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La commune de Dienne aujourd'hui

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Dienne

— La commune de Dienne est très-allongée du nord-est au sud-ouest ; elle dépend du canton et de l'arrondissement de Murat; elle est bornée au nord1 par les communes de Vernols, de Ségur et de St-Saturnin; au sud, par celle de Laveissière ; à l'est, par celles de Chastel et de Chavagnac, et à l'ouest, par le Claux, Cheylade et Lavigerie.

Sa superficie est de 1,400 hectares, dont 400 h. en terres cultivées; 2,850 h. en prés et pacages; il y a quelques bouquets de bois, et 950 h. en terres vaines et rochers.

Ce territoire est arrosé par la rivière de Santoire, les ruisseaux de Brulhes, de Graules, de Crancastayre, de Fortuniers, de l'Etang-de-Sauvage.

Les 1,350 habitants de la commune occupent 11 vil., 9 hameaux et 270 maisons.

Dienne, chef-lieu, à 8 kilomètres de Murat, est situé dans un vallon profond, couvert de prairies, et qui prend naissance au Col-de-Cabre et au Puy-Mary. Ce bourg, généralement bien bâti, portait encore en 1229 le nom d'Aglése. La route de Murat à Bort, qui passe auprès, s'y relie par un embranchement, et, pour y arriver, on traverse la Santoire sur un pont à plein-ceintre, dans le style d'architecture du moyen âge.

L'église, un peu au sud du bourg, est une église romane du XIII° siècle, dans le caractère d'architecture de la Haute-Auvergne; elle a la forme d'une croix mesurant en longueur 23 mèt. sur 17 mèt. de largeur. Deux rangées de piliers forment les bas-côtés; leurs chapiteaux sont sculptés et chargés de figures d'hommes et d'animaux. Des figures bizarres sont modelées sur la corniche qui règne autour du chœur et de l'église. La porte, toute romane par ses colonnettes droites et celles qui sont arrondies en plein-ceintre, regarde le midi; elle s'ouvre au fond du vaisseau , près du pignon^qui supporte un clocher à peigne. Quelques statues en pierre sont placées au-dessus de cette porte et dans des niches. Sous les dalles de la chapelle du sud, avait été pratiqué un caveau aujourd'hui comblé- Cette église, très-bien entretenue et solidement construite, est sous l'invocation de saint Cyr et de sainte Julitte. Le presbytère est près de l'église, à son aspect sud; le cimetière l'entoure à l'est et au nord. Elle fut donnée avec ses dîmes, en 1009, par un des seigneurs de Dienne, à Emilde, abbesse de Blesle. Les abbesses nommaient à cette cure.

Julien Imbert fut curé de Dienne en 1593; Guillaume Meyniel, en 1617; Denis Gazard, en 1661 ; N. Traverse, en 1757 ; N. Jouve, en 1789.

Il existait jadis, à ce qu'il paraît, près de Dienne, un temple consacré à Diane. Le vallon était alors couvert de vastes forêts. On y trouvait du chevreuil, du sanglier; en un mot, ce lieu était parfaitement approprié aux goûts supposés de la déesse. Lorsqu'après l'abolition de l'idolâtrie, vers le VIII° siècle, les temples qui existaient encore furent détruits, celui de Diane dut disparaître, et sa destruction fut ordonnée, dit-on, par Charlemagne. .

Ce que nous venons de rapporter est extrait d'une charte produite, en 1369, à Usson, à Jean, duc de Berry et d'Auvergne, et visée par lui. Le seigneur du lieu, qui était d'après cette charte le premier prêtre de la déesse, fit bâtir sur le rocher qui supportait le temple (celui de la Queuille), sur le même emplacement ou du moins à côté, et avec ses matériaux, un château fort qui exista longtemps: mais à la longue sa position escarpée, sa vétusté, plus encore la rigueur du climat, obligèrent les seigneurs à l'abandonner. Des souterrains et des caveaux occupent tout le terre-plein, et même un monticule y fut formé pour les envelopper. On peut encore voir quelques restes de constructions au puy de la Queuille, près d'un marais d'où l'on a extrait des bois travaillés.

Un nouveau château fut construit alors dans le vallon, au lieu dit le Château ou le Marchédial. On en voit encore une tour et des ruines, à gauche, dans la vallée. La tradition rapporte que les bois de charpente furent coupés, portés et placés le même jour par les nombreux vassaux du seigneur.

En 1360, les bandes anglaises vinrent attaquer ce château; mais la garnison les repoussa vivement. Un de leurs chefs fut tué; pour se venger de leur échec, ces pillards ravagèrent le pays. Astorg de Dienne, grand prieur d'Auvergne, se mit à leur poursuite, et ils furent chassés de ces contrées.

Quelque temps après que les murs, qui avaient été endommagés par les attaques des Anglais, eurent été rétablis, Renaud de Murat, pour se venger du seigneur de Dienne qui avait embrassé la cause du duc d'Armagnac , son ennemi, vint attaquer Dienne et le dévasta. Le gouverneur de Carlat, au nom de la vicomtesse Bonne de Berry, l'en chassa et en prit possession provisoirement.

Le château fut encore pillé par des compagnies isolées, en 1441. Le pape Eugène IV lança un monitoire contre les pillards et tous ceux qui avaient pris part à ces dévastations.

Voici l'extrait d'un inventaire fait en 1621, donnant la description de ce manoir tel qu'il se présentait à cette époque:

Il était entouré de fossés et de murailles, avec un pont-levis et des portes ferrées. La première enceinte du château, à droite, avait une tour; les écuries et les jardins s'y trouvaient, et l'autre extrémité était flanquée d'une autre tour.

La deuxième enceinte comprenait le portail, ayant de chaque côté une tour. Cet ensemble de constructions était garni de meurtrières et de mâchicoulis. Il fallait gravir dix à douze marches pour arriver à la grande porte du château, que l'on fermait avec une clé à vis. Il y avait un grand nombre d'appartements. En entrant dans la cour, on apercevait une salle-basse, à droite, avec des fenêtres grillées; venaient ensuite deux autres chambres à fenêtres aussi grillées, et à vitres à losange. A gauche, se trouvaient un cachot voûté, le cabinet des archives, le logement voûté du sommelier, le four du château et un autre cabinet à fenêtres grillées. Une belle fontaine coulait dans cette cour.

Le corps de logis était formé d'une grande tour con tenant un escalier à vis qui desservait les caves, la grande salle et les appartements. On y voyait la chambre des chevaliers, celle de saint-Hubert, celle de saint Jean ; toutes étaient à fenêtres grillées. La cuisine s'y trouvait encore, ainsi que la chapelle. Une galerie faisait le tour de l'édifice, au deuxième étage, et conduisait à la salle d'armes.

La seigneurie de Dienne était considérable, et le château a donné son nom à une des plus anciennes et des plus illustres familles d'Auvergne. Comme elle a fourni à toutes les époques des hommes qui ont marqué dans notre histoire locale, nous allons donner sur elle un rapide aperçu. Un fait à observer, c'est que, lorsqu'ils prêtaient foi et hommage aux comtes do Rodez , leurs suzerains, ils ajoutaient ces mots, en langue vulgaire : A irast et pacats, c'est-à-dire : en temps de guerre comme en temps de paix. Cet usage fut supprimé en 1344 par Renaud, sire de Pons, vicomte de Murat. Quant aux limites de la terre de Dienne, elles étaient alors, d'après l'inventaire cité : le Valrus de Cheylade, les Affars de Graule et de Tissonnières, et la viconté de Murat.

Il a été dit que, d'après la charte produite au duc de Berry, en 1369, l'idolâtrie subsistait encore dans nos montagnes vers le milieu du VIII° siècle; que Charlemagne fit raser le temple de Diane existant alors dans cette commune, et que le premier ministre de la déesse, sans doute par amour pour elle, avait pris les matériaux du temple pour en bâtir un château sur le puy de la Queuille. Il s'était même donné le nom de la divinité, qui devint celui du château et de sa famille; car dans les anciens titres on trouve souvent sa descendance désignée sous le nom de Diane. Le premier seigneur de Dienne que nous connaissons après cette époque est celui qui donna, en 1009, l'église de Dienne à l'abbaye de Blesle. Puis, nous trouvons un autre seigneur de Dienne qui soumit la terre de Chavagnac à Notre-Dame et à l'évêque de Clermont, lorsqu'en 1095 il prit la croix. Léon de Dienne partit pour la croisade, en 1112. Autre Léon de Dienne se croisa avec son fils, en 1140- Léon III de Dienne accompagna le roi Philippe-Auguste sur les rivages de Palestine, en 1190. L'écusson de ce chevalier figure dans la salle des Croisades, au musée de Versailles.

Nous arrivons à la formation des diverses branches de la famille; elles furent au nombre de cinq, savoir: la branche de la Pogeolie, la branche de Chavagnac, la branche de Cheyladet, la branche de S'-Eustache ou de Ste-Anastasie et celle de Balladour.

Reprenons la branche directe. Nous y trouvons Astorg de Dienne, commandeur de Blondeau et grand prieur d'Auvergne. Jaubert de Dienne, assiégé par les Anglais dans son château. Désolé de voir ses terres ravagées et ses vassaux maltraités, il entra en accommodement avec eux et promit des otages ; mais ces otages ne furent pas plutôt livrés, que les Anglais, pour venger un de leurs chefs, tué pendant le siége, massacrèrent l'un d'eux, Guillaume de la Cayrie. Craignant d'être recherché par la famille de la Cayrie, qui lui imputait d'être l'auteur indirect de ce meurtre, Jaubert obtint du roi des lettres qui le relevaient de toute responsabilité.

Guyot II de Dienne fut choisi par la noblesse d'Auvergne pour commander le ban et l'arrière-ban de la province, en 1477. Un autre Guyot de Dienne joua tm rôle important dans les guerres de religion. Il fut médiateur pour M. de Lastic de Sieujeac, au traité passé à St-Flour le 15 mars 1589, de l'avis et consentement de la noblesse du haut-pays d'Auvergne et du Tiers-Etat, dans la contestation entre ce seigneur et le sire de Saillans, dont le château fut mis sous sa garde; ce Guyot de Dienne fut encore mandataire des royalistes, pour la pacification du pays après les guerres de la Ligue, dans l'assemblée tenue à St-Flour vers la même époque. Il commandait alors le château de Murat, et reçut, le 14 juin 1489, du duc d'Armagnac, l'ordre de remettre ce château et la vicomte entre les mains du duc de Bourbon.

La branche aînée liait avec François II de Dienne, bailli des montagnes, qui n'eut pas d'enfants de Gabrielle de Foix, et qui fit son testament en faveur de Gabrielle de Dienne, sa sœur aînée, mariée à Claude de Beaufort-Montboissier-Canillac, à condition que son second fils porterait le nom et les armes de Dienne. Les descendants de ce second fils ont possédé la terre de Dienne jusqu'en 1789.

La plus ancienne branche est celle des Dienne de la Pougeolie. Guillaume de Dienne, fils d'Armand I°r et d'Yrlande de Murat, fut par son mariage avec Alasie, dame du Puy (del Puech), la tige de cette branche en 1250. Elle était naguère représentée par Ferdinand de Dienne, capitaine-commandant la compagnie de grenadiers dans un régiment de la garde royale et cité pour ses hauts faits d'armes dans l'ouvrage intitulé Victoires et Conquêtes.

Louis de Dienne, fils puîné d'autre Louis et de Béranne d'Estaing, devint en 1448 la souche des branches de Chavagnac (voir à cette commune) et de Cheyladet. Charles de Dienne, appelé le chevalier de Cheyladet, fut lieutenant-général en 1718; Balthazar de Dienne devint chef d'escadre de la marine royale et commandeur de St-Louis.

François de Dienne, fils de Guyot et de Françoise de Tournon, forma, en 1520, la souche de St-Eustache, autrement dite de Sainte-Anastasie. Le comte de Dienne de St-Eustache était membre de l'assemblée provinciale d'Auvergne , en 1787.

Antoine II, second fils de François, donna naissance à la branche des Balladours.

Louis de Dienne, fils de Jaubert, se voyant entouré de forteresses occupées par les Anglais en 1392, fit argent de tout ce qu'il put pour conserver une foni' armée capable de leur résister. 11 en vint à vendre à ses censitaires le droit de chasse et de pêche. Mais en 1408. le roi Charles VI le releva de tous ses engagements.

Jean de Dienne, en 1521, fut chargé par le duc d'Albanie de placer une garnison de 80 hommes dans son château, pour maintenir le pays et le préserver des troubles qu'il craignait.

M. de Montboissier, seigneur de Dienne, demanda 1 érection de deux foires dans cette localité; l'une le 11 mai, et l'autre le 9 octobre. M. le subdélégué Tassy de Montluc répondit qu'il n'y avait pas d'obstacle pour l'érection de celle du 11 mai, parce qu'aucune foire ne se tenait ce jour-là dans les environs; mais relativement à celle du 9 octobre, qu'il se trouvait à cette date une foire importante à Cézens, paroisse dépendante de Brezons, et qu'en outre elle nuirait beaucoup à celle de Maillargues qui commence le 10; il estimait donc qu'il valait mieux qu'elle fût fixée du 1°r au 2 octobre. Cette demande, à ce qu'il parait, n'eut pas de suite.

La fabrication des dentelles communes s'est soutenue longtemps à Dienne depuis la fin du XVII° siècle. En 1812, on comptait encore dans ce village une trentaine de femmes qui se livraient à cette industrie.

Les villages et hameaux de la commune de Dienne sont:

Le Barthomier, hameau.

Boudeinche, hameau.

3° Chaumeil, village sur le chemin de Dienne à Murat.

Colange, joli village dans le vallon sur la Santoire, avec un pont en bois et de bonnes prairies. .

Coste-Granier , hameau.

6° Lascombes, hameau.

Drilhes, village dans le vallon vers la Vigerie.

Fortunier, gros village à l'est, du côté de Vernols. Il y existait anciennement un château avec fief qui a appartenu à la maison de Rochefort. Les Anglais s'en étaient emparés en 1382. La famille de Dienne l'a possédé quelque temps. Fortunier passa, par succession, a la famille de Ligondès en 1631; elle le vendit ensuite à M. David Dufour, baron de Villeneuve. Charles et Louis de Gouzel y possédaient des rentes et des propriétés en 1677 ; ils les vendirent à Charles-André d'Allanche. Un rameau de la famille de Fontanges vint s'établir au XVIII° siècle à Fortunier. Antoine de Fontanges y résidait en 1763.

Marchédial, village dans le vallon, où sont les ruines du château de Dienne.

10° Moulin-de-Dienne . hameau.

11° Les Mourandes, hameau.

12° Nozières, gros village dominant le vallon, au nord du chef-lieu.
13° Pejouzou, village.
11° Peuch, village.
13° La Queuille, village près du puy de ce nom, d'où l'on extrait des dalles assez minces, mais très-pesantes, pour la toiture du pays. Il se trouve arsez rapproché du col d'Entremont.

10° La Queuille-Soubrone, au sud du chef-lieu. C'est près de ce village et sur son rocher, non loin d'un marais, qu'étaient, dit-on, le temple de Diane et plus tard le premier château.

17° Renouziers, hameau.

18° Sauvage, village sur le chemin de Dienne à Fortunier. Il domine un très vaste étang dont le canal d'écoulement avait été taillé dans le rocher. Près de l'étang, dans la montagne à vacherie de la Feuillade, on découvre des ruines d'habitations assez importantes. Il s'y trouvait une chapelle sous l'invocation de saint Antoine et dont la porte en ogive, bien conservée, présente les armes aux fleurs de lys sans nombre de la maison d'Apchon. D'après d'anciens titres, la chapelle de saint Antoine appartenait aux religieux de cet ordre, et dépendait de la commanderie de Montferrand. Comme elle se trouvait au milieu de la vacherie, elle fut vendue avec elle en 1646 par les Pères de Montferrand, moyennant 12,000 Iiv., à Isaac Dufour. Cette vente fut approuvée par Jacques Lomme, commandeur de la Feuillade et de Tordre de Saint-Antoine-de-Viennois. Le montant de cette vente fut évalué à 600 liv. de rente annuelle, avec la condition expresse que la messe serait dite dans cette chapelle deux fois par semaine et qu'elle serait visitée tous les trois ans, ce qui a été observé exactement jusqu'en 1789. La chapelle était construite sur un rocher qui, d'un côté, se trouvait au niveau du sol et au centre de plusieurs ruines, et de l'autre, dominait à pic un ravin et des bois de sapins. On remarque encore dans la montagne de la Feuillade un certain nombre de monticules qui pourraient bien être des tombelles gauloises.

19° Trémouleyre, hameau.

20° Tuillières, village.

La montagne de Graule avait été donnée en 1140 par Léon II de Dienne, à Pierre de Mercœur, fondateur du couvent d'Obazine. On bâtit dans cette montagne une maison qui dépendait de ce monastère; mais l'âpreté du climat la fit abandonner, et l'abbé afferma l'herbage à divers particuliers. Ce pacage était considérable. En 1327, Pierre d'Espius, bailli des montagnes, mit sous la main du roi la montagne et la maison d'Obazine; le motif en est inconnu; mais Aymé de Bonnabent, qui lui succéda en 1 329, les rendit à l'abbé.

En 1366, Frère Pierre Auriol, cellerier d'Obazine, et gouverneur ou grangier de la maison de Graule, donna à rentes aux habitants de Nastrat les montagnes de Graule, sur le chemin de Murat à Apchon, moyennant 26 liv. et un denier d'or appelé franc; il se réserva les forêts de Gorces et de la Fayole pour les habitants de Graule et ceux de Ventalhac. On peut distinguer encore les ruines de cette maison sous le gazon qui les recouvre. Elles occupent dans la montagne une assez grande étendue.

La terre de Dienne était du ressort de Vie, à l'exception de Fortunier et Tuillière, qui ressortissaient de la justice d'Allanche, se régissaient par la coutume. Le reste tenait au droit écrit.

Dienne fut compris pour 7,000 liv. dans la taille de 1696. Le sol, en général volcanique, est d'un produit médiocre à cause du froid qui règne dans ces montagnes et du ravinage des terres en pente qui entraîne les récoltes dans les vallons. Ses pacages à vacheries sont de bonne qualité; mais les bestiaux ne peuvent y rester que quatre ou cinq mois de l'année.

P. De C.