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 La commune de Chalinargues aujourd'hui

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CHALINARGUES

 

— La commune de Chalinargues, canton et arrondissement de Murat, à 8 kil. de cette ville, est limitée au nord par celles d'Allanche et de Vernols; au sud , par celles de Virargues et de Celles; à l'est, par la commune de S'°-Anastasie, et à l'ouest, par celle de Chavagnac.

La surface de son territoire est de 2,750 hectares, dont 1,500 hectares en terres cultivées, de bonne qualité; 700 hectares en prés et pacages, dont quelques parties sont marécageuses; 500 hectares en bois, principalement essence de pins et de sapins; et 50 hectares en terres de bruyère et de vaine pâture.

Elle est arrosée par la rivière d'Allanche; par le ruisseau de la Gane, qui prend sa source dans la forêt de pins nommée la Pignatelle, coule au nord et va se jeter dans la rivière d'Allanche, au-dessus du bois de Nuits; par celui de Mouret, qui naît près du domaine de Pecher, passe au couchant de Mouret où il alimente des moulins , et va se déverser dans la rivière d'Allanche, au dessus du Bousquet, commune de Ste-Anastasie, après avoir ouvert une brèche profonde au travers d'une roche basaltique, d'où il tombe à gros bouillons en formant une belle cascade ; les ruisseaux de Chobezal, Neufons, la Gazelle, Fraissinet, de Longuet, de Chalinargues, de Joucontou, de Tissonnière, de Longuet.

La population de la commune, d'après le dernier recensement, est de 1,313 habitants, répartis dans 7 villages, 2 hameaux et 282 maisons.

Chalinargues, le chef-lieu, est un bourg bien bâti, traversé par le chemin de grande communication, n° 3, de Murat à Allanche. Sa population s'élève à 500 âmes. Son château le dominait au couchant ; il fut pris et dévasté, en 1362, par les Anglais que Guillaume de Cardaillac avait fait venir de Brioude.

L'église de Chalinargues est dédiée à saint Martin-de-Tours. Une partie de la construction en est fort ancienne; mais, ayant été agrandie ou restaurée à diverses époques, elle offre plusieurs genres d'architecture. Le chœur est de style roman; l'entrée en est étroite, d'une forme disgracieuse, et son arceau plus fermé d'un côté que de l'autre. L’édifice, dans son ensemble, affecte la forme carrée. La voûte de la nef principale est de forme ogivale; ses arceaux sont supportés par des figurines d'hommes ou d'animaux grimaçants. Le campanille du clocher, à peigne, comme dans toutes les églises romanes du haut-pays datant du XII° ou XII° siècle, est très-massif et surhausse le pignon occidental. Cette forme varie rarement dans les clochers de nos montagnes.

L'église de Chalinargues était jadis un prieuré , réuni en 1414, par le pape Jean XXIII, au chapitre de Notre-Dame-de-Murat, qui en prit possession la même année. Jean Landeyrat en était alors prieur. Les gens de la religion réformée tentèrent de l'incendier en 1580. Le chapitre faisait desservir cette cure par des vicaires amovibles. Le corps nommait un chanoine titulaire à vie, et ces chanoines-curés prenaient tous les ans des lettres de non résidence et n'allaient à leur bénéfice qu'aux principales fêtes. Comme il n'était pas permis de tenir des bénéfices incompatibles pendant plus d'une année , Jacques Ganilh et Pierre Bormon, prêtres, se pourvurent par dévolu en cour de Rome et obtinrent du parlement, le 13 septembre 1680, une vicairie perpétuelle pour Chalinargues.

François de Clavières fut recteur en 1483, sous la dépendance du chapitre; Antoine Liadouse, en 1642; Jean Vernhe, en 1650, après avoir été longtemps en discussion avec Liadouse, son prédécesseur; Jacques Ganilh, en 1681, et Duclaux, en 1 783. Il y avait dans l'église, en 1687, une chapelle dite de Gorce.

Comme les villages et hameaux de cette commune sont fort éloignés du chef-lieu et très-disséminés, dans l'intérêt du service religieux, Mgr l'évêque de Saint-Flour a obtenu l'érection d'une succursale à Mouret.

La seigneurie de Chalinargues était connue au commencement du XIII* siècle. Guillaume 1°r, comptour d’Apchon, en fit hommage, en 1230, à Hugues de La Tour, évêque de Clermont. Astorg de Dienne en était propriétaire, ainsi que du château, par suite du traité passé par lui avec son frère, en 1278. Au commencement du XIV° siècle, cette seigneurie fut divisée entre les familles de Rochefort et de Villebœuf. Madeleine de Villebœuf hérita de la seigneurie de Chalinargues, en 1516, et la porta en dot à Antoine de Sévérac.

Jean de Villebœuf ayant été accusé de trahison et de vexations, fut arrêté et eut ses biens confisqués. François de Montceaux, seigneur de Brousse, les acheta et devint seigneur en partie de Chalinargues et de Rancilhac; il en fit hommage, en 1539, à Artaud d'Apchon. Une particularité de cet hommage fut que le seigneur de Montceaux, s'étant rendu au château d'Apchon, trouva les portes fermées à deux clés; il se mit alors à genoux au-devant, baisa le verrou et fit constater son hommage par un procès-verbal.

La partie de la seigneurie de Chalinargues qui était échue à la famille de Rochefort, advint à Etienne de Vernols, par suite de son mariage avec Bertrande de Rochefort, fille de Géraud. Le seigneur de Vernols, en 1380, réclama le droit de préséance dans l'église de Chalinargues, comme petit-fils de Géraud de Rochefort. Jacques de Charte, qui représentait la famille de Vernols, fut mis en possession, en 1110, des droits de François de Montceaux, dont il était neveu, et en obtint la cession de son oncle. Pierre de Miremont y prétendait aussi à la même époque.

Ce fut à peu près vers le même temps que le comte d'Armagnac et le baron d'Apchon eurent de grands démêlés à l'occasion de la suzeraineté de cette seigneurie. On en vint aux armes; mais l'avantage resta au comte dont les troupes, composées de plusieurs gentilshommes à cheval et de 500 hommes de pied, se portèrent sur Tissonnière et firent prisonniers les gens du seigneur d'Apchon, ainsi que Louis de Villebœuf. Cette querelle se termina par l'intervention du roi, qui se prononça en faveur du baron d'Apchon.

Nous trouvons, en 1528, Antoine de Dienne seigneur en partie de Chalinargues et habitant le château; il y donna sa procuration pour le mariage de François, son fils, avec Gabrielle de Foix, dame de Merdogne.

Antoine de Sévérac, seigneur de l'autre partie de Chalinargues, vivait en 1609. Madeleine de Villebœuf, sa veuve, donna, en 1623, 2,000 liv. à sa fille, Marguerite, qui avait épousé François Chalvet de Rochemonteix, et fit son héritière universelle Louise d'Albois, fille de François, seigneur de Brives, et de Françoise de Sévérac; en cas de mort sans enfants, tous ses biens devaient revenir aux jésuites d'Aurillac, au détriment de ses fils, Jean, Pierre et Gilbert, dont elle avait eu à se plaindre. Jean de Sévérac n'en devint pas moins seigneur de Chalinargues et de Ségur, en 1623. N'ayant pas eu d'enfants, Jean-Antoine de Sévérac, son cousin, seigneur du Chaylar , le Bac et Rancilhac, devint son héritier vers 1648. Autre Jean-Antoine de Sévérac vendit, en 1732, la partie de cette seigneurie qu'il possédait a N. de Dienne du Cheyladès; elle passa de lui au comte de Chambonnas, marquis de la Garde, qui épousa son héritière, Madeleine de Dienne; mais ils ne jouirent pas en paix de la seigneurie. Madeleine étant devenue veuve, eut, en 1757, un grand procès à soutenir contre Catherine Le Blanc, veuve de François de Sévérac, fils d'Antoine. Il paraît que les troubles politiques qui survinrent ne permirent pas à cette affaire de recevoir une solution.

Outre la seigneurie de Chalinargues, on voyait aussi dans la même commune le château du Chaylar. Les ruines de ce château existent encore ; il était construit sur un rocher, au bord d'un bois, et dominait le village. Près de ses murs tombe une cascade qui rend cette partie du paysage très-pittoresque quand on la regarde de la route de l'Allagnon.

Le Chaylar était anciennement dépendant de la vicomté de Murat. Guillaume I°r soumit, en 1095, la terre et le château à Notre-Dame de Clermont : Arsende de Murat, dame du Cheylar en 1240 , la porta en dot à Armand I°r, seigneur de Dienne. Cette famille en jouit intégralement jusqu'en 1330. A cette époque, Bertrand de Peyre, baron de Pierrefort, y avait quelques droits. En 1357, le château du Chaylar fut pris et pillé par les Anglais. Après l'extinction de la branche aînée de la famille de Dienne, par la mort de François, qui n'eut pas d'enfants, cette seigneurie échut à Jean-Claude de Beaufort-Canilhac , qui avait épousé Gabrielle de Dienne, sœur de François. Celui-ci la vendit, en 1596, à Antoine de Sévérac, seigneur de Chalinargnes; elle passa de nouveau, au XVIII° siècle, dans la famille de Dienne, puis dans celle de Chambonnas, et enfin dans celle de Lastic, par le mariage de Jean-Antoine de Lastic de Fournel, qui épousa , en 1768 , Marie-Françoise de Lagarde de Chambonnas, dernière héritière de cette famille. Jean-Antoine de Lastic fut le dernier seigneur du Chaylar.

Nous avons rapporté, à l'article d'Allanche, une légende sur le Chaylar; nous n'en parlerons ici que pour mémoire.

Le Chaylar avait un souterrain dont on ignore l'issue, mais dont l'entrée se trouve dans les ruines du château. En 1816, une bande d'une vingtaine de brigands en avait fait son lieu de refuge; elle allait vers la Lozère exercer son industrie et rapportait là son butin. L'autorité, mise sur leur voie, parvint à faire arrêter un grand nombre de ces bandits; plusieurs furent condamnés au bagne et y sont morts. L'entrée du souterrain a été bouchée.

Quatre fiefs se trouvaient encore dans la commune de Chalinargues: 1° Mouret, gros village sur le chemin d'Allanche; il est parfaitement bâti sur un mamelon et domine la route. Ce fief avait longtemps appartenu au chapitre de Brioude. Bernard, comte d'Auvergne, et Lingarde, sa femme, donnèrent, en 849, sa chapelle à l'église de Brioude. En 1100, Mouret donna lieu à des discussions entre l'abbé et le doyen de Brioude. Odilon de Mercœur, doyen, et le chapitre traitèrent en 1258.

Il a du exister très-anciennement un château à Mouret, et en 1684, une partie du village se nommait encore le quartier du Chastel.

Armand de Traverse fut co-seigneur de Mouret, en 1255, avec Hugues et Guillaume de Colonges. En 1414, c'était Armand de Cousans.

Le chapitre de Brioude vendit plus tard à Annet de Bosse, moyennant 3,500 liv., les droits qu'il avait sur ce flef; en 1577, il fut porté en dot, par Clauda de Besse, à Sébastien de Villebœuf. Quelques années après, Madeleine de Villebœuf s'alliait à la famille de Sévérac. Madeleine lit faire à la chapelle de nombreuses restaurations, devenues nécessaires par suite des ravages causés par les huguenots. C'est cette même chapelle qui, sous l'invocation de sainte Madeleine, est aujourd'hui érigée en succursale.

La Péchaud, hameau et petit château entouré d'arbres et de prairies, sur un plateau qui domine la vallée d'Allagnon. Ce flef a appartenu à la famille de Sévérac. François de Chalus, baron de Cousans, avant épousé en 1623 Marguerite de Sévérac, percevait en 1647 les dîmes de la Péchaud, pour parfaire la dot de sa femme qui n'était pas encore payée.

François de La Volpilière fut seigneur de la Péchaud en 1688, et Claude-Gilbert de Sévérac, seigneur d'Auxillac, en jouissait en 1725.

Rancilhac, village et château sur le chemin de grande communication, n° 5, d'Allanche à Murat, et près de la forêt de pins. C'était un fief qui appartenait à la famille de Villebœuf. Jean de Montceaux en devint seigneur après la confiscation faite sur François. Il rentra plus tard dans la famille de Villebœuf, et échut ensuite à celle de Sévérac. Jean-Antoine de Sévérac en était seigneur en 1671 ; il servait sous le maréchal de Turenne.

Les seigneurs de Rancilhac et d'Auzolles étaient ennemis au commencement du XVII° siècle. Le dernier fit, en 1612, de fréquentes tentatives pour dévaster le château de Rancilhac; mais la place était bien défendue, et il ne put réussir à l'enlever.

Rancilhac avait donné son nom à une famille qui dut être titulaire de ce fief avant celle de Villebœuf, et que l'on trouve antérieurement à 1600, fixée au château de la Viala , commune de Ségur. Un de ses membres joua un rôle important dans les guerres de la Ligue. Le sire de Rancillac , d'après le manuscrit de l'abbé Teillard, fut, en 1588, l'un des délégués du haut-pays qui signèrent le traité passé à cette époque, à Saint-Flour, entre les royalistes et les ligueurs. Le président de Vernhe, dans son rapport à Henri IV, le signale comme un des hommes influents. Il était alors en possession du château de Roffiac, dans lequel, suivant l'auteur des Guerres religieuses en Auvergne (M. Imberdis), il reçut le sieur de Lastic de Sieujac.

Nous retrouverons cette famille à Murat, où l'un de ses membres acheta, en 1613, de Jacques de Brezons, le domaine franc et noble de Chazelles et en prit le nom.

Tissonnière, village près de la Péchaud et sur le ruisseau qui porte son nom. Louis de Villebœuf possédait ce fief et le château qui s'y trouve; il fut pris par le duc de Nemours en 1471. Claude de Salesse fut seigneur de Tissonnière en 1642, et son fils, qui lui avait succédé, le vendit en 1666 à la branche de la famille Teillard , connue sous ce nom , et qui se distingua par ses services militaires. René Teil1ard, écuyer, brigadier des gendarmes des compagnies Rouges, se trouva en 1745 avec son fils, alors âgé de douze ans, à la bataille de Fontenoy. L'un et l'autre survécurent à cette bataille. Le fils, succombant à la fatigue du combat, s'était, le soir, couché et endormi dans un fossé. Son père le crut mort, et ce fut le lendemain seulement qu'il reparut sain et sauf. Comme sa compagnie avait été presque détruite dans cette affaire, il se trouva a la tête de son contrôle, devint porte-étendart, puis lieutenant des gendarmes, mestre-de-camp, et mourut âgé seulement de 42 ans. Il avait épousé Mll° Rancilhac de Chazelles, dont il n'eut qu'une fille , mariée à N. de La Carrière de Comblat, officier aux Gardes françaises, et qui lui porta la terre de Tissonnière en 1772.

Les autres villages et hameaux de la commune de Chalinargues sont:

Fraissinet, sur le ruisseau du même nom.

Mazières, au sud, sur la rive opposée à Fraissinet.

Mons-de-Ferrand, à l'est de Chalinargues.

Les Moulins-de-Mouret, hameau.

Nuis, village.

M. de Sistrières dit, dans son manuscrit, que les seigneuries de Chalinargues et du Chaylar, leurs terres et dépendances, d'après les aveux anciens et modernes, étaient des fiefs francs et nobles, relevant de la vicomté de Murat, d'après un jugement contradictoire du siége présidial et d'appeaux du Carladès, confirmé par arrêt du Parlement, le 11 août 1670. Les droits seigneuriaux et les redevances des paysans furent réglés à cette époque. Le château de Chalinargues fut reconnu fief de l'abbé d'Aurillac.

Le seigneur d'Apcher de La Grailles avait un fief à Mons-de-Ferrand ; il relevait du vicomte de Murat, d'après les hommages anciens et modernes rendus à ce vicomte.

Françoise de Tournemire, demeurant à Murat, veuve et héritière de Jean de Traverse, recevait en rente foncière, au village de Mazières, quatre septiers de seigle, trois quartons de froment. trois quartons de pois, six raz d'avoine et cinquante sols d'argent, et avait justice jusqu'à soixante sols, ainsi que cela fut reconnu, en 1669, par MM. les trésoriers de France.

MM. de Marlat et de La Motte, résidant en Limousin, avaient des cens et rentes à la Péchaud , qui appartint à la seigneurie de Massebeau, d'après l'hommage rendu aux vicomtes de Murat, en 1538 et 1609.

La commune de Chalinargues est l'une des plus importantes du canton de Murat par sa population et sa fertilité; elle approvisionne en grains les marchés d'Allanche et de Murat. Les prairies artificielles y sont cultivées avec soin. Elle fut comprise pour la somme de 7,500 liv. dans l'imposition de 1696. Son chef-lieu est le siége d'une perception et la résidence du percepteur. Deux foires importantes pour les bestiaux et les moutons s'y tiennent les 22 mai et 25 septembre de chaque année ; elles sont très-suivies. On y a aussi établi, depuis quelques années, une brasserie qui dessert Allanche et Marcenat

Chalinargues et ses dépendances étaient de droit écrit.

P. De C.