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BASOLUS.

 

Ce que l'on sait de certain sur Basolus, c'est qu'il avait des terres en Auvergne; qu'il s'était révolté contre les Francs; que , pour racheter sa vie , il s'était dépouillé de ses biens, avait pris l'habit de religieux dans le monastère de St-Pierre-le-Vif et y avait fini ses jours. Etait-il comte d'Auvergne ou duc d'Aquitaine? Cette question est moins facile à résoudre. D'après le testament de Théodechilde, qui est certainement le document le plus ancien où le nom de Basolus soit prononcé, il n'avait aucun titre; c'était un certain homme, « quidam homo. » Dans la charte de Clovis, dont on connaît la valeur, « c'est le duc Basolus, jeune, superbe, arrogant, maintenant humilié. » Clarius, dans sa Chronique de St-Pierre-le-Vif, écrite vers le milieu du XII° siècle, dit qu'il était comte d'Auvergne. Dans l'épitaphe de Basolus, rapportée par Justel, on lui donne le titre de duc d'Aquitaine. Ce titre lui est encore donné dans une autre épitaphe insérée dans une lettre du savant bénédictin don Victor Cotteron. Il est à remarquer que les titres de Basolus ont grandi avec le temps, et qu'il y a loin du certain homme du testament de Théodechilde au duc d'Aquitaine des épitaphes.

Si nous en venons à l'opinion des auteurs , Justel, l'un des plus anciens, n'hésite pas à le ranger parmi les comtes d'Auvergne et les ducs d'Aquitaine; mais il ne cite d'autre autorité que les chroniques de Sens et de Mauriac.

L'un des historiens les plus érudits et qui, de nos jours, a le plus approfondi l'histoire du midi de la France, Fauriel, s'exprime ainsi au sujet de Basolus (t. 2, p. 111): «  Les premiers actes connus de Thierry , comme souverain de l'Arvernie et des contrées adjacentes, semblèrent n'annoncer de sa part que des dispositions modérées et bienveillantes pour ses sujets aquitains. Il leur donna pour gouverneur ou pour duc Basole, personnage de race gauloise et probablement de Limoges, où l'on trouve, vers tes temps dont il s'agit, une famille de ce nom parmi les plus illustres et les plus puissantes du pays.

Il n'y a qu'un fait connu du gouvernement de Basole en Arvernie , mais un fait caractéristique , c'est une révolte générale de tout le pays contre Thierry. L'histoire ne nous donne aucun détail sur les apprêts ni sur les incidents de cette révolte. On voit seulement qu'elle fut étouffée à temps; que Basole, qui en était le promoteur, fut arrêté , et que Thierry, au lieu de le faire mourir, lui pardonna , à la condition qu'il se retirerait pour le reste de ses jours dans un monastère. »

M. Adolphe Michel, dans l'Ancienne Auvergne, s'est livré à une discussion approfondie des textes où il est parlé de Basolus. C'est bien certainement ce qui a été écrit de plus complet sur ce sujet. Mais M. Michel ne connaissait pas le testament de Théodechilde; et, quoiqu'il ait très-bien démontré la supposition de la charte de Clovis, il croyait cependant que tous les lieux qui y étaient énumérés faisaient partie des domaines de Basolus, qui se seraient étendus dans plusieurs provinces.

Malgré ces graves autorités, il nous parait douteux que Basolus ait été comte d'Auvergne et due d'Aquitaine. Nous avons pour cela quatre raisons principales. La première et la plus concluante, c'est que le testament de Théodechilde, qui est empreint des caractères de la vérité, n'aurait pas parlé en termes aussi méprisants d'un duc d'Aquitaine, même vaincu, surtout s'il avait tenu son pouvoir du roi Thierry. Une seconde considération nous a frappés : Grégoire-de-Tours, né en Arvernie, nomme quelques-uns des ducs qui avaient gouverné la province; il se tait complètement sur Basolus. Aucun document antérieur au XII°° siècle ne donne le titre de duc à Basolus. Enfin, les possessions situées en Limousin et en Auvergne, énumérées dans le testament de Théodechilde, ne sont pas en rapport avec la richesse d'un duc d'Aquitaine. D'après M. Fauriel, la révolte de Basolus aurait précédé celle que Thierry vint punir si cruellement en 531 ; mais cet historien ne cite aucune autorité à l'appui de son opinion. Grégoire-de-Tours, qui a narré avec assez de détail l'invasion de l'Arvernie par Thierry, n'en parle pas. Il n'est pas à présumer qu'un fait de cette importance lui eût échappé.

D'après nous, Basolus était un riche gallo-romain qui possédait auprès de Mauriac, sur les deux rives de la Dordogne, en Limousin et en Auvergne, des propriétés considérables; il prit part à la révolte qu'Arcadius avait fomentée dans l’Arvernie. Thierry, en allant assiéger Chastel-Merliac, l'attaqua dans le fort où il s'était retranché avec les habitants du pays. Il le fit prisonnier, lui fit grâce de la vie à la prière de sa fille Théodechilde, et donna à cette dernière une part de la terre conquise, dont faisaient partie les possessions de Basolus. Sans doute, notre opinion n'est appuyée sur aucun texte positif, mais elle nous semble plus en rapport avec l'histoire de cette époque et avec les textes qui méritent le plus de confiance.

Il nous reste à rechercher quel pouvait être le lieu où Basolus fut vaincu. Pour cela, nous serons encore réduits à des conjectures qui ne sont pas sans fondement, puisqu'elles s'appuient sur la tradition, sur des vestiges de fortification encore très-apparents et sur la dénomination du lieu où on les observe. Au mot Escouaillers, à la suite de cet article, nous décrirons avec détail ce qui reste du château vieux. Qu'il nous suffise, pour le moment, de dire que nous y avons reconnu les restes, sinon d'un château, du moins d'un camp retranché. Ce serait donc au château ou dans le camp d’Escouaillers, que le peuple désigne sous le nom de vieux château, que Basolus aurait été fait prisonnier.