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  La commune du Lioran aujourd'hui

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LIORAN (Le)

C'est une montagne située entre lu vallée d'Allagnon, à l'est; la vallée de Cère, à l'ouest; le Col-de-Font-de-Cère, aussi appelé du Lioran, au nord-ouest, et le Col-des-Sagnes, au sud-est. Elle a 1,420 mètres de hauteur.

Le Col-de-Font-de-Cère est élevé de 1,295 mètres au-dessus du niveau de la mer; le Col-des-Sagnes, de 1,250 seulement. Ce dernier présente la dépression la plus basse du massif central des monts cantaliens; il sépare le Lioran du Plomb-du-Cantal.

Le Lioran est envisagé par quelques géologues comme le centre du grand cratère de soulèvement qui se produisit dans la Haute-Auvergne à l'époque plutonienne, et dont les côtés se composeraient du Plomb-du-Cantal, des monts de Vassivière, de Bataillouze, de Bellecombe, du Puy-de-Griou, etc.; d'autres géologues pensent que ce dernier pic a été, au contraire, la masse soulevante.

Le Lioran a la forme d'un cône elliptique très-évasé; il est recouvert de bois et de gazon. Sa nature consiste en un conglomérat coupé par plusieurs filons de trachyte.

Cette montagne intéresse aujourd'hui le voyageur par le beau tunnel qui la traverse. L'ouverture en est due à certaines circonstances qui signalaient ce point de l'Auvergne au point de vue de la viabilité.

Observons, eu effet, que la France est coupée transversalement par une chaîne de montagnes partant des Pyrénées et se prolongeant jusque dans le Poitou.

La partie centrale de cette chaîne, composée principalement des Cévennes et des monts d'Auvergne, présente un enchevêtrement de croupes, de plateaux élevés et de vallées tortueuses qui opposent des obstacles considérables à la construction des grandes voies publiques.

Si, par exemple, on quitte la vallée de l'Allier à Clermont pour se diriger sur Bordeaux ou Toulouse, il faut nécessairement franchir la chaîne du Puy-de-Dôme et parcourir sur cinq ou six myriamètres le massif accidenté qui unit le plateau des Mille-Vaches (Corrèze) avec les contre-forts du Mont-Dore, et sépare les eaux que reçoivent la Vienne, la Creuse, le Cher, la Sioule et la Dordogne. On ne rencontre dans cette direction que des gorges aux pentes abruptes, où l'amélioration des routes coûte des dépenses énormes et n'aboutit qu'à une succession de pentes et de contre-pentes fatales au roulage, et rendues impraticables par la neige et le froid pendant une partie de l'hiver.

Si, ayant au contraire suivi l'Allier jusqu'à son confluent avec l'Allagnon. on essaie de le remonter au-delà , on ne trouve plus aucun affluent de quelque importance vers l'ouest, et on est obligé de longer toute la chaîne de la Margeride pour essayer ensuite de passer dans le bassin du Lot à travers les crêtes culminantes de la Lozère. Or, les obstacles sont encore plus grands de ce côté; car, indépendamment de la déviation considérable à laquelle on est contraint, puisqu'on a ainsi à parcourir, de Lempdes à Figeac ou à Villefranche, deux des côtés d'un triangle au lieu de suivre directement le troisième, il faut franchir dans ce trajet des faites aussi élevés et beaucoup plus étendus que le Lioran.

Or, deux seules vallées se suivent l'une l'autre d'une manière directe dans le Sens indiqué : c'est la vallée d'Allagnon, tributaire du bassin de l'Allier, et la vallée de Cère, qui porte ses eaux à la Dordogne. Ces deux vallées ne sont séparées à leur origine que par un col d'une vingtaine de mètres d'étendue, dont les flancs s'abaissent brusquement de part et d'autre.

Une pareille correspondance a dû frapper l'attention des ingénieurs, et le Lioran est devenu un point obligé dans la construction de toute grande voie de communication entre le Nord et le Midi de la France par les montagnes de l'Auvergne.

Une route passait depuis longtemps au Col-de-Font-de-Cère : c'était la route N° 126, allant de Clermont à Montauban. Mais cette route s'élevant sur les pentes de la montagne jusqu'à une hauteur de 1,295 mètres, était fréquemment interceptée par d'immenses amas de neige accumulés dans ces régions pendant les mois de décembre, janvier, février et mars. Leur hauteur dépassait souvent quatre ou cinq mètres, et chaque année les travaux de déblaiement exigeaient une dépense de 4 à 5.000 fr dans une étendue d'un myriamètre environ, quoiqu'on ne pratiquât le déblai que sur trois mètres de largeur et qu'on attendit quelquefois plus d un mois avant de le commencer.

Un ingénieur, M. Lerouge, parait avoir eu le premier l'idée de remédier à ces obstacles en perçant les flancs de la montagne que l'on franchissait. C'était un projet hardi ; car à l'époque où il fut conçu, on n'avait encore exécuté qu'un très-petit nombre de ces beaux tunnels que traversent aujourd'hui les chemins de fer français. Il fallait, de plus, arriver d'un côté à l'autre de la montagne sans le secours d'aucun puits, à cause de la hauteur du terrain à trouer. Enfin, la nature volcanique de ce terrain semblait devoir opposer de grandes difficultés. Néanmoins , l'entreprise fut arrêtée après des études faites par M. Aldebert, conducteur, faisant les fonctions d'ingénieur ordinaire, sous la direction de M. l'inspecteur divisionnaire Favier et des trois ingénieurs en chef, MM. Lerouge, Courant et Commier. Les travaux ont été exécutés sous les ordres spéciaux de M. Ruelle, ingénieur ordinaire.

Ces travaux furent commencés dans le courant du mois d'août 1839. au moyen de deux galeries ouvertes sur les deux flancs opposés de la montagne et dites: du Viaguin et de l'Allagnon. On avançait à peu près de 50c. de chaque côté par vingt-quatre heures. Le percement se faisait presque constamment dans des conglomérats à cailloux très-durs, cimentés par une pâte grisâtre assez tendre, mais ne se décomposant pas sur place, ou dans des brèches compactes. Le 23 novembre 1843, après quatre ans et demi d'un travail continu, la rencontre des deux galeries eut lieu. Ce grand ouvrage a été terminé le 31 octobre 1817.

La Percée du Lioran commence dans la vallée de Cère, à quelques mètres au-dessus du Viaguin, affluent de cette rivière, et à 1.135 mètres au-dessus du niveau de la mer ; elle se termine aux bords mêmes de l'Allagnon, à 1,175 mèt. de hauteur absolue. Sa direction a été fixée sous le cône même du Lioran. Il a fallu trancher la montagne aux abords du souterrain sur une longueur de 17 mètres et une hauteur à peu près égale du côté du Viaguin, et sur une longueur de 23 m. et une hauteur de 15 m. du côté de l'Allagnon. L'entrée, au S. 0. (vallée de Cère), est à 168 m. au-dessous du Col-de-Font-de-Cère; la sortie, au N.-E (vallée d'Alagnon), à 120 m. L'élévation du sol au-dessus de la ligne de percement est, nu point culminant, de 212 m.; le sommet du Lioran dépasse de 18 m. cette hauteur.

Le souterrain a une longueur de 1,386 m.; il offre une pente de 0TM 029 par mètre. Sa forme est celle d'une demi-ellipse dont l'axe horizontal et le demi-axe vertical ont chacun 6TM 50; il est voûté dans toute son étendue; des trottoirs règnent de chaque côté; des réverbères l'éclairent, et leur lumière est augmentée au moyen du blanchiment des parois de la voûte.

Les deux issues offrent l'aspect de deux portiques construits dans le style grec.

Le prix de revient de la Percée du Lioran est de 1,000 f. environ par mètre courant, y compris la chaussée et les trottoirs. Elle diminue le parcours de 2,000 m.; et, comme la route a été abaissée de part et d'autre pour y aboutir , comme elle offre un abri complet sur une longueur de 1,400 m., il en résulte en définitif qu'on a 5,400 m. de moins à parcourir dans la partie de la montagne la plus exposée aux neiges, la plus mauvaise et où la tourmente règne avec le plus de violence. Les deux fragments de route rectifiés suivent les gorges du Viaguin et de l'Allagnon en se tenant à quelque hauteur au-dessus de ces deux cours d'eau. Leurs pentes sont réduites à 0m 035 et 0m 038 au maximum.

On s'occupe en ce moment de diriger le chemin de fer connu sous le nom de Grand-Central au travers du Lioran. La percée actuelle ne pouvant servir à ce tracé, perdra beaucoup de son importance.

En passant d'un côté à l'autre du tunnel, le voyageur change entièrement de région. Nous avons fait ressortir ce contraste dans l'article Topographie du Cantal. Nous n'y reviendrons pas ici. Par l'issue nord-est, on entre immédiatement dans la vaste forêt de sapins connue sous le nom de Forêt du Lioran. Cette forêt renferme les sites les plus pittoresques , et c'est la partie du Cantal qui ressemble le plus à la Suisse. Les artistes visitent ses cascades, ses scieries, ses belles clairières, ses rochers et les cimes escarpées qui la dominent. Un grand nombre de torrents s'y précipitent. Elle appartenait anciennement à la maison Jurquet de Combrelle. Bégon de Combrelle , en 1366, accorda en pagésie divers droits à certains mas, villages et autres lieux voisins, et ratifia les concessions faites par ses prédécesseurs. De la maison de Combrelle, ces bois passèrent en propriété à celle d'Anteroche, et par mariage, a celle de Larochelambert.

A l'époque de la révolution, cette forêt fut réunie an domaine de l'Etat, puis rendue, en 1816, à son ancien propriétaire. C'était à cette époque une magnifique forêt. Aujourd'hui, elle est devenue la propriété de plusieurs particuliers. Cette forêt a beaucoup souffert par la mauvaise exploitation dont elle a été l'objet. Aujourd'hui, le hêtre en envahit une partie.

 

H. De LALAUBIE.