Rossy, Jourdain et Pierre Tordain, Durand d'Orgon, Bernard Lafon, Géraud de Botonet, Géraud de Montarnal, Géraud Delfour , Geraud Malpey, Boucard del Tristan , Guillaume de Sancerre , Pierre Borel, Bernard del Rat, Pierre Causte, clerc, Pierre de Messac , clerc , Aimery Vola , Pierre de Jussac , Bernard Laborie , Jeau Borel, Guibert de Couderc, Dominique de Montnicle, Guibert de Pontier, Dominique de Moles, Jean de Moles, Pierre fonchet, Jean Tissandier, Etienne Malpey, Rigal Tissandieiy Bernard Otté , Geraud La Salesse , Durand de Brou, Pierre Clédier, Pierre de Neyre-Yergne, Pierre de lienac, Pierre Bardel , Guillaume Taorsac, Bernard Boygues , Pierre do Calvauiac , Pierre de Palach , Pierre de La Chau , et autres habitants et bourgeois du château de La Roquebrou.

 

La ville a une jolie fontaine sur la place; une autre fontaine nommée St-Martin, suivant le médecin Brioude, est du nombre de celles qui appartenaient au culte druidique. On y porte les enfants faibles et rachitiques; on les y lave et on y fait des prières. Les veufs sont exclus de cet office. Cette fontaine est auprès d'un monticule sur lequel aurait existé l'ancienne église de Brou, dont il ne reste aucun vestige, et avant elle un temple païen, dans l'enceinte duquel elle se trouvait. La fontaine coule sur la pan te du monticule, dans une propriété nommée la Pensarite.

 

La construction du pont de La Roquebrou remonte à une haute antiquité, et déjà, en 1281, il était question de le refaire pour cause de vétusté. Les amendes imposées alors aux délits étaient applicables à son entretien.

 

Il a existé anciennement une famille du nom de La Roquebrou. Guillemine de La Roquebrou porta cette terre en mariage à N. Durand, d'Aurillac , fils et frère puiné d'Astorg , d'Aurillac. Il prit lu nom de Montai, que portait son oncle, Astorg de Montai, en 1208. Cette branche l'a conservé. Durand fut seigneur de Carbonnières, de Pouls, de Glénat, de Viescamp, St-Julien, Dubois et Roumegoux. Il fit son hommage, en 1231, à Hugues, comte de Rodez, pour quelques-unes de ces seigneuries qu'il possédait par indivis avec N. de Montai, son cousin. Rose de Montai, baronne de La Roquebrou, héritière de sa branche, transmit la terre aussi par alliance, en 1593, à François de Pérusse d'Escars, baron de Merville, sénéchal de Guienne, en faveur duquel la baronnie de La Roquebrou fut érigée en marquisat par lettres de 1011. Leurs descendants la possédaient encore en 1780.

 

L'article sur la maison de Montai étant très-complet dans le Nobiliaire d'Auvergne, nous nous bornerons à en rappeler les passages qui suivent.

 

Bertrand de Montai ratifia la sentence arbitrale intervenue le 13 février 1281 entre les vassaux de La Roquebrou et Durand II, son frère, auquel il succéda.

 

Jean II de Montai était écuyer d'écurie du roi Charles VII ; il réclama, en 1439),

 

la vicomte de Villemur , qui était vacante, comme le plus proche parent de cette famille. Il ne paraît pas que cette demande ait été accueillie.

 

Dorde ou Dieudonné de Montai perdit son frère, mort sans enfants, en Italie. II était alors protonotaire du Saint-Siège, aumônier du roi et doyen du monastère de Mauriac. Le pape lui accorda des dispenses pour se marier, par bulle du 10ejour des calendes de janvier 1531.

 

Gilles de Montal, gouverneur et lieutenant général de la Haute-Auvergne, dont il était bailli. Suivant le manuscrit de l'abbé Teillard, il fut défait par Madeleine de Saint - Nectaire. Cette amazone reçut sept coups d'épée , mais blessa à la cheville du pied , d'un coup de pistolet, Gilles de Montai, qui mourut de sa blessure peu de temps après. Voici ce que rapporte Jean Deluguet, avocat de Pleaux, qui écrivait 50 ans après : Cilles de Montai mourut d'un coup de pistolet reçu à la cheville du pied dans une charge, au lieu Je Rillac, en Limousin. Le Nobiliaire fait suivre cet événement des-réflexions suivantes : «  Deluguet n'indique pas la main d'où partit le coup; mais plusieurs auteurs contemporains, dont les assertions ont été souvent reproduites, désignent Madeleine de St-Nectaire, dame de Miremont, comme l'auteur de cette blessure. » (Voir Chalvignac.)

 

La famille Pérusse d'Escars est aussi mentionnée avec détail dans le Nobiliaire d'Auvergne. Cette illustre maison de chevalerie était originaire de la Marche-Limousine, et l'une de ses branches est venue se fixer en Auvergne. La maison de Pérusse d'Escars, dit M. de Courcelles, ° est assez illustre par son ancienneté, ses services ot ses belles alliances, pour n'avoir pas besoin d'une tradition qui la fasse descendre de prétendus princes souverains de Pérouse, en Italie. Elle tire son nom de Pérusse ou Peyrusse, situé dans la province de Marche, à 8 lieues de Limoges. Cette famille florissait au 1" rang dès le commencement du X° siècle, ainsi qu'on le voit dans la charte d'une fondation faite, en 1027, a l'abbaye de St-Etienne de Buxeuil, en Poitou, où figurent parmi les premiers signataires Aymeric et Constance de Peruza. »

 

La famille d'Escars a fourni un grand maréchal de l'église, en 1359; plusieurs chambellans et conseillers des rois Charles VI, Charles VI, Charles VIlI, Louis XII et François Ier ; des sénéchaux et gouverneurs de provinces; des lieutenants généraux et des maréchaux de camp; un évêque, duc de Langres, pair de France de 1569 à 1614; un évêque de Mende, comte de Gévaudan en 1457; un évêque de Lisieux, créé cardinal en 1596; six chevaliers de l'ordre du St-Esprit; des ducs et pairs de France, etc., etc. {Nobiliaire d'Auvergne.)

 

La branche établie en Auvergne descend de Jacques II de Pérusse d'Escars, troisième fils de Jacques Ier et de Anne de Lisle-Jourdain, dame de Merville, conseiller du roi, sénéchal de Guienne et gouverneur de Bordeanx. François de Pérusse, seigneur de Merville, sénéchal de Guienne après son père, épousa, comme nous l'avons dit ci dessus, Rose de Montai, fille unique de Gilles, et vint résider à La Roquebrou. Jacques, leur fils, épousa Madeleine de Bourbon-Malause. Elle fut dotée de 103,000 livres. Madeleine fit restaurer le grand corps de logis du château. Charles d'Escars fut tué à Paris en résidant à son arrestation ordonnée pour sévices exercés en Auvergne. Son corps fut rapporté à La Roquebrou en 1631. Il lut l'auteur de plusieurs ouvrages de piété, entre autres, le Solitaire de Terrasson.

 

Joseph-Bonaventure d'Escars épousa Elisabeth de Lastic, sœur de l'évêque de Gomminges. Avec leurs enfants s'éteignit la branche d'Auvergne, leur fils François-Alexandre ayant été tué a Paris, sans être marié, le 10 août.

 

Cette famille est aujourd'hui représentée par Amédée-François-Régis de Pérusse d'Escars, créé duc et pair de France le 30 mai 1825. Il est lieutenant général et commanda une des divisions qui prirent Alger en 1830.

 

La ville de La Roquebrou, comme tant d'autres, éprouva des désastres dans les guerres civiles. Dés l'année 1362, M. de Brezons, gouverneur d'Aurillac, fit mettre une garnison dans le château. Les compagnies anglaises ayant été expulsées des environs de Murat, tournèrent Aurillac, surprirent La Roquebrou et s'en emparèrent ; mais le château résista. Après la prise de Mauriac, en 1574, le gouverneur du haut-pays d'Auvergne reçut la mission spéciale de reprendre La Roquebrou. Après l'avoir recouvré, il y fit placer une garnison de 60 hommes de pied, commandée par le capitaine Morcl, et de 20 hommes de cavalerie, sous le commandement du Sr de Miramont.

 

On cite parmi les hommes ayant marqué à La Roquebrou, Guillaume de Malause, damoiseau, qui y résidait, en 1516, avec Géraud, son fils; Jacques de Salvages, juge, en 1470, de la baronnie, pour Aymeric de Montai; Jean Sarrauste, seigneur de Roquefort, en 1443.

 

A l'époque de la révolution, les archives des seigneurs de La Roquebrou furent offertes en holocauste au pied de l'arbre de la Liberté, ainsi qu'un tableau généalogique de 2 m. 66 e. de haut sur 1 m. 33 c. de largeur.

 

On voit encore dans la ville quelques anciennes maisons dont les fenêtres sont en croix.

 

Voici divers extraits, sur La Roquebrou:

 

Piganiol Laforce.— «  Il y a des titres où La Roquebrou, Roca Berulfi. est qualifié de baronnie, et d'autres où il ne l'est que de châtellenie; ce qu'il y a de constant, c'est que c'est un fief très-considérable relevant du comté de Carladès et ayant sous lui plusieurs arrière-fiefs, tels que Messac, la Grilière, Glenat, Pers, Roumegoux, etc. Cette seigneurie a été longtemps possédée par une ancienne et illustre maison que quelques-uns nomment de Montail, et d'autres de Montault. Rose de Montait porta cette seigneurie à François d'Escars; depuis ce temps-là, la seigneurie de La Roquebrou n'est point sortie de la maison d'Escars de Merville.» ,

 

Girault de St Fargeau. — « Les environs de la ville sont embellis par quelques maisons de campagne situées sur l'une et l'autre rive de la Cère. Il y a aussi un hôpital bien tenu pour les vieillards infirmes. L'antique château, dont les ruines dominent la ville, a successivement appartenu aux seigneurs de son nom, aux barons de Montai et aux marquis d'Escars, qui y firent une longue résidence. C'est la patrie de Brieude, médecin distingué, mort en 1812, auteur de la Topographie médicale de la Haute Auvergne, couronnée par la société de médecine. »

 

Sistrières. — « Messire Charles d'Escars, seigneur, marquis de Merville, tient en franc fief et noble, en toute justice, son château, terre et seigneurie de La Roquebrou et ses dépendances, du seigneur comte de Carladès.

 

Le 11 août 1574, Renaud de Tons, vicomte de Carlat, fit don à Bertrand de Montai, seigneur de La Roquebrou, des fiefs des villages do Miramond, Puech, Lac del Rouzet, Dessers, en la paroisse de Pers et de Roziers, et dans la paroisse de St-Girons, le fief de Lalhuguet, comme aussi du fief de Saignhes , en la paroisse de Roumegoux, sous la réservation des foi, hommage, ressort et supériorité réservée audit seigneur vicomte. (Tous les extraits des titres sont demeurés au greffe du domaine de Carladès, sur un procès qui fut jugé contradictoirement au bailliage et siège présidial et d'appeaux des vicomtes de Carlat et Murat, juges naturels de ladite terre, et produits au procès par le Sr de Merville.

 

 (Le jugement règle toutes les contestations des arrière-fiefs dépendant de la terre de La Roquebrou qui est très-considérable et a nombre de vassaux.)

 

Le 5e avril 1071, les appellations des sentences du siège de ladite terre ressortissent par appel au bailliage de Vic, de même que celles des autres juges des vassaux dudit seigneur comte de Carladès.

 

Les sieurs curés et prêtres de la communauté de La Roquebro ont des fiefs et rentes dans ladite paroisse, dépendant du comte de Carlat.

 

Les villages et hameaux de la commune de La Roquebrou sont:

 

Antraye. hameau.

 

Bouriole. (la), hameau.

 

.3° Cavaroc, hameau au nord du précédent, avec un château habité, en 1775, par Jean-Baptiste de Gains de Montagnac; quoique démoli en partie, il est encore habité.

 

Couderc, hameau sur le plateau qui domine la rive droite de la Cère.

 

Escazals, hameau.

 

6° Escloupié, hameau.
Estancou, hameau.
Guirbal, hameau.
Jeanlel, hameau près  Escouplié. Il est souvent abandonné.

 

10° Lause (la), hameau.

 

11° Manhal (le), hameau avec un moulin sur la Cère. Guillaume de Veyrières ou de Claret l'habitait en 1430; il est au sud et près de la ville.

 

12° Mespoulié, hameau.

 

13° Messac, château au nord de la ville. La tradition rapporte que ce repaire aurait été construit par des moines de l'ordre des Bénédictins, qui avaient leur cloître et leur église au lieu de Grifleuille (paroisse de Montvert). Des domestiques furent, par amusement, dans une des chambres du château, frapper sur le mur qui parut creux par le son qu'il rendit. On voulut en rechercher la cause, et, en le sondant, on découvrit une petite porte qui donnait dans un cabinet. M. de Beauclair, propriétaire alors du château, en fut prévenu. Il se rendit à La Roquebrou, fit ouvrir la porte du cabinet qu'il trouva rempli de malles et d'autres objets. On prétendit qu'il s'en trouva six chars qui furent portés à Aurillac. On n'a point su exactement ce que ces malles contenaient; mais on a cru qu'elles renfermaient les archives du couvent de Griffeuille.

 

Le château de Messac avait la forme d'un triangle. On l'abaissa d'un étage en 1789; il est encore fort élevé. Les murs sont d'une épaisseur extraordinaire. La partie qui en a été reconstruite l'a été récemment.

 

Le repaire de Messac (nous le désignons ainsi parce qu'il n'avait pas de tours) appartenait, en 1403, à N. Louis de Messac, damoiseau. Jean Bonnal, seigneur de Griffeuille, en jouissait en 1597. Il paraît que la seigneurie de Messac passa de cette famille dans celle de Beauclair, maison distinguée par son ancienneté et ses services. (Voir le Nobiliaire d'Auvergne et Fontanges.) Guy et Rigaud de Beauclair, chevaliers, vivaient en 1298. Le dernier fut présent, en 1404, à un accord conclu entre Guillaume de Murat et Pierre de Brezons. Rigaud de Beauclair fut fait prisonnier par les Anglais au siège de Luzignac, en 1370. Louis de Beauclair fut maréchal de camp avant 1346. Cette maison, comme il a été dit, s'est éteinte dans le comte Charles de Beauclair, ancien sous-préfet à Aurillac, et mousquetaire dans les compagnies rouges en 1814.

 

14° Mestrigis, hameau au-dessus du précédent.

 

15° Moulène-Haute, hameau.

 

16° Moulène-de-Peyre, hameau.

 

17° Montplaisir, hameau.

 

18° Négremont, hameau sur la route de Montvert. N. Pierre de Négremont. vendit des rentes à Jean de Tournemire. Il habitait La Roquebrou. Son père, Guibert de Négremont, résidait en 1337 au château de La Roque.

 

19° Orgon, village sur la route de Montvert, avec un pont vers l'embranchement des routes de Saint-Céré et de Pleaux. Orgon existait en 1281. Un bourgeois de La Roquebrou en avait pris le nom. Gilles de Montai était propriétaire d'Orgon en 1565. Jean de Carbonnière, son fils, le fut après lui en 1666. Jean de Carbonnière lui succéda. Il avait épousé Françoise Dubois. Leur fille unique porta Orgon à N. Henri de Gains de Montagnac, vers 1685.

 

20° Pontus, hameau. .

 

21° Reyssous, hameau.

 

22° Ternis ou Bernis, hameau.

 

23° Versailles, hameau près de la ville. La route départementale nu 1, d'Aurillac à St-Céré, passe à La Roquebrou. Le marché a lieu le vendredi. Les foires sont : le 4 février, 19 mars, 8 mai, 25 juin, 17 août, 28 octobre, le 6 et le 28 décembre. Elles sont abondamment pourvues de moutons provenant du Quercv.

 

La Roquebrou est la résidence d'un juge de paix, d'un bureau d'enregistrement, d une brigade de gendarmerie à cheval, d'employés des contributions indirectes, d'un percepteur, d'un bureau de poste, etc.

 

Le commerce de La Roquebrou est peu étendu. Sa poterie est recherchée pour sa solidité. En 1790 il y avait quinze potiers; mais aujourd'hui cette industrie est déchue. On a employé pendant 150 ans pour vernir ses produits le minerai argentifère de St-Santin, sans en connaître la valeur. Legrand (d'Aussy) prétend qu'il ne sort de ces ateliers que des ouvrages grossiers à l'usage de la classe pauvre.

 

On a établi des tanneries à La Roquebrou depuis le XIII° siècle; elles marchent encore aujourd'hui, les eaux de la Cère étant très-propres à cette industrie.

 

Les terres produisant des céréales sont assez bien cultivées; les prairies d'une qualité médiocre. Le tiers environ de leur superficie est occupé par des bruyères. Elles sont, pendant l'été, couvertes de nombreux troupeaux de moutons, qui sont ensuite revendus après avoir été tondus et engraissés.

 

Le trajet de Crandelles à La Roquebrou, dit M. Bouillet, est des plus arides, si l'on suit la route. Si on préfère longer la Cère, on verra de beaux escarpements; mais la route est longue et pénible, car cette rivière est très-encaissée et ses bords couverts de bois ou de broussailles. Cette rivière est poissonneuse. La population est active et industrieuse; néanmoins son industrie, à défaut do débouchés, ne s'étend pas au-delà de ses environs.

 

La Roquebrou était de droit écrit relevant d'Aurillac Il avait la même coutume que celle d'Aurillac, art.

 

Le chapitre de La Roquebrou, d'après le pouillé de 1648, qui le désigne sous le nom de Rupe veteri, était à la présentation de l'archiprêtre d'Aurillac.

 

Cette commune fut imposée à la somme de 2,700 livres dans la répartition de la taille de l'année 1696 dans l'élection d'Aurillac.