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Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852) Volume 1/5.

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AUTHRE (Rivière)

 La rivière d'Authre est formée dans la commune de Lascelles par deux ruisseaux qui prennent leur source a peu de distance l'un de l'autre, et tous deux près du village d'Houades. Le premier jaillit des bords d'un chemin, au pied du pic de Charlus ; le second, sous le nom de Rieu-Grand, s'échappe des prés élevés qui s'étendent au-dessous de la montagne des Ramels. Le faible cours d'eau que produit leur réunion, coule d'abord dans une gorge étroite, ombragée d'aulnes, de hêtres et de quelques bois de bouleaux. Après avoir baigné les prairies du village de Tidernat et reçu au-dessous de ce village le ruisseau de La Coste, il contourne deux entablements ou plateaux successifs. formés dans le vallon par des coulées volcaniques, et dont le second termine, en quelque sorte, le val supérieur. Ce dernier plateau, composé de basaltes en tables que l'on exploite, ressemble à une immense digue élevée perpendiculairement à l'aspect de l'ouest, et rompue sur un point par la rivière. C'est au-dessous du rocher qu'elle pénètre dans la plus belle partie de la vallée. Elle baigne d'abord le joli village de Vercueyre , animé par sa petite cataracte, son moulin, ses blanches maisons, ses vergers , et qui a la faveur toute spéciale de posséder, quoique non chef-lieu , la mairie de la commune de Laroquevieille et une maison d'école. De Vercueyre on descend le long de la vallée par un excellent chemin qui s'améliore chaque jour. Rien n'est plus riant que l'aspect des lieux traversés par la rivière. Elle reçoit, à peu de distance, le ruisseau de Ferluc qui dessine dans les rochers une bruyante et sauvage cascade; coule paisiblement vers l'ouest, laisse à gauche Thuron, où se voyaient naguère les ruines d'un château , remplacées par une élégante habitation; plus loin , d'autres maisons de campagne, dont les toits rouges et légers, les coquettes façades avec leurs volets verts, les granges à porche , arcades et corniches , ressortent richement sur la verdure des prés; Las Terres; le village chef-lieu de Laroquevieille, et son rocher dans lequel on avait presque incrusté tout un château jusqu'au dernier étage; Ginalhac, Gimel, sur la colline, et de l'autre côté les souvenirs de Requirand et le monticule panaché de tilleuls sur lequel s'élève , près d'une autre ruine , le pieux ermitage de Roquenatou, restauré par une sainte dame (Mlle de Sédages). Ce versant de la montagne est couvert de forêts de hêtres, entre lesquelles s'échappent des torrents et brillent les épis des champs de blé. Le versant nord, au contraire, est tapissé de bruyères et festonné de grands rochers. Dans leurs intervalles ruissèlent quelques massifs de bois, seul ornement qui interrompe la monotonie de cette côte aride.

Mais, au pied des mamelons qui s'y rattachent, le vallon déploie largement ses riches prairies, coupées de belles avenues de peupliers. Les bords marécageux de la rivière donnent asile à beaucoup d'oiseaux aquatiques, et quelquefois un héron solitaire ou une cigogne se repose dans ses roseaux. A une demi-lieue de Laroquevieille, la rivière vient amoureusement onduler sous le château de La voûte, dont les jardins forment au-dessus de son cours une magnifique esplanade, mais dont les volets, constamment fermés, semblent pour elle d'une impitoyable bouderie. Sur l'autre rive, Marmanhac décrit un élégant demi-cercle. Ses allées de tilleuls conduisent vers Sédages , délicieux château dont les quatre tours blanches et crénelées se détachent au-dessous des grandes lignes de peupliers qui dessinent l'ovale majestueux de sa cour. Les bosquets de Sédages, ses cascatelles étincelant au fond des arceaux de feuillage, ses bassins où l'eau jaillit dans des salles de verdure, ses ombreuses charmilles et sa longue pièce d'eau, sont peut-être le plus beau reflet que l'art classique de Le Nôtre ait laissé dans notre Auvergne.

En s'éloignant, la rivière promène ses eaux dans Lr vaste étendue de la plaine de Jussac, qui atteint une lieue de largeur. Elle se grossit du ruisseau de Pradines en amont du château du Fau, passe non loin du château d'Estang, construction simple et sévère, et point de vue des plus beaux sur l'horizon grandiose et varié des montagnes. Plus bas elle atteint Jussac et le pont d'Authre, où elle est traversée par la route n° 122, de Toulouse à Clermont.

Ici le paysage change et perd de sa beauté; la montagne , vers le nord, s'est écartée, laissant au-devant d'elle une croupe basse et prolongée, sur laquelle figure gracieusement Nozières avec son parc, ses bassins ses chutes d'eau. Cette croupe; remonte brusquement et forme le plateau intermédiaire de Leyris qui, se recourbant, va chercher au loin les buttes de St-Paul. De ce plateau descendent plusieurs chaînons. La rivière, inclinant son cours vers le sud, se fraye comme un défilé entre l'extrémité de ces chaînons et les plaines des communes de Reilhac et de Naucelles, qui lui envoient le ruisseau de La Baisse ou de Reilhaguet. Ce défilé sinueux, dont les pentes sont entrecoupées de bois de chênes et de ravins gazonnés, ne manque pas d'un certain charme. Sur les collines ou parmi les haies de grands arbres qui découpent en tout sens des prés fertiles, on voit apparaître de nombreux villages et d'agréables habitations : Salemagne; Leyris; le Bouret, dans les hauteurs sur la droite , et plus près Niérestang; Esclausel, sous les touffes de son petit promontoire; le vieux manoir de Broussette avec sa tour carrée, d'où la vue se porte au loin , ses promenades et sa chapelle gothique, d'une admirable conservation; puis, à la cime d'un monticule vers le midi, Cologne, dont la tour altière a dédaigné tout rajeunissement, et préféré la vérité de son vieil âge et sa couleur antique.

Cologne plane sur une nouvelle région de la vallée qui se transforme souvent. Aux environs du Pontet, premier village de la commune d'Ytrac, elle semble déborder et s'épanouir de part et d'autre; d'une part, vers les plaines onduleuses qui précèdent St-Paul; d'autre part, vers les terrasses inférieures et argileuses des montagnes qui séparent le vallon de Veyrières de la vallée de Jordanne. C'est à peine, en quelques endroits, si le bassin peut se distinguer de ses bords, tant ils sont affaissés; aussi parait-il alors d'une incommensurable étendue. La route N°° 120 d'Aurillac à Tulle borde ce bassin et franchit la rivière au Pontet; plus loin, le Rieu-Sec, venant de Donnes et de Nozeroles, le ruisseau de Cueilles et le ruisseau de Campan versent leurs eaux. Reine de ce bassin, la tour d'Espinassol resplendit au loin, et se dresse fièrement sur l'immense et grasse prairie qui l'entoure, et sur les quatre granges qui recueillent d'abondants fourrages à ses pieds. D'industrieux et riches émigrants occupent, aux environs, de fraîches campagnes : Viers, Cambian, et le château de Foulan avec sa terrasse, un jardin régulier, des urnes de fleurs et une fontaine dont les quatre jets bruissent en toute saison. Il semble que la vallée d'Authre soit l'Eldorado rêvé par l'émigrant cantalien ; il semble que ce soit d'elle qu'il faille dire:

« Et dulces moriens remiuiscitor Argos, »

puisque l'émigration s'y est créée de toute part ses charmantes retraites.

Enfin, la rivière s'échappe de cette plaine, belle, mais fade et sans caractère. Elle entre dans des lieux agrestes et solitaires en approchant du village d'Ytrac, dont le clocher hexagone est une œuvre moderne et d'ordre composite. Derrière une colline schisteuse, la vallée se reforme, pour ainsi dire, en gorge étroite et boisée au sein de laquelle l'Authre se recueille et semble dormir dans les profondeurs de son lit. La forêt d'Ytrac et les forêts voisines viennent en maint endroit expirer sur ses rives, au bas des coteaux où s'entre-croisent mille sentiers. La rivière coule vers l'occident, baigne de magnifiques forêts de chênes qui pyramident sur l'un et l'autre bord; masqué par un de ces bois, Haute-Serre abrite derrière eux sa belle et longue esplanade ; quelques villages ou hameaux sont pittoresquement jetés çà et là sur des plate-formes; devant eux l'Authre serpente lentement et comme regrettant la vie, dans les dernières prairies qu'elle doive arroser.

En effet, les coteaux se rapprochent, se dénudent; les dentelures de la roche font saillie de toute part; le lit de la rivière se remplit de blocs qui ont roulé dans son sein; une nouvelle cataracte se fait entendre. Les eaux, pressées et refoulée» par les rochers, écument et se précipitent au milieu d'eux, tandis que sur la crête de la montagne, à mille pieds au-dessus de la rive, un vaste et haut castel avec créneaux, tourelles, meurtrières et mâchicoulis, commande la gorge sauvage, rude et puissante image de la domination féodale! Ce château, c'est Viescamp.

Au-dessous de Viescamp, la gorge se tord de plus en plus âpre et profonde, couverte de chênes et de bouleaux. La Capelle-Viescamp se montre sur un promontoire. Enfin, l'horizon découvre un beau ruban de rivière, une large nappe d'eau, qui se déroule majestueusement. C'est la Cère qui décrit une élégante courbe, pour recueillir dans son sein le ruisseau né sous l'églantier d'Houade (J'ai vu la source du Rieu-Grand abritée par un bel églantier, dont les fleurs parfumaient presque les eaux.) et qui a promené ses eaux fortunées parmi tant de sites romantiques, de nobles châteaux, de ravissantes habitations. L'Authre se réunit à elle, sans bruit, à l'ombre de grands bois, entre un peuplier et un beau tilleul, a 1 kilom. 1/2 de Vabres, commune de La Capelle-Viescamp, et après un cours de 51,500 m.

H. de Li....

 

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