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La commune de Jaleyrac aujourd'hui

Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852) Volume 1/5.

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Jalleyrac

 

- Jalleyrac, commune du canton et de l'arrondissement de Mauriac, bornée au nord par la commune de Bassignac et la rivière de Sumène, qui la sépare du territoire de Verrières; à l'est, par la rivière de Mars, qui lui sert de limite avec la commune de Méallet; au sud, par la commune du Vigean, et à l'ouest, par celle de Sourniac.

Sa superficie est de 1,640 hectares, divisés ainsi qu'il suit : 525 en terres labourables; 10 en jardins; 281 en prairies; 328 en pâturages; 260 en bois; 30 en châtaigneraies; 201 en bruyères; 5 en chemins et cours d'eau.

La commune de Jalleyrac, bien plus étendue autrefois, a été démembrée, il y a quelques années, par la réunion de plusieurs localités de l'ouest aux communes d'Arches et de Sourniac dont elles sont plus rapprochées, de manière qu'elle ne compte plus aujourd'hui que 680 habitants, répartis dans 17 petits villages ou hameaux et 130 maisons

A l'exception de quelques localités situées sur les hauts plateaux, la commune de Jalleyrac occupe un vallon très-profond, qui a presque la forme d'un entonnoir, au fond duquel on aperçoit le chef-lieu composé d'un petit nombre d'habitations groupées autour de l'église. A partir de ce point, le vallon se resserre et se termine par une gorge étroite qui aboutit au confluent des rivières de Mars et de Sumène, à un peu plus du 4 kilomètres en aval du bourg. On aura une idée exacte de la profondeur du vallon, quand on saura que la partie la plus élevée (Boissières) est à 738 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que le confluent des rivières de Mars et de Sumène n'en est plus qu'à 368, ce qui établit une différence de 370 mètres (Atlas de la description de la Haute Auvergne, par M. Bouillet, table et planche 35.)

Ainsi abrité par les hauteurs qui l'environnent, le vallon de Jalleyrac est favorisé d'une température douce en hiver. La neige y séjourne peu; mais la chaleur y est grande en été. Son sol, qui repose en partie sur un gisement houiller, est d'assez bonne qualité en général; il produit de bons et abondants fourrages, du froment dans certaines parties, du seigle, de l'orge, du sarrasin, de l'avoine, noix, châtaignes et fruits verts. Des bois essences de chêne et de hêtre garnissent les rives de la Sumène et de Mars. Ces deux rivières, qui se réunissent à Vendes, commune de Bassignac, sont les seuls cours d'eau de quelque importance; elles limitent la commune à l'est et au nord, mais ne l'arrosent pas, l'encaissement de leur lit ne permettant pas aux riverains d'utiliser leurs eaux autrement que pour l'alimentation de deux ou trois moulins. Ces rivières sont très-poissonneuses; on y pèche d'excellentes truites, et, à certaines époques, des saumons qui remontent la Dordogne et ses affluents. Nous citerons encore les ruisseaux du Bredon et de Jalleyrac, qui descendent du centre de la commune, coulent à l'est du chef-lieu, se réunissent un peu plus bas et prennent ensemble le nom de Rieuleire. C'est là que se trouve la fontaine d'eau minérale décrite à la page 434 du premier volume de ce Dictionnaire.

Pendant les belles et fraîches matinées d'automne, le Creux de Jalleyrac, ainsi qu'on l'appelle dans le pays, est souvent couvert d'un épais brouillard qui le dérobe à la vue des habitants de la plaine, et si, dans un de ces moments, on vient à parcourir la route impériale n° 122, qui traverse la commune dans sa partie supérieure à l'ouest du chef-lieu, la surface unie de ce brouillard, ne dépassant pas le niveau des hauteurs, offre l'aspect d'un vaste lac dont la vue est d'autant plus attrayante, que le soleil l'illumine de ses brillants rayons.

L'église de Jalleyrac est située, ainsi que nous l'avons déjà dit, dans la partie basse du vallon, à 6 kilomètres nord-est de Mauriac. M. Delalo, président du tribunal civil de cet arrondissement, qui l'a visitée, nous en fournit la description suivante : « Cette église est d'architecture romano-bysantine et sa construction paraît remonter au XII° siècle; elle a la forme d'une croix latine; mais la croix, de même que celle de l'église de Brageac, est à peine indiquée. La porte, en plein cintre, est ornée de colonnettes à chapiteaux romans, sans sculptures. Aux deux côtés de la porte, sont deux arcades bombées en plein cintre ; au-dessus de la porte, règne un cordon cintré en forme de torsade. A l'extérieur de la nef, le toit repose sur une corniche très-saillante, bordée d'un câble en torsade; elle est supportée par des modillons variés dont les uns représentent des figures grimaçantes, les autres des animaux chimériques. Il n'y a ni corniche ni modillons au pourtour du chevet; ils ont disparu lors d'une réparation moderne. L'église est voûtée, et au-dessus du transsept s'élève une coupole hémisphérique surmontée d'une tour carrée nouvellement reconstruite. Deux chapelles ogivales ont été ajoutées à l'édifice a une époque déjà ancienne ; à la clef de voûte de l'une d'elles, on voit sculpté l'écusson des armes de la main de Saint-Exupéry-Miremont, qui sont : d'or, au lion de gueules; ce blason ne se distingue plus aujourd'hui, grace au badigeon qui l'encroûte.

« Sur le mur de l'église qui sert de pignon à la maison d'école récemment édifiée, existe un autre écusson peint; c'est celui de l'antique maison de Mauriac-Miremont : d'azur à trois miroirs ronds encadrés de gueules, au chef d'or. »

Dans le courant de l'été de 1855, la foudre est tombée sur le clocher, a endommagé l'une de ses arêtes, dégradé une croisée, et, pénétrant ensuite dans l'église, elle a noirci la dorure du maître-autel, labouré la voûte du chœur et brisé toutes les vitres. Ces dégâts seront facilement réparés.

L'église de Jalleyrac est sous l'invocation de saint Martin. Les anciens titres font mention du vieux Jalleyrac, lieu actuellement connu sous le nom de Pradel, assis sur un monticule à 2 kilomètres au nord du bourg actuel; c'est dans ce lieu, vraisemblablement, qu'a dû exister le premier édifice religieux de la paroisse; il en est fait mention dans la célèbre charte de Clovis, que nous citerons sans l'apprécier, ne doutant pas qu'elle le sera d'une manière satisfaisante dans l'article relatif à la ville de Mauriac. Voici ce qu'elle contient au sujet de Jalleyrac : « A Jalleyrac il y a une église dédiée à saint Martin, et deux métairies occupées par Gormandus et Fulcher; ils font des charrois, donnent une vache grasse et douze deniers. »

Une bulle du pape Clément VI, que fit publier Pierre d'Aigrefeuille, évéque de Clermont, en 1348, autorisa la réunion des biens et revenus de l'église de Jalleyrac à ceux du chapitre de Notre-Dame-du-Port, de Clermont, à charge par celui-ci de payer une rente annuelle de trente livres au vicaire desservant, dont la nomination appartiendrait audit chapitre. Cet état de choses a subsisté jusqu'à la révolution de 1789, bien que de temps à autre des difficultés se soient élevées entre le chapitre de N.-D.-du-Port et les curés titulaires de Jalleyrac, notamment à l'époque où Pierre Battut et autre Pierre Battut, oncle et neveu, étaient titulaires de la cure, au XV°siècle.

Le chapitre de N -P.-du-Port avait coutume d'affermer ou ascenser les biens et revenus de ladite église. Antoine de Ribier, seigneur de Lavaur, en était fermier en 1574, époque à laquelle il réclama une réduction du prix du bail, donnant pour motifs que les religionnaires qui tenaient le château de Miremont, paroisse de Chalvignac, faisaient de fréquentes courses sur les paroisses voisines, rangeaient les récoltes et rançonnaient les particuliers; il faisait valoir que, dans ce temps malheureux, il avait retiré chez lui les prêtres de Jalleyrac, assuré la conservation de l'église, sauvé du pillage les ornements sacerdotaux ainsi que les vases sacrés. Il ajoutait que les gens du roi, opposés à l'ennemi, avaient également causé des dégâts, foulé les blés par leurs campements dans la paroisse, etc., etc. Ces doléances parurent fondées et le chapitre les accueillit.

Jean de Ribier, seigneur de Lavaur, frère du précédent, et Antoine d'Autressal, seigneur de Sartiges, tenaient la même ferme en 1606, suivant quittance de 250 livres tournois formant la moitié du prix du bail, payée en doubles pistoles d'Espagne, en or, par ledit Antoine d'Autressal à Georges Ferrières, chanoine et bailli du chapitre du Port, à Clermont, le 23 octobre de ladite année 1606.

Il existe dans l'église de Jalleyrac une chapelle dédiée à saint Men ou saint Main, qui y attire le pèlerinage des individus atteints de la lèpre dite des Grecs, connue dans le pays sous le nom de Mol-de-Saint-Men. Pour que la prière du malade soit promptement exaucée, il doit, à quelque rang de la société qu'il appartienne, s'humilier jusqu'à demander lui -même l'aumône pour recueillir la monnaie destinée a acquitter les messes qu'il a l'intention de faire célébrer à l'autel de Saint-Men pour obtenir sa guérison. Le malade devait encore boire de l'eau d'une certaine fontaine aussi appelée de Saint-Men , dont la vertu contribuait à le débarrasser de la lèpre. On raconte qu'un particulier du lieu a longtemps exploité la crédulité des pèlerins en leur recommandant de boite de cette eau miraculeuse et, surtout, d'y jeter quelques pièces de monnaie qu'à son tour notre homme n'oubliait pas de repêcher pour se les approprier.

On présume que ce pèlerinage doit son origine à une léproserie qui a existé sur le plateau traversé par la route n° 122, à l'endroit appelé la Croix des Anders (croix des dartreux). D'après la tradition, cet établissement aurait été fondé vers 1248, alors que la peste et la lèpre apportées d'Orient pas les croisés firent de grands ravages dans le pays. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il en est fait mention dans de nombreux titres des XIV° et XV° siècles. On le trouve quelquefois désigné sous le nom patois de malaudias (les maladies), et aussi sous celui de roghairia leprosorum. Si ce nom de roghairia dérive du mot latin rogarius, qui signifie bucher, lieu où l'on brûle les morts, il y aurait lieu de supposer qu'on brûlait les cadavres des lépreux après leur mort, afin d'empêcher par tous les moyens possibles la propagation de leur affreuse maladie.

Nous savons, en effet, que de grandes précautions étaient prises pour les isoler du reste de la population; on les astreignait à porter un costume qui les fit con naître de loin ; on les considérait comme morts au monde. Un règlement en vigueur dans les diocèses de Clermont, de St-Flour et de Tulle, en 1490, en ce qui concernait les cérémonies de l'église, s'exprimait ainsi:

« On étendra dans l'église, au devant de l'autel, une étoffe noire soutenue par deux tréteaux séparés; le malade se placera sous l'étoffe, entre les deux tréteaux, dans la position d'un mort, quoique par la grâce du Seigneur il soit  vivant de corps et d'esprit; il entendra ainsi la messe avec dévotion. Le prêtre s'approchera du lépreux et lui dira : si tu veux boire tu puiseras de l'eau avec  la coupe ou tout autre vase ; je te défends de sortir sans tes habits de lépreux, afin que tu sois connu de tout le monde; tu n'iras jamais pieds nus hors de ta maison.

S'il arrive que le Seigneur inspire à un chanoine lépreux la pensée de se prosterner publiquement la face contre terre par esprit d'humilité, l'office solennel se fera de la manière suivante : après la prière, la communauté se réunira au son de la cloche; ensuite toute l'assemblée ira, avec la croix, chercher le chanoine à son domicile. Le malade aura un habit noir ou blanc, sera revêtu d'un surplis et de son aumusse comme les autres chanoines; il marchera seul après la croix jusqu'au chœur. Au milieu du chœur il y aura un siége couvert d'un tapis où il se placera, et l'on chantera la messe de requiem. Après l'office, on fera les funérailles, puis tout le chapitre, précédé de la croix, le conduira jusqu'à l'extérieur de l'église. Il y aura là un chariot préparé pour recevoir le malade qui sera conduit jusqu'à sa demeure, toujours précédé de la croix et accompagné d'un chanoine qui l'enfermera dans son logis. Ses amis le suivront aussi dans tout le trajet, fût-il d'une lieue et même davantage, à partir de l'église. (V. Ducane.) »

La léproserie de la Croix-des-Anders est, vraisemblablement, la même qui se trouve désignée, sous le nom de Maladrerie de Mauriac , dans un état officiel dressé sous Louis XIV, et elle subit alors le sort de toutes les fondations de ce genre que le grand roi réunit d'abord, en 1672, à l'ordre de Notre-Dame-de-Mont-Carmel et de St-Lazare, et ensuite, par édit de 1693, aux hôpitaux les plus voisins, à charge par ceux-ci de recevoir les pauvres malades qu'elles étaient destinées à soulager. Nous ajouterons en passant que, depuis quelques années, un certain nombre de communes ont revendiqué et obtenu du gouvernement la restitution des revenus des établissements dont il s'agit, à condition de remplir les obligations imposées par les fondateurs. ( Etat des maladreries de France à la Bibliothèque impériale. Annales de la Charité, mars 1854. )

Sous l'ancien régime, la paroisse de Jalleyrac était régie par le droit écrit, la justice y était exercée au nom du doyen du monastère de Mauriac. Indépendamment de ce premier pouvoir, plusieurs seigneurs laïques jouissaient de certains droits féodaux et de juridiction inférieure dans diverses localités; ils rendaient foi et hommage au doyen précité. Les plus anciens, croyons-nous, furent de la maison de Miremont et de celle de Charlus; à celle-ci succédèrent les vicomtes de Ventadour, les comtes de Beaufort-Turenne et les Levis.

Beraud Bardet de Bure, de la paroisse de Barriac, prélevait, soit à titre d'héritage, soit par suite d'acquisition, dès l'an 1426, les cens ct rentes des lieux d'Aigues-Vives, d'Estillol, de la Hugonie, de la Rousseyre et de la Salterie. Des actes d'échange et de vente, consentis par le même Beraud Bardet, Jean, son fils, et Guillaume, son petit-fils, de 1445 à 1457, firent passer cette portion de la coseigneurie à Elie de St-Exnpéry, seigneur de Miremont, qui en possédait une autre à titre héréditaire.

De leur côté, les seigneurs de Sartiges, paroisse de Sourniac, jouissaient, depuis au moins 1314, de semblables droits, non seulement sur plusieurs localités de l'ouest, aujourd'hui distraites de la commune, mais aussi dans le vallon même de Jalleyrac, ainsi que le constatent nombre d'investitures, de reconnaissances féodales, et notamment une transaction du 16 août 1453, par laquelle Hélis de Sartiges, dame du lieu, représentée par Antoine d'Oltressal, son fils, abandonna, moyennant une somme convenue, a Elie de St-Exupéry, seigneur de Miremont, tous les droits de juridiction, cens, rentes, taille et servitudes qu'elle avait à Jalleyrac le-Vieux, à Jalleyrac-l'Eglise, à la Rousseyre, à Bourianes; sur les a/fars 'tc Coste-d’Aze, de la Besseyre ou Vesseyre, de la Rigaldie; l'affar de Salages avec étang et vivier; les droits de justice, de police et d'usage qu'elle avait dans les bois qui s'étendaient depuis la léproserie jusqu'au ruisseau de Rieuleire et la rivière de Mars, d'une part, et depuis la chapelle du prieuré de Vendes, en suivant le chemin venant de ce point à Mauriac. Plus, sur l'affar, bois et communaux de Bellaigue , compris entre le village de Brassac et le chemin allant de Charlus à Mauriac; lequel affar de Bellaigue et dépendances étaient indivis entre les seigneurs de Miremont, de Charlus et la susdite dame de Sartiges. Ces limites furent de nouveau réglées en 1459, ainsi que nous l'indiquerons ci-après en parlant de Brasac. (Archives de Sourniac et de Miremont.)

A dater de cette époque, les seigneurs de Miremont réunirent à leur censive la majeure partie du territoire de la paroisse, aussi ajoutèrent-ils à leurs autres titres celui de seigneurs de la rivière de Jalleyrac. On sait que cet important héritage échut, vers 1580, à la maison de Bourbon-Malauze, et que la dernière de ce nom, Marie-Geneviève de Bourbon-Malauze, veuve du comte Ferdinand-Joseph de Poitiers de Rye, vendit, avant 1747. la terre de Miremont et toutes ses dépendances au marquis Louis-Hector de Simiane, dont la famille en a joui jusqu'à la révolution de 1789.

Nous ne quitterons pas le lieu de Jalleyrac sans prendre note d'une habitation qui offre aux yeux de l'observateur un caractère particulier fort rare de nos jours dans les campagnes : c'est une construction du XV° ou du XVII° siècle; ses dimensions ne dépassent guère celles des autres maisons du bourg; mais sa majestueuse cheminée à manteau saillant, ses fenêtres croisées, ornées de châssis en plomb à petit jours, sa galerie dont nous parlerons tout-à-l'heure, lui donnent un air de moyen age. Au milieu de l'un des chassis de la principale fenêtre on voyait, il y a peu d'années, un carreau en forme d'écusson, sur lequel était peint un monogramme composé des lettres initiales en caractère gothique, disposées en triangle MB'p unies les unes aux autres par un entrelac dont les fleurons liés et croisés en tous sens, affectent la forme d'une fleur de lys d'or. Les deux bouts de ce cordon, terminés en houppe, viennent tomber à la pointe de l'écu, l'un à dextre, l'autre à senestre Deux étoiles d'or occupent les cantons du chef, ce qui semblerait indiquer une prétention héraldique, si on n'y voyait métal sur métal, c'est-à-dire or sur argent, ce qui constitue un faux blason. Nous avons fait détacher et recueilli ce carreau, afin de le préserver d'une destruction prochaine; il a été déposé au musée de, Clermont.

Le long de la façade de la même maison, règne une galerie couverte, contre les murs de laquelle existent des peintures à fresque dont le mérite nous parait fort contestable. Il est assez difficile, du reste, de saisir dans les figures allégoriques, ou plutôt les rébus qui les composent, le fond de la pensée de l'artiste; nous soupçonnons, cependant, qu'il a voulu y montrer à sa manière les trois ages de la vie humaine. Ainsi, si nous ne nous trompons pas, cette jeune adolescente, aux pieds de laquelle on voit le tambour des Lapons entouré d'anneaux magiques, et qui porte sur sa tête une corbeille de fleurs garnie de rameaux verdoyants et fleuris dans lesquels s'ébattent des oiseaux de toutes couleurs et de jeunes amours, cette adolescente, disons-nous, représente la jeunesse avec ses folies, ses illusions, ses joies, ses plaisirs. A côté, trois cavaliers, montés sur de robustes chevaux et armés de sabres, coiffés de casques ou de toques surmontés d'aigrettes, ne semblent-ils pas exprimer la force et la puissance de l'homme dans son âge mûr? Et ce moribond, étendu sur son lit de douleur, tenant une croix à la main et les yeux fixés sur un livre ouvert que lui présente un ange, n'est-ce pas l'homme touchant au terme de sa carrière? Celui-ci a pu du moins envisager la mort sans effroi en voyant son nom inscrit au livre de vie , au livre des élus , et c'est ici la morale de l'œuvre que nous examinons : Heureux l'homme dont les péchés: sont effacés!

Au surplus, ces appréciations, nous ne les donnons pas comme infaillibles, nous les soumettons au jugement des personnes qui auront l'occasion d'en vérifier l'exactitude. Une inscription accompagne ces peintures ; c'est vraisemblablement l'indication du jour, du mois et de l'année qu'elles furent exécutées; car on y distingue le millésime de D54 (1554), et puis la signature du peintre; mais les caractères sont tellement irréguliers et en partie effacés, qu'il ne nous a pas été possible de la déchiffrer. Sur le linteau de la porte, on voit une main sculptée tenant un anneau auquel est suspendu un écusson non armorié, engagé dans une petite corniche qui se prolonge des deux côtés et dont les extrémités se terminent en forme de fleur de lys. Au pourtour de la même maison, il existe des souterrains que nous n'avons pu, voir, mais dont les revêtements et les voûtes, assure-t-on, sont en briques. Quel en était l'usage? On l'ignore.

Cette maison, surnommée d'Anjaliac, et qui appartient actuellement à une pauvre femme, a été longtemps habitée par une branche de la famille de Sartiges, qui vint s'y établir en 1577 , par suite du mariage de Pierre de Sartiges , dit de Lavandes, fils puîné d'Aymon de Sartiges , seigneur de Lavandes, avec AnneAntoinette de Roux, possessionnée à Jalleyrac, à la Chassaigne et à Estillol, même paroisse. Par la suite, les Sartiges s'étant fixés à Estillol, la maison dont il s'agit demeura , en 1714, à Françoise de Sartiges , épouse de Guillaume de Ribier de Lascombes, dont la postérité habitait encore Jalleyrac en 1789. Son représentant actuel s'est établi à Cheyssac, commune de Vebret.

 

VILLAGES ET HAMEAUX DÉPENDANTS DE LA COMMUNE DE JALLEYRAC.

Aigues-Vives, domaine isolé, au sud-est du chef-lieu. Suivant la charte du monastère de Mauriac attribuée à Clovis, Aigues-Vives était alors occupé par un serf nommé Dagobert; il était tenu de fournir des charrois, donnait une mesure d'avoine et payait six deniers. Les rentes féodales à prélever sur Aigues-Vives appartenaient, en 1426, à Beraud Bardet de Bure, qui les céda à Elie de Saint-Exupéry, en 1445.

Angerolles, domaine à un kilomètre au sud de Jalleyrac, situé sur une hauteur qui domine le reste du vallon. La charte de Mauriac l'indique comme colonie occupée par le serf Hito, qui payait dix-huit deniers, six moutons, une mesure de blé et fournissait des charrois. Ebles de Miremont vendit l'aftar d'Angerolles avec cens, rentes et justice, à Pierre Lascole, bourgeois de Mauriac, en 1319; il revint ensuite à la maison de Miremont, car Elie de St-Exupéry le donna à bail emphytéotique, en 1422; et Henri de Bourbon-Malauze, vicomte de Lavedan, seigneur de Miremont, fut condamné, en 1607 et 1608, à délaisser à une famille Tarnand, d'Angerolles, certains biens qu'elle revendiquait comme étant aux droits d'Antoine Meynial, du même lieu. Le marquis de Simiane, successeur des Bourbon-Malauze, vendit cette propriété au sieur Antoine Chinchon, en 1747. Depuis lors, elle a encore changé de maître.

Boissières, village à l'extrémité supérieure du vallon, à peu de distance d'Angerolles; il est aujourd'hui traversé par la route impériale n° 122. La charte de Mauriac le mentionne comme composé de trois métairies occupées par les serfs Arnaud, Grimaud et Fulchard; ils étaient tenus de fournir des charrois, de donner six moutons, une mesure de blé et de payer douze deniers. Elie de Saint-Exupéry accorda une investiture à un particulier de Boissières, en 1422; et, suivant M. de Ribier-du-Châtelet, le sieur Beauzire de Pommerie, bourgeois de Mauriac, était seigneur de Boissières et en portait le surnom, en 1722.

Lors de la rectification de la côte dite de Boissières, il y a quelques années, les travailleurs occupés au nouveau tracé découvrirent, dans une propriété dépendants du village, une assez grande quantité de débris gallo-romains, consistant en de nombreux fragments de poterie rouge de cire, de briques à rebords et d'autres briques plus fortes paraissant avoir servi de support à une corniche; mais l'objet le plus remarquable fut un cube cubique dont chaque face mesurait près de 33 centimètres, et qui était traversé de part en part de plusieurs trous. Ce cube fut brisé et réduit en poudre par les ouvriers, qui s'en servirent pour bourrer des mines. M. Delalo , président du tribunal de Mauriac , de qui nous tenons ces détails, est persuadé que des fouilles bien dirigées sur ce point donneraient des résultas satisfaisants.

Bourianes, village assis sur le bord du plateau supérieur, à l'ouest de Jalleyrac et plus rapproché de Sourniac. C'est l'une des meilleures localités de la commune et où il règne le plus d'aisance. L'antiquité de ce lieu est attestée par la présence de plusieurs tumulus signalés par M. Bouillet dans sa description scientifique de la Haute-Auvergne.

C'est dans les dépendances et au-dessous de Bourianes, vers le moulin de Sourniac, qu'existait, au xiv siècle, le petit fief de Lhinars, avec moyenne et basse justice. Ebles de Miremont en fit don, en 1324, à Alazie de la Viguerie, Alias Rodde. Celle-ci le vendit à l'évêque de Clermont qui, à son tour, le céda, en échange du mas de Marlat, situé à Luc, à Bertrand de Sartiges, le 24 septembre 1335. Lhinars est encore indiqué dans des titres de 1433, 1436 et 1540, comme confrontant avec Bourianes, la Léproserie, la Bessières ou la Vessières, etc.

Une grange isolée, où l'on va chasser la fouine, marque seule aujourd'hui le point où fut Lhinars.

Brassac . vulgairement Embrassac, village sur le plateau qui domine, au nord de Jalleyrac, les gorges creusées par les eaux de la Mars et de la Sumène. A l'exception de quelques champs qui produisent du seigle, de l'avoine et du sarrasin, le sol, couvert de bruyères et de bois dont l'exploitation est fort pénible, à raison de leur situation dans les côtes, ne donne qu'un très-modique revenu. Au temps de la féodalité, Brassac dépendait de la seigneurie de Charlus, sauf quelques portions indivises avec celles de Sartiges.

Une sentence arbitrale, du 14 septembre 1459, faisant suite à celle que nous avons déjà citée plus haut, sous la date do 1453, régla définitivement les limites entre les appartenances de Brassac et de Jalleyrac-le-Vieux, ou plutôt entre les seigneurs de Charlus et de Miremont. On voit figurer dans cet acte, soit comme arbitres, soit comme parties intéressées ou témoins : Louis, comte de Ventadour, seigneur de Charlus; Guillaume de Fontanges, seigneur de Nozières; Jean de Noailles, seigneur de Montclar et de Chambres; Bernard de St Aignan, seigneur de la Gatine; Antoine de Saitiges, seigneur de Lavandès; Jean de Plas, seigneur de Curemonte; Aymeric de Ribier, prieur du Vigean; Jean Breuille, cellerier du monastère de Mauriac; Elie Laboirie et plusieurs autres (Archives de Miremont.)

Le comte de Sartiges de Sourniac acquit, le 10 avril 1779, du marquis de Castries, seigneur de Charlus, les droits féodaux à prélever sur Brassac, et il en fit foi-hommage au roi, le 25 janvier 1781 ; mais la révolution de 1789 lui rendit cette acquisition fort onéreuse.

Brudon ou Burdon, petit village au sud-est et à peu de distance du chef-lieu de la commune. Un petit ruisseau auquel il a donné son nom coule au dessous de ce lieu. Pierre de Pont, dit Gordinot, vendit les rentes qu'il avait à Brudon à Elie de St-Exupéry, le 9 janvier 1447.

Chassaigne (la), hameau et domaine à l'est de Jalleyrac ; il est mentionné dans des reconnaissances féodales de 1426 et 1434. Cette propriété appartenait, en 1577, à Antoinette de Roux, épouse de Pierre de Sartiges de Lavandès, et à Jean de Sartiges de Lavandès, leur petit-fils, marié en 1660 à Marie de La Garde, héritière de Sourniac. Nous ignorons les mutations que ce domaine a subies depuis.

Estillol, village situé sur un plateau, entre la rivière de Mars et le ruisseau appelé Rieuleire. Les devoirs féodaux de ce lieu étaient dus, en 1426, à Beraud Bardet, seigneur de Bure, qui les céda, on 1457, à Elie de St-Exupéry, seigneur de Miremont, en échange d'autres rentes que ce dernier avait dans la paroisse de Barriac. Estillol a été habité, au XVII° siècle, par une branche de la famille de Tournemire, et ensuite par celle de Sartiges, auparavant établie à Jalleyrac. Le dernier rejeton mâle de celle-ci, Guillaume de Sartiges, chevalier de St-Louis, mourut en 1789; une de ses sœurs, chanoinesse de l'ordre de Malte, lui survécut jusqu'à l'année 1797, et une autre jusqu'à 1817.

Au-dessous d'Estillol, entre la Chassaigne ou le Vieux-Jalleyrac ou Pradel, existait un autre lieu habité appelé la Rousseyre , mentionné dans tous les titres ci-dessus cités.

Lavaur, village situé dans la plaine, vers Mauriac et plus rapproché du Vigean que de Jalleyrac. Là était un ancien fief relevant du monastère de Mauriac. Durand Lavaur le tenait en 1293 et 1294; Jean Lavaur, en 1299, et Pierre Lavaur, en 1343.

Au commencement du siècle suivant, c'est-à-dire en 1401, il appartenait à Aymeric de Ribier, qui en fournit aveu au doyen dndit monastère. Les descendants d'Aymeric de Ribier possédèrent Lavaur et y vécurent avec honneur pendant près de trois siècles. Le vieux château , jadis flanque de tours et défendu par des portes en fer, est aujourd'hui fort réduit et sert de demeure au fermier. Jeanne de Fontanges, veuve sans enfants d'Antoine de Ribier, fit des legs considérables à l'hospice et au clergé de Mauriac; elle mourut en 1600.

Pètre-Jean de Ribier, arrière-petit-neveu d'Antoine précité, étant également décédé sans postérité, en 1686, la seigneurie de Lavaur échut à Catherine du Châtelet, sa sœur utérine, épouse de François de Chalus, seigneur d'Auteroche, dont les héritiers la vendirent, le 20 février 1722, à M. Jean André de La Ronade, lieutenant - général civil et criminel au bailliage de Salers. Louis André de La Ronade , fils de l'acquéreur, en disposa, par testament du 29 juin 1773, en faveur de Jeanne-Marie de Méallet de Fargues, marquise de Salvert, sa cousine, qui dut soutenir un procès contre les proches parents du testateur; mais un arrêt du Parlement, en date du 28 août 1776, ayant donné gain de cause à la marquise de Salvet, celle-ci vendit Lavaur au comte de Sartiges de Sourniac. en 1785.

Ce domaine, devenu il y a environ vingt-cinq ans la propriété du vicomte et de la vicomtesse Alphonse d'Anglars de Bassignac, ces époux y ont fait construire une fort belle habitation plus rapprochée de la route de Mauriac que ne l'était l'ancienne. M. et M de Bassignac, dont l'union est demeurée stérile, avaient fondé, tout prés de leur demeure, un couvent avec la double destination d'un hospice pour les vieillards et d'une maison d'éducation pour les jeunes filles du voisinage. Les bâtiments de cet asile pieux étaient terminés; l'établissement déjà en plein exercice faisait naître les plus belles espérances quand un terrible incendie le détruisit de fond en comble au printemps de 1848.

Ce revers si prompt et si inattendu affligea la pieuse fondatrice, mais n'abattit pas son courage; devenue veuve, elle a fait profession de vie religieuse, et, en attendant qu'avec l'aide de la Providence et le concours des autorités du département , elle puisse faire mieux, elle a converti une partie de son habitation en couvent, et elle a fait édifier à côté une charmante chapelle dans laquelle reposent les restes mortels d'une mère vénérée et d'une nièce chérie, dont elle avait entouré la jeunesse des soins les plus tendres. Outre les tombeaux de Mme de Jaubert et de Mlle de Bassignac, on remarque dans cette chapelle des boiseries sculptées, des tableaux qui ne manquent pas de mérite et surtout des vitraaux peints, ouvrage de M. Emile Thibaud, de Clermont.

10° Moulin-d'Angerolles, au-dessous du lieu de ce nom.
H" Moulin-de-Jalleyrac, près du bourg.
12° Moulin-du-Roc, sur la rivière de Mars.
13° Mou!in-de-la-Rever.
14° Plaine (les), Ce lieu, situé sur le plateau qui domine Jalleyrac au nord-ouest, se compose d'un petit nombre d'auberges, près de la vieille route impériale ; l'industrie de leurs propriétaires se trouve gravement compromise parla rectification de la route de Vendes, dont le nouveau tracé les laisse à l'écart.

15° Pradel. C'est le lieu que les anciens titres désignent sous le nom de Jalleyrac-le-Vievx. Nous en avons déjà fait mention en parlant de l'église II est situé sur un monticule qui occupe le milieu du vallon, en aval du chef-lieu.

16° Salterie (la), village dans la partie haute du vallon, sur la limite de la commune du Vigean. Il faisait partie de ceux cédés, à titre d'échange, par les Bardet de Bure, à Elie de St-Exupéry-Miremont, en 1445 et 1457.

17° Vessières ou Bestière, Alias ta Ragharia. Ce lieu, dont il ne restait plus aucune trace depuis longtemps, serait demeuré entièrement inconnu de nous si son existence n'était révélée par les titres des XIV° et XV° siècles; il confrontait avec Boissières, Bouriane, Lhinars et la Léproserie, ce qui indique son assiette au bas de la vieille côte de Boissières. La Bessières renaît de ses cendres : un honnête cantonnier y a construit, il y a quelques années , au point de raccordement de l'ancienne et de la nouvelle route, une maison qui sert déjà de station aux habitants du voisinage qui viennent y attendre les voitures publiques.

 

VOIES DE COMMUNICATION.

 

La voirie vicinale laisse beaucoup à désirer dans le vallon de Jalleyrac. Les localités situées sur les plateaux supérieurs sont mieux partagées sous ce rapport, grâce à leur proximité de la route impériale qui, malheureusement, ne profite pas aux habitants de la partie basse.

A ce propos nous nous permettrons de critiquer le plan de rectification de la côte de Vendes, en cours d'exécution depuis plus de dix ans. Toutefois, nous reconnaîtrons d'abord que, sous le rapport de l'art, l'ingénieur qui a exécuté le tracé a fait preuve de science. Rien, en effet, de plus gracieusement dessiné que cette route dans ses longs contours, ses nombreuses sinuosités à travers des pentes presque perpendiculaires, coupées par de profonds ravins, hérissées de roches escarpées qu'il a fallu tourner ou scier. On ne peut disconvenir encore que tous les obstacles ont été heureusement vaincus, et, certes, le voyageur qui aura du temps à perdre pourra gravir la côte sans trop de fatigue et admirer à l'aise les beautés pittoresques de ces parages. Par le fait, ce sera une charmante promenade, hors les temps de bise et de canicule ; elle ornerait admirablement un parc anglais. Mais, s'il est permis à MM. les ingénieurs de faire preuve d'habileté dans la conception et l'exécution de leurs plans, faudrait-il au moins que ce ne fut pas aux dépens de l'intérêt public. Nous nous expliquons : lorsqu'il s'est agi d'opérer la rectification de la côte de Vendes, l'opinion n'avait pas hésité à se prononcer pour un tracé en pleine vallée, depuis Vendes jusqu'à Jalleyrac, et de là vers Boissières, par une pente douce, non accidentée, suffisamment abritée et d'un plus court trajet. Cette route, ainsi érigée au centre de la commune, eût très-utilement desservi la majeure partie des localités qui en dépendent, tandis que la direction adoptée les laisse entièrement de côté.

Cet inconvénient grave n'est pas le seul que nous ayons à signaler : Un auteur judicieux écrivait récemment que l'administration des ponts et chaussées de France avait tout fait pour les chevaux et rien pour les hommes voyageant à pied. Ce reproche reçoit ici plus qu'ailleurs une exacte application. En effet, la nouvelle route, forcément fréquentée par les voitures, a défaut de voie meilleure, sera totalement abandonnée des piétons et peut-être même des cavaliers qui, pour éviter un interminable trajet, suivront de préférence les sentiers qui l’abrègent, quelque mauvais qu'ils soient d'ailleurs. Nous souhaitons du reste qu'il n'arrive jamais d'accidents dans cette côte, et qu'en temps de verglas, surtout, voyageurs et chevaux ne roulent pas dans un précipice.

Pour justifier le singulier projet adopté, on a mis en avant, dit-on, l'énormité de la dépense qu'aurait entraînée l'achat des parcelles nécessaires à l'ouverture de la route sur des propriétés d'une plus grande valeur. Cette excuse est-elle admissible? Nous ne le pensons pas; car, s'il est vrai qu'on n'a pas dû acheter de terrain, il est tout aussi évident que les nombreuses difficultés qu'il a fallu surmonter dans une traverse abrupte, les travaux d'art qu'il a fallu exécuter, et cela sur un immense parcours, n'ont certes pas été moins coûteux, si même ils ne l'ont pas été davantage.

En résumé, on peut dire, sans crainte d'errer, que l'œuvre actuelle est le fruit d'une idée malheureuse sur laquelle on reviendra plus tard, sans doute, mais seulement après une attente de bien des années et après avoir dépensé des sommes énormes en pure perte.