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Colandres

Col de Cabre

 — Le Col-de-Cabre est un des plus hauts passages de la chaîne du Cantal; il est compris entre deux pics élevés, le Puy-Perarche et le Puy-de-Bataillouze. Son élévation, suivant la carte de l'état-major donnée dans la 4° livraison (p. 312), atteint 1,539 mètres. Suivant M. Bouillet, son sol se compose de trachytes de diverses nuances, reposant sur des tufs et sur des conglomérats à fragments arrondis, et sur un autre conglomérat à fragments plus anguleux, d'un même trachyte à demi-scorifié. Les vallées de Jordanne et de Dienne se rattachent en ce point. MM. Dufresnoy et Elie de Beaumont désignent le Col-de-Cabre comme faisant partie du bord d'un cratère de soulèvement de 10 kil. de diamètre.

Les rampes de ce col s'enfoncent abruptes dans la vallée de Santoire ou de Pradines, descendent doucement, au contraire, vers la vallée de Jordanne, où elles présentent un grand développement et disparaissent en partie dans la vaste forêt de Rombières; deux rivières, la Jordanne et la branche de la Santoire qui passe par Pradines, y prennent leurs sources. Les pacages y sont de bonnes qualités, les burons multipliés. Le col lui-même ne présente pas une ouverture de plus de 50 à 60 m. environ; il n'a aucune largeur; mais les hauts sommets qui le dominent de part et d'autre lui donnent un aspect extrêmement imposant. Rien n'est plus frappant, mais aussi rien n'est plus variable que le spectacle dont on est saisi quand on aborde ce haut portage de l'Arvernie. Deux horizons, deux contrées se présentent au regard: d'un côté, la vallée de Jordanne, riche et coquette, riante et touffue, diaprée de mille couleurs, accidentée de mille reliefs ; de l'autre, la vallée de Santoire, simple et sévère, gazonnée, mais pauvre en bois et en feuillage. Le long de ces vallées, l'œil descend, d'une part, vers les bruyères du bas-pays, vaguement crayonnées dans l'extrême lointain, et, d'autre part, va chercher peut-être la fée du Chamaroux sur son vert Helicon , belvédère élevé de l'ancien duché de Mercœur. Des coutumes et des mœurs opposées distinguent les populations qui vivent sur les deux revers de la montagne. Leurs traditions et leurs légendes diffèrent, et leurs villages ne se ressemblent pas plus que les sites et les paysages.

Cependant, le soleil qui caressait amoureusement le front de la montagne, pâlit et se voile. La brume s'empare de ces régions alpestres; elle court comme une ombre folle et échevelée de l'une à l'autre vallée; elle inonde toutes les profondeurs. Les rochers semblent pendre sur un abîme sans fond, les sentiers paraissent y plonger; lors, tout-à-coup que le brouillard s'entr'ouve, et qu'à travers un cadre fantastique de vapeur apparaît quelque site pittoresque illuminé par la lumière la plus suave et la plus limpide; tels sont ici les phénomènes que l'on peut admirer souvent, même au milieu des plus beaux jours.

On ne trouve pas au Col-de-Cabre, comme sur la grande Schedeck ou au Wengern-Alp, une auberge où l'on puisse se reposer de ses fatigues. Néanmoins, pendant l'été, de nombreux voyageurs à pied et à cheval fréquentent ce passage, qui abrège pour eux la route de la Basse-Auvergne; le chemin de grande communication allant d'Aurillac à Besse doit le franchir.

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