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Moissac. — La commune de Moissac fait partie du canton et de l'arrondissement de Murat. Elle est bornée au nord par celle de Ste-Anastasie; au sud, par les communes de Celles et de Coltines; à l'est, par celles de Joursac et de Talizat, et à l'ouest, par Chalinargues.

Sa superficie territoriale est de 1,350 hectares, dont 750 h. en terres cultivées; 300 b. en prés et pacages estimés; 150 h. en bois, et quelques bruyères.

Elle est arrosée par les rivières d'Allagnon, d'Allanche; les ruisseaux du Chaylar, de la Gazelle, de Richardote, etc.

Sa population est de 610 habitants, répartis dans 7 villages, 4 hameaux et 129 maisons.

Moissac, le chef-lieu, à 1 myr. 2 kil. de Murat, est un bourg de 50 feux, situé dans le vallon , sur la rive droite de la rivière d'Allanche et le chemin de grande communication de St-Flour à Bort, par Allanche et Marcenat. On y voit quelques jolies maisons.

L'église est dédiée à saint Hilaire; elle est très-ancienne, avec deux chapelles, et paraît n'avoir pas été terminée, car elle est plus large que longue. Les sculptures sont grossières et peu remarquables. C'était un prieuré à la présentation da prieur de la Voûte. Elle fut donnée, en 1311, à l'abbaye de Moissac, par Leotgarius et sa consorte, Adalberge; elle en prit alors le nom et quitta celui de Saint-Hilaire , son patron. La maison de Sévérac a fait souvent des dons à l'église de Moissac. Guillaume Vigier fut chapelain de Moissac en 1276; Guillaume Guillot, curé en 1679; Jean Pichot, en 1681 ; Chapsal, curé en 1708; Léonard Boubelène, en 1782.

Moissac est divisé en deux parties, celle de Moissac-l'Eglise et celle de Moissacle-Chastel. On ne voit plus du château que quelques masures.

On trouve dans M. Imberdis que, dans les marches et contre-marches faites par les huguenots dans les environs de Murat, vers 1581, ils s'arrêtèrent à Moissac pour explorer la campagne jusqu'à la Chapelle et Bredon.

M. Bouillet dit qu'on voit près de Moissac le château de Sévérac, qui appartenait, en 1366, à Jean Aldebert. Moissac est, à ce que l'on croit, dit le même écrivain, le Mussiacus où un tribun d'Auvergne , nommé Municius, apporta , au XVI° siècle, des reliques de saint Germain-d'Auxerre.

Moissac-le-Chastel appartenait à Pierre de Moissac, en 1066. Philippe-Auguste, en revenant de la Palestine, ayant donné la dîme sur leurs censitaires à plusieurs seigneurs d'Auvergne qui l'avaient accompagné, Lambert ou Jaubert de Don, l'un d'eux, reçut celle de Moissac-le-Chastel, sur l'Allagnon.

La seigneurie de Moissac appartenait, en 1278, à Astorg de Dienne. Pierre Boyer, chevalier , était coseigneur de Moissac en 1285; Bernard de Rochefort, seigneur d'Aurouze, en jouissait en 1298. Il avait été acheté, en 1331, sous pacte de rachat, de Jaubert de Bréon , Sr de Merdogne. Louise de l'Espinasse fut dame de Moissac en 1450; Dauphine de Murols, fille de Jean et de Gabriellc de Lastic, était aussi dame de Moissac en 1480; Jean de Dienne l'était en 1528.

Moissac fut vendu avec le Chaylar, en 1596, à Antoine de Sévérac, seigneur de Rancilhac. En 1635, Moissac relevait de Mardogne et appartenait à N. de Foix. Cette seigneurie revint à la famille de Sévérac en 1732 ; Jean de Sévérac la vendit à N. de Dienne de Cheyladet; Marie de Cheyladet porta Moissac en dot à Hector de Lagarde, marquis de Chambonnas; en 1741, les deux Moissac appartenaient à Gaspard d'Estaing, baron de Sailhans. Les villages et hameaux de cette commune sont:

Comberoubert, village sur la rive droite de l'Allagnon et le chemin de Talizat, il appartenait à Gilbert de la Salle, seigneur du Chaylar, en 1562.

Domaine-du-Bois, hameau.

Girallat ou Chiralleix, hameau appartenant actuellement a la maison Dubois, de Murat.

Laval, village au-dessous d'un rocher basaltique, sur le versant sud de la vallée de la rivière d'Allanche. Le rocher de Laval est formé de prismes très beaux et très réguliers; mais, ce qui le rend encore plus remarquable', c'est son cratère, dont l'entonnoir parfaitement distinct, a son déversoir sur le vallon. Je l'ai vu une fois par un temps de neige; les rochers environnants en étaient couverts, mais elle avait fondu dans le creux. Cet entourage blanc faisait ressortir les pouzzolanes rougeâtres qui s'y trouvent, et les espèces de vapeurs qui s'élevaient d,e sa circonférence avaient l'air d'être la fumée d'une conflagration actuelle et faisaient illusion.

Nussargues, gros village dans une plaine élevée de la vallée de l'Allagnon et dominant cette rivière. Son château , construction du XVII° siècle, est composé d'un corps de logis carré et d'une tour contenant l'escalier , l'un et l'autre sans meurtrières, créneaux ni machicoulis. Il est assis sur une très-petite élévation, au point culminant où la côte d'Entraigues, sur la route de Massiac à Murat, partant du pont, sur la rivière d'Allanche, vient.atteindre le tracé à mi côte qui se prolonge jusqu'à cette dernière ville. Nussargues se trouve au point de jonction du chemin de grande communication venant de St-Flour avec la route départementale, et se prolongeant ensuite sur Bort, par Allanche et Marcenat.

Nussargues était un fief relevant de Mardogne, dont les rentes appartenaient, en 1516, à Antoine Duplat, seigneur d'Hauterive, capitaine du château d'Alégre; il les céda pour 4,300 livres à Françoise de Mallet, veuve de Guillot de Dienne. François de Dienne fit échange, en 1500, de Nussargues, qui lui appartenait, avec Louise de Pouzol, contre la terre de Marmiesse ; elle habitait le château, et fut mariée à N. de Gouzel. Jacques d'Auzolles fut seigneur de Nussargues en 1627. Pierre de Theil, écuyer, en devint propriétaire par donation en 1687. Marie, sa fille, le porta en dot, en 1714, au sieur de Berthier, fermier-général, qui le vendit, en 1716, à Jacques le Brun, écuyer.

Jacques le Brun n'ayant eu que des filles, l'aînée, mariée avec N. Laroque, bourgeois de Murat, lui porta la seigneurie de Nussargues ; elle avait suivi le sort du duché dé Mercœur, que le prince de Conti fit ériger de nouveau en duché-pairie, le 5 août 1724 , y compris le marquisat de Mardogne, de Moissac-le-Chastel et d'Albughas. Après la mort de ce prince, qui avait vendu au roi le duché de Mercœur, en 1773, Louis XV en forma une partie de l'apanage de M. le comte d'Artois, depuis Charles X, par édit du mois d'octobre 1773. Aussi M. Dominique Teissèdre , bourgeois de Murat, qui avait acquis du sieur Laroque, en 1775, le château et la seigneurie de Nussargues, en fit hommage à ce prince. M. Benoid, décédé président du tribunal civil de Murat, les reçut en dot de M. Teissèdre, et ils appartiennent à ses enfants. Trois d'entre eux, ecclésiastiques , et dont l'un est curé actuel de la Chapelle-d'Allagnon , ont construit à Nussargues, en 1851 et 1852, uue jolie église dédiée à Marie conçue tans péché; elle porte le nom d'Immaculée Conception , et c'est la première église du diocèse, peut-être de l'empire français, consacrée à cette dévotion. Elle a été terminée le 9 juillet 1853, et elle a reçu la bénédiction le 11 du même mois, jour de la translation de St-Benoit.

La longueur de cette église est de 20 m., sa largeur de 6 m. 60 c., et sa hauteur de 9 m. 30 c. La voûte de sa nef joint la solidité à l'élégance. Deux jolies chapelles latérales lui donnent la forme d'une croix régulière. Le chœur est hexagone, ouvert par deux pilastres et ceint d'un large cordon. Six croisées, ornées de vitraux, dispensent à l intérieur une quantité de lumière suffisante; elle est desservie momentanément par un chapelain.

L'église de Nussargues répond aux besoins de la population qui occupe la partie orientale de la commune de Moissac, fort éloignée du chef-lieu. Le fractionnement do la paroisse en sera la conséquence, et dans plus ou moins de temps, le gouvernement l'érigera en succursale. (Cette érection a eu lieu.)

Nous ajouterons que cette division sera encore la conséquence de l'avenir probable de cette localité. Le chemin de fer Grand-Central doit, dit-on, passer à Nussargues et y établir une station qui ralliera le service des routes de St-Flour, d'une part, d'Allanche et de Marcenat, de l'autre. Cette station, par conséquent, sera en quelque sorte aussi importante que celle de Murat. Bien plus, on croit qu'une correction de la route impériale n° 9 se fera sur ce point, et que la communication avec le Midi, abandonnant la Fageole, cessera d'arriver directement de St-Flour à Massiac, et se réunira sur ce point avec le Grand-Central : causes d'accroissement dans un avenir prochain.

Pachou, hameau avec une maison d'habitation près de la rivière. Ce lieu appartenait, en 1615, à Guillaume de Sévérac, et en 1640, à Balthazar du Theil. Il fut compris dans l'avoir de Marie, sa fille, consorte de N. Berthier, fermier général. Il appartient aujourd'hui à M. Camille Benoid, petit-fils du président.

Sécheiroux, village.

Sévérac , gros village sur le chemin de grande communication de St-Flour. On y voyait un château construit très-anciennement sur une élévation qui domine la vallée de l'Allagnon ; il portait aussi le nom de Sévéraguet. La famille de Sévérac qu'il ne faut pas confondre avec celle du maréchal Amaury, qui était du Rouergue, ni avec celle de Sévérac, seigneur de Rancilhac, portait le nom d'Adalbert en 1366, et prit le nom de ce château. Vers 1400, Antoine Adalbert de Sévérac fit des dons considérables à l'église de Notre-Dame de Saint-Flour. Louis de Sévérac ayant fait de mauvaises affaires, la terre de Sévéraguet fut saisie et vendue, en 1654, à Jean, seigneur du Vergier, qui l'a conservée longtemps dans cette famille. Elle s'était divisée en plusieurs branches fixées à Ségur, au Bac et au Chaylar. Sévérac était régi par la coutume, ressortissait de Riom.

Une famille ancienne et distinguée a habité Moissac-le-Chastel pendant longtemps; c'est celle d'Auzolles, originaire du château de ce nom, près de celui de Rancilhac. L'un et l'autre furent détruits lors de la guerre de religion. Noble Bernard d'Auzolles prêta, en 1232, à Astorg, baron d'Aurillac, 8,400 sols, monnaie du Puy. Pierre d'Auzolles habitait Moissat en 1370, et François résidait dans son château en 1655. Il ne reste plus rien aujourd'hui de ce château.

Le sol de la commune de Moissac est volcanique, et les terres cultivées d'un bon rapport, quoiqu'une partie soit très-en pente et exposée au ravinage.

La commune entière était régie par la coutume et du ressort de la sénéchaussée d'Auvergne. Elle relevait en fief du marquisat de Mardogne , uni au duché de Mercœur, et appartenait, en 1732, comme nous l'avons dit, à Antoine de Sévérac, et en dernier lieu à M. de La Garde de Chambonnas.

Moissac fut imposé à 1,4.10 livres dans la répartition de 1696.

On conteste à Moissac d'être le Mussiacus où fut portée une relique de St-Germain d'Auxerre. Nous ne connaissons aucune autre localité à laquelle ce nom puisse convenir. Ce n'est certes pas Cézens, dont l'église possède, comme nous l'avons vu, un bras du saint évêque.

 

P.de C

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