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Histoire Contemporaine

— Le premier dimanche d'août 1806, un loup enragé, sorti des bois de la Dordogne, parcourut plusieurs localités, mordit divers individus et un assez grand nombre d'animaux domestiques. La population, vivement émue, se mit à la poursuite de l'animal féroce avec l'intention de le détruire: un soldat en congé, le nommé Cirgoudoux , bien que retenu dans son lit par la fièvre, n'hésita pas à se joindre à la foule, et fut le premier à atteindre la terrible béte , lui barra bravement le passage dans un chemin étroit, parvint à la saisir , à la terrasser, et l'étreignit si vigoureusement qu'il donna le temps à d'autres personnes d'arriver à son secours et de l'aider a assommer le loup furieux. Dieu ne permit pas que ce brave militaire devint la victime de son courage et d'un aussi beau dévouement; car, bien que mordu, il n'éprouva aucune atteinte de la terrible maladie, tandis que d'autres personnes, notamment une femme et un enfant du lieu de Combret, moururent hydrophobes. L'ancien soldat Cirgoudoux vivait encore plein de santé en 1852, âgé de quatre-vingts ans. Ces faits nous sont attestés par M. de Fontalard, maire de Champagnac depuis plus de quarante ans, dont nous avons sous les yeux le témoignage écrit. Un évènement semblable, moins la circonstance de la destruction de la bête, arriva le 31 octobre 1823, et cette fois encore deux personnes furent victimes.

Le 14 août 1815, un détachement de vingt-cinq hommes de troupes à cheval, débandé de l'armée de la Loire et qui, sans ordre ni direction, parcourait depuis quelques jours les communes de l'arrondissement de Mauriac en les rançonnant, arriva à Champagnac à huit heures du soir; un maréchal-des-logis, qui avait pris les épaulettes d'officier, le commandait. Sur sa demande, le logement, les vivres et les rations pour les chevaux lui furent fournis; mais le lendemain, jour de l'Assomption, à l'issue de la première messe, M. de Fontalard, maire, à la tête des habitants, désarma cette troupe et fit remettre les armes et les chevaux à l'autorité départementale. Des lettres du préfet du Cantal et du sous-préfet de Mauriac, en date des 16 et 17 août, consacrent le souvenir de cet acte d'énergie.

On aura sans doute remarqué que nous avons plusieurs fois fait mention des escarpements qui bordent les rives de la Dordogne. C'est surtout dans la partie nord de la commune que la rivière a creusé son lit dans la roche granitique, à une grande profondeur, et dont les abords sont inaccessibles aux hommes et aux animaux ; les bêtes fauves même ne peuvent y aborder. Aussi, lorsqu'il arrive que des moutons et des chèvres s'engagent trop en avant pour brouter les tiges ou les herbes qui croissent sur les crêtes de ses parages abruptes, il n'est pas rare d'en voir rouler dans le gouffre ou dans des précipices, d'où on a toutes les peines du monde à les retirer vivants.

Et encore, lorsqu'il ne s'agit que des animaux, les malheurs ne sont pas irréparables; mais des hommes aussi deviennent quelquefois victimes de leur imprudence. Le 24 juin 1841, le nommé Pierre Andrevy, du lieu de Chaissac, ayant voulu gravir des rochers pour couper des manches de râteaux, tomba de plus de 100 mètres de haut dans un précipice où il se brisa. Le maire, averti de ce triste évènement, réunit une vingtaine d'hommes résolus et se rendit sur le théâtre de la catastrophe avec le dessein de retirer le cadavre du malheureux Andrevy de l'abîme où il gisait, pour le rendre à sa famille et lui procurer la sépulture ecclésiastique. Des hommes, munis d'échelles et de cordes, descendirent au fond du précipice obstrué d'épines, de branches et de blocs de rochers; mais il ne fallut pas moins de neuf heures de travail et d'efforts pour accomplir la noble tâche qu'on avait entreprise, et, sans la précaution qu'on eut d'envelopper le corps de la victime avec des couvertures dans lesquelles on le ficela comme un ballot pour le hisser à travers les aspérités et les parois des rochers, on n'eût retiré que des lambeaux de chair.

Fort heureusement, de semblables malheurs n'arrivent que très-rarement; souhaitons qu'ils ne se renouvellent jamais.