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 VÉGÉTATION DES PRAIRIES HAUTES.

Lorsque la zone des sapins ou des hautes forêts de hêtres existe sur le flanc des montagnes, presque toutes les pelouses qui les dominent peuvent être considérées comme appartenant à la région que nous allons décrire. Si ces arbres manquent, les prairies hautes n'en existent pas moins, et dans tous les cas leur limite inférieure est à environ 1,300 mètres d'élévation absolue; on voit qu'elle descend d'environ 200 mètres dans la région des forêts hautes. Mais chacune de ces associations végétales exclut l'autre presque entièrement. De 1,300 mètres au sommet du Plomb, qui est le point culminant du Cantal, on voit que cette végétation se développe sur échelle verticale de 500 à 600 mètres.

Quoiqu'on atteigne une hauteur suffisante pour être pourvue de plantes véritablement alpines, on n'en rencontre qu'un très-petit nombre et parallèle pour sa hauteur avec la zone des rhododendrum, dans les Alpes, elle se trouve placée immédiatement au-dessous par sa végétation.

Cette zone offre au Cantal une grande étendue; elle couvre d'immenses plateaux, et cache la nudité des larges nappes de basalte et de trachyte; elle revêt les pentes des pics ravinés qui sont rassemblés au centre de ce groupe et qui s'élèvent comme des îles au milieu de l'atmosphère.

Cette végétation est la même que celle du Mont-Dore et du sommet du Puy-de-Dôme.

Cette grande association renferme la majeure partie des plantes intéressantes qui croissent dans le Cantal; elles forment des gazons très-serrés, se mélangent dans des proportions très-différentes et s'épanouissent successivement depuis le mois de mai jusqu'au milieu de septembre, époque à laquelle la neige vient quelquefois cacher leurs fleurs.

Les graminées forment ici, comme dans toutes les prairies, la base des gazons; mais ce ne sont point les plantes qui se développent les premières. On voit paraître auparavant sur toutes les pelouses quelques fleurs de l’anémone montana. très-voisine de la pulsatille , et sur le sommet du Plomb et du Puy-Mary seulement , l’anémone vernalis, échappée des Alpes ou des Pyrénées, et se reposant comme ces oiseaux au vol rapide sur les points culminants situés entre les deux chaînes. L'anémone des Alpes est beaucoup plus commune, et, dès qu'elle commence à paraître, de nombreuses espèces se succèdent avec rapidité ; ce n'est cependant qu'à la fin de mai et dans le commencement de juin que l'on voit çà et là ces groupes d'anémones qui présentent un grand nombre de variétés. Les fleurs sont plus grandes que dans les Alpes.

La variété soufrée occupe à elle seule des cantons tout entiers. On voit paraître, disséminées, les jolies touffes d'androsace carnea dont les fleurs roses se groupent si agréablement près du bleu pur du gentiana verna; le cardamine resedifolia, le thlaspi alpestre et quelques autres crucifères élèvent leurs épis de fleurs blanches au milieu de cette végétation printanière dont les nuages entretiennent la fraîcheur. Le geum montanum étale ses larges fleurs jaunes à l'abri de quelques rochers, près desquels existent encore des amas de neige. Le soleil et la pluie en diminuent tous les jours l'étendue, et l'on voit le soldanelta montana dérouler ses pétales frangées sous l'herbe jaunie de l'automne précédente. On la voit pendant plus d'un mois suivre, sur les pentes des plus hautes montagnes, les lisières inférieures de la fonte des neiges A la même époque on rencontre, éparse sur la pelouse, une jolie variété du myosotis des prairies dont le bleu est plus pur, les fleurs plus grandes et les tiges plus courtes.

Il est difficile de rencontrer une association plus gracieuse que celle de ce myosotis avec l’androsace carnea et la gentiane bleue que nous avons cité tout-à-l'heure, quand ce groupe de plantes naines est situé près d'une large touffe d'anémones à fleurs soufrées. Le trollius europœus , si commun dans les prairies basses, reparaît au-dessus des sapins, mais plus tard que dans les vallées; il s'élève jusqu'aux plus hautes sommités où il est presque toujours associé au narcisse jaune qui est ici l'équivalent du narcisse des poètes, qui ne paraît jamais au-dessus de 1000 mètres. A la fin de mai et dans la première quinzaine de juin, les anémones sont en partie garnies de leurs aigrettes soyeuses ; leur feuillage s'est développé; mais on rencontre encore beaucoup de fleurs tardives, surtout dans les lieux élevés. La végétation devient très-active: le trèfle des Alpes montre partout ses couronnes purpurines et fleurit en même temps que le plantain des Alpes qui presque toujours l'accompagne. Les jeunes poussent des graminées percent les feuilles jaunies dont elles étaient entourées.

Le nardus stricta, vulgairement appelé poil-de-bouc, la plus commune de cette famille, couvre d'immenses plateaux, mais s'élève rarement au sommet des pics.

L'agrestis rupestris contribue à gazonner ces lieux élevés avec le phleum alpinum. L'avena versicolor, l’aira montana, le sesleria cœrulea, le festuca aurea, le poa compressa et plusieurs autres qui font aussi partie des prairies inférieures. Quelques carex se mêlent aux graminées, mais ils sont en petit nombre. De larges buissons de genévrier se chargent de feuilles nouvelles; quelques pyroles se cachent dans les lieux les plus rapprochés des forêts, tandis que l’ajuga alpina , le pedicularis foliosa et le biscutella lœvigata arrivent jusqu'au sommet du Plomb où ils rencontrent la variété montana du brassica cheiranthos. Le mois de juillet, auquel on peut joindre les huit derniers jours de juin, offre dans ces lieux élevés le plus beau tableau de la végétation que l'on puisse voir au Cantal.

Il est bien peu d'espèces qui aient complètement disparu, bien peu qui ne soient pas encore épanouies.

On voit les dernières fleurs des vaccinium et des arbutus souvent cachées sous le feuillage des fougères. Le geum montanum offre à la fois des fleurs et des aigrettes colorées qui succèdent à celles qui sont flétries.

Le silène ciliata étale ses gazons sur les pentes rapides du Plomb et ne se retrouve plus que sur le plateau d'Esquierry , au centre des Pyrénées. La potentille dorée émaille la verdure de ses fleurs nombreuses dont la couleur jaune contraste si agréablement avec le bleu des phyteuma et le feuillage argenté de l'alchimile des Alpes. Le juncus filiformis, le luzula spicata, le lycopodium selayo, le botrichium lunaria, l’orchis albida, le cerastium alpinum composent, en se mêlant aux graminées, les plantes les moins élevées de cette région. On y remarque aussi une foule de variétés du viola sudetica

Au-dessus des fleurs de ces plantes, on distingue les découpures infinies du meum et ses ombelles blanches et odorantes; à côté foisonne l’arnica avec ses disques d'or et les ombelles rosées de l’athamantha libanotis. Le martagon s'élève aussi jusque dans cette région où la grande gentiane est aussi commune, mais plus tardive que sur les pelouses inférieures ou sa floraison est déjà terminée.

Il serait trop long d'énumérer les espèces qui se hâtent de jouir de ce court été des hautes régions du Cantal. Toutes les pentes des sommités sont couvertes de grandes plantes et d'autres plus petites qu'il est difficile d’apercevoir, tant est grande la vigueur des premières. C'est surtout en parcourant les versants du Plomb, le Col-de-Cabre, le Puy-Mary, Griou, les crêtes du Lioran et les parties élevées des belles vallées de Vie , de Fontanges, du Falgoux, que l'on peut jouir de l'ensemble de cette végétation. Outre les espèces précédentes, on y rencontre encore le geranium pyjrenaicum et le g. sanguineum, les pedicularis comosa et foliosa, souvent cachées par les larges feuilles du veratrum album; plusieurs composées descendent jusqu'aux pentes inférieures, et l'on trouve en les parcourant la serratula tinctoria, le senecio doronicum , le centaurea montana, le cirsium glutinosum. Un seul genêt, genista prostrata, monte jusque sur le sommet du Plomb et y reste confiné; le genista pilosa atteint presque la cime du Puy-Mary, et deux autres espèces, le g. purgans et le g. Delarbrei, espèce très-remarquable ,à feuilles larges et luisantes , forment une ceinture interrompue autour des points saillants sans dépasser la hauteur de 1,500 mètres. Août présente encore quelques espèces tardives qui ont manqué à la réunion générale : le diantlnis monspeliensis ne fleurit guère qu'à cette époque, ainsi que le d. seguieri. Le crépis grandiflora orne les pentes de ses belles fleurs jaunes avec le jasione perennis, l’euphrasia minima et le campanula linifolia. Quelques individus appartenant aux espèces précédentes et ombragées par le grand développement de quelques autres, terminent la floraison précipitée dont les hautes pelouses du Cantal nous ont rendus témoins.

Plusieurs lichens croissent à l'ombre du gazon jusqu'à ce qu'une couche de neige vienne les recouvrir; le lichen d'Islande est des plus communs; il partage les lieux arides avec le nivalis, le rangiferina et le sylvatica, qui préfèrent cependant les rochers entassés ou couverts de mousse à un sol recouvert d'une couche épaisse de terre végétale.

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