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La commune de Fontanges aujourd'hui

Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852). Volume 1/5.

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Fontanges.

  — Cette commune fait partie du canton de Salers, arrondissement de Mauriac. Elle est bornée au nord par la commune de St-Paul; à l'est, par celle du Falgoux; au sud, par celle de St-Projet; à l'ouest, par St-Remy et St-Martin-Valmeroux. Elle occupe une partie du délicieux et riant bassin arrosé par les rivières d'Aspre et de Maronne, qui prennent leurs sources dans la forêt appelée le Bois-Noir, à la base du Puy-Chavaroche et du Roc-des-Ombres, serpentent mollement de l'est à l'ouest, au milieu de vertes prairies couvertes de troupeaux , coupées de canaux d'irrigation et d'allées de saules ou de peupliers. D'autres petits cours d'eau , tels que ceux de Bleau, du Sartre et des Issarts, apportent leur tribut aux deux principales artères qui, à leur tour, vont se confondre, sous le nom de Maronne, à 2 kilomètres en aval de Fontanges. Bien que cette vallée soit très-voisine des régions montagneuses, et dominée par les hautes aspérités du Puy-Violent et du Puy-Chavaroche, on y jouit néanmoins d'une température assez douce, étant abritée du côté du nord par une ligne continue d'escarpements qui la sépare des plateaux supérieurs.

La superficie de la commune de Fontanges approche de 3,684 hectares, divisés comme suit : 482 en terres labourables; 20 en jardins; 684 en prairies; 1,563 en pâturages; 796 en bois; 139 en terres vaines; 9 en chemins, rivières et canaux.

La majeure partie de ce sol est de bonne qualité, surtout les prés et pacages où l'on élève une quantité considérable de bêtes à cornes, de cette belle race dite de Salers, si recherchée aux foires du pays et si appréciée dans les concours agricoles qui ont lieu annuellement sur divers points de l'Empire. Indépendamment de l'élève du bétail destiné à la vente, la commune compte de nombreuses vacheries où il se fabrique une prodigieuse quantité de fromages qui s'exportent dans toute la France, principalement dans les départements méridionaux.

La population de la commune de Fontanges, lors du dernier recensement, était de 1,746 habitants, répartis dans 47 villages ou hameaux et environ 380 maisons. La plupart sont cultivateurs ou vachers; quelques-uns émigrent en Espagne ou à Paris où ils exercent divers états.

Le bourg de Fontanges, c'est-à-dire le chef-lieu, auquel on a quelquefois donné le nom de ville, renferme à lui seul environ 700 âmes. Il est situé à 5 kil. Sud-est de Salers; à 25 kil. nord d'Aurillac et à 22 kil. sud-est de Mauriac. Il est heureusement assis sur la rive droite de l'Aspre, dont les eaux saturées d'alun permettent aux habitants de se livrer avec succès et profit à l'industrie du blanchiment des toiles et des fils; aussi jouissent-ils tous ou presque tous d'une honnête aisance. Fontanges est en outre habité par plusieurs familles opulentes, parmi lesquelles nous citerons celles de MM. Salvage-de-la-Margé; de Doubet la-Bastide; Lafarge-de-la-Pierre- et Gigaud-Ia-Garde.

Fontanges s'honore aussi d'avoir été le berceau de la famille de Vezoles, qui a fourni un procureur du roi en l'élection de Mauriac, en 1669, et de celle de Pierre Vigier, qui fut anobli en 1652 pour services militaires éclatants. Entré, en 1634, dans les chevau-légers d'Aven, commandés par M. de Noailles, Pierre Vigier fit toutes les campagnes de son temps, assista aux siéges de Belfort, de Tirlemont, de Tournay, de Corbie, de Saint-Omer, de Saint-Remi, le Castelet, Hosdin , Thionville, Turin , Coni, Perpignan ; à la prise de Saint-Denis et au combat du faubourg Saint-Antoine, où il se fit remarquer de toute l'armée.

( Lettres-patentes.)

L'église paroissiale est ancienne et belle ; les sept chapelles de son pourtour sont très-convenablement ornées. Le maître-autel, de même que les panneaux de la chaire à prêcher, sont formés de serpentine d'un vert foncé que l'on suppose avoir été tirée d'une carrière du pays aujourd'hui inexploitée et même inconnue. On voit dans la même église plusieurs tableaux dont les plus remarquables sont un Christ et une Prédication de saint Jean.

Nous recevons de M. l'abbé Chambon , du Vaulmiers , la notice archéologique suivante que nous nous empressons d'accueillir, persuadé que nous sommes qu'elle sera lue avec intérêt:

« L'église de Fontanges, située au bas de la pente sur laquelle s'étage le joli bourg de ce nom, en face du pont et de la rivière, date de la seconde moitié du xv° siècle. Quoique d'une époque de décadence, et sans offrir à l'archéologie un grand attrait et de curieux détails, elle mérite cependant une place distinguée dans la nomenclature des édifices religieux de la contrée.

» Sur un des côtés du porche, à gauche en entrant, se trouve gravée en lettres gothiques cette inscription en patois : L'an MCCCCLXVIII et le VI° jorn de junh fo comensat per P. Vinya. Après ce nom, celui du maître de l'œuvre, sont figurés au trait un cep de vigne et un marteau, double allusion sans doute à son nom de Vinya (la vigne) et à sa profession de maçon ou tailleur de pierres.

On lit dans un ancien manuscrit contenant un recueil de divers titres de rentes ou fondation pour l'église : Le 7 juin i468 fut mise la première pierre du bâtiment second de l'église de Fontanges, qui fut mise par la communauté, lequel bâtiment fit Pierre de Vinyas, du lieu de St-Pardoux (sic).

Cette église se compose d'une seule nef de 30 m. 36 de longueur dans œuvre, de 7 m. de largeur et de 11 m. 35 de hauteur sous clef de voûte. La nef, sans transept, se termine à l'est par une abside à trois pans, et à l'ouest, par un simple mur ou pignon ; elle se divise en six travées : le chœur et le sanctuaire occupent les deux travées supérieures. Sous les autres travées, s'ouvrent de chaque côté des arcades en ogive qui donnent accès à des chapelles adossées aux murs latéraux, trois au sud et quatre au nord. Les voûtes de la nef et des chapelles sont construites en pierre, fortifiées d'arcs-doubleaux et ornées de nervures prismatiques avec des clefs sculptées a l'entrecroisement. Ces nervures, comme il se pratiquait alors, viennent retomber en pointe sur de faibles culs-de-lampe ou pendentifs sculptés de figures et de feuillages. L'aspect qu'offrent à l'œil la régularité et la légèreté de ces voûtes est des plus agréables.

Les murs de refend des chapelles se produisent à l'extérieur sous la forme d'épais contreforts qui appuient les murs et contrebutent les voûtes de la nef. D'autres contreforts appuient aussi les murs pleins du chœur et du chevet.

Trois larges ct hautes fenêtres en ogive, sans meneaux et sans compartiments, placées dans la première travée orientale , éclairent le sanctuaire et le chœur. Malheureusement, celle du fond est bouchée par l'énorme retable du maître-autel. Le reste de la nef reçoit le jour des fenêtres des chapelles latérales, divisées chacune en deux compartiments par un meneau qui, selon l'usage de l'époque, se contourne au tympan en forme de cœurs, de flammes, de fleurs de lys. Une ouverture circulaire pratiquée dans le mur occidental sert aussi à éclairer la nef au-dessous de la voûte. Les fenêtres des chapelles du nord sont un peu plus petites que celles du sud, quoique de la même époque et du même style.

» La porte d'entrée est placée au midi, sous la travée la plus rapprochée du pignon occidental. Cette disposition est assez communément adoptée pour les églises de la Haute-Auvergne, à cause de l'action des vents et du froid qui se fait plus vivement sentir à l'exposition du couchant' elle était ici, en outre, commandée soit par l'accès plus facile de la population, le débouché de la principale rue du bourg se trouvant de ce côté, soit parcc"qu'on a craint, lors de la construction, d'empiéter sur le terrain de l'ancien cimetière placé au nord et à l'ouest de l'église, et aujourd'hui changé en un enclos attribué à l'usage du presbytère, où poussent des légumes et des arbres fruitiers.

Cette porte, inscrite dans une ogive avec un tympan muré et encadré de quelques moulures en guise d'archivoltes, est précédée d'un petit porche voûté à nervures comme l'intérieur de l'église. Au-dessus de ce porche se trouve une salle également voûtée en pierre à laquelle on accède par un escalier pratiqué dans l'angle du pignon. Cette salle est éclairée par une fenêtre carrée fortement grillée in barreaux de fer. On croit qu'elle servait au dépôt des archives. Selon d'autres, c'était le lieu de détention où l'on enfermait les membres de la communauté qui se rendaient coupables d'infraction aux règles disciplinaires.

Le clocher est placé en dehors de la nef, du côté du nord et vis-à-vis la première travée au-dessous du chœur. C'est une tour massive, quadrangulaire à sa base , qui prend ensuite la forme d'un octogone et que surmonte une flèche en charpente, couverte, comme les autres combles, en tuiles ou pierres schisteuses du pays. Chaque côté de l'octogone est percé d'une baie trapue et à plein-cintre, ce qui, avec d'autres indices, nous semble faire remonter à une époque plus reculée que le reste de l'édifice la construction de cette tour, et nous induit à croire qu'elle faisait partie de l'église qui, comme le porte le manuscrit cité, avait précédé celle qui existe maintenant. La sonnerie est remarquable et produit par sa religieuse harmonie une agréable impression dans la belle vallée de Fontanges. Dans un angle de la tour se trouve placée l'horloge. Le bruit sourd et régulier qui accompagne les vibrations du pendule et qui résonne dans l'intérieur de l'église, ajoute aux autres émotions du lieu saint celle de la brièveté du temps qui conduit à l'immobile éternité.

» Au rez-de-chaussée et à l'intérieur de la tour, on a pratiqué une chapelle qui communique à la nef par une arcade semblable aux autres, et au-dessus, au premier étage, une tribune qui donne aussi sur la nef par un arc surbaissé orné de .moulures saillantes et d'une galerie en pierre découpée à jour. Cette tribune est d'un fort bon effet en diminuant un peu la froide uniformité des lignes de la nef. On y désirerait un orgue un peu plus solennel que le presqu'imperceptible instrument vulgairement appelé harmonium ou melodium qui s'y trouve.

Cette église est en bon état de solidité et de conservation ; elle est bâtie en tuffeau assez dur; la couleur sombre et presque noire de cette pierre assez régulièrement appareillée lui donne à l'extérieur un aspect monumental. Il est à regretter que, dans des réparations successives et sous prétexte d'obvier a l'infiltration des eaux pluviales, on ait un peu altéré la ligne primitive des toits de la nef et des chapelles, et qu'on ait remplacé par des tuiles les dalles en pierre qui recouvraient les rempants des contreforts. Tout cela est facile à rétablir; mais ce qui ne Test pas autant, c'est de faire disparaître la couleur blanche et au lait de chaux qui , par une malheureuse pensée d'embellissement, a été appliquée intérieurement sur tous les murs, sans en excepter l'appareil en pierres taillées des nervures, des arcades et des fenêtres. La manie stupide du badigeon, si rudement pourchassée ailleurs , est encore dans tout son crédit et dans toute sa vigueur sur nos montagnes éloignées des centres artistiques. L'église est du reste tenue avec un ordre et une propreté remarquables. L'ornementation et l'ameublement sont peu en rapport avec le style de l'édifice : ce sont des retables d'autel en bois doré avec imitation de colonnes et frontons classiques, des boiseries contournées et maniérées du temps de Louis XV. La chaire à prêcher, malgré les défauts de ce style, est cependant d'un travail intéressant. Nous signalerons encore l'énorme et lourde boiserie du maître-autel qui masque en entier la fenêtre du milieu, déjà obstruée au dehors par la toiture d'ignobles constructions qui entourent le pourtour du chevet. Il appartient à une administration intelligente et zélée, comme celle que possède Fontanges, de faire au .plus tôt disparaître ces échoppes et de rendre à l'église son jour le plus heureux.

» Nous n'avons rencontré dans cette église d'autre objet d'art digne de mention qu'un petit vitrail moderne dans une des chapelles du nord , sorti des ateliers de M. Em. Thibaud, de Clermont, et une ancienne peinture à huile et sur toile qui se trouve dans la chapelle de la famille de Lamargé. C'est une Assomption. La sainte Vierge est représentée la couronne au front et l'Enfant-Jésus dans ses bras ; ses pieds reposent sur deux têtes d'ange; d'autres anges l'environnent. Au-dessous, dans l'attitude de la prière et de la contemplation, se voient saint Antoine, ermite et saint Antoine - de - Padoue. Entre leurs noms, on lit en petits caractères. B. Saumger ou Spauger pensif (sic). Ce tableau, en quelques parties endommagé, est certainement remarquable sous le triple rapport du dessin, du coloris et de t'expression.

L'église de Fontanges, sous le double vocable de saint Vincent, diacre, et de saint François-de-Sales, était anciennement desservie par un curé prieur a titre de bénéfice. Mais en 1431, le pape autorisa l'union du bénéfice , cure et prieuré de Fontanges à la communauté des prêtres dudit lieu, en vertu de la résignation de vénérable personne messire Pierre Bonnet. L'abbé de Valette reçut mandement du pape d'exécuter ladite union. »

HISTOIRE.

Après avoir donné l'état actuel de Fontanges, nous devons dire ce qne nous savons de son passé. Nous rappellerons donc à nos lecteurs qu'il y avait fort anciennement dans ce lieu une communauté de prêtres qui possédait de nombreuses rentes et que les recteurs ou curés dont les noms sont venus jusqu'à nous, furent : Guibert du Puy, en 1473; Jean de Puy-Basset, en 1504; Frotard d'Olry, en 1544; Barthélemy d'Olry, en 1554; Guy de la Clède, en 1555; Louis Espinouse, en 1620; Antoine Bac, en 1660; Jean Bomas, peut-être Dumas, en 166! ; Antoine de Vezolles, en 1691; Guy Raoux , en 1699; MM. Gaillard, en 1773; Blanc, en 1789; Lavergne et Lafarge, de 1800 à 1828; Filiol, avant 1829 jusqu'en 1838 ; M. Porte, de 1838 à 1856.

Lors des guerres religieuses, en l'année 1574, le bourg de Fontanges avait une garnison. En 1579, le marquis de Canillac, lieutenant du roi dans la Haute-Auvergne, et Henri de Bourbon-Malause, vicomte de Lavedan, chef du parti protestant, s'y donnèrent rendez-vous à l'effet de s'entendre pour l'exécution de l'édit de pacification de 1577. M. de Canillac était assisté de MM. de Lignerac et de St-Mamet, du parti catholique. L'assemblée réunie pour cet objet était nombreuse, les trois Etats y étaient représentés; le clergé y comptait: Louis de Miremont, archidiacre de Rodez et prieur d'Auriac, en Limousin ; Michel d'Anjony, prieur de Rouffiac; François de Caissac, prieur de St-Santin-Cantalès. La noblesse y avait envoyé les seigneurs de Dienne, de Rillac, de Drugeac, de Pestels, de Marze-du-Cambon, d'Auzers, de la Salle, de Lavaur et de Bezaudun. Le Tiers-Etat y était représenté par Jean Rolland, Charles Traverse, Geraud Lacarrière, N... Cambefort, Guy, consul pour Maurs ; Antoine Duclaux, Guillaume de Rieu (de Rivo), et Antoine Porte, pour la prévôté de Mauriac. 11 fut décidé que ceux qui, nonobstant l'édit précité, s'étaient permis de piller plusieurs châteaux et qui en détenaient d'autres injustement, seraient poursuivis et punis. Cette décision était sage; mais l'assemblée qui l'avait prise possédait-elle les moyens de la faire exécuter ? C'est fort douteux.

CHÂTEAU ET SEIGNEURIE.

Fontanges avait, à une époque fort reculée, un château féodal considérable ,dont on aperçoit encore les vestiges à la cime d'une énorme roche de conglomérat qui domine le bourg. On remarque sur les faces de cette roche des excavations de diverses grandeurs qui ont dû servir de guérite ou d'habitation. Au haut de cette masse existait aussi une chapelle dédiée à saint Michel, à laquelle on arrivait par un escalier taillé dans le roc même. (bouillet, Description de la Haute- Auvergne. )

Le château avait donné son nom à l'une des plus nobles maisons de l'Auvergne et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, ainsi que nous aurons occasion de le démontrer. Guillaume de Fontanges, chevalier, fit, en 932, donation de certaines rentes au monastère de Mauriac; le titre original de ce don a été visé, en 1784, par Dom Verdier-la-Tour, bénédictin, historiographe d'Auvergne. Géraud de Fontanges, aussi chevalier, parut avec éclat, en 1178, à une brillante assemblée de chevalerie ; voici à quelle occasion : Ayméric de Saint-Céré, chevalier de la province du Quercy, était accusé d'avoir, par trahison, tué Astorg de St-Céré, son parent. Traduit pour ce fait devant la cour du vicomte de Turenne, Aymeric protesta de son innocence, et le vicomte ordonna que, pour se justifier, il devait se soumettre à l'épreuve du duel judiciaire fort à la mode alors; ce qui fut convenu. La bataille fut assignée à Beaulieu, en Limousin, et le jour fixé au mardi après la fête Saint-Hilaire. Là se trouvèrent les vicomtes de Turenne, de Limoges, de Comborn, de Gimel, de Taleyran; les sires de Lastours , de Chabanau, de Castelnau, de Gourdon, de Marcenac et foison d'autres chevaliers. Ayméric de Saint-Céré était de haute naissance; pour se mesurer avec lui il fallait un chevalier d'un rang au moins égal et non moins vaillant; Géraud de Fontanges, seul, fut jugé digne d'entrer en lice avec un tel adversaire, et il n'hésita pas à accepter la partie. La lutte ne fut pas longue: Ayméric de Saint-Céré, mortellement frappé, resta sur le champ de bataille, et Géraud de Fontanges, proclamé vainqueur, en acquit un renom que les siècles n'ont point effacé. (Justel, Preuves de la maison de Turenne, p. 35, 36. - Manuscrit de Tbeillard, p. — Discours de M. Raulhac, p. 103, 104.)

Moins d'un siècle après, c'est-à-dire en 1248, Hugues de Fontanges, chevalier d'Auvergne, accompagna, avec plusieurs de ses compatriotes, le roi Saint Louis à sa première croisade, sous la bannière d'Alphonse de France, comte de Poitiers et de Toulouse, seigneur de la terre d'Auvergne. Voici en quels termes fut donné à un marchand Génois le reçu d'une somme empruntée par lui et cinq de ses compagnons d'armes:

A tous ceux qui les présentes lettres verront, savoir faisons que nous, Bertrand de Cheminade , Hugues de Fontanges , Gilles de Flageac , chevaliers; a Guillaume de Linac, Guillaume de Sales et Bernard de Fougères, damoiseaux, reconnaissons avoir touché et reçu d'Anfréono Boccanegra et de ses associés, citoyens de Gènes, chaque chevalier, 130 livres tournois, et chaque damoiseau, 20 livres de la même monnaie, à raison de certaine convention passée entre nous et notre très-excellent seigneur l'illustre Alphonse, comte de Poitiers; ° de laquelle somme nous tenons quittes les susdits citoyens, afin que cela leur serve pour ce que de raison. Fait à Damiette, sous le sceau de moi, Bertrand de Cheminades, ci-dessus nommé, l'an du Seigneur mil deux cent quarante» neuf, au mois de novembre. {Armoriai des salles des Croisades, 2° partie, p. 37.)

Olivier de Fontanges, Guy de Pestels et Guy de Beauclair, tous coseigneurs de Fontanges, sollicitèrent à Paris, le 16 avril 1459, et obtinrent, le 14 juin suivant, pour prix de leurs services contre les Anglais, la concession de deux des principales foires qui se tiennent encore aujourd'hui dans cette localité les 15 mai, 5 septembre, 29 octobre, et dont elle tire un si grand avantage [Chambre des Comptes. Armoriai général de France, par d'Hozier, registre premier, p. )

Nous ne finirions pas si nous voulions énumérer tous les titres d'honneur de la maison de Fontanges ou raconter sa généalogie; elle est d'ailleurs si connue qu'il nous suffira de répéter, avec des historiens consciencieux, que cette maison n'a cessé depuis sept siècles de figurer au rang des plus considérables. Elle a donné un grand nombre de chevaliers de divers ordres, des lieutenants-généraux, foule d'officiers supérieurs et de tous grades, des prélats élevés aux premières dignités de l'église, et s'est alliée aux familles les plus distinguées. Elle a formé plusieurs branches répandues en Auvergne, en Limousin, en Quercy, en Bourbonnais, provinces où elle a possédé des terres considérables.

Une seule subsiste aujourd'hui dans notre département; c'est celle des anciens seigneurs du Chambon, de Hanteroche, de Fournols, de Vernines et de la Clidelle, représentée par le baron de Fontanges qui habite le château de Consans, commune de Vebret, et dont les fils continuent avec éclat, dans nos armées de terre et de mer, en Crimée, les nobles traditions de leur race. Fontanges porte: de gueules, au chef d'or chargé de trois fleurs de lys d'azur. (Armoriai général de France. Nobiliaire d'Auvergne. )

La branche ainée, celle des seigneurs de Fontanges, s'éteignit en la personne de Guilelmine de Fontanges, fille et héritière de Pêtre-Jean de Fontanges et de Jeanne de la Roue, mariée en 1616 à Louis de Scorailles, seigneur de Scorailles et de Roussilhe, auquel elle apporta les terres de Fontanges, de Palmon, de Cropières, de Montjoui, Puy-Morier et St-Jouéry. Jean-Rigaud de Scorailles, leur fils, eut d'Eléonore de Plas de Curemonte, sa femme, sept enfants parmi lesquels nous citerons : Antoine-Joseph, qui continua la lignée; Jeanne, abbesse de Chelles, en 1680; Anne, abbesse de Notre-Dame-des-Prés, à Paris, et la belle Marie-Angélique de Scorailles. Celle-ci naquit en 1661 ; elle n'avait que 17 ans lorsqu'elle parut h la cour en qualité de dame d'honneur de Madame, épouse de Monsieur, frère du roi. Son éclatante beauté séduisit Louis XIV, fatigué des hauteurs et des caprices de M de Montespan. Mlle de Scorailles rougit d'abord, fut quelque temps confuse, puis se laissa aimer. Bientôt elle se vit la dispensatrice un peu prodigue des grâces de la cour et l'objet de l'adoration des courtisans; le roi lui donna le titre de duchesse de Fontanges; mais son règne fut de courte durée : ayant perdu sa beauté, elle perdit le cœur du monarque, se retira à l'abbaye du Port Royal où elle mourut en 1681, à l'âge de 20 ans. C'est elle qui mit à la mode ce nœud de rubans qui porte le nom de Fontanges et que nos jeunes filles de la montagne n'ont pas encore abandonné.

Antoine-Joseph de Scorailles, son frère, seigneur de Fontanges, époux de Charlotte de Tubières-Caylus, fut père de Louis-Théodose de Scorailles, marquis de Roussilhe, maréchal de camp, lieutenant du roi dans la Haute-Auvergne, mort sans postérité en 1746.

La maison de Pestels, dont il sera parlé ailleurs, possédait, dès le xm° siècle, une partie de la terre de Fontanges ; cette partie passa, en 1607, dans la maison de Tubières, par le mariage d'Anne de Pestels, comtesse de Caylus, avec Jean de Tubières-Grimoard-Morlhon, dont la descendance finit en la personne de Charlotte de Tubières-Caylus, mariée vers 1720 à Joseph, marquis de Robert-Lignerac. Leur petit-fils, Achille-Joseph de Robert-Lignerac, vendit, en 1775, la seigneurie de Fontanges au comte d'Anglars de Bassignac.

VILLAGES ET HAMEAUX DE LA COMMUNE DE FONTANGES.

Autonie (L’) , village.

Bac (le ), hameau.

Bastide (la), village situé à la base du Bois-Noir. 11 est connu par ses eaux minérales froides, qui y attirent dans la belle saison un grand concours de gens du pays. Quoique peu abondante, cette source présente un phénomène d'intermittence très-prononcé, occasionné par l'action du gaz qu'elle contient. Ce lieu est aussi le point de réunion des chasseurs, qui y viennent chasser le chevreuil assez commun dans ces montagnes.

Beauclair, hameau situé au centre de la, commune, où l'on voit encore une chapelle et les ruines d'un château féodal qui dominait, dans cette partie, la vallée d'Aspre. Ce château a été le berceau d'une noble famille du même nom, connue par titres depuis 1256 et fort distinguée par ses services et par ses alliances. Le dernier rejeton de cette famille, le comte Charles de Beauclair, sous-préfet d'Aurillac, est mort en 1817, après avoir fait des legs considérables aux établissements de charité de cette ville.

Berc (le) , hameau.

Borie (la), hameau.

Bongeard, hameau.

Bbiitifare, hameau.

Bragnes, hameau.

i0° Bro (la), hameau.

11° Chastrade, village au sud du bourg, dans le vallon de St-Remy.

12° Chaumont, village à l'est du chef-lieu. Il a été habité aux XVII°° et XVIII° siècles par un rameau de la maison Hautier-de-Villemontée. Marguerite Hautier-de-Villemontée, héritière du principal domaine de Chaumont, épousa, en 1749, Léonard de Chazelles, dont la fille, Marie-Charlotte-Gabriclle de Chazelles le transmit aussi par mariage, en 1776, à Philippe-Balthazard d'Humières-de-Scorailles. Ce domaine a été récemment acquis par le baron d'Auzers.

13° Chazettes (les), hameau.

13° Cipierre, hameau.

15° Cledar , hameau.

16° Cuzol-Bas, village situé vers le haut de la vallée, où l'on remarque du gneiss fortement chauffé, et, sur la rivière d'Aspre, une belle cascade qui descend en serpentant d'une roche de conglomérat. Les masses de roche de même nature, provenant d'éboulements, sont en grand nombre dans cette partie de la vallée. (Bouillet. )

17° Cuzol-Haut, village. Ici s'aperçoivent les mêmes accidents, et de plus, des grottes taillées au ciseau dans le conglomérat, dont quelques-unes servent encore d'habitation.

18° Etiradie, village dans les montagnes, à l'est du bourg. 19° Esteran, hameau.

20° Fau (le), village sur les bords de la rivière. C'est aujourd'hui le chellieu d'une petite paroisse récemment distraite de celle de Fontanges, mais qui fait toujours partie de la commune.

21° Fontpremier (le), hameau.

22° Fromental (la), hameau.

23° Fumel, hameau au nord-ouest du chef-lieu, sur la rive gauche de l'Aspre. Il y avait anciennement un château avec fief, qui avait donné son nom à une famille noble dont on trouve d'assez nombreuses traces dans les titres des xiv° et XV° siècles. Pour nous, nous ne serions pas étonné que cette famille fût une ramification de la maison de Fumel, originaire du Quercy, et qui subsiste encore de nos jours. Quoi qu'il en soit, on sait que le fief de Fumel dont nous parlons, passa dans la famille de Durfort en 1568, et que Bernard de Durfort, qui vivait en 1620, ne laissa que trois filles, dont deux furent mariées dans la maison André-de-la-Ronade, de Salèrs, et la troisième à Pierre de Mossier, qui devint propriétaire de Fumel.

24° Grezes, hameau.

25° Guitardie ou Guichardie (la), hameau où existait jadis une tour déjà ruinée en 1461 et qui appartenait à la maison de Fontanges.

26° Jarrige (la), village das la montagne, au confluent de deux ruisseaux. 27° Jourdanie (la) » village. 28° Laubie (la), hameau. 29° Lioulat, hameau. 30° Meynial, hameau.

31° Palmont, château avec fief ayant appartenu à la maison de Fontanges. Guyot, dit Guinot de Fontanges, fils d'Olivier, dont nous avons déjà parlé, le fit reconstruire sur les ruines d'un plus ancien, vers le milieu du xv* siècle. Il se compose d'un corps-de-logis assez étroit et élevé, avec une tour qui sert de cage à l'escalier en spirale, par lequel on communique aux appartements dont plusieurs sont voûtés. Au haut de la tour est une chapelle ; ce château, bâti sur un escarpement, produit un effet très-pittoresque vu des bords de la Maronne. En 1617, Jean d'Espinchal, qui habitait Palmont à titre d'usufruitier, y fut attaqué à main armée par Louis de Scorailles, époux de Guillelmine de Fontanges, qui l'en chassa. Cette violence fut la cause d'un procès dans lequel Louis de Scorailles fut condamné à vider les lieux et à 1,800 liv. d'amende. Palmont fut acquis, en 1621, par Antoine Thoury, marchand à Fontanges; passa par alliance à la famille de Mossier, en 1692, et Françoise de Mossier, l'a transmis aussi par mariage, à la maison Salvage-de-la-Margé, qui en jouit actuellement.

32° Peuch (le), village.

33° Peyrat (le), hameau.

34° Peyre-del-Cros (la), village dans la montagne et qui, pour le spirituel,-dépend de St-Projet. Au-dessous de ce lieu existe un grand escarpement, renfermant une grotte tapissée d'efllorescences de sulfate de fer, et on y remarque un arbre énorme à l'état de fossile.

35° Puy-Basset (le), village qui domine la vallée.

56° Rauffet, village.

37° Restimlgues, village dans le vallon.

38° Ribouzou, hameau.

39° Saigne (la), hameau, non loin de la source minérale de la Bastide. On y remarque, au-dessous d'une brèche volcanique, des fragments de lignite de sapin ctdes empreintes bien conservées de feuilles de châtaignier. En continuant de remonter la vallée, vers la forêt du Bois-Noir, on rencontre de jolies cascades, dont la plus belle est connue sous le nom de Pissa-del-Coin. (Bouillet. )

40° Seilhol-Haut et Seilhol-Bas, vers les montagnes. Les masses détachées des escarpements qui existent en ces lieux et qui mettent à nu un conglomérat argileux, sont couvertes d'eftlorescences de sulfate de fer et contiennent du sulfate d'alumine presque pur. A partir de ce point infiniment curieux pour les géologues, la vallée devient plus étroite, d'une surface plus plane et moins dégradée. (Id.)

41° Terrani (les), hameau.

12° Vergne (la), hameau.

43° Vert (le), hameau.

44° Vernet (le), hameau.

45° Veysseiroux, hameau.

46* Vieillaresse, hameau.

On trouve dans les vieux titres, mention d'un lieu appelé Portus, qui n'existe plus; c'était un petit fief appartenant, au XIV° siècle, à une famille de même nom. Celle de Seveyrac en jouissait en 1586 et 1603.

La commune de Fontanges était régie par la coutume et ressortissait en entier du bailliage de Salers, et de Riom pour l'appel.

 

DE SARTIGES-D'ANGLES.