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La commune de St Chamant aujourd'hui

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Saint-Chamand

 — La commune de St-Chamand , anciennement St-Amand, traversée du nord au sud par la route impériale, n° 122, de Clermont à Toulouse, fait partie de l'arrondissement de Mauriac et du canton de Salers. Elle est bornée au nord par les communes de St-Remy et de St-Martin-Valmeroux ; au sud, par celle de St-Cernin ; à l'est, par celle de St-Projet, et à l'ouest, par celle de St-Cirgues-de-Malbert Son sol est généralement volcanique, et on y remarque une énorme masse do trachyte bleuâtre, affectant des formes prismatiques très-grossières, qui paraît être un dyke sorti du conglomérat. Elle est arrosée de l'ouest à l'est et dans toute sa longueur par la Bertrande, qui y coule dans une vallée de peu de largeur, et par le ruisseau d'Eyfaudes. Sa superficie est de 1 ,372 h. 49 a. 77 c., dont 1,333 h. Ha. 03 c. de propriétés imposables qui se subdivisent ainsi : terres labourables de bonne qualité , mais souvent dégradées par des érosions , 372 h. 43 c.; jardins, 18 h. 41 a. 37c.; prés, généralement de qualité supérieure, 231 h. 93 a. 60 c.; pacages, 517 h. 25 a. 57 c.; bois taillis, 91 h. 7 a. 66 c. ; bois futaies, 95 h. 98 a. 51 c.; superficies bâties, 6 h. 43 a. 89 c., et 39 h. 38 a. 74 c d'objets non imposables. Sa population est de 933 habitants, répartis dans 1 bourg, 13 villages, 3 hameaux et 195 maisons.

Le bourg de St-Chamand, éloigné de 18 kilomètres de Mauriac et de 10 kilom. de Salers, est avantageusement situé a l'exposition du sud et de l'ouest, dans la vallée de la Bertrande dont il domine le cours; on y voit de jolies maisons qui lui donnent un aspect riant. Son église est sous le patronage de saint Amand, premier évêque de Rodez ; elle est ancienne, mais elle a été récemment restaurée; on y célébrait autrefois deux fêtes en l'honneur de saint Sébastien et de saint Tbomas-de-Cantorbéry qui, depuis, ont été abandonnées. Tout auprès de cette église est une tour carrée dans l'intérieur de laquelle on pénètre par un escalier extérieur; cette tour, qu!on peut classer au nombre des monuments les plus anciens de ce genre que possède le Cantal, porte le nom de Prallat; ses appartements sont voûtés et fort petits; elle a longtemps servi d'abord de prison, puis de grenier pour déposer les grains provenant des rentes seigneuriales. Le bourg de St-Chamand possède deux foires, qui ont lieu, l'une à la mi-carême, et l'autre au 4 novembre de chaque année

A peu de distance de ce bourg, on voyait autrefois, sur le mont Constans et sur le terrain de Long-Puech, une église de style ogival, remarquablement belle à en juger par les rares débris qui en restent. Robert de Balzac, seigneur de Saint-Chamand, dont la vie avait été pleine d'agitations et de troubles, l'avait édifiée en 1483, pour se rédimer, sans doute, des fautes qu'il avait commises, et l'avait érigée en église collégiale, à laquelle il avait attaché un chapitre composé de six chanoines et d'un doyen, à la nomination du seigneur du lieu ; la bulle autorisant cette fondation est de Sixte IV. La cure de St-Amand fut unie à ce chapitre sous la juridiction épiscopale, et le doyen eut rang après les abbés de Maurs et de Beaulieu, le doyen de Mauriac et 1 abbé de St-Flour. Robert de Balzac avait assigné des rentes considérables à l'entretien de cette église et de son chapitre. Elle a été démolie en 1793, et les bâtiments occupés par le chapitre, vendus par parcelles à la même époque, forment aujourd'hui un village.

Un peu plus loin, et dans la même direction, on voit le château de St-Chamand. Il est composé de vastes bâtiments qui datent de deux époques différentes, et sa partie la plus considérable, qui est du XVII° siècle, a été élevée sur l'emplacement d'un château plus ancien, dont deux tours, qui paraissent remonter au XIV°, ont été conservées et flanquent ses extrémités. Il est situé sur un monticule à l'aspect du midi; des jardins et des bosquets l'entourent, et il a été restauré et embelli par M. Couderc, ancien receveur général du département et son propriétaire actuel, qui a eu le bon goût de conserver religieusement son ancien ameublement. En face de ce château on aperçoit, à l'est, une grotte d'un accès difficile, qui porte la trace de la main des hommes et qui était, dit-on, le but favori des promenades d'une demoiselle de Lignerac.

La terre de St-Chamand avait titre de marquisat et était considérable. Elle appartenait, en 1332, à Bertrand d'Escorailles qui en fit son hommage, à cette époque, à Robert de Cominge, évêque de Clermont. Une Marie de St-Chamand, qui vivait en 1420, l'apporta sans doute en dot à Antoine de St-Christophe ou de Lagarde qu'elle épousa, car il en était seigneur en 1434. Elle passa ensuite, on ne sait par quelle voie, dans la famille de Balzac, et de cette famille dans celle de Lignerac, en la personne de Jean de Lignerac, baron de Pleaux, dont la veuve, Louise de Lhospital, la vendit, en 1589, à Catherine d'Hautefort, seconde femme de François Robert de Lignerac, pour la somme de quarante mille livres. Enfin, elle fut vendue, en 1777, au profit des créanciers de la maison de Lignerac et acquise par M. Couderc, d'Aurillac, qui la possède encore.

Ces familles ont produit des hommes dont les noms appartiennent à l'histoire du pays. Robert de Balzac, fondateur de l'église collégiale et du chapitre de St-Chamand, fut sénéchal de Gascogne et d'Agénais Louis XI l'affectionna d'une manière particulière; il accorda, à sa sollicitation, une des foires que possède St-Chamand, et le gratifia d'une partie des terres qu'il avait confisquées sur Jacques d'Armagnac, vicomte de Nemours. Robert fut aussi chambellan de Charles VIII qui le nomma gouverneur de la citadelle de Pise lors de son expédition de Naples ; il mourut en 1503 et fut inhumé dans l'église collégiale qu'il avait fondée. Lorsqu'on démolit cette église, on trouva, en fouillant près du chœur, son tombeau qui portait sur une plaque de cuivre l'inscription suivante:

« Cy-devant gyt noble et puissant seigneur Robert de Balzac, chevalier, conseiller, chambellan du roy notre sire, et son sénéchal d'Agénois et de Gascogne, et capitaine des gendarmes de l'ordonnance et fondateur de l'église de céans, qui trépassa le IX° jour du mois de may de mil cinq cent trois.

» Priez Dieu pour son âme.

> Cy-devant gyt noble damoiselle de Castelnau de Bretenoux, femme et épouse » dudit Robert de Balzac, sénéchal d'Agénois. laquelle trépassa le ix° jour de » septembre, l'an mil quatre cent quatre-vingt-quatorze.

• Priez Dieu pour son âme. »

Pierre de Balzac, son fils, fut lieutenant du roi de la province d'Auvergne et prêta serment en 1523 en cette qualité entre les mains du maréchal de Chabannes qui en était gouverneur, et Guillaume de Balzac, «on petit-fils, fut capitaine de deux cents chevaux et lieutenant de la compagnie des gendarmes de François de Lorraine, duc de Guise, sous lequel il combattit en 1552 au siége de Metz, et, en 1555, à la bataille de Renty, où il reçut une blessure dont il mourut peu après à Montreuil.

Enfin, tout le monde connaît l'histoire de Charles de Balzac, le bel Antragues. et a présente à la mémoire la fameuse rencontre du 27 avril 1570, rapportée par tous les historiens de Henri III, dans laquelle il combattit avec Riberac et Schomberg contre Quélus, Maugiron et Livarot.

La maison de Lignerac ne s'est pas moins illustrée que celle de Balzac, et on trouvera à l'article Pleaux la liste des hommes distingués qu'elle a comptés.

Enfin, M. Couderc, receveur général du Cantal, a été pendant longues années l'un des citoyens du département les plus utiles.

Le château de St-Chamand était considéré autrefois comme une forteresse; il reçut même à ce titre une garnison de vingt hommes en 1574. Toutefois, l'histoire ne signale comme passés sous ses murs que les faits suivants, faits insignifiants et qui méritent à peine d'être mentionnés.

En 1595, un certain Joffre, à la tète d'un petit nombre de soldats, reste de ces bandes qui avaient dévasté le pays aux temps des guerres religieuses, s'avisa d'en piller les environs. Mais il ne tarda pas à être puni de sa témérité: Catherine d'Hautefort le fit arrêter et dispersa par cet acte de vigueur sa troupe de pillards.

Une autre bande de vagabonds, composée en grande partie de Bohémiens et ayant à sa tète un nommé Jérôme, vint s'abattre de nouveaux, en 1602, sur St-Chamand et mettre à contribution la crédulité de ses habitants ou la crainte qu'elle leur inspirait. Le prévôt Lacarrière en ayant eu avis, se hâta de se rendre sur les lieux avec quelques archers pour faire l'arrestation de ces malfaiteurs; mais il éprouva, dans l'exécution de son projet, une vive résistance de la part du seigneur. Bien qu'il ne vît pas d'un œil indifférent les excès auxquels se portait sur ses terres cette troupe indisciplinée et qu'il se disposât lui-même à l'en expulser, le sieur de Lignerac ne voulut pas consentir à ce qu'une autre autorité que la sienne y fut exercée. Le seigneur de Cardailhac et d'autres gentilshommes qui se trouvaient en ce moment au château de St-Chamand prirent fait et cause pour lui et un combat s'engagea entre les seigneurs et la maréchaussée, où plusieurs archers trouvèrent la mort. Force néanmoins resta à la loi : le prévôt, homme de cœur, tint bon et parvint à se saisir des malfaiteurs et même du seigneur de Cardailhac qu'il retint prisonnier.

Les villages et hameaux de cette commune sont les suivants:

Les Atdières, village.

2* Auzeral, village.

Autrières, village. Il est traversé par la route impériale, et on y voit, à peu de distance du pont, une jolie maison de campagne.

Ayfaudes, village.

Le Chapitre, village. Il est composé, comme il a été dit, des bâtiments occupés autrefois par le chapitre.

La Chaze, village au nord et sur le plateau.

Cors, village dans la vallée et en amont de la rivière.

Loubejac, village situé au-dessous de la route et dans la vallée. Il est bien exposé et compte quelques jolies maisons; il est dominé par une énorme masse de trachyte cristallisée sous laquelle on remarque quelques grottes naturelles.

Moulin de-Loubejac, hameau.

10° Le Pacher, hameau.

11° Pradines, village situé sur les bords de la rivière. Ce village a donné son nom à une famille éteinte aujourd'hui : ce fut un capitaine de Pradines qui fut chargé du commandement de la petite garnison placée, en 1574, dans le château de St-Chamand, et un Jean de Pradines servit dans l'arrière-ban, en 1635, sous le vicomte de Polignac.

12° Rivière, village.

13° Roziers, village situé sur le plateau, à la naissance d'un petit ruisseau. Roziers était le chef-lieu d'une seigneurie qui comprenait les villages de l'Auzeral, de Soulage, de la Combe et du Mont, et dont les revenus n'étaient pas sans importance. Jean Vigier de Roziers la céda, en 1300, à la famille de Pestels, et Jean de Thubières de Lévis, baron de Salers, la vendit de nouveau, en 1655, à François de Lignerac, moyennant 25,000 livres et 50 pistoles en or pour madame la comtesse.

14° Les Thurants, hameau.

15° La Vergne, village.

16° Viste, village.