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 Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition de MDCCCLII  (1852) Volume 1/5.

 Ces pages ayant été numérisées nous ne pouvons garantir une fidélité exacte à 100% du texte malgré le soin apporté à sa correction. 

AUZE. (Rivière)

 — La rivière d'Auze prend sa source près de la montagne de Fontanès, dans la commune du Falgoux. Elle arrose une partie des communes de St-Bonnet et d'Anglards, et forme ensuite, dans la commune et non loin du village de Salins, la cascade du même nom , réputée l'une des plus belles de la Haute-Auvergne. Cette cascade est rangée au nombre des merveilles du royaume par M. Depping dans son ouvrage sur les Beautés de la Nature en France.

« Sur la route de Salers à Mauriac on rencontre le bourg de Salins, et à un quart de lieue de ce bourg la rivière d'Auze, qui, après avoir arrosé de belles prairies, est arrêtée dans son cours par un rocher volcanique de cent dix-huit pieds de haut une partie des eaux le contourne, mais le reste se précipite à travers une échancrure et tombe à une distance de plus de trente pieds de la base du rocher, en sorte que l'on peut marcher sous la nappe d'eau sans se mouiller. En hiver, cette masse d'eau se transforme en un glaçon de plus de cent pieds de haut.

Dans une petite grotte au bas du rocher jaillit une source minérale. »

Voici la description de la même cascade, d'après un manuscrit inédit sur les rivières et ruisseaux du Cantal:

« La rivière, coulant sur un massif de laves arrondi en enceinte semi-circulaire,

se précipite au centre dans une gorge très-profonde , dont les rochers forment  autour de la chute un vaste croissant presque partout taillé à pic. La hauteur de cette chute est de 120 pieds.

Les rochers au-dessous de la cascade formant une concavité qui suit une partie de l'enceinte à sa base, on peut marcher à couvert sou la voûte humide formée par les flots de la rivière, et regarder au-dessus de sa tête l'arc imposant qu'ils  décrivent en s'élançant dans l'abîme.

La cascade de Salins fut entièrement gelée dans les hivers de 1789 et 1829. A cette dernière époque elle présentait une superbe pyramide , admirablement  festonnée de stalactites de cristal, et qui étincelait au soleil comme une montagne de diamants. »

A côté de ce tableau quelque peu fantastique, je dois placer, pour être vrai, la note suivante, écrite sur les lieux mêmes.

« Il est trop souvent malheureux, pour le voyageur, qu'il s'enthousiasme pré maturément d'une merveille inconnue. Son imagination embellit la réalité; le  jugement des yeux vient ensuite contrarier ses rêves chimériques.

Sans doute, la cascade de Salins a de grandes beautés; sa hauteur, la courbe majestueuse que décrivent ses flots épais jetés à trente pieds de la base du roc, le cirque dont elle est entourée produisent à distance une certaine impression.

Mais, il manque beaucoup à l'ensemble de ce paysage. La roche est partout grise , aride et monotone; le bassin ne présente qu'une sorte de cahos sans ver dure; pas une herbe, pas une mousse pour revêtir les blocs amoncelés aux pieds  du voyageur; point de bouquet d'arbres qui rafraîchisse les yeux , jette quelque découpure de feuillage sur l'amphithéâtre de pierres , quelque ombre sur la rivière; point de nappe d'eau tranquille, dormeuse et azurée , pour faire contraste avec le fracas de la chute. Rien qui repose des tristesses du lieu, si ce n'est, dans le lointain, quelque verdure et un hameau sur une colline. Non, ce n'est pas dans notre Haute-Auvergne, si pittoresque et si riante, qu'il faudrait consacrer  un pinceau trop flatteur à la cascade de Salins. »

La rivière d'Auze continue son cours vers l'ouest, dans une gorge accidentée. Elle est successivement grossie du ruisseau de Fageoles qui se perd sous des monceaux de rochers près de la cascade de Salins, et du ruisseau de La Camp, qui, après avoir arrosé une partie des communes de St-Bonnet et de Drugeac, se jette dans l'Auze au-dessous du moulin de Chambres. Au-delà de ce point, la rivière creuse de plus en plus son lit dans un horizon sauvage et rempli d'épaisses forêts; traverse, au-dessous de Mazeroles, la route d'Aurillac à Mauriac, et plus loin celle de Mauriac à Pleaux; sépare ces deux derniers cantons; arrose les communes de Drignac et de Brageac, et se jette dans la Dordogne près de La Ferrière, commune de Tourniac, après un cours de 23,200 m.

Le Cantal compte plusieurs autres cours d'eau du même nom, parmi lesquels il faut mentionner un ruisseau torrentueux qui baigne les communes de La Capelle-del-Fraisse, La Besserette, Junhac, Senezergues, et se jette dans le Lot non loin de Vieillevie.

 

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