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  La commune de Chaussenac aujourd'hui

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Laurie

— La commune de Laurie dépend du canton de Massiac et de l'arrondissement de St-Flour. Elle est bornée au nord par celle de Leyvaux ; au sud, par celle d'Auriac; à l'est, encore par Auriac; à l'ouest, par celle de Molèdes et d'Auzat-le-Luguet (Puy-de-Dôme). Sa superficie est de 1,892 hectares, dont 944 h. en terres labourables; 158 h. en prés; 518 h. en pâtures; 358 h. en bois; 55 h. en bruyères, et 54 h. en terres vaines.

Elle est arrosée par le ruisseau de Lussan , qui se jette dans la petite rivière de Vairèze, par ceux de Laurie, de l'Air, de Roubiergue, etc.

Sa population est de 601 habitants dans 8 villages, 2 hameaux et 113 maisons.

Laurie, le chef-lieu, est à 1 myriam. 2 kil. de Massiac, et à 3 myr. 9 kil. de St-Flour. C'est un petit bourg situé dans an vallon, à la source du ruisseau de ce nom et presque sur la limite du département. La construction de son église remonte à des temps fort reculés. On y voit des bas-reliefs et des figures grimaçantes. Le clocher est dans une tour carrée. Elle est dédiée à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Nous trouvons dans Jacques Branche, au sujet de cette église, que sa sainte Vierge est de couleur noire, assise sur un trône, tenant l'Enfant-Jésus sur ses genoux. « On tient, dit-il, par tradition, que cette sainte image était anciennement honorée dans un lieu non loin de Laurio (Laurie), appelé la Moliève, près de la Couarde; que de là elle fut transportée par un miracle à la fontaine du Roulier, et de là à celle de Lassagne » On voyait, dit-on, anciennement deux siéges de pierre aux deux côtés de cette fontaine, sur lesquels reposaient les images de Jésus et de Marie; que depuis que celle de Notre-Dame avait été portée dans l'église de Laurio, où elle est maintenant honorée, elle était visitée par tous les habitants des lieux voisins, si bien que les processions ne se rendaient plus que rarement à Notre-Dame-de-Vau-Clair sans passer par Laurio. Suit le détail des miracles opérés dans cette église.

Suivant encore la tradition, la sainte Vierge aurait apparu dans ce lieu, le soir de la Pentecôte, ce qui rendit ce sanctuaire en grand renom. Dans la peste qui ravagea ce pays, vers 1316, le corps commun (conseil municipal d"alors) de la ville de Blesle fit l'établissement d'une procession annuelle qui partait de cette ville pour se rendre à Laurie. Voici la copie de cette délibération, qui était inscrite au chartier abbatial de Blesle:

« Dans l'intention de se conformer à la bulle du pape Jean XXII, qui prescrit des prières, des jeûnes et des processions pour mettre un terme à la maladie contagieuse qui sévit dans toute la France, sans en excepter l'Auvergne et même la ville de Blesle, et dans la pensée de correspondre au désir du roi Philippe V, qui exclut les évêques du Parlement, afin que rien ne les détournant des exercices de piété, ils puissent fléchir la colère de Dieu, le corps commun de Blesle, sous les auspices du sieur Michel, pronotaire-tabellion de Berald , duc de Mercœur, muni de la permission de vénérable Odon, premier évêque de Saint-Flour (il y a nécessairement ici une erreur de nom), s'est réuni au nombre de douze notables dans le vestibule de l'abbaye royale de St-Pierre, située dans cette ville et là, reçu par Anne de Liori (Laurie), supérieure de ce monastère, par l'aumônier , le sacristain du couvent, ainsi que par plusieurs autres ecclésiastiques , il supplie l'abbesse de faire le vœu pour obtenir grâce auprès de Dieu, d'implorer le secours de la sainte Vierge, honorée dans l'église de Laurie; et à cet effet, de permettre que l'aumônier et le sacristain de l'abbaye s'y rendent à pied en procession, et en chantant des cantiques pour y célébrer les saints Mystères. » 

L'abbesse ayant donné son consentement, le corps commun décréta ce qui suit; « Tous les ans, à la seconde férié de l'Octave de la Pentecôte, les habitants de Blesle, et alternativement les deux clercs de la chapelle de St-Pierre (chapelle ou église de l'abbaye), et sans qu'ils puissent protester d'aucun empêchement, se rendront à pied par dévotion dans l'église de Laurie. Ceux qui, par motif d'affaire ou de santé ne pourront y aller, s'y transporteront en esprit et assisteront, autant que possible, à la sainte messe qui sera célébrée à Blesle à la même heure qu'à Laurie, et chargeront leurs parents, voisins ou amis de présenter leur offrande et prières à la madone de cet oratoire. Ceux qui négligeront ce vœu (à Dieu ne plaise qu'il en soit ainsi) sont voués aux malédictions de nos descendants. Le sieur Michel, pronotaire du duc de Mercœur, représentant en celte occurrence le corps commun, ira demander aussitôt au révérend Odon , évêque de St-Flour, la permission d'accomplir ce vœu (et le sieur Michel en prend l'engagement). Il se rendra aussi bientôt auprès de l'abbé de Chantoin et de ses religieux pour leur communiquer ce vœu, obtenir d'eux l'autorisation nécessaire pour l'exécuter sans aucun obstacle dans l'église de Laurie, qui leur appartient; enfin, les prier d'y admettre les clercs et habitants de Blesle, et de fournir tout ce qui est nécessaire au culte.

Ainsi fait, délibéré à l'unanimité par le corps commun et au contentement de tous. Fait dans le vestibule de l'abbaye royale de Blesle, sous le sceau de St-Pierre et du duc de Mercœur, le 21e jour d'avril, l'an de l'incarnation 1318. 1,

Au bas, avec les cachets et sceaux, soussignés : Michel, Anne de Liori, François, clerc, et douze croix rouges.

Lors de la construction de St-Martin, en 1525, il fut arrêté qu'un hchdomadier de St-Pierre et le vicaire de St-Martin feraient la cérémonie.

Chaque année, lorsque le jour de la fête était arrivé, les habitants de Blesle marchaient en ordre, chantant des cantiques et faisant des prières, conduits par leurs pasteurs. De leurs côtés, les habitants de Laurie allaient aussi en procession à leur devant; ils se donnaient réciproquement un salut et revenaient ensemble vers le sanctuaire de la Vierge. Après les offices, ils accompagnaient aussi les habitants de Blesle jusqu'au point où ils s'étaient rencontrés.

Quelque temps qu'il fit, jamais on ne manquait à la procession de Blesle.

L'église de Laurie relevait anciennement de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem. Elle appartint ensuite à l'abbé de Chantoin, qui la faisait desservir par un de ses moines. Lors de la suppression de cette abbaye, sous Louis XIII, elle fat donnée aux carmes déchaux de Clermont qui, depuis cette époque, avaient toujours nommé à la cure de Laurie.

Guillaume Maguy était curé en !610; Antoine Martin lui succéda.

Le château de Laurie est bien entretenu et est encore habité; il est formé d'un corps de logis et d'une tour ronde renfermant l'escalier. Cotte seigneurie appartenait à une ancienne famille qui en avait tiré son nom. Guy de Laurie, damoiseau, vivait en 1342. Hugues de Laurie obtint, en 1546, plusieurs privilèges du pape Paul III, qui les étendit à sa famille à cause de sa grande piété. La dernière héritière de cette famille, mariée à M. de Bourdeilles, était propriétaire de Laurie à l'époque de la révolution de 1789.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

L'Air, village à l'est et près du chef-lieu.

Aubesseyre, hameau et moulin. Son château, composé de deux tours, avec créneaux et meurtrières, avait cette particularité qu'on y trouvait un œil en pierre dont la prunelle tournante donnait la facilité de tirer sur l'ennemi en tous sens.

Auliac, village dans la plaine, au nord du bourg et sur la limite du départent1.

La Coharde-Basse, village sur le ruisseau de Lussan. François d'Aureilles en était seigneur et y résidait en 1638 ; il donna cette propriété à sa sœur, Madeleine, en la mariant avec Jacques de La Vernède, seigneur d'Auriac. La tradition rapporte que, sur le chemin de ce village à Laurie, il existait une ville du nom de Martulet, qui aurait été détruite par les Romains quand ils abandonnèrent l'Auvergne. Peut-être aussi sa population avait-elle été anéantie par la peste. Ce qui confirmerait la première assertion, c'est qu'on trouve sur cet emplacement des constructions, des briques romaines, et la charrue en labourant découvre des murailles et autres indices d'habitations agglomérées.

Foulière; village.
Gireuge, village.
7° Lavastrie, hameau.
Lussan, gros village au nord do Laurie. C'était jadis une paroisse dont l'église était sous l'invocation de sainte Madeleine. Cette église parait fort ancienne ; elle est petite et n'a que 13 mèt. de longueur sur 7 met. de largeur; elle est voûtée. Quoique cette église ait été réunie à celle de Laurie, elle est desservie par un vicaire et est fort bien entretenue. Gabriel Sulgue fut curé de Lussan en 1681.

Déclaration des revenus, en 1728, de la cure de Sainte-Madeleine-de-Lussaud. N. Jean Vigier, titulaire; l'abbesse de Blesle, nominatrice.

REVENUS NON AFFEUMÉS.

Dîme de toute la paroisse, du rapport de 20 sept, seigle, à 6 liv. l'un.  120 l. s.

Six septiers blé de mars, à 4 liv. 10 s. l'un                                                      27

Fondations ,.                                                                                                    19 10

Casuel                                                                                                              10

                                                                                                                  Total  170 10

CHARGES.

Frais de levée des dîmes                                                                       10  }  25

Entretien de la sacristie, presbytère, etc                                                151.}

                                                                                                           Reste Net 151l.10 s.

François Mourgues de La Fage habitait Lussan en 1664.

Le territoire de Laurie est montagneux et peu fertile. On y engraisse des moutons. Quelques bouquets de bois essence de sapin rendent la vue de ce pays moins triste.

Laurie était de droit coutumier.

 

P. de C.

 

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