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Saint Christophe

 

La commune de St-Christophe fait partie de l'arrondissement de Mauriac et du canton de Pleaux. Elle s'allonge beaucoup du nord-est au sud-ouest, et est bornée au nord par les communes de Barriac et d'Ally; au midi, par la Maronne, qui la sépare de celles de St-Santin et de St-Martin-Cantalès; à l'est, par la commune de Loupiac, et à l'ouest, par celle de Pleaux. Elle est arrosée par la Maronne et par les ruisseaux de Méallet et de Prades

Le sol de cette commune, en grande partie volcanique, est fort riche : ses prairies sont fertiles; ses terres labourables de bonne qualité, et ses pacages d'un excellent produit.

La surface de son territoire est de 2,404 h. 22 a. 22 c., dont 2,320 h. 63 a. 33c . de propriétés imposables qui se subdivisent ainsi : terres, 673 h. 09 a. 60 c.; prés, 317 h. 62 a. 84 c. ; pacages, 532 h. 53 a. 98 c. ; bois, 293 h. 42 a. 50 c.; châtaigneraies, 36 h. 24 a. 42 c. ; jardins, 17 h. 70 a. 73 c. ; bruyères, 443 h. 08 a. 70 c. ; superficies baties, 6 h. 95 a. 31 c., et 83 h. 58 a. 89 c. d'objets non imposables.

Sa population est de 1,289 habitants, répartis dans 1 bourg, 19 villages, 14 hameaux et 201 maisons.

Elle est traversée par les quatre lignes de moyenne vicinalité de Pleaux à Aurillac, do la Bastide à St-Christophe, de St-Martin à Mauriac et de Pleaux à St-Cernin

La commune de St-Christophe porte le cachet d'une aisance intelligente qu'elle doit en grande partie à l'émigration. Ses habitants la pratiquent depuis un temps immémorial, soit à l'intérieur, soit à l'étranger, et, honnêtes en même temps qu'industrieux, la pratiquent avec probité et succès; il y a peu d'années encore qu'ils possédaient en Espagne des établissements importants que les révolutions de ce royaume ont détruits.

St-Christophe, son chef-lieu, est un gros bourg éloigné de 18 kilomètres de Mauriac, de 9 de Pleaux, et avantageusement situé au sommet d'un des revers qui bordent la Maronne. Son église romane, bien entretenue et convenablement ornée, est une des plus anciennes du pays; il en est fait mention dans la charte attribuée à Clovis . Ecclesia sancto Christoforo dicata, coton 2, marient Nitradus et Valbertus , solcunt annuerium moi. 2 ; elle est sous l'invocation de saint Christophe; c'était autrefois un prieuré. Robert de Latour, évêque de Clermont, la donna, en 1206, au monastère de Sauxillanges, et elle dépendit plus tard de l'abbaye d'Aurillac. Pierre de Tassis, grand prieur claustral de Saint-Géraud, en était prieur en 1360. On lit dans un ancien titre, qu'en 1256, un sieur Rigal de Veilban consomma dans cette église l'acquisition d'un pré, en présence d'Hugues, comte de Rodez, et de Pierre de Sedaiges, chevalier; cet exemple d'une transaction civile opérée dans un lieu saint, prouve la nécessité où on ne se trouvait que trop souvent, à cette époque d'incertitude dans les institutions, où l'homme était en quelque sorte livré à lui-même, d'assurer l'exécution des conventions humaines en y engageant les sentiments religieux.

D'anciens manuscrits affirment qu'une tour et un château de Saint-Christophe existaient déjà dans le bois qui domine la Maronne, lorsque vers la fin du V° siècle Amaulry, fils d'Alaric, roi des Visigoths, vint eu Auvergne. Il est permis de ne pas croire à l'exactitude de cette affirmation. On ne saurait douter toutefois que la création de la baronnie de Saint-Christophe ne remonte aux premiers temps de la monarchie française.

Cette baronnie appartint d'abord aux comtes de Rodez, et vraisemblablement aux comtes de Carlat; il a existé cependant une première famille du nom de Saint-Christophe, et Aldrade II, huitième abbé d'Aurillac, qui vivait en 1060, et qui de concert avec sa mère dota si richement le monastère de Saint-Géraud, en était issu. Henri, comte de Rodez, fut en litige, vers l'an 1206, avec Guy de Vigouroux, seigneur de Branzac, au sujet du château et de la suzeraineté de cette terre ; mais l'un et l'autre lui restèrent. Elle passa ensuite, en 1295, dans la maison de Latour, en même temps que la baronnie d'Escorailles, par le mariage de Béatrix de Rodez, fille de Henri II, avec Bertrand de Latour, et devint plus tard la propriété de Catherine de Médicis, héritière de sa mère Madeleine de Latour, qui la céda à François de Chabannes, en 1537.

Mais comme dans plusieurs autres seigneuries de la Haute Auvergne, en même temps que la baronnie de Saint-Christophe appartenait à ces familles principales, plusieurs autres en avaient la coseigneurie pour certaines parties, soit qu'elles l'eussent obtenue par suite de concessions, soit qu'elles l'eussent acquise par tout autre voie, et dès 1219, Saint-Christophe comptait deux châtellenies connues sous les noms de Château supérieur et Château inférieur, et était devenu la propriété d'un grand nombre de seigneurs, vassaux du suzerain, dont l'étendue des droits est aujourd'hui fort difficile à démêler.

Le principal d'entr'eux portait encore le nom de Saint-Christophe. Bernard et Armand de St-Christophe possédaient le château supérieur en 1275 ; Pons et Guillaume le possédaient en 1314; en 1327, Bernard fit sa nommée à Bertrand de Latour pour le Mas de Marcenat et le tiers d'une tour du même château, et en 1360 il était seigneur du château inférieur; Antoine de Saint-Christophe, seigneur de Colles, était encore coseigneur du château inférieur en 1396; mais après lui la propriété des deux forteresses fut réunie sur la tête de Louis de Saint-Christophe, et la fille de ce dernier, qui vivait encore en 1490, la porta dans la maison d'Albars de Clavières.

Après cette famille, vient celle des Meilhoris. Un Bernard de Meilhoris était, dès 1272, coseigneur d'une partie de la baronnie de Saint-Christophe; en 1392, un Jean de Meilhoris l'était du château inférieur, et en 1464. Jean de Cayrac, seigneur de Broussette et de Meilhoris, fit hommage au comte de Boulogne, pour son château de Meilhoris situé au château inférieur, près le chemin qui va à la chapelle de Motre-Dame, et tes maisons d Atbars et les maisons dites de la Salle-Vieille, au-dessous de la chapelle de Notre-Dame et près du roc du château inférieur.

Les d’Albars étaient également coseigneurs d'une partie de cette terre depuis une époque fort reculée; cela est établi par un acte d'hommage que firent en 1284 Pierre et Guy d'Albars ; cet acte fut renouvelé en 1312 par un Morin d'Albars, qui fit sa nommée au baron de Latour pour ce qu'il avait aux châteaux haut et bas. Les d'Albars conservèrent leurs droits sur Saint-Christophe jusqu'en 1369; ils les perdirent alors, mais ils les recouvrèrent plus tard par le mariage d'un Guy d'Albars, seigneur de Clavières, qui redevint coseigneur de cette terre par sa femme.

Une autre famille, celle des Malfarras ou de Saint-Cirgues, posséda encore la coseigneurie de Saint-Christophe; on en trouve des traces dès 1275; mais elle cessa d'y habiter dans le cours du XIV° siècle et alla se fixer à Saint-Cirgues-deMalbert.

Enfin, on compte encore parmi les familles qui avaient dans cette baronnie des droits de coseigneurie, celles des Dupuy, des Mossac, des Frège-vialle, des Veilhan et des Liget qui transmirent, par suite d'alliance, leur titre de coseigneurs à la maison de d'Houet-d'Auzers.

Au reste, pour juger de l'extrême division de cette baronnie et de la multitude de droits qui s'y étaient créés, il suffit de jeter les yeux sur un traité passé en 1288 entre Henri, comte de Rodez, d'une part, et des coseigneurs des châteaux supérieur et inférieur de l'autre, pour fixer les droits de justice et ceux d'un marché ouvert au château supérieur, le mercredi de chaque semaine, et dont les coseigneurs se partageaient les produits. On y voit figurer tous les noms qui suivent : 1° Hugues d'Arches et son fils; 2° Hugues de Mons; 3° Bernard de Meilhoris; Estelle de St-Christophe, qui avait épousé Hugues de Fontanges; 5° Jean et Astorg de Latour, Guillaume et Geraud, la veuve Vigouroux et Pierre Imbert, coseigneurs de Branzac; 6° Guillaume de Cussac. Bernard de Veilhan et Guyotte Marty, veuve de Geraud Dupuy; 7° le comte de Rodez, pour sa part; 8° enfin, Olivier d'Albars, Rigaud de Pleaux et sa femme d'Albars.

La baronnie de St-Christophe était des plus importantes. On peut s'en convaincre par un extrait de reconnaissance fait en 1311 à Bernard de Latour, comme tuteur de ses enfants ; on y trouve les détails suivants:

1° Bernard de Meilhoris fait hommage et reconnaissance pour ce qu'il possède aux châteaux supérieur et inférieur; plus, pour le château de Meilhoris situé au château inférieur; plus, pour les villages de Bodet, de St-Cirgues, de Chautal, de Chabannes, de la Rouffie, etc.;

2° Bertrand de Latour fait le fief pour la moitié de son repaire de Latour au château supérieur de St-Christophe, et pour la partie de son repaire de Branzac;

3° Hugues de Mons fait le fief pour ce qu'il a au château supérieur;

4° Hugues de Cussac fait le fief pour ce qu'il a aux châteaux supérieur et inférieur;

5° Rigaud de Pleaux fait le fief pour une borderie jadis à Bernard de Veilhan;

6° Geraud de Reilhac fait le fief pour ce qu'il a à Loupiac;

7° Pierre d'Albars fait le fief pour ce qu'il a aux châteaux supérieur et inférieur;

8° Gilbert Delpeuch fait le fief pour ce qu'il a aux châteaux supérieur et inférieur;

9° Guillaume de Vigouroux fait le fief pour partie du château de Branzac, pour ce qu'il a aux châteaux de St-Christophe, pour le village d'Oradour à Barriac, etc.;

10° Pierre de Salers fait le fief pour ce qu'il a aux châteaux supérieur et inférieur;

11° Guibert de Marcenat fait le fief pour ce qu'il a à Jussac et autres lieux;

12° Guillaume de Biorc fait le fief pour ce qu'il a aux châteaux supérieur et inférieur, à Vimenet, Chabus, etc.

13° Giraud Gotbrand fait le fief pour Vabres et autres places.

Mais ce qui peut donner la mesure la plus exacte de l'importance de cette baronnie, c'est la nomenclature suivante des fiefs et des arrière-fiefs qui en relevaient en 1657.

Nozières de Jussac, au duc de Noailles; — Saignes et Branzac, au comte de Caylus; — le Doignon, au seigneur de Rilbac ; —St-Pol, près de St-Martin, au même; — Pleaux et St-Chamand, au sieur de Lignerac; — Escorailles et sa comptoirie, au marquis de Castelnaud; —Régaud, près de St-Cernin, au sieur Grenier, de Pleaux; — Drugeac, le Puech et St-Martin, au seigneur de Drugeac; — Ferluc, au baron d'Espeisses; - le chateau de St-Cbristophe, au seigneur de Jugeais; — la Bountat, St-Cirgues, le Bellestat, St-Christophe inférieur, au baron d'Auzers; — Plagnes, Nérestan et Cologne, à madame d'Esplats et au marquis de Roussille; — Sédaiges et la Broha de Jussac, au sieur de Sédaiges; — la Voute, — Estang et Tourtoulou, — Barriac, de St-Illide; — la Perle, — Puech-Mège,—Clavières, à cause du château du Fahet, près de St-Cirgues-de-Malbert ; — la seigneurie de Malfarras, près de St-Cirgues; — le bac de St-Martin-Cantales, — les Bardatties, — Bure de Barriac, — Cussac de Chaussenac, — Prades de St-Christophe, — Lavaissière d'Escorailles, — Lavaur, — Mazerolles, — Prallat de StVictor, — Broussette et la Meilhoris, — l'abbaye de Brageac, — Pradines, — la commanderie de 1 Hôpital ou de Cariat, — la commanderie de Roussou, — le chapitre de St-Géraud d'Aurillac, — le Clos, — le village de Veilhan ou St-Illide, — les clergés de Reilhac, de Jussac, de St-Cernin, de St-Cirgues, de St-Martin, de Fontanges, de Salers, de Mauriac, de Salins et de Pleaux, — les prieurés de StIllide, de St-Martin-Cantalès et de St-Christophe, la cure de Loupiac, — les seigneuries de Marze, de Bargues, d'Escousse, etc., etc.

Il ne reste plus aujourd'hui de traces du château supérieur de St-Christophe qui était situé dans le bourg même; mais la chapelle du château inférieur est encore bien conservée et, sous le nom de Chapelle-de-Notre-Dame, attire de nombreux pèlerins.

Les villages et hameaux de la commune de St-Christophe sont les suivants:

Beaujarret, village. Près de ce village, et dans les bruyères dites de Murat, on remarque un dolmen parfaitement conservé; il est composé de deux pierres placées de champ, et d'une troisième qui les recouvre.

2° Beaujarret d'Armende, hameau.

La Bessadoune. hameau.

Bétailles, village. Il est situé au nord du bourg, sur le chemin d'Ally et pittoresquement enlacé par deux ruisseaux.

Chabus, village.

Le Chambon, hameau et moulin.

Col, village.

Combret, hameau.

Crozat, hameau.

10° Farges, village. Ce village qui est situé dans la plaine, est mentionné dans la charte attribuée à Clovis.

11° Farges ou Renard , hameau.

12° Le Faure, hameau.

13° Gagnons, village.

14° Germanès, village.

15° La Jarrige, village.

16° Limonès, village situé dans la plaine et au nord du bourg; il appartenait à la famille de St-Martial,, et Jean de St-Martial en fit sa nommée en 1355 au baron de Latour.

17° Langouéroux, village

18° Mejeanserre, hameau.

19° Moulin de Gilbertel, hameau.

20° Notre-Dame, village au pied du château inférieur et sur la rivière.

21° Las Places, hameau.

22° Prades, village dont la situation est des plus pittoresques. On y voit une belle habitation qui a remplacé un ancien château. C'était le chef-lieu d'un fief qui appartenait, au xm* siècle, à une famille de ce nom; ce fief passa ensuite dans la maison de Veilhan, puis dans celle de Vigier, et enfin dans celle de Meilhac de Gibertel.

23° Rodomont-Bas, village.

24° Rodomont-Haut, village.

25° Salesses, village.

26° Serre, village.

27° Vabres, village. Il est agréablement situé, à mi-côte, au nord-ouest du bourg. Vabres est mentionné dans la charte attribuée à Clovis. M. le major Meallet a trouvé dans ses environs les ruines d'une villa gallo-romaine et particulièrement les restes d'une salle de bains; des fouilles bien entendues ne pourraient manquer d'y faire faire de nouvelles découvertes archéologiques.

28° La Varenne- Jeandoune , hameau.

29° La Vergne, village.

30° L'Usine de Chambon, hameau.

31° L'Usine de Crozat, hameau.

32° L'Usine de Rodomont-Bas, hameau.

 

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