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PRIEURE DE FILLES

 

Prieuré De Filles. — Il a existé anciennement au bourg de Champagnac un couvent de religieuses de l'ordre de St-Benoît, avec titre de prieuré. L'époque de sa fondation, non plus que les noms de ses fondateurs, ne sont pas connus; mais comme il dépendait de l'abbaye de Bonnesaigne, en Limousin, à laquelle les vicomtes de Ventadour firent tant de libéralités, il convient d'attribuer à ceux-ci le mérite de cette œuvre pie. Ce n'est qu'une conjecture, à la vérité; mais elle nous paraît d'autant mieux fondée que, dès le XIII° siècle , ces mêmes vicomtes possédaient la terre de Charlus, dont les barons étaient seigneurs justiciers de la majeure partie de la paroisse de Champagnac, et leurs successeurs, tels que les La Tour-d'Auvergne, les Beaufort-Turenne, les Levis, le furent jusqu'à la fin du dernier siècle. (Voyez Bassignac.) Quoi qu'il en soit, le prieuré de Champagnac subsista jusque vers le milieu du XVII° siècle, où il fut définitivement réuni à l'abbaye de Bonnesaigne et placé sous la seule autorité de l'abbesse de ce monastère. C'est aussi à cette époque qu'il convient de rapporter la destruction des bâtiments dont il ne reste plus de traces. Les prieures de Champagnac, et après elles les abbesses de Bonnesaigne, prélevaient la dîme dans toute la paroisse et jouissaient du droit de justice sur une partie. Nous avons recueilli les noms de quelques-unes des prieures, ainsi qu'un petit nombre de faits qui les concernent; nous avons cru bien faire en leur donnant une place dans le présent article.

Antoinette D'anglards, de la maison de ce nom, était prieure de Champagnac en 1441.

Marie de St-Chamant, fille du seigneur comptour de Scorailles, le fut en 1515. Elle fut plus tard coadjutrice de Marguerite de Gimel, sa tante, abbesse de Bonnesaigne, alors malade, et à laquelle, à ce qu'il paraît, elle fit subir de mauvais traitements, pour conserver l'autorité qui ne lui avait été confiée que provisoirement.

Antoia Du Bonzet était prieure de Champagnac avant le 22 mai 1536, époque à laquelle elle résigna entre les mains de Blanche de Châlons, exerçant l'autorité abbatiale au nom de Marguerite de Gimel, abbesse de Bonnesaigne, absente.

Anne De Roffignac succéda à la précédente et résigna elle-même, le 23 mai 1539, entre les mains de Marguerite de Gimel, qui en pourvut la suivante le même jour.

Antoinette De Sartiges De Lavandès , d'abord religieuse à l'abbaye de la Règle, de Limoges, n'avait encore que vingt ans lorsque par bulle du pape Jules II, du 4 des nones de mai 1507, elle fut pourvue du prieuré de la Mongerie en Limousin, puis transférée à celui de Champagnac dont elle prit possession le 25 mai 1539, avec le cérémonial d'usage et dont on trouve le détail dans le procès-verbal dressé à cet effet par M. Textoris, notaire requis. Cette prieure résigna à son tour en faveur d'autre Antoinette de Sartiges de Lavandès, sa nièce, sous la réserve de la moitié du revenu du prieuré et sa demeure dans la maison prieuriale, le tout à titre de pension sa vie durant, ce qui fut sanctionné par bulle du pape Paul III, donnée à Saint Pierre de Rome le 12 des calendes de janvier 1542. Cette bulle, aussi curieuse par la forme que par le fond, est aux archives de la famille de Sartiges, au château de Sourniac; elle est ainsi conçue:

« Paul évêque serviteur des serviteurs' de Dieu, à notre bien-aimée fille en

Jésus-Christ, Antonia de Lavandès, religieuse de l'ordre de St-Benoît, salut et

bénédiction apostolique : les témoignages honorables et dignes de foi qui vous s recommandent auprès de nous, par votre zèle pour la religion, votre vie irréprochable et les mérites de vos vertus nous engagent à vous accorder favorablement ce que nous voyons vous être avantageux. Puisque donc vous avez résigné librement aujourd'hui et spontanément entre nos mains, le prieuré de religieuses de Champagnac en Auvergne , de l'ordre de St-Benoît, diocèse de Clermont, et que nous avons conféré de notre autorité apostolique ledit prieuré à notre chère fille en Jésus-Christ, Antonia de Sartiges de Lavandès, et que nous l'en avons pourvue , comme en font foi nos lettres données à ce sujet; voulant vous accorder une grâce spéciale en vue de vos mérites et pourvoir à une subvention en votre faveur , afin que la résignation dudit prieuré ne vous devienne pas trop dommageable , nous vous accordons la moitié des revenus dudit prieuré, laquelle moitié sera libre et exempte de toute charge; nous vous » accordons aussi, la moitié de la maison du même prieuré où vous résidez actuellement, et aussi, du jardin ou verger contigu pour être perçue par vous exigée , levée , et possédée en usufruit votre vie durant, en sorte que vous ne puissiez être empêchée, troublée, ou inquiétée par ladite Antonia ou par celles qui lui succéderont, au sujet de votre dite pension annuelle, ayant l'exprès consentement d'Antonia elle-même, donné par procuration spéciale.— Mandons, en conséquence, à nos chers fils les officiaux de Clermont, de Lectoure et de Tulle, de faire par eux-mêmes ou par d'autres, que vous jouissiez, par notre autorité apostolique, de la libre perception de ladite moitié des fruits et revenus, etc., etc. Que personne n'ose ni se permette de rien changer à cette réserve , concession, assignation et mandat d'usufruit ou y contredire par une hardiesse téméraire. Que si quelqu'un osait l’entreprendre, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul. — Donné â Saint-Pierre de Rome, l'an de l'incarnation 1542, le 12 des kalendes de janvier, et de notre pontificat la neuvième année.

Antoinette De Sartiges De Lavandes, deuxième du nom, succéda à sa tante aux conditions sus relatées. Elle avait fait profession entre les mains d'Anne du Breuilh, abbesse du monastère de Bugue, diocèse de Périgueux, le 29 avril 1538, étant alors dans l'église du prieuré de la Mongerie au diocèse de Limoges. L'administration d'Antoinette de Sartiges à Champagnac ne fut pas de longue durée, étant morte en 1548.

Catherine D'auriol , nommée après le décès de la précédente, trouva trop onéreuse la charge d'usufruit que s'était réservée l'avant dernière prieure qui vivait encore ; elle prétendit, pour s'y soustraire, que ce droit d'usufruit devait cesser après la mort de celle qui s'y était soumise, laquelle avait bien pu s'engager personnellement, mais non pas obliger les prieures qui lui succéderaient. Cette prétention repoussée par Antoinette de Sartiges de Lavandes, première du nom, donna lieu à une contestation au sujet de laquelle des jurisconsultes donnèrent des avis motivés ; mais la bulle de janvier 1542 était formelle, et I'official du diocèse de Clermont, par sentence du 16 juin 1548, donna gain de cause à Antoinette de Lavandes. Catherine d'Auriol ne vivait plus le 30 avril 1553, date à laquelle Antoinette de Lavandès, en prévision des difficultés qui pouvaient surgir à l'installation d'une nouvelle prieure, fit notifier la bulle de 1542 à Marie de Saint-Chamand, abbesse de Bonnesaigne, qui déclara tenir ce titre pour valable et ne pas vouloir mettre obstacle au droit qu'il conférait.

Ici s'interrompt, pour nous du moins, et pendant près d'un siècle, la succession des prieures de Champagnac; puis nous trouvons:

Marie-françoise De Monthorin, fille de Louis et de Marie de Beaufort-Canillac, et par conséquent nièce de Gabrielle Beaufort-Canillac, abbesse de Bonnesaigne, fut prieure de Champagnac en 1636. Anne de; Montmorin, sa sœur, dabord prieure de Villevalée, devint abbesse de Bonnesaigne en 1651 ; celle-ci mourut en 1683.

Charlotte De Cros De Berai.de Planèze, cousine-germaine des précédentes, prieure de Champagnac dès l'an 1650, l'était encore en 1670. On présume que c'est vers ce temps que le couvent fut abandonné, ses revenus étant réunis à ceux de l'abbaye de Bonnesaigne, dans laquelle se succédèrent, en qualité d'abbesses: Claude de Lévis-Ventadour, de 1683 à 1701 ; Catherine de Beauverger-Montgon, de 1701 à 1730; Léonarde d'Ussel, morte en 1777; autre Léonarde d'Ussel-Châteauvert, en 1781. Mais nous devons faire observer ici que, dès l'an 1759, le siége de l'abbaye de Bonnesaigne avait été transféré à Brives et que ses revenus s'étaient augmentés de ceux du monastère de Sainte-Claire de la même ville.