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  La commune de Montsalvy aujourd'hui

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Montsalvy. — Canton De Montsalvy. — Ce canton fait partie de l'arrondissement d'Aurillac; il en forme l'extrémité méridionale, qui pénètre dans le département de l'Aveyron. Il est borné au sud el à l'est par ce département; au nord, par les cantons d'Aurillac sud, de Vie et de St-Mamet, et à l'ouest, par le canton de Maurs.

Le sol du canton de Montsalvy est généralement maigre; les bruyères en couvrent une grande partie; le schiste domine sur les hauteurs ; on y trouve aussi le granit dans les versants des coteaux et dans les vallons, où croissent les • châtaigniers, qui sont, pour les habitants, d'une grande ressource. Dans la partie du canton que l'on appelle le Veynazès, les récoltes en seigle sont généralement belles.

Ce canton renferme quatorze communes : Calvinet, Cassaniouse, Junhac, Labesserette, La Capelle-del-Fraisse, La Capelle-en-Vézie, Ladinhac, Leucamp, Montsalvy, Roussy, Sansac-Veynazès, Teissières-les-Bouliès et Vieillevie. Sa population totale est de 11,348 habitants.

Commune De Montsalvy. — Cette commune est bornée au nord par celles de Ladinhac, de Labesserette et de Junhac ; à l'est, par le département de l'Aveyron, dont le Goul la sépare ; au midi, par le même département; a L'ouest, par Vieillevie et Junhac.

Elle est arrosée par le Goul et l'Auze, sur ses limites; par les ruisseaux de Ruols, de Coffinhal, de Comberousse, de Combal et de Guarrigue.

Son territoire participe de la nature du reste du canton ; il est d'un faible produit, si ce n'est dans les vallons, où l'on voit de bonnes prairies.

On trouve dans cette commune 20 villages ou hameaux et 191 maisons habitées par une population de 1,181 habitants.

 

Ville De Montsalvy.

 — Cette ville, située à 34 kilomètres d'Aurillac et à 2 kilomètres seulement du département de l'Aveyron, sur la route d'Aurillac a Rodez, est bâtie sur un plateau ^levé de 829 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais dominé cependant par le Puy-de-l’Arbre, sur lequel s'élevait autrefois le château de Mandulphe et qui, dans le siècle dernier, a servi aux opérations de MM. Méchin et Delambre, pour tracer la levée du quart du méridien, base des nouvelles mesures. On jouit de ce point élevé do la vue la plus étendue : le clocher de Rodez, les montagnes de la Guiole, du Cantal et du Mont-Dore, et les nombreuses vallées qui en descendent, se dessinent parfaitement aux yeux du spectateur, et forment autour de lui un imposant panorama.

Cependant ce paysage, aujourd'hui animé et riant en été, n'était, il y a huit siècles, qu'une affreuse solitude, un passage dangereux et redouté des voyageurs, pour la sûreté desquels peut-être saint Géraud ou quelqu'un des premiers abbés d'Aurillac avait fait construire le château de Mandulphe.

Quoiqu'il en soit, vers le milieu du XI° siècle vivait un saint religieux, que l'amour de Dieu avait poussé dans la solitude, saint Gausbert, que les uns font naître à Rodez et les autres à Thiers, dans la Basse-Auvergne; après avoir successivement habité le Puy-en-Velay et le monastère Saint-Amans, de Rodez, il s'était retiré à St-Projet,-sur les bords du Lot. Là, il avait trouvé une vieille masure qui avait servi d'habitation à un ermite, et un petit oratoire où ce saint pénitent avait coutume de prier. Par ses soins, cette masure avait été convertie en maison religieuse; le pauvre oratoire était devenu une église décente, et quelques disciples réunis auprès de lui y suivaient la règle de Saint-Augustin. Au nombre des cénobites qui avaient suivi saint Gausbert à St-Projet, l'histoire cite Pierre d'Albi, et Bertrand de Rodez.

La providence conduisit saint Gausbert à Montsalvy, et de même qu'il avait construit une église sur le rocher isolé du Bex , il voulut aussi en fonder une sur le plateau solitaire de Montsalvy. Pour ce saint ouvrier, concevoir un projet et l'exécuter c'était tout un; il se mit donc aussitôt à l'ouvrage avec ses deux compagnons, Pierre et Bertrand.

Il ne suffisait pas de construire une église, un hospice pour y recueillir les voyageurs, des cellules pour les religieux qui devaient les héberger et panser leurs plaies, il importait, pour donner quelque stabilité à ces pieuses fondations, d'obtenir l'agrément du seigneur sur le terrain duquel elles étaient faites. Or, ce seigneur était Bérenger, vicomte de Carlat. Saint Gausbert s'adresse à lui et en obtient l'acte de donation dont voici l'analyse:

« Bérenger, vicomte de Carlat; Adèle, sa femme; Nobilis, mère d'Adèle, et les trois enfants de Bérenger et d'Adèle, Richard, Gilbert et Raymond, donnent à Gausbert et à ses compagnons, Pierre et Bertrand, l'église de St-Projet, sur les rives du Lot, et le lieu où ils construisent actuellement une église dédiée a Notre-Dame. Ce terrain, circonscrit entre quatre croix, est, pour le temporel, dans le ressort du château do Mandulphe, et, pour le spirituel, dans la paroisse de Junhac. Les donataires réservent expressément au suzerain du château et à l'église de Junhac les droits résultant de cette double dépendance. »

Cet acte est ainsi daté : « Sous le règne de Philippe Ier, roi des Francs, Aymon étant archevêque de Bourges, et Etienne, évêque d'Auvergne; les témoins sont: Bernard d'Alberoche et ses fils, Rigaud de Teissières, Astorg de Vinzelle et Pierre de Trémouille. »

Philippe 1er n'est monté sur le trône qu'en 1061 ; Etienne, évêque de Clermont, est le successeur de Rancon, qui obtint du pape, en 1052, la confirmation de l'établissement de la Chaise-Dieu; donc, cette donation de Bérenger est évidemment postérieure à 1061 ; je crois devoir la placer en 1066, date qui lui est assignée par Dubouchet.

Voilà donc saint Gausbert et ses compagnons en possession du terrain sur lequel ils bâtissaient une église, un hospice et un monastère autour desquels, probablement, les habitants des lieux circonvoisins et les ouvriers employés à ces diverses constructions ne tardèrent pas à grouper quelques maisons pour leur propre usage.

Mais Bérenger de Carlat était vassal de l'abbé d'Aurillac pour une grande partie des terres qui dépendaient de cette vicomté, et notamment pour lo château de Mandulphe, élevé sur un alleu de saint Géraud. L'abbé d'Aurillac réclamait en vain de lui les hommages et autres devoirs qui lui étaient dus à ce litre; n'en pouvant rien obtenir, il eut recours au pape, Grégoire VIF, et en obtint, le 12 avril 1079, un bref adressé aux archevêques de Bourges, de Narbonne et de Bordeaux, dans lequel il leur enjoint de contraindre. Bérenger, vicomte de Cariat, à rendre à l'abbé d'Aurillac les hommages qu'il lui doit et les terres qu'il a usurpées sur lui; il veut que l'on rende- à l'abbaye d'Aurillac le monastère de Maurs, les églises de Dalmayrac et de Montsalvy, et toutes les terres et possessions qui en dépendent, et menace Bérenger de l'indignation du Saint-Siège, en cas de désobéissance. Ce bref est rapporté par Duchesne, vol. i, page 214.

Il parait que les religieux de Montsalvy ne se tinrent pas pour battus, puisque nous trouvons dans nos archives une sentence du pape Pascal II, de l'année 1107, qui décide que l'église de Montsalvy doit relever du monastère d'Aurillac, parce que le château de Mandulphe, dans le ressort duquel elle avait été construite, était lui-même bâti sur un alleu de saint Géraud.

M. le curé Muratet, auteur d'une excellente notice sur Montsalvy, ne connaissant pas ces titres et n'ayant pas fait attention à la réserve insérée dans l'acte de donation en faveur du suzerain temporel, ne pouvait s'expliquer comment Montsalvy pouvait dépendre d'Aurillac; la raison en est aussi simple que légitime, Bérenger n'ayant pu donner que les droits qu'il tenait lui-même des abbés d'Aurillac.

A peine fondé, le monastère de Montsalvy s'étendit par des donations considérables. Bérenger étonné lui-même du développement que prenait cet établissement entre les mains de saint Gausbert, lui avait donné à défricher la forêt de Laussnc. Le saint s'y était porté avec une telle ardeur, qu'en peu de temps la forêt s'était éclaircid, et qu'on voyait s'élever à sa place un nouveau monastère dédié à saint Michel. A peine ce nouveau monastère était-il achevé, qu'il s'occupait de la fondation de l'église de Brieu, dans l'Aveyron.

Aussi Pons, évêque de Rodez, témoin de tant de prodiges exécutés par un seul homme, crut-il devoir, en 1087, donner aux églises de Laussac et de Montsalvy, les églises d'Aubin, de Vialarel, de Viviers, la moitié de l'église St-Remi, les églises de St-Julien, près Capdenac; de Combret, de St-Saturnin, de Meymac; la chapelle et l'église du château d'Estaing, l'église de Pons, près Montsalvy; l'église de Vignes, la chapelle de Sévérac, l'église de St-Partheim, les chapelles des châteaux de la Vinzelle et de St-Santin, les églises de Ginouliac, de Tesq. du Montet, de Valeilles, de Bez, du Colombier et de Roussy.

En 1193, une bulle de Célestin III confirma cette donation et plusieurs autres, en permettant aux chanoines do Montsalvy que leur prévôt enverrait résider, au nombre de deux ou trois, dans les possessions ainsi données à ce monastère, de choisir l'un d'entre eux auquel l'évêque diocésain confierait le soin des âmes. Ainsi faisait l'abbé d'Aurillac dans las Bénéfices qui dépendaient de son abbaye, de sorte qu'on peut dire avec vérité que ce sont les moines qui ont civilisé le haut-pays d'Auvergne.

En 1258, dit M. Muratet, dans la notice dont nous avons déjà parlé, le tonnerre tomba sur l'église de Montsalvy, le fluide électrique descendit dans le chœur, brisa une colonne de la chapelle de la Sainte-Vierge et une partie de , l'autel de St-Bernard; une trentaine de personnes qui se trouvaient alors dans le lieu saint s'évanouirent de frayeur. Le même sinistre, arrivé en 1815, enleva le clocheton qui ronronne le grand clocher.

En 1270, eut lieu entre Henri II, vicomte de Carlat, et le prévôt de Montsalvy, une transaction d'après laquelle le prévôt, en reconnaissance de la donation de remplacement où est Montsalvy, faite par Bérenger, s'obligeait de recevoir le vicomte comme seigneur suzerain ou dominant, avec tous les honneurs qui lui étaient dus lors de sa première entrée dans la ville, et même de le défrayer avec toute sa suite. Henri II se réservait dans cette transaction tout acte de justice relatif à la police de Montsalvy, à la taxation des vivres, etc., pour le lundi de Quasimodo et la foire de la Saint-Martin ; le prévôt et le chapitre ratifièrent cette transaction en 1323.

M. Muratet affirme que cet acte de 1270 est au greffe d'Aurillac ; je l'y ai cherché en vain. En revanche, j'ai trouvé le suivant:

« 17 Août 1277. — Transaction et composition amiable entre Henri, comte de Rodez, comme vicomte de Carlat, d'une part; Guillaume de Pétrole, prévôt de Montsalvy, et les habitants de cette ville, de l'autre , par l'entremise de Gui, évêque d'Auvergne ; de Géraud d'Albertelerc et de Bernard de Manso , juge du Carladès.

1° Les habitants de Montsalvy et le prévôt du monastère doivent au comte de Rodez, à raison de sa vicomté de Carlat, un droit de suite; c'est-à-dire que, s'il vient assiéger quelque château ou forteresse dans la vicomté, 80 ou 100 hommes de la ville doivent le suivre avec leurs armes; mais ils seront à ses frais du moment qu'ils seront sortis do la ville; de sorte que, s'il leur arrive quelque dommage, le comte devra le réparer de suite, et qu'il ne lui sera pas permis de rentrer dans la ville de Montsalvy avant de l'avoir réparé, à moins qu'il ne soit poursuivi et serré de près par les ennemis, auquel cas les habitants de Montsalvy seront tenus de lui ouvrir leurs portes;

2° Que si le comte était assiégé hors do la vicomté, les habitants de Montsalvy seraient encore tenus de venir en armes à son secours, et, en ce cas, il devrait leur payer la même solde qu'à ses autres gens de pied. Faute par lui de ce faire, ils auront le droit de s'en retourner chez eux. Et si, en allant ou revenant, ou pendant qu'ils seront à son ost, ils venaient à perdre des chevaux ou autres bagages, le comte sera tenu de leur fournir de quoi en acheter d'autres et de s'en rapporter, quant à la perte, au serment de celui qui l'aura subie, eu égard ù son état et condition.

3° Si quelqu'un des habitants de Montsalvy est fait prisonnier tandis qu'il porte les armes pour le comte, celui-ci sera obligé de payer la somme nécessaire pour le racheter, suivant l'estimation qui en sera faite par prud'hommes;

4° Le comte et sa suite venant à Montsalvy, on leur fournira, suivant l'usage, les lits et les écuries nécessaires;

5° Les habitants de Montsalvy auront le droit de faire paître leurs bestiaux et bêtes de somme dans les terres fermes et incultes appartenant au comte dans le voisinage de la ville; les hommes du comte auront le même droit dans les tènements de même rature des habitants de la ville;

6° Les habitants de Montsalvy pourront aller ramasser du bois mort dans les forêts du comte, pour leur chauffage;

7° Ils ne seront pas tenus au péage que perçoit le comte sur le chemin de Montsalvy, pour toutes les marchandises qu'ils porteront ou feront porter dans leur ville; mais, si elles en sortent, elles payeront ce droit;

8° Le comte et ses successeurs seront tenus de défendre de tout leur pouvoir le monastère, le prévôt, la communauté, la ville, les habitants, les choses et les biens qui leur appartiennent, de les protéger et conserver comme les hommes de sa terre;

9° Lorsque le comte voudra défendre dans sa terre l'exportation du blé, du vin, ou de toute autre denrée, il est bien entendu que le ban qu'il publiera ne fera aucun obstacle à ce que ces denrées ne soient librement portées à Montsalvy, sauf aux habitants de la ville à donner caution ou sûreté, s'il l'exige, que de Montsalvy ils ne les transporteront pas ailleurs.

Les témoins de cet acte sont : Guillaume d'Estaing, Henri de Benavent, Marquèze de Canillac, Bertrand d'Aldoyra, Gui de Tessières, Baymond de Folbole, Bertrand de Tremouille, chevaliers; Bernard Palhesier, P. de Cros, Hugues d'Arpajon, etc.

Ainsi, deux cents ans à peine après la donation du terrain sur lequel Montsalvy avait été bâti, déjà cette ville avait pris assez d'extension pour que son seigneur, vicomte de Carlat et comte de Rodez, dut compter avec ses habitants et leur reconnaître des droits et des privilèges que l'on peut dire exorbitants, puisqu'ils allaient jusqu'à le rendre responsable de tout dommage subi par eux à son service, et à les autoriser à lui fermer les portes de leur ville, s'il n'était pas immédiatement réparé.

Or, d'où pouvaient provenir ces privilèges. Ce n'était certainement pas de la donation de Bérenger; nous l'avons fait connaître, il ne cède que ses droits sur le terrain limité par les quatre croix.

Il n'est nulle part question de la concession d'autres droits, et cette concession, d'ailleurs, n'aurait pu être faite que d'un commun accord par l'abbé d'Aurillac, suzerain, et par le vicomte de Carlat, son tenancier; donc, il fallait que la liberté, comme je l'ai dit ailleurs, fût la loi générale du Haut-Auvergne, et qu'elle n'eût d'autre limite que celles que les vassaux et le seigneur y apportaient eux-mêmes dans leurs transactions, suivant les lieux, les besoins et le pouvoir des uns et des autres. Aussi notre coutume d'Auvergne était-elle: seigneur sans titre.

En 1282, Etienne, prévôt de Montsalvy, transigea avec les consuls de la ville pour le droit de chauffage que les habitants prétendaient avoir sur les bois et forêts du monastère.

Voilà donc déjà des consuls à Montsalvy et des consuls reconnus par 'e prévôt, leur seigneur. Ces consuls devaient exister depuis que la population, réunie autour du monastère, avait senti le besoin d'une administration. Là pas de conjuration, pas l'usurpation de droits, pas de lutte entre les habitants et le seigneur, pas de concession non plus, nouvelle preuve de l'usage ancien constate dans notre coutume d'Auvergne, qui porte que les habitants du haut-pays peuvent s'assembler sans l'autorisation du seigneur, pour faire luminiers et jurés et régler leurs affaires communes. C'était le droit immémorial, la coutume des Celtes.

En 1483, le prévôt du monastère demanda à être exempté du service paroissial, parce qu'il le trouvait trop pénible, de l'avis de ses religieux; il en exprima le vœu- au souverain pontife. Une bulle fut expédiée ; elle mentionne:

Le prêtre qui, sur la recommandation du prévôt, devait être chargé des fonctions pastorales sous le nom de vicaire perpétuel;

2° Le nombre de ses obligations en cette qualité;

3° Ses attributions;

4° Le revenu dont il devait jouir personnellement, sans préjudice des droits réservés à deux religieux, dont l'un était ouvrier et l'autre sacristain.]

Enfin, une bulle du 21 mars 1764 sécularisa l'abbaye de Montsalvy et érigea son église en collégiale séculière, toujours sous l'invocation de l'Assomption de la Sainte-Vierge.

 

ÉGLISE DE MONTSALVY.

Cette église, vaste et belle, est une des plus curieuses du département; nous allons emprunter à M. Muratet une partie de la longue description qu'il en a faite.

L'église a la forme d'une croix latine; ses trois nefs représentent un parallélogramme rectangle; elle est entièrement voûtée, excepté la chapelle du baptistère qui est lambrissée. Sa longueur, dans œuvre, est d'environ 40 mètres; sa largeur, de 15 mètres; sans y comprendre les chapelles, au nombre de cinq, construites en dehors du collatéral septentrional; la hauteur de la voûte du chœur est de 13 mètres.

L'abside est en hémicycle; les collatéraux se terminent de même par deux chapelles; à droite, celle de la Vierge ; à gauche, celle de St-Bernard; elles ont la figure d'une petite abside semi-circulaire, moins avancées vers l'orient que celle de la nef principale ; elles lui servent de cortége, et, placées à côté du Saint des saints, elles semblent l'adorer par leur attitude humble et respectueuse.

Le clocher est bâti sur la voûte qui termine, à l'est, la nef secondaire méridionale; l'église a trois portes; l'une regarde l'ouest, une autre conduit dans la galerie du presbytère, la troisième est sous l'escalier du clocher.

Les arêtes des voûtes sont saillantes et les nervures arrondies. Les points où les ogives tracent une diagonale aux mensoles, laissent apercevoir, tantôt des mains, tantôt des rosaces; et, à leur jonction, elles se terminent par des figurines d'anges ou d'hommes, ou par des culs-de-lampe. Dans la nef secondaire septentrionale, on fixe les yeux avec plaisir, mais avec une espèce de ricanement, sur trois ogives qui, fatiguées de leur propre poids, semblent se reposer sur les épaules d'un pauvre Atlas qui, malgré sa force gigantesque, peut à peine les soutenir.

Les chapiteaux des colonnes sont sculptés. On y admire des têtes d'hommes et même d'animaux, des oves, des filets entrelacés, des feuilles d'eau, et enfin des figures symboliques ou de caprice. Leur fût est simple ou renflé et, pour leur base, on n'y remarque que les ornements ordinaires.

Sous les arcades de deux fenêtres, on distingue au sommet de petites ouvertures. Los unes sont rondes et les autres ovales; celles-ci prismatiques et celles-là losangées. Une de ces petites ouvertures représente un cœur, et les vitres qui les ferment, sont, quant à une fenêtre, en verre colorié.

Ces deux fenêtres sont une faible imitation, l'une, de la fenêtre dite rayonnante; l'autre, de la fenêtre dite flamboyante.

On peut juger, par ce que nous venons de dire, que l'église de Montsalvy n'a pu être construite d'un jet, telle qu'elle est aujourd'hui. Il est probable qu'elle a été reconstruite, ou du moins réparée, à deux ou trois reprises différentes, dans les XIII°, XV°et XVII° siècles, et qu'il ne reste pas grand chose de la construction primitive de saint Gausbert.

A côté de l'église était un cloître, dont on retrouve les traces dans la eour carrée, fermée au nord par l'église; au couchant, par le presbytère ; au midi, par la maison d'école, et à l'est, par la sacristie.

Cette sacristie devrait être fouillée, parce que, suivant toute apparence, le sol actuel en a été considérablement élevé, et qu'on pourrait restituer aux colonnes incomplètes qui soutiennent la voûte leur hauteur primitive et en découvrir la base. On parviendrait ainsi à constater l'ancien niveau du sol, et probablement la date des reconstructions dont je parlais tout à l'heure.

 

CHAPELLE DU RECLUS. ,

 

A peu de distance de Montsalvy, sur la route d'Entraygues, est placée la chapelle du Reclus, dédiée à sainte Madeleine. La légenJe en attribue encore la fondation à saint Gausbert. Sa longueur, dans œuvre, est de 5 mètres, sa largeur de i, et sa hauteur aussi de 4 mètres.

Un religieux de Fageolles (Lot), avait été accusé de sortilège. Sa faute était devenue publique ; il avait été arrêté, jugé et condamné à mort.

Saint Gausbert s'était rendu auprès de lui, tant pour l'exhorter au repentir que pour implorer son pardon. Il avait réussi à inspirer au condamné le regret de sa faute; mais le seigneur de Fageolles avait refusé la grâce du coupable aux sollicitations, aux prières, aux larmes de saint Gausbert. Le malheureux avait été conduit au lieu choisi pour l'exécution; mais le bourreau s'était enfui, et personne dans la foule ne consentait à prendre sa place.

La multitude réunie pour assister au supplice, émue à la vue du condamné, touchée de son repentir, entraînée par le dévouement de Gausbert, réclame tout d'une voix la grâce refusée aux instances du saint.

Le seigneur de Fageolles cède enfin ; mais il exige que le coupable fasse pénitence toute sa vie dans un endroit retiré.

Gausbert le conduit à Montsalvy, fait bâtir près de la ville une cellule dans laquelle le pauvre religieux passa toute sa vie dans les austérités de la pénitence, et la couronna par une mort précieuse devant Dieu. C'est sur l'emplacement de cette cellule que fut construite la chapelle du Reclus.

 

CHAPELLE DE LA SAINTE-FOND.

 

On attribue aussi à saint Gausbert l'érection d une autre chapelle au milieu de laquelle est une fontaine pavée, dont les eaux avaient, dit-on, la propriété de rendre aux nourrices le lait qu'elles avaient perdu. Cette chapelle, qui était voûtée et avait 6 mètres en longueur et en largeur, n'offre aujourd'hui que des ruines.

A peu de distance de la Sainte-Fond, on trouve une croix de granit, assise majestueusement sur un piédestal de forme circulaire, qui domine le terrain adjacent. Elle représente d'un côté N. S. J.-C. crucifié entre deux larrons; de l'autre, sa divine mère et l'apôtre saint Jean aux pieds du sauveur du monde.

Cette croix parait à M. Muratet digne de remarque  même au point de vue archéologique. Les rides séculaires qui la sillonnent en tout sens font penser qu'elle doit être une des quatre qui, suivant l'acte de donation de 1066, délimitaient le territoire donné par Bérenger à saint Gausbert.

 

PREVOTS DE MONTSALVY.

 

1° Saint Gausbert fut le premier prévôt de Montsalvy; nous avons déjà fait connaître la plupart de ses actions; il suffira de dire qu'il mourut en 1081.

2° Saint Bernard, né à Rodez vers 1040, fut d'abord moine à St-Amans ; mais peu satisfait de l'irrégularité de ce monastère, que saint Gausbert n'avait pu réformer, il suivit ce saint fondateur à Montsalvy, se forma pendant 15 ans sous sa conduite et lui succéda à sa mort.

« Ses cogitations, est-il dit dans un ancien manuscrit, estoient sans tasche et sans macule. Toutes les volontés d'icelui estoient droites et fidelles, et la loi de Dieu estoit empreinte dans l'asme sienne et dans le cœur sien, laquelle asme et lequel cœur estoient encuirassés de la crainte et de l'amour de Dieu. »

Saint Bernard mourut l'an 1110, à l'âge de 70 ans; en 1258, Jean, archevêque de Bourges, dédia dans l'église de Montsalvy une chapelle en son honneur, et depuis ce temps on le vénère comme le patron de la paroisse.

Bérenger, troisième prévôt, dont on ne sait rien.

4° Hugues, probablement parent de Hugues, comte, et de Hugues, évêque de Rodez. Par son entremise et celle de Ranulphe, 22° abbé d'Aurillac, il intervint une transaction entre les deux frères.

5° Pierre de Cocural, prévôt en 1249; M. Muratet n'en dit rien.

6° Guillaume de Pétrole. C'est lui qui figure dans la transaction de 1277.

7° Etienne, qui transigea, en 1282, avec les habitants de Montsalvy, sur le droit de chauffage qu'ils prétendaient.

Il y a ici une lacune de 200 ans.

8° Guidon de Castelnau, abbé de Bonneval et de Sylvanès, mourut en 1499, le 5 août.

9° Jean de Pluches fut élu en 1500.

10° François de Senneterre était prévôt en 1542 ; il était protonotaire apostolique et eut des démêlés avec les consuls. Autre lacune de 80 ans.

11° Autre François de Senneterre en 1630, probablement petit neveu du précédent. Le 18 septembre 1665, il résigna son abbaye en faveur d'Antoine, son neveu, en se réservant 2,000 livres de pension.

12° Antoine de Senneterre, prévôt en 1665.

13° Jean-Jacob de Pluches, chanoine de St-Victor, de Paris, fut prévôt en 1687.

14° Joseph Guintrandy, prévôt en 1724, avait des connaissances en médecine, et, suivant une tradition locale, il avait rendu de grands services à la ville de Marseille pendant la peste de 1720; il mourut au commencement de 1745.

15° Jean de Seguy , élu en 1745, administra sagement l'abbaye et fit de grandes réparations à l'église, qui avait été négligée par son prédécesseur ; il mourut en 1776.

16° Hyacinthe-Gaston de Pollière, prévôt en 1777, permuta quatre ou cinq ans après avec Jean-Pierre de Méallet, prieur de Marcolès; il mourut à Munster, pendant la révolution.

17° Jean-Pierre de Méallet, né au château de Faulat, fut prévôt de Montsalvy en 1782 ou 1783. A la révolution, il fut obligé de se cacher, tantôt à Flagnac, tantôt à Monredon; jl passa ainsi l'année 1795 et la majeure partie de 1794; mais enfin arrêté, conduit à Figeac et transféré à Cabors, il fut condamné comme prêtre réfractaire par le tribunal révolutionnaire, conduit a l'échafaud, revêtu de ses ornements sacerdotaux et exécuté le 24 septembre 1704, deux mois après la mort de Robespierre!

 

CURES DE MONTSALVY.

 

Jean Conducher, en 1483; Antoine Ponsonnet, 1543; Jean Gui, 1599; Jean Gausserand, 1681; Jean de Galauba, 1702; Jean Boissonnade , 1730 ; François Perret, 1781 ; François-Ange de Méallet, 1783 ; Caubel, 1785 ; Joseph Jalenques, 1786; Pierre Navarre, 1803; G. Muratet, auteur de la notice dont nous avons extrait presque tout ce qui précède, curé en 1828; Brioude, 1843; Laborie, 1852; Lavergne, 1852.

 

VILLE ACTUELLE.

 

La ville de Montsalvy était autrefois fortifiée; il existe encore deux portes aux deux extrémités de la rue principale qui la traverse; l'une, du côté de l’Auvergne, l’autre, du côté de l'Aveyron.

Aujourd'hui la route impériale n° 120 n'entre plus dans la ville; elle la contourne à l'ouest, d'une porte à l'autre.

Il y a peu de choses à dire de la ville elle-même; on peut cependant citer quelques jolies maisons, et surtout le bel enclos de M. Delmas, ancien préfet, et ancien secrétaire général au ministère de l'intérieur.

Montsalvy fait un assez grand commerce de toiles, que l'on fabrique dans le canton, de moutons et de cire.

Les foires s'y tiennent les 15 janvier, 14 et 15 avril, 10 mai, 25 et 26 juin, 22 juillet, 10 octobre et 12 novembre. Elles sont assez suivies par les marchands du département de l'Aveyron.

Il y a marché les mercredi et samedi de chaque semaine.

Montsalvy est le siége d'une justice de paix, d'un bureau d'enregistrement, d'une recette des contributions indirectes, d'une direction des postes et d une brigade de gendarmerie.

On parle beaucoup des petits pois de Montsalvy, dont la renommée est déjà ancienne; mais il parait qu'aujourd'hui ces pois sont introuvables, môme sur le lieux, et qu'ils n'ont pas survécu à leur réputation.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

Ayguebonne. ,

Blal (le).

Bournionet (le).

Boutelongue.

Caucristie.

Caylat.

7° Coffinhal.

Combat (le).

9° Combe (la).

10° Combou (le).

11° Escure.

12° Fradin (le).

13° Garribat (la).

14° Garribulles (las).

15° Garrigues (las).

16° Grangeotte (la).

17° Grange de-Durou (la).

18° Lafage.

19° Lafon.

20° Langles.

21° Lagarde.

22° Lalo.

25° Lavergne.

24° Meyniot.

25e Molinier (le).

26° Montsalvy.

27° Pouchines.

28° Puy de l'Arbre.

29° Ruofs.

30° Roque (la).

34° Sainte-Fond (la).

Montsalvy était de droit écrit, relevant d'Aurillac. Sa justice appartenait au prévôt, qui était la première dignité du chapitre; il nommait à la moitié des canonicats, et le chapitre à l'autre moitié, alternativement.

Montsalvy fut imposé à 1,250 livres dans la répartion de l'impôt de 1696 pour l'élection d'Aurillac.