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La commune de Landeyrat aujourd'hui

Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852) Volume 1/5.

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Landeyrat

 

— La commune de Landeyrat ou d'Apché fait partie du canton d'Allanche et de l'arrondissement de Murat. Elle est bornée au nord par celle de Marcenat; au sud, par le ruisseau de Pradiers, qui la sépare do celle de St-Saturnin, et par celle de Vernols; à l'est, par celle de Pradiers, dont elle est séparée en partie par le ruisseau de Landeyrat, et à l'ouest, par les communes de Marcenat et de Si Bonnet. Sa superficie territoriale est de 2,100 hectares, dont 80 hect. seulement sont en terres cultivées; 1,850 hect. en prés et pacages a vacheries, de bonne qualité, et 150 hect. en terres vaines et bruyères.

Elle est arrosée par les ruisseaux des Ondes, qui naît au Puy-de-Greil; par celui do Prades, qui vient de Clavières; par ceux de Landeyrat, de Pradiers, de la Sagne, de la Montagnoune, etc.

Sa population est de 430 habitants, répartie dans 5 villages, 4 hameaux et 72 maisons.

Le chef-lieu de cette commune est aujourd'hui Apché, à 3 kil. d'Allanche et a 2 myr. de Murat.

Apché a remplacé le viilage de Landeyrat qui n'existe plus depuis longtemps. L'église seule avait survécu et restait isolée dans le milieu de la montagne; elle a été démolie il y a quelques années, et ses débris ont servi à construire une grange; elle avait déjà été interdite en 1789. C'était un prieuré dont l'érection était très-ancienne. Etienne, évêque de Clermont, lorsqu'il vint à Aurillac en 972, pour consacrer l'église du monastère de Saint-Géraud, fit don a l'abbé et à ce monastère de l'église de Landeyrat, lui donna le titre de prieuré et lui assigna de riches redevances; mais la suzeraineté en resta toujours aux évêques. Le monastère de Saint-Géraud en percevait donc le revenu et nommait le vicaire perpétuel ou curé qui la desservait, et lui assignait une part dans les dîmes, quelques cens et une certaine étendue de pacages.

Le chapitre de Murat fit l'acquisition de cette cure le 12 août 1436. L'évêque de Clermont voulant, en 1437, venir en aide au chapitre de cette ville et augmenter ses revenus, consentit à cette acquisition et lui donna la moitié du produit des dîmes, l'autre moitié devant rester au prieur, qui, jusque là, avait été un moine de Saint-Géraud, d'où il résulta plusieurs procès entre le prieur et le chapitre. La bulle d'union fut, en 1439, fulminée par le pape Eugène IV; à partir de cette époque, la présentation de la cure et de sa vicairie fut au prieur de Bredon.

Furent prieurs et curés de Landeyrat : Guillaume du Sollier, en 1387; Eymerie La Fabrie, en 1415; Pierre d'Ornhac, en 1472; Pierre de Bomchat, en 1476; Bernardin Gulbes, en 1505; Géraud de Voyre, en 1511 ; Pierre Brisson, en 1530; Guill. Maret, en 1658; il reçut les fondations faites à cette église par François do Chalus, seigneur du Monteil; Jacques Maret, en 1680; N. d'Ussel, en 1757.

On distingue encore parfaitement l'emplacement de l'ancien village de Landeyrat, aux environs et à une certaine distance de l'église démolie. Le cimetière entourait cette église. Au-dessous de celui-ci et au midi devait être te presbytère composé de deux bâtiments dont on voit encore les traces. L'on trouve à 150 mètres de l'église toutes les fondations des bâtiments qui formaient le village. Quelques-uns sont isolés; d'autres adhérents : l'alignement de deux rues qui allaient vers l'église est facile à reconnaître. Plus loin, à l'ouest, on voit d'autres vestiges de maisons isolées.

A un kilomètre au nord-est, se trouve un monticule sur lequel on voit le tracé d'un grand bâtiment qui aurait été le château de l'évêque de Clermont, Etienne; si, comme on le croit, il était de la famille de Londouse (ou Landouse), Landeyrat aurait pu être sa propriété. Au centre du monticule existait une tour carrée dont on a arraché les fondements et fouillé les caves ; au midi, à droite et à gauche, étaient deux corps de logis séparés, mais sur la ligne de la tour carrée. Au nord, on voit l'emplacement d'un autre bâtiment à angle droit, avec la tour; au midi, à une distance de 30 mètres, était une terrasse, et enfin une petite esplanade pouvant servir de jardin.

Apché, aujourd'hui le chef-lieu de la commune, est situé sur le ruisseau de Landeyrat. L'église qu'on y a construite, pour remplacer l'ancienne, est restée comme elle sous l'invocation de sainte Anne. C'était un fief qui a appartenu à la famille de Bouchut; il passa par mariage, vers 1700, à N. de Mossier, et en 1753 il devint la possession de François Amadieu.

11 y avait près d'Apché un petit fief du nom de Belbezeix, distrait de celui de St-Saturnin. Il appartenait, en 1746, à M. Chabrier.

Les villages et hameaux de cette commune sont:

La Borie. hameau près du château de Prades.

Clavières, village sur le ruisseau de Pradiers, au sud d'Apché.

Greil, village sur la montagne, aussi nommé Altegreil, et Agreil dans le Nobiliaire d'Auvergne. Ce village fut donné, vers l'an 1000, par Etienne III, évêque de Clermont, avec ses dépendances, à l'abbaye de Saint-Géraud.

Greil a donné son nom à une ancienne famille qui s'est fondue ensuite dans celle dela Volpilhère, et enfin dans celle de Missillac. En 1226, Louis VIII, roi de France, écrivit au doyen de Brioude pour demander l'admission, au nombre des chanoines, de N. de Greil, quoiqu'il ne fit pas les preuves exigées du côté maternel; elle était motivée sur les services importants qu'il avait reçus de cette famille. Guillaume de Greil épousa, en 1350, Françoise de la Volpilhère, dernière héritière de cette famille, à la condition d'ajouter son nom à celui du Greil. François du Greil de la Volpilhère vendit, en 1609, le Greil ainsi que les rentes de Bascoupet, à David Dufour, dont la famille les a possédés jusqu'en 1789.

Mas-Sagut, hameau.

La Montagnoune, hameau dans la plaine, vis-à-vis d'une autre montagne nommée les Paritounes. On reconnaît l'emplacement d'un grand nombre de bâtiments, et quelques tombelles arrondies et souvent alignées. Les anciens titres, l'histoire et la tradition n'ont rien conservé sur ces constructions.

Prades ou Pradt, hameau et château, ancien fief qui a appartenu en premier lieu à la famille de Bouchut. François de Leotoing en fit l'acquisition vers 1543. Cette belle propriété passa, en 1654, dans la famille Dufour. En 1706, Isaac Dufour, seigneur de Prades, baron de Villeneuve, était brigadier des armées du roi. Voyant que sa branche allait s'éteindre faute d'enfants mâles, ilintervint, en 1716, au contrat du mariage du Françoise Dufour de Pradt, fille unique de son frère, avec Charles de Riom, seigneur de Prolbac, et donna tous ses biens à sa nièce, à condition que ses enfants prendraient le nom de Dufour du Pradt. Son petit-fils, l'abbé de Pradt, avait acquis de la célébrité dans nos temps modernes. D'abord il fut aumônier de Napoléon, puis évêque de Poitiers en 1803, archevêque de Malines en 1807, ambassadeur en Espagne en 1808, en Pologne en 1812, et momentanément chancelier de la Légion-d'Honneur en 1814. Rentré dans la vie privée en 1815, l’abbé de Pradt occupait ses loisirs à faire des expériences en agriculture. Le château de Pradt ayant été incendié en 1790, il fit construire sur son emplacement une maison de campagne et de vastes bâtiments d'exploitation. Comme cette propriété était riche en pâturages et très-appropriée à l'élève des chevaux et des bestiaux, l'abbé de Pradt y consacra des sommes considérables.

La propriété de Pradt fut vendue par l'abbé, en 1833, à M. Bonnet, ancien juge de paix d'Allanche et membre du conseil général du Cantal.

La Roussille, hameau.

Les Ierres cultivées de cette commune sont d'un très-faible produit, à cause de la quantité de neige qui recouvre les seigles au printemps.

Le principal revenu est en fromages, qui sont exportés sur Murat et de là dans le Languedoc.

 

P.de C.

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