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VILLAGES ET HAMEAUX DE LA COMMUNE DE MAURIAC.

1° .Albo, autrefois Albolo ou Albolus, village. On remarque dans une grande bruyère, située au nord et au couchant de ce village, des enceintes qui ont été considérées comme des tumulus, quoique la plupart n'en présentent pas les caractères. La plus grande est située au nord du village; elle a 21 mètres de diamètre dans un sens, et 22 m. 40 c. dans l'autre; elle forme donc un cercle à peu près parfait. Il n'y a pas d'éminence dans l'enceinte, qui cependant parait intacte. A trente mètres environ de distance, au sud, sont trois menhirs assez rapprochés, dont deux sont abattus et gisent sur le sol. A cent mètres au nord de l'enceinte, est un tumulus qui a été en partie fouillé pour en extraire de la pierre Je n'ai trouvé dans la partie fouillée aucun débris de tuile, de poterie ou de métaux.

Sur une éminence qui domine le village, à l'ouest, on remarque cinq enceintes qui semblent disposées entre elles d'une manière assez régulière. La première, au nord, est isolée ; au midi, il y en a une autre qui s'aligne parfaitement avec elle. Sur les côtés de celle-ci sont autres deux enceintes formant avec elle un triangle irrégulier. Leur situation respective peut être représentée approximativement par des points qui seraient rangés ainsi: L'enceinte placée au nord a 14 m. 45 c. de diamètre dans un sens, et 13 m. 30 c. dans l'autre. Celle qui est au sud, et qui est la plus grande, a 17 mètres dans un sens et 16 dans l'autre. Les deux enceintes latérales sont à peu près égales; l'une a 13 m. 30 c. dans un sens, et 11 mètres dans l'autre; la dernière a 15 m. 60 c. dans tous les sens Les bords de ces enceintes sont plus élevés que le sol qu'elles entourent; la plus grande a une petite élévation au centre.

Le temps m'a manqué pour réaliser le projet que j'avais de faire exécuter des fouilles dans ces enceintes, au moins dans la plus grande ; jusqu'à ce que des découvertes de poteries, d'armes ou d'ossements y auront été faites, je serai porté à les considérer comme des enceintes sacrées. Elles sont toutes formées de la même manière par un cercle de grosses pierres recouvertes presqu'en totalité par le gazon. On a trouvé à une certaine distance de cet endroit, mais dans les appartenances du village, un assez grande quantité de tuiles romaines.

Artiget, Artigias, village au sud-est de Mauriac. Altitude au point culminant de son territoire, 753 m.

Belair, maison isolée, dans les dépendances du village de Tiïbiac.

Blandignac. domaine appartenant à M. Galvaing, avocat. On trouve quelques fragments de tuiles romaines sur son territoire.

Boulan, autrefois Bolon, village; il appartient en partie à la commune de Mauriac; l'autre partie dépend du Vigean. Point culminant, 697 m.

Bouscharel (le), hameau.

Briquetterie (la), hameau. On y fabriquait, il y a peu d'années, de la tuile et de la brique. Cette propriété appartient à M. Ternat-Lapleau.

Chayrouse, domaine appartenant à Mme Em. Mirande.

9° Chau (Ia), village sur la route d'Aurillac.

10° Cressnsac, domaine appartenant à M. Laurichesse.

11° Crousi-Soubro, autrefois Crausinus, village. On trouve dans un champ dépendant de ce village, appelé des Ourtanels, appartenant à M. le docteur Bonnefon, des tuiles romaines en assez grande quantité.

12° Escouailler, autrefois Escolier. Au dessous de ce village, à la tête des bois et au couchant du moulin bâti sur le ruisseau des Ribeyres ou de St-Jean, on remarque un monticule qui s'avance dans la vallée et dont le sommet forme une esplanade assez étendue; sur trois côtés elle est circonscrite par des escarpements ou des pentes rapides; elle s'alonge du midi au nord. A ce dernier aspect, un col assez profond la sépare des terrains supérieurs. Il paraît qu'un large fossé avait été creusé pour approfondir le col et rendre moins abordable l'esplanade qui s'élève à plus de quinze mètres au-dessus du fossé.

Les flancs de la colline et l'esplanade elle-même sont couverts de bois Cette dernière porte le nom de Plono del viel Chastel, plaine du vieux château. C'est en cet endroit que les légendes ont placé le château de Basolus; c'est avec les matériaux de ce château que l'on aurait bâti l'église de Mauriac, le monastère et deux maisons de Mauriac, dont l'une est située sur la place, et l'autre, reconstruite depuis l'année dernière, était située dans la rue Neuve. Un habitant d'Escouailler me racontait naguère sur les lieux ces vieilles traditions. Dans l'opinion populaire, tout ce qu'il y avait d'ancien a Mauriac, en monuments religieux ou en maisons, avait été construit avec les débris du château de Basolus. Dans quelques mémoires relativement récents, tous postérieurs à l'année 1560, et qui me paraissent avoir été écrits sous l'influence de ce grand conteur de Montfort. le château de Basolus aurait porté le nom de Monselis, qu'on ne trouve nulle part dans les titres, ni dans les souvenirs du peuple. Je préfère la dénomination populaire; elle me paraît plus exacte; elle peut, du reste, se justifier par l'état des lieux.

Qu'il y ait eu sur cette colline d'anciennes fortifications, la tradition, les légendes même suffiraient pour l'établir. Le nom qu'a conservé ce plateau, nom créé par le peuple et conservé par lui, a tiré son origine non d'une supposition, mais d'un fait réel.

J'ai visité plusieurs fois ce plateau, j'y suis encore allé il y a peu de temps, et cette fois, pas plus que dans mes précédentes excursions, je n'ai rien découvert qui pût donner l'idée d'un château; on n'y aperçoit nul vestige de murs de séparation, pas le moindre reste de ciment , pas le moindre fragment de tuile ou de poterie, et rappelons-nous que le château aurait appartenu à Basolus, qu'il serait de l'époque gallo-romaine, et que si on avait enlevé les pierres d'appareil pour d'autres constructions, on aurait laissé sur place les débris des tuiles qui couvraient l'édifice, et il n'en reste pas la moindre trace.

Ce que l'on y voit n'est pas moins intéressant, est plus curieux peut-être et ouvre un large champ aux conjectures. Le plateau est parfaitement uni ; au midi et au couchant il s'étend jusqu'aux escarpements, et rien n'annonce qu'il y ait eu à ces aspects un rempart ou un travail d'art quelconque. Il n'en est pas de même à l'est et au nord; dans cette partie, le plateau est défendu par un retranchement de pierres brutes qui s'élève à trois ou quatre mètres au-dessus de la plaine, qui en suit les contours, et dont la base a au moins dix mètres de largeur. Ces pierres sont placées sans ordre; elles sont en général d'un faible échantillon. Sur un ou deux points on croit reconnaître quelques traces de mur, ce qui pourrait porter à penser que ces pierres ne sont que les restes d'un rempart détruit ; cependant, d'après l'aspect qu'elles présentent, elles sembleraient plutôt avoir été réunies pour former un valtum. C'étaient même les seuls matériaux que l'on pût employer pour former une enceinte sur une plaine qui repose sur le roc et où la terre végétale n'a qu'une très-faible épaisseur, 10 à 15 centimètres au plus.

Ce retranchement est formé en partie avec des fragments de gneiss qui ont été pris sur place , et par des blocs de basalte qui y ont été transportés de plus d'un kilomètre de distance, point le plus rapproché où l'on trouve les roches basaltiques. Parmi les blocs de gneiss et de basalte se trouvent quelques rares fragments de micaschiste; plusieurs de ces fragments, de même que des blocs de gneiss, paraissent avoir été fortement chauffés. Dans toutes les parties du vallum, on trouve des basaltes, non seulement scorifiés, mais fondus. Ici, la matière en fusion a enveloppé des morceaux de gneiss ; là, la chaleur a été si intense que le gneiss s'est boursouflé et a éprouvé un commencement de fusion. Plusieurs blocs de basalte fondu ont conservé l'empreinte des charbons sur lesquels il avait coulé.

Pour peu qu'on ait observé les produits volcaniques, il est facile de reconnaître que la fusion des basaltes d'Escouailler n'est pas le résultat de la volcanisation, mais qu'elle a été artificielle ; les empreintes de charbon suffiraient seules pour l'établir.

Ces fragments auraient-ils été fondus dans un incendie? Mais, pour fondre le basalte, il faut une température bien plus élevée que celle produite dans l'incendie d'un bâtiment. Dans ce pays, les maisons sont bâties en basalte ; les incendies n'y sont pas très-rares. Où a-t-on vu que le basalte ait été fondu? nulle part; il rougit, il éclate, il ne fond pas. Le gneiss est encore plus réfractaire; nous avons recueilli un échantillon qui avait subi un commencement de fusion.

Aurait-il existé quelque usine sur le plateau où le basalte aurait eté employé à la construction des fourneaux? Rien ne le constate, et cela n'est pas probable. D'abord, ayant sous la main une pierre réfractaire, le gneiss, on n'aurait pas été chercher au loin une pierre beaucoup plus fusible et par conséquent moins bonne. Ensuite , les scories se trouveraient réunies dans un espace circonscrit où on les trouverait en abondance ; elles sont, au contraire, réparties avec assez d'égalité dans toutes les parties du retranchement, qui a de 60 à 80 mètres de longueur.

Ces scories seraient-elles les restes de ces murs vitrifiés dont les gaellt nous ont laissé des exemples en Ecosse et dans quelques parties de la Gaule? C'est ce qu'il y a de plus vraisemblable, et cependant cette opinion n'est pas sans difficultés; car, dans ce cas, on ne trouverait pas les scories en blocs isolés. Réduites en fragments, elles ont résisté à l'injure des temps; le peu d'altération qu'elles ont subi fait voir qu'elles se seraient parfaitement conservées en masse. Cependant, cette difficulté ne me paraît pas insurmontable : l'opération de la fusion aurait pu être imparfaite, elle aurait pu être manquée, et alors, ne pouvant construire un mur, on aurait élevé un retranchement avec les basaltes à demi fondus et ceux qui se trouvaient sur place. Il pourrait se faire aussi que le mur, ne présentant pas assez de solidité, eût été détruit et qu'on l'eût remplacé par un retranchement.

M. Anatole de Barthélemy a publié dans le Bulletin monumental, t. 12, p. 483, une lettre sur le camp vitrifié de Peran (Côtes-du-Nord); il décrit ainsi le mur vitrifié de ce camp : « Les vitrifications paraissent avoir coulé des parties supérieures; elles coulent le long des pierres qu'elles enveloppent souvent et pendent en forme de stalactites dans les interstices.

Il nous a paru, dit l'auteur, que ce parapet calciné était formé ainsi : les assises inférieures à peu près intactes ; au-dessus, plusieurs lits de pierres fondues , séparées par des couches de cendres et de charbons, et enfin , le sommet du parapet, qui paraît moins calciné que le centre. Il ajoute: « A Peran, il n'y a pas véritablement vitrification , mais seulement fusion ; les pierres ont subi l'action du feu , mais à des degrés bien différents : les unes sont à peine atteintes, tandis que d'autres sont calcinées et d'autres à moitié fondues. »

A Escouailler comme à Peran, il y a des pierres fondues (les basaltes], des pierres calcinées (les gneiss et les micaschistes). A Peran, on voit, dans le mur, un lit de cendres et do charbons; à Escouailler, de nombreuses scories portent l'empreinte de charbons. La fusion n'est pas parvenue jusqu'à la vitrification; il en est de même au Château-Vieux, il y a eu fusion du basalte : il présente des stalactites, des scories; il conserve l'aspect lithoïde ; il n'est pas vitrifié. Peran explique et fait comprendre Escouailler. Il faut admettre que ces basaltes fondus, ces gneiss calcinés faisaient partie d'un mur vitrifié, renversé par un motif quelconque. Il faut admettre aussi que le Château-Vieux était un camp retranché qui remonte à une époque fort reculée et probablement à l'époque celtique, et qui aurait servi de camp de refuge à l'époque gallo-romaine et même plus tard.

13° Marchamps, domaine avec une jolie habitation, à la famille Capelle.

14° Martalou , autrefois Massalou, domaine appartenant à M. Bonnefon , ancien juge de paix.

15° Mas (le), hameau. On trouve des tuiles romaines dans un champ dépendant de ce village.

16° Moles (chez), hameau.

17° Moulin-Je-Blandignac, hameau.

18° Moulin-d Escouailler, hameau.

19r Moulin-de-Murty, hameau.

20° Moulin-du-Pont, hameau.

21° Moulin-de-Tescou, hameau.

22° Pommier (le), hameau.

23° Puy-St-Mary, hameau ; il a remplacé la chapelle de ce nom.

24° Queuilles (les), hameau.

25° Reyt (le), domaine à M. Ternat-Lapleau.

26° Roussille (la), domaine à la familft Ternat.

27° Saint-Jean, autrefois l'Auzeleyre, ancien domaine du Collège, appartenant à la ville.

28° Saint-Thomas-de-Salvalis. Il y avait, avant la révolution, une chapelle dédiée à saint Thomas; elle était fort ancienne. Le doyen Salomon y avait fondé une vicairie au commencement du XIV° siècle. Il y avait, à coté de la chapelle, une forte tour appartenant au monastère. La tour a été détruite; la chapelle a été transformée en maison d'habitation.

29° Salzine, domaine divisé en deux parts, dont la plus considérable appartient à M. Chapouille, avocat, et l'autre à M. Deydier, pharmacien. En 1256 , Maurin de Salzines, prêtre, donna tous ses biens au monastère de Mauriac.

30° Serres, village.

31° Trébiac, autrefois Tarpiac, Tarbiac, Tarpiacum. C'est le village le plus considérable de la commune. Il est bâti dans une charmante situation : la vue s'y étend, d'un côté, jusqu'aux plus hautes cimes des montagnes de Salers, et, de l’autre, jusqu'aux derniers plans des montagnes du Limousin. On trouve des briques romaines sur deux points de son territoire , dan» le champ et le pré de Vedrenne , appartenant à M. Chevalier-Dufau, procureur impérial à Aurillac, et dans un petit pré attenant à la maison Godenèche.

32° Vaysses (les), domaine avec un bel enclos, appartenant à M. Laden. On parle d'un souterrain qui existerait aux Vaysses et par lequel on aurait communiqué avec le château de Miremont. Il est possible qu'il y ait un souterrain aux Vaysses (ce fait n'a pourtant pas été vérifié) ; mais, bien certainement, il n'a pas la longueur que la tradition populaire lui attribue.

53° Verthac-le-Jeune, autrefois Mercœur, village.

34" Verlhac-le-Vieux. autrefois Viriliacum. village.

En terminant, je fais un appel à l'indulgence du lecteur. Ecrit à la hâte et presque en courant, cet article laissera beaucoup a désirer. Occupant une position officielle à laquelle je me dois avant tout, j'ai préféré employer le peu de temps que j'avais à l'examen et au classement des faits qu'à la rédaction. Si on trouvait quelques lacunes dans cet article, j'en conviendrais volontiers; le temps m'a manqué pour les remplir. Cependant, aucun fait important, à mes yeux, n'a été omis.

 

 29 octobre 1856…………………………………………………….. Em. Delalo