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  La commune de Lastic aujourd'hui

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Lastic.

 

— La commune de Lastic dépend du canton nord et de l'arrondissement de St-Flour. Elle est bornée au nord par les communes de St-Poncy; au sud, par celle de Montchamp; à l'est, par Vedrines-St-Loup et Rageade ; à l'ouest, par la commune de Vieillespesse. Son étendue territoriale est de 1,050 h., dont 400 h. en terres labourables d'un faible produit; 400 h. en prés et pacages d'assez bonne qualité; 100 h. en bois, et 100 h. en terres vaines et bruyères. Elle est arrosée par les ruisseaux d'Arcueil, de Laigue, de la Bastide, etc. La population est de 372 habitants dans 2 villages, 7 hameaux et 82 maisons. Lastic, le chef-lieu, à 1 myr. 7 kil. de St-Flour, est un bourg peu considérable, presque adossé à une montagne qui le couvre à l'aspect du nord. Cette montagne est surmontée d'un rocher sur lequel sont les ruines d'un château et d'une église.

Cette église n'a rien de remarquable et a été dédiée à sainte Madeleine; elle a été construite dans le XVI° siècle, à ce qu'il parait, sur les ruines de celle qui existait au ixe siècle. Son prieuré dépendait de l'abbaye de la Voûte, et le prieur présentait à son vicariat. L'évêque d'Auvergne en avait fait don au monastère de Sauxillanges, en 1131. D'après Chabrol, il y aurait eu aussi très-anciennement une deuxième église.

Suivant Chabrol, il existait deux seigneuries et deux châteaux de Lastic : l'une appelée Laslic et Cistrière; l'autre, Lastic et Montsuc. La première faisait partie du duché de Mercœur; la seconde en relevait en fief. Le roi ayant acquis la première de M. le prince de Conty, la vendit a M. le comte François de Lastic, lieutenant général des armées royales, seigneur de parentignat. La deuxième appartenait, dans la plus haute ancienneté, à la maison de Lastic Thibaud de Lastic, titulaire de cette deuxième seigneurie, n'avait eu pour héritière qu'une fille, mariée en premières noces avec Joseph de Foix, seigneur de Mardogne, dont elle n'eut point d'enfants; mariée en secondes noces avec Jean de La Guiche, elle lui porta cette terré. N'ayant eu encore qu'une fille, la succession de Lastic passa, en 1611, dans la maison de Larochefoucault-Langeac, par le mariage avec Louise de La Guiche. Cette seigneurie fut ensuite vendue à M. le comte de Latour-d'Auvergne, et de lui elle advint, par acquisition, à M. de Lastic-Fournel, seigneur d'Allanche; il n'eut aussi qu'une fille, Mme Duroc de Brion.

La terre de Lastic a donné son nom à une famille d'ancienne chevalerie, l'une des plus illustres par les grands hommes qu'elle a fournis, et des plus puissantes par les riches et vastes seigneuries qu'elle a possédées. Nous la trouverons souvent mentionnée dans les pages de l'histoire de notre province; et, quoique nous ne devions parler des actions qui la concernent que dans les localités où les diverses branches résidaient, il est convenable de donner sur elle un précis rapide.

Dès son origine, elle a occupé l'un des principaux rangs dans la province. Cette famille a possédé les seigneuries de Lastic, dont elle tira son nom; de Valeilhe, de Montsuc, de Rochegonde, de Peyrols, de Sieujeac, de St-Diéry, de St-Georges, de St-Michel, de Laval, de la Trémolière, de Neuvéglise, d'Alleuze, de la Vergnelte , de Lathérisse , de Belmur, de la Fonthio, de l'Escure, de Faveyrol, du Buisson, de Fournel, de St-Jal, de Gabriac, de Chamboulive, de Beaumont, de St-Salvador, de Montbrun , de Montsuc, de Combort, de Corrèze, de Bordes, de St-Antonin, de Lodières, de Nolliac, de la Vacherie, de Saon, d'Ure et autres lieux en Auvergne, Limousin, Rouergue et Dauphiné.

Le nom du fondateur de la maison de Lastic était Henri de Thierstein, chevalier illustre (inclitus) , adjectif qui n'était donné dans l'antiquité qu'aux chevaliers issus des comtes. Il était sorti du château de Thierstein, diocèse de Bâle, en Suisse, manoir que les Français démantelèrent en 1793. On voit encore les ruines de la tour principale, renfermant l'escalier, et sur sa porte on trouvait naguère aussi la pierre renfermant l'écusson aux armes de Lastic. C'est de cette maison de Thierstein qu'est issue la source masculine de la maison d'Autriche régnante, suivant Théodore Godefroy. Ces deux maisons, du reste, portent les mêmes armes.

Henri de Thierstein, issu d'une haute et puissante famille, dut contracter une alliance avec une maison au même rang que la sienne; il vint donc se fixer en Auvergne vers 1084 , par suite de son mariage avec Aldéarde de Mercosur, fille de Beraud IV, sire de Mercœur, et de N. d'Auvergne, fille elle-même du comte d'Auvergne, Robert IV. Une partie de la châtellenie de Lastic fut donnée en dot à Aldéarde, sous la réserve du droit de suzeraineté, en sorte qu'elle releva constamment du duché de Mercœur, et que les sieurs de Lastic, quoique titulaires de cette seigneurie, n'en ont jamais été suzerains. Ce qui vient d'être relaté ressort d'une charte de l'an 116l, existante aux archives de la famille, dans laquelle Bayard et Etienne, en confirmant les privilèges, franchises et libertés de la communauté de leur terre de Lastic, se disent fils d'Henri de Thierstein.

Haut placé comme était cette famille, elle parut de suite dans les premiers rangs : dans le XII° siècle, douze au moins de ses membres furent chanoines comtes de Brioude, et plusieurs occupèrent des dignités dans ce chapitre.

Elle devint historique, en 1211, par Hugues de Lastic, chevalier (milés), qui donna à Simon de Montfort, chef des croisés contre les Albigeois, le conseil de s'emparer de Castelnaudary pour y arrêter la marche du comte de Toulouse.

Depuis cette époque jusqu'à 1489 , il ne se forma que des branches latérales, celle de Lastic d'Unsac en 1392, et celle de Saon en 1434. Nous en parlerons plus bas. Les grandes bifurcations eurent lieu, en 1489, par les enfants de Louis de Lastic et d'Anne de La Fayette, desquels sont sortis les Lastic de Vigouroux et de Lescure, les Lastic de Fournel, les Lastic de St-Jal et de St-Antonin, et les Lastic de Naxos. La branche aînée fut continuée par les Lastic de Sieujeac, éteinte dans François de Lastic, colonel du régiment de la Marche, mort subitement à 29 ans; il n'a laissé qu'une fille, mariée en 1807 avec Annet VII, Joseph, comte de Lastic de Vigouroux, inspecteur général des haras et chevalier de St-Louis. Par le mariage, les branches de Sieujeac et de Vigouroux ont été réunies.

Nous trouvons en hommes illustres, depuis Hugues jusqu'à nos jours: vers 1210, Guillaume de Lastic, comte de Brioude, abbé de St-André-de-Mégemont; vers 1254, Pierre de Lastic, comte de Brioude, bailli du chapitre; vers 1285, Etienne de Lastic, abbé de St-Amable-de-Riom; vers 1285, Guillaume de Lastic, abbé de Chantoin; deux autres comtes de Brioude, Pierre et Dracon, prévôts du chapitre.

C'est surtout dans l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem, postérieurement de Malte, que cette famille a fourni des hommes distingués, savoir:

Bayard Bompar de Lastic, commandeur de la Tourette, qui servit en qualité de chevalier-bachelier dans les guerres contre les Anglais; commis à la garde et défense du pays d'Auvergne, en 1380, il fut porteur des lettres que la dauphine d'Auvergne écrivit, en 1385, au comte d'Armagnac, pour la délivrance de Jean Bompar de Lastic, son frère aîné, que ce prince tenait alors dans Alleuze prisonnier pour les Anglais.

Pons Bompar de Lastic, frère du précédent, commandeur de Montchamp et maréchal de l'ordre, vers 1388.

Etienne de Lastic, qui se distingua dans toutes les guerres contre les Anglais, sous les rois Jean et Charles V, et se signala à la bataille de Poitiers.

Jean Bompar de Lastic, successivement commandeur de Celles, de Montchamp, de Carlat, maréchal de l'ordre après Pons de Lastic, son oncle, et enfin élu grand-maître en octobre 1437. Il fut regardé, à juste titre, comme un des héros de la religion; il préserva deux fois Rhodes do l'envahissement des Sarrazins ; il soutint, notamment en 1441, avec les seules forces de son ordre, contre toutes les forces d'Amurat, soudan d'Egypte, un siége dont les détails mémorables sont consignés dans l'Histoire de Malte. Le soudan, vaincu, n'osa plus attaquer Rhodes tant qu'il vécut.

Guillaume de Lastic, neveu du grand-maître, commandeur de Celles, de Montchamp, de Carlat, sénéchal de l'ordre sous la magistère de son oncle; il était habile en négociations. Dans la prévision du siége de Rhodes, le grand-maître l'envoya en mission auprès des princes catholiques; mais elle ne réussit pas, ces princes étant trop occupés a guerroyer l'un contre l'autre pour se dégarnir de leurs forces.

Louis de Lastic, chevalier de Malte, eh 1523, devint commandeur de Blandès, de Montchamp, de Salins, de Vauxfranche, de Verrières et de Lureuil, puis grand-prieur d'Auvergne et maréchal de l'ordre. Il fut l'un des principaux chefs des catholiques en Auvergne, et l'un de ceux qui se distinguèrent le plus contre les religionnaires sous le règne de Charles IX. Les détails de ses faits d'armes sont mentionnés dans l'histoire des guerres religieuses de M. Imberdis. Malte se trouvant assiégé par les forces ottomanes, le grand-maître, Jean de La Valette, le rappela près de lui, et il passa en Sicile avec un certain nombre de chevaliers. Les lenteurs que le vice-roi mettait à leur fournir des moyens de transport pour arriver au secours de leurs frères d'armes désespéraient ces chevaliers, qui tenaient constamment son palais assiégé; quelques-uns même, plus hardis, mêlaient les reproches à leurs prières. Le vice-roi s'en plaignit, et trouva mauvais que les chevaliers en lui parlant ne le traitassent pas d’excellence. Le grand-prieur, Louis de Lastic, lui dit à ce sujet (Histoire de Malle, t. 5, p. 72) : « Pourvu, seigneur, que nous arrivions à Malte assez à temps pour secourir la religion, je vous traiterai avec plaisir d'excellence, d'altesse, et même, si vous le voulez, de majesté. » Le vice-roi ne fit que sourire à ce discours; et, ayant appris que ce vieux chevalier était d'une illustre naissance, et qu'il avait acquis beaucoup de gloire en France et dans les guerres contre les huguenots, le tira en particulier et lui dit que, par considération pour sa qualité et pour son mérite, il voulait bien s'ouvrir à lui et lui montrer que quelque éclatante que fut sa dignité, il n'était pas toujours maître de suivre ses volontés. Peu de temps après eut lieu le départ, et Louis de Lastic arriva assez à temps pour prendre part aux opérations qui précédèrent la levée du siége.

Parmi les évêques, nous trouvons:

Antoine de Lastic, prieur d'Allanche vers4730, abbé de St-Guillen-du-Désert, puis évêque de Comminge, et enfin évêque, comte de Châlons.

Pierre de Lastic, évêque de Rieux, mort dans l'émigration au monastère du Mont-Serrat, en Catalogne.

Etienne de Lastic, chanoine, comte de Lyon.

Gabriel de Lastic, aussi chanoine et comte de Lyon.

Louis-Henri de Lastic, prieur de Bredon, qui fit l'acquisition de la vicomté de Murat. Il a été question de lui à l'article de Bredon ; nous aurons encore à revenir sur lui dans l'histoire de la ville de Murat.

Passons maintenant à ceux des membres qui ont occupé un rang distingué dans les fonctions autres que celles ecclésiastiques.

Nous trouvons d'abord Draguinet de Lastic, conseiller et chambellan de Louis III de Bourbon, comte de Montpensier; conseiller et chambellan des rois Charles VU et Louis XI, et maître d'hôtel de la reine Charlotte de Savoie. Il servit en qualité de chevalier-bachelier contre les Anglais, en 1429 et 1433. Nous avons vu que par suite du traité fait en 1469 entre Antoine de Chabanne, comte de Dammartin, pour le roi, et Jacques de Nemours, comte d'Armagnac, Louis XI avait délégué Draguinet pour recevoir à Bredon le serment des nobles, ecclésiastiques, officiers, vassaux et populaire des vicomtes de Carlat et de Murat.

Pons de Lastic fut l'un des commissaires du roi Charles VU, pour l'assiette de l'aide imposée en Auvergne pour les années 1443, 1445 et 1446.

Thibaud de Lastic se distingua dans les guerres contre les religionnaires; il fut l'un des chefs de l'armée catholique battue par les huguenots à Cognat, près de Gannat; il est qualifié de chevalier de l'ordre du roi et gouverneur-commandant de la ville de St-Flour dans des actes de 1568 et 1569.

Jean de Lastic, chevalier de l'ordre du roi, et chevalier d'honneur de la reine Marguerite, se distingua dans les guerres de la Ligue, à l'exemple du grand-prieur d'Auvergne, Louis de Lastic, son grand-oncle. Il fut gouverneur de Château neuf en Carladès; commanda la compagnie de 50 lances du grand prieur, son oncle, en 1568 et 1569 ; fut ensuite guidon de la compagnie d'ordonnance du seigneur de La Fayette. Jean de Beaufort de Canilhac lui donna, en 1580, l'ordre de lever une compagnie de cuirassiers, l'en nomma commandant, et le chargea de veiller à la conservation du pays d'Auvergne. Jean de Vernyes, dans son mémoire à Henri IV sur la pacification de l’Auvergne, dit : «  Le sieur de Lastic a deux maisons très-fortes dans la prévôté de St-Flour, nommées Lastic et Rochegonde, en lesquelles il y a deux pièces de canon moyennes; outre possède quinze à dix-huit mille livres de revenus. »

Jean prit une part glorieuse dans la bataille de Cros-Rolland, devant Issoire, où il commandait la seconde ligue. Plus habile dans le commandement que le comte de Randan, dit Imberdis, il donnait le conseil de ne pas changer les positions. Son avis n'ayant pas prévalu, après la perte de la bataille, blessé, n'ayant plus à la main qu'un tronçon d'épée, Lastic se retira avec quelques capitaines et une centaine de fuyards dans le château de Montmorin, d'où il revint ensuite dans la Haute-Auvergne.

Son habileté en faits d'armes, dit l'abbé Teilhard dans son manuscrit sur l'histoire d'Auvergne, était si connue que les rois Henri III, en 1577, et Henri IV, en 1594, lui écrivirent pour l'engager à se ranger de leur côté. En 1586, il reçut du duc de Joyeuse, lieutenant-général pour le roi en l'armée d'Auvergne, Velay, Gévaudan et Rouergue, et du seigneur de St-Vidal, lieutenant-général des armées du Velay et de Gévaudan, trois commissions concernant la garde et le démautellement de la ville de Marvejols. Il reçut à cet effet le commandement de 200 arquebusiers.

Le roi Henri IV ordonna au Sr de Lastic de venir le joindre avec les troupes qu'il pourrait réunir, pour garder les frontières de la Picardie et de la Champagne. Le 17 mars 1596, le même roi lui écrivit de se rendre avec le comte d'Auvergne au siège de La Fère.

Ce seigneur prit part à toutes les affaires qui eurent lieu du temps des religionnaires, dont un parti l'enleva un jour par surprise, en 1585, et l'emmena prisonnier dans Marvejols. Jean de Sieujeac avait la réputation d'être on excellent écuyer, dit encore l'abbé Teilhard. Un jour de fête, les religionnaires le prièrent d'exécuter devant les dames de la ville, sur une plate-forme de la place, des exercices d'équitation, et lui remirent un très-bon cheval qu'ils avaient pris avec lui. Lastic y consentit, et après plusieurs passes et l'avoir fait caracoler, il profita de l'occasion qu'il avait pour s'évader, se confiant dans la force de son cheval, d'un bond il lui fit franchir la, terrasse; après avoir salué ces dames et fait caracoler de nouveau son vigoureux coursier, il s'enfuit et s'évada de leurs mains.

Jean se signala tellement au siége de Marvejols, que les assiégés voulant venir a composition, demandèrent à l'amiral de Joyeuse les sieurs de Canilhac et de Sieujeac pour traiter avec eux de la reddition de la ville.

Adam, évêque de Mende, ayant appris que les sieurs Taillefer et Gentil, capitaines huguenots, avaient rassemblé des troupes à Laudun pour attaquer St-Flour, pria le Sr de Sieujeac de s'opposer à leur dessein et de prendre 200 cavaliers de la garnison de Murat:

Jean eut à cette époque de grands démêlés avec le Sr Louis Du Bourg, seigneur de Sailhans. Lastic s'empara du château de Sailhans. Mais à peu près en même temps Du Bourg prit celui de Lastic. Le double échange de ces deux châteaux eut lieu par accommodement fait par les amis communs, lors du traité de pacification tenu à St-Flour en 1583. Lastic dut payer une indemnité de 3,000 liv. au Sr de Sailhans, et son château lui fut rendu.

Jean de Lastic était fort riche pour le temps avec 18,000 livres de rentes. Il fournit à M. de Randan une somme de 7,000 livres pour la subsistance des troupes qui étaient en Auvergne en 1592. Il fournit aussi pendant un mois la solde de 360 arquebusiers qui étaient sous la charge de M. de Surville. Il avait à pourvoir en outre aux dépenses de sa compagnie qui était à Chaudesaigues.

Il contribua aussi aux approvisionnements en vivres et autres fournitures des magasins qu'on avait établis à Murat et à Pierrefort. Dans une lettre de félicitations qu'il reçut alors du roi Henri IV, il est qualifié de lieutenant d'une compagnie d'hommes d'armes des ordinaires de sa majesté sous la charge de Randan. Lastic reçut en outre du même roi trois lettres de protection commit imus et sauvegarde, en date du 12 décembre 1606, du 20 juin 1607, et du 6 août 1610. Il y est qualifié de baron d'Alleuze, de Sieujeac, de Neuvéglise et de la Trémolière. Il reçut encore des lettres de MM. le duc de Lorraine, de Chevreuse et de Genevois, pour se saisir des châteaux de Sailhans et du Buisson, occupés par les religionnaires. Le chapitre de Brioude lui écrivit pour le remercier des services qu'il en avait reçus pendant ces temps de guerres calamiteuses. Enfin, Sieujeac reçut une lettre de Charles d'Orléans pour l'inviter â se trouver aux Etats du Pont-du-Château.

Le président de Vernyes dit que Lastic fut un des plus grands hommes de guerre de son temps. Jean de Mordezun, historien de cette époque, dit que c'était un seigneur expert dans les affaires et dans les armes, et qu'ayant voulu, à l'âge de 70 ans environ, dompter un jeune cheval, il fit une chute par suite de laquelle il mourut.

François de Lastic, après avoir suivi la hiérarchie militaire, fut nommé, en 1762, lieutenant général des armées du roi. Il avait été fait commandeur de Saint-Louis en 1761.

François, son fils, connu sous le nom de comte de Lastic, fut colonel, en 1761, d'un régiment portant son nom, fait brigadier des armées en 1762, maréchal de eamp en 1770, et lieutenant général en 1781.

Nous avons vu que François, son fils, en qui s'éteignit la branche de Sieujeac, était colonel du régiment de La Marche quand il mourut fort jeune.

Voyons maintenant dans les autres branches de la famille.

Dans la branche de Vigouroux, nous trouvons Hugues de Lastic, seigneur de Lescure, syndic de la noblesse à l'assemblée provinciale d'Auvergne en 1787, exécuté révolutionnairement à Paris comme conspirateur des prisons, et Annet Joseph de Lastic, inspecteur général des haras.

Dans la branche de Lastic, fixée à Naxos, Jean-Baptiste, baron de Vigouroux, major-général en Italie du prince Pragotti.

Philippe de Lastic, qui fut gouverneur d'une province russe.

Dans la branche des Lastic de St-Jal, Jean-Charles, lieutenant-général des armées du roi.

Dans celle de St-Antonin, Jean-Henri, inspecteur général des haras.

Dans la branche des Lastic de Fournel, Jean-Antoine, seigneur d’Allanche, officier des gardes du corps, ensuite maréchal de camp.

Dans la branche de Saon, Jean de Lastic, grand-pannetier de France en 1434 et sénéchal du Poitou.

Raymond de Lastic, chef des protestants dans le Dauphiné, habile général. Le roi Henri IV assista comme témoin à son mariage.

Tel est l'ensemble des hautes fonctions exercées par cette famille.

Audigier dit que le château de Lastic était placé sur une hauteur, à deux lieues de la rivière de Trueyre; que sa seigneurie était en partie au duc de Mercœur, et en partie à la maison de Lastic. Un de ses membres rendit le fief pour ce château, en 1256, à Guy de Latour, évêque de Clermont.

Nous avons vu que le château de Lastic, quoique très-fort, avait été pris par Louis Du Bourg, Sr de Sailhans, lors des guerres de religion, et rendu à son suzerain, par accord de 1588. Par suite du décès sans postérité de Louis de Lastic, cette seigneurie échut à Françoise de Lastic, mariée en premières noces à Joseph de Foix, seigneur de Mardogne, comme il a été dit, et ensuite à Jean de La Guiche, baron de Bournoncle, qui avait épousé en secondes noces la même Françoise de Lastic. Leur fille unique, Louise de La Guiche, porta cette seigneurie en mariage à Louis de La Rochefoucaud-Langeac. Elle passa ensuite au comte de La tour-d'Auvergne, comme nous l'avons vu, et enfin, par vente, à M. de Lastic de Fournel.

Les rentes de la seigneurie de Lastic étaient ainsi qu'il suit:

Tanavelle. Argent, 37 liv. 4 s. 5 d.; froment, 24 sept. 1 quart. 1 bois. ; seigle.

116 sept. 2 quart. 3 bois.; avoine, 110 sept. 3 quart. 2 bois; cire, 15 liv. ; gélines, 14.

Les Ternes. Argent, 1 liv. 5 s. 3 d. ; froment, 1 sept. 7 bois.; seigle, 11 sept.

3 quart. ; avoine, 7 sept. ; cire, une once. Rouffiac. Argent, 1 liv. 8s. 6 d.; froment, 6 quart. 4 bois.; seigle, 44-sept.;

avoine, 35 sept.

Paulhac. Argent, 11 s.; froment, 6 quart. 4 bois. ; seigle, 3 sept. 4 quart.; avoine, 3 sept.

Valheugeol. Argent, 2 s. 5 d. ; froment, 6 quart. ; seigle, 3 sept. 3 quart. ; avoine, 2 sept. 1 quart.

St-Georges. Argent, 2 s. 4 d ; froment, 2 boiss ; seigle, 5 sept. 3 quart.; avoine,

2 sept. 1 quart. Le Morle. Argent, 4 s. 6 d.; seigle, 2 sept. ; avoine, 4 sept. Lorcière. Argent, 22 liv. 4 s. 6 d. ; froment, 1 quart. ; seigle, 8 sept. 6 quart.;

avoine, 16 sept. ; géline, 1. Chaliers. Argent, 31 liv. 4s. ; froment, 2sept. 2 quart. ; seigle, 24 sept ;avoine,

20 sept. ; gélines, 9.

Clavières. Argent, 7 liv. 13 s. 6 d. ; froment, 2 boiss.; seigle, 6 sept.; avoine , 7 sept.

Faverolle. Argent, 2 liv. 8 s. ; avoine, 4 sept.

Chauliac. Argent, 3 liv. 4 s. 6 d. ; seigle, 4 sept. 4 quart. ; avoine, 1 sept. 2 quart. Albaret. Argent, 1 liv. 1 s.; seigle, 1 sept. 4 quart. ; avoine, 2 boiss. et demi. Ruines. Argent, 56 liv. 6 s. 3 d. ; seigle, 16 sept.; avoine, 80 sept. ; gélines, 27. St-Jal. Argent, 12 liv. 7 s. 4 d.; froment, 2 quart ;seigle, 10 sept.4quart.

4 boiss. ; avoine, 36 sept. ; gélines, 2. Vabres. Argent, 2 liv. 14 s. 11 d.; seigle, 6 sept. 7 quart. ; avoine, 5 sept.;

gélines, une.

D'Anglards. Argent, 7 liv. ; seigle, 5 sept 2 quart. ; avoine, 6 sept.; gélines, 3. En tout, pour la seigneurie, 282 liv. 16 s. 6 d. en argent;

Froment, 33 septiers 5 quartons 2 boisseaux.

Seigle, 269 septiers 2 quartons 3 boisseaux.

Avoine, 339 septiers 7 quartons 3 boisseaux et demi.

Cire, 15 livres et une once.

Gélines, 57.
Les villages et hameaux de .cette commune sont:

La Bastide, village on allant à Celoux; le vicomte de Polignac de Chalemou en était seigneur au XV° siècle , avant que le seigneur de Lastic en eut fait l'acquisition.

Lastiquet, hameau avec un moulin, sur le ruisseau d'Arcueil.

Marlèche, hameau.

Montredon. hameau.

La Mourayre, hameau.

Pont-de-Lery, hameau.

Roddier-la-Prade, hameau.

La Vastrie, hameau.

La commune de Lastic était de droit écrit. Sa coutume était celle de La Mothe Canilhac, où les pâturages étaient limités par village, en sorte que ces pâturages étaient circonscrits par mas et village, et non par justice.

 

P. de C.

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