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TERRAIN PRIMITIF

 Dans l'exposé général qui précède, nous avons indiqué la position qu'occupent dans le département les grandes masses du terrain primitif.

Au Sud-Ouest, les cantons de Laroquebrou, d'Aurillac (sud), de St-Mamet, de Montsalvy et de Maurs en sont presque entièrement formés: à l'Est, il constitue le canton de Ruines, où vient se terminer la chaîne de la Margeride , une partie des cantons de Massiac, de St-Flour et de Chaudesaigues; au Nord, le canton de Champs, une partie de ceux de Marcenat, de Riom et de Sagnes: à l'Ouest, on le trouve dans les cantons de Mauriac et de Pleaux. Près de la Capelle et de Narnhac, au Sud; près de Pleaux , à l'Ouest, les nappes volcaniques atteignent la limite du département, ou même la dépassent; mais au-delà le sol est primitif, de sorte qu'il n'y a point discontinuité dans la structure géologique de la contrée.

Les roches primitives s'observent, en outre, dans la partie inférieure de la plupart des vallées qui descendent des montagnes centrales, au-dessous des couches tertiaires et des nappes volcaniques qui en forment les escarpements. Nous citerons, comme exemples : les vallées de l'Allagnon, entre le pont du Vernet et Massiac; de la Rue, près de Cheylade ; de la Doire, vers St-Cernin ; de Brezons, vers Térondels et Paulhenc.

Les chaînes montagneuses, formées de terrain primitif, affectent souvent des directions déterminées qui sont en relation avec le tracé des valides et avec la disposition des terrains stratifiés. Le Cantal et les pays environnants en offrent des exemples. Ainsi, la chaîne de la Margeride est, dans toute son étendue, depuis les sources de la Trueyre jusqu'aux environs de Ruines , dirigée du Sud-Sud-Est au Nord-Nord-Ouest; c'est aussi la direction des montagnes de Fix (Haute-Loire), d'une partie des cimes du Forez. Une direction, qui est environ du Sud 20 degrés Ouest, (Pour mesurer les angles que des lignes font avec la méridienne, on divise la circonférence du cercle en 3G0 degrés : le quart du cercle ou le cadran renferme, par conséquent, 90 degrés, et ta direction indiquée se rapproche beaucoup de celle du Sud-Sud-Ouest au Nord-Nord-Est.) au Nord 20 degrés Est, s'observe dans plusieurs parties du cours de la Dordogne, dans quelques groupes des montagnes de la Corrèze. Elle est très-marquée dans la région montagneuse nord-ouest du département du Puy-de-Dôme. Elle est aussi celle de l'axe commun de la formation houillère de Madic et de Bassignac et des petits lambeaux de terrain houiller que nous avons signalés.

Pour achever d'esquisser les traits principaux qui caractérisent la région primitive, nous observerons que les montagnes de la Margeride, auprès de Vabres et de Clavièrcs, présentent des pentes plus rapides et plus brusques que celles qu'offrent, dans le département, les autres montagnes de même formation.

Nous avons dit que le relief général du terrain s'exhausse à une certaine distance des plateaux. Il en résulte que les pentes des plateaux et des montagnes environnantes sont le plus souvent inverses. Les cours des rivières sont quelquefois conformes à cette disposition ordinaire du sol. On peut citer : le cours de la Trueyre, entre Anglards et son confluent avec le Brezons; le cours de la Cère, entre Sansac et Laroquebrou. Mais les eaux s'échappent ensuite de la ceinture primitive, à travers des gorges plus profondes encore, dont il serait difficile d'expliquer le creusement par l'action seule des érosions.

Décrivons maintenant la nature des roches qui constituent le terrain dont nous nous occupons.

Les granites (Ces roches sont formées par une agrégation de petits cristaux qui appartiennent à trois minéraux différents : le feldspath orthose, le quartz et te mica.) forment, auprès de Laroquebrou , de Glenat, de Marcolès, un massif assez important, qui se relie aux vastes régions granitiques de la Corrèze. A l'extrémité Sud-Est du département, ils s'observent entre Chaudesaigues et les montagnes volcaniques de la Guiolle, et auprès de St-Just et de St-Marc. Entre Morjou et Leucamp, entre Champagnac et la Dordogne, le terrain en est composé. Des masses et des îlots granitiques peu étendus se voient, en outre, en beaucoup de points; par exemple : aux Vaulmiers; au pont du Vernet; auprès de Marchastel et de St-Bonnet; au Broc, près Menet; au pont d'Auze , près Mauriac.

La structure et l'aspect de la roche sont variables. Vers Laroquebrou et Siran, elle est à grains fins, à feldspath et quartz blancs, à mica blanc ou noir. Dans la commune de Lorcières et vers le point où la route de St-Flour à Malzieu sort du département, on trouve le granite à grandes parties, renfermant de très-beaux cristaux blancs ou translucides de feldspath orthose. Aux Deux-Verges et à Jabrun, il est à petit grain, quelquefois passant presque au quartzite; il contient de grandes lames de mica, et, vers la dernière de ces localités, de la tourmaline.

Les dégradations causées par les agents atmosphériques produisent sur quelques roches granitiques des effets remarquables. Certaines parties, résistant mieux à ces actions que la masse du terrain, conservent encore leur structure, lorsque le granite qui les environnait a été désagrégé. Elles restent sur le sol, formant des blocs à surfaces arrondies et à contours bizarres : parfois ces pierres se trouvent posées les unes sur les autres, et dans un équilibre si peu stable qu'une faible force suffirait pour remuer une masse énorme. Les environs d'Anterrieux, ceux de Marcolès, sont couverts de blocs de cette nature.

Les roches à structure schisteuse et les roches gneissiques sont de beaucoup dominantes dans le terrain primitif du Cantal. Le micaschite est surtout fort abondant : il passe souvent au gneiss. On voit en outre des schistes talqueux, des quarzites plus ou moins micacés. Ces dernières roches forment tantôt d'assez grandes masses, tantôt des bancs parallèles aux bancs de gneiss et aux feuillets de micaschiste. On les observe notamment auprès de Laroquebrou, au pont d'Auze. (On nomme schistes, toutes les roches dont ta contexture est feuilletée.

Les gneiss ne différent des granites qu'en ce que les paillettes de mica sont disposées suivant des plans parallèles, ce qui leur donne une apparence rubanée. Les micaschistes sont formés aussi des mêmes éléments, mais le mica y est beaucoup plus abondant. Dans les schistes talqueux, le mica est remplacé par un autre minéral, le talc. Les quarzites sont des roches de quartz, tantôt grenues, tantôt compactes.)

Les schistes amphiboliques se rencontrent en plusieurs endroits.. Ce sont des roches analogues aux micaschistes et aux gneiss, mais dans lesquelles des lamelles d'amphibole hornblende remplacent les paillettes de mica : parfois ces lamelles sont très-abondantes et bien développées , et forment la presque totalité de la roche. Ces schistes existent : auprès de Madic, entre le terrain houiller et la route de Bort à Mauriac; entre Riom et Menet; à la Chasseilly, village situé entre Riom et Condat; à Molompize , où l'on trouve aussi de l'amphibole hornblende, en masses et de l'amphibole actinote verte en masses fibreuses.

Nous devons signaler : quelques roches feldspathiques compactes; des roches de quartz et de feldspath sans mica; des porphyres, (On appelle porphyres des roches composées d'une pâte qui englobe des cristaux ou des nodules) que l'on trouve à Chaudesaigues en filon dans le gneiss; à Sagnes; près de Champleix (commune de Jalleyrac); vers les Deux-Verges.

Remarquons que quelquefois des bancs de granite à grains fins existent au milieu du gneiss, et que ces roches peuvent passer de l'une à l'autre : ces alternances se voient notamment sur les bords de la Trueyre, entre Turlande et Ste-Marie.

Dans l'arrondissement de Mauriac, le calcaire saccharoïde, ( Espèce de marbre, nommée saccharoïde parce que sa cassure cristalline offre quelque ressemblance avec celle du sucre.) forme des bancs parallèles aux bancs de gneiss et de micaschiste, au milieu desquels il est intercalé. Il ne constitue pas des masses comparables aux précédentes par leurs grandeurs ; mais il est fort important au point de vue industriel, parce qu'on l'exploite comme pierre à chaux. Cette sorte de marbre renferme généralement des paillettes de mica ou des lamelles de talc; il est quelquefois un peu quartzeux, et sa pureté varie beaucoup d'un lit à l'autre. Les principaux gisements sont : la Forestie , près Chalvignac ; Druilhes et le Montel. près Jalleyrac et Bassignac. Ces calcaires sont tout-à-fait semblables à ceux de Savènes et de Ruère (Puy-de-Dôme) , et de Gioux (Corrèze).

Quoique les bancs de micaschiste et de gneiss soient souvent fort tourmentés et fort irréguliers dans leurs allures, on peut remarquer qu'en masse ils affectent le plus généralement une direction de l'Est à l'Ouest, ou des directions qui s'en approchent. Ce fait n'est point particulier à une seule région du département: il s'observe : à la Forestie; près de St-Cernin , dans les ravins de la Doire; vers Naucelles; sur les bords du Brezons et de la Trueyre ; auprès de Leyvaux , dans les gorges du ruisseau de Voyrèse. Les inclinaisons des mêmes bancs sont très variables , mais en général plus rapprochées de la verticale que de l'horizontale. Dans la région ouest, les lignes de direction dominantes sont souvent aussi orientées du Sud-Sud-Ouest au Nord-Nord-Estv

Le terrain primitif renferme accidentellement diverses substances minérales ou métalliques, et, dans la France centrale, il est le gisement presque unique des métaux autres que le fer. Ces substances se trouvent le plus souvent en filons; c'est-à-dire remplissant des fentes qui coupent la masse des terrains, et quelquefois en ont déplacé une partie par rapport à l'autre, de manière à ce que les bancs ne se correspondent pas de part et d'autre de la fente remplie.

Les filons quartzeux sont les plus communs et sont quelquefois remarquables par leur puissance. Comme le quartz plus dur que la roche encaissante, a généralement mieux résisté aux destructions causées par les agents atmosphériques, ils se dessinent souvent a la surface par des espèces de crêtes ou de murs saillants. Le plus remarquable de ces murs naturels est celui que forme le filon de Turlande, près Paulhenc, qui coupe dans toute leur hauteur les ravins de la Trueyre : l'élévation extraordinaire de ces rochers, leurs découpures pittoresques feraient des environs de Turlande l'un des sites les plus dignes d'attirer l'admiration des curieux, si la difficulté des communications n'était un obstacle que peu de personnes essa'ient de surmonter.

On trouve le fer peroxidé dans les environs de Nébouzac, près Pleaux ; gisement en relation avec les filons d'Embrousse, d'Estrades et de Rilhac, villages voisins situés dans la Corrèze. On le trouve aussi en filons auprès de Thinières, commune de Beaulieu ; à Fondevial, commune de Molèdes.

On connaît à Molompize un filon de mispickel (fer sulfuré arsenical) : ce même minéral s'observe au Cazaret, près St-Santin-Cantalès. Le fer sulfuré existe en divers points, notamment auprès de Chaudesaigues.

Le plus important des gisements connus de galène (plomb sulfuré) est celui du Cazaret, près St-Santin. Le minerai y est riche en argent, contient même un peu d'or: il est associé à la blende (zinc sulfuré). On trouve aussi de la galène : à Rouffiac; à Sauverniole, près Madic; à Thinières, dans des filons de baryte : ces deux derniers gisements paraissent en relation avec les mines voisines de Ribeyrol, de Stature (Corrèze). Il est à observer que les points indiqués ici sont tous assez rapprochés d'une ligne dirigée du Sud 20 degrés Ouest au Nord 20 degrés Est, qui passerait par l'axe du terrain houiller; et cette direction paraît être celle des fiions ou des gîtes de plomb sulfuré.

Dans le nord de l'arrondissement de Saint-Flour, l'antimoine sulfuré existe en veines ou en noyaux dans des filons de quartz. Les principaux gisements sont: Ouche, près Massiac , où est une mine qui était naguère exploitée; Luzer, près St-Mary-le-Plain; Chazelles, commune d'Auriac; Verteserre, commune de la Chapelle-Laurent.

Parfois les roches schisteuses présentent des veines argileuses colorées en noir par la présence du carbone : ces veines renferment du graphite assez impur. On trouve cette substance : dans les carrières de calcaire de la Forestie; à Prunet; à Tansac; vers Pomiers, près le pont d'Auze.

Les phénomènes qui ont présidé à la formation des terrains primitifs, et qui leur ont imprimé leur disposition actuelle sont sans doute multiples et fort divers, et, dans l'état de la science, il serait impossible d'en rendre un compte exact.

Les terrains gneissiques et schisteux, disposés en lits et bancs parallèles, offrent tous les indices de la stratification et doivent leur origine première à des sédiments déposés par les eaux. D'un autre côté, leur contexture cristalline, l'absence de toute espèce de fossiles, les traces visibles d'altération que présentent certaines roches, telles que les quartzites, montrent qu'ils ont été profondément modifiés, et la chaleur paraît avoir été la principale source de ces modifications. Ces terrains mixtes sont dits métamorphiques.

Il n'en est pas de même des grandes masses granitiques et de certaines roches porphyriques, dont la structure cristalline et homogène, sans trace de bancs réguliers ou de stratification, semble indiquer un état primitivement fluide ou pâteux, suivi d'un refroidissement lent, pendant lequel les divers éléments ont pu se grouper d'après leurs affinités. D'ailleurs ces roches forment souvent, soit dans le gneiss , soit dans, des roches cristallines d'autre nature que la leur , des filons tout-à-fait semblables à ceux que forment les trachytes, les basaltes et les autres roches évidemment volcaniques : elles doivent donc être réputées d'origine ignée.

Rappelons que parfois les roches purement cristallines passent à des roches schisteuses, et que la distinction entre lés roches ignées et les roches métaphoriques est souvent difficile et obscure. .

Les terrains schisteux, d'origine sédimentaire, n'ont pu être stratifiés qu'horizontalement. Les relèvements, les dislocations et les contournements qu'offrent leurs bancs prouvent que le sol primitif a subi d'immenses bouleversements, lesquels ont pu coïncider avec l'apparition de quelques-unes des masses ignées. (On a comparé l'effet du soulèvement d'une chaîne de montagnes à celui que produirait un mur immense, surgissant à travers une fente de l'écorce terrestre, et forçant tes parties voisines de cette écorce à se relever de part et d'autre de la fente. Dans certains ras le relèvement a pu avoir lieu sans que le mur poussé de bas en haut soit arrivé jusqu'au jour.)

Il serait impossible de retracer d'une manière certaine l'histoire de tous ces cataclysmes : la constitution du sol semble pourtant offrir, d'une manière assez nette, les traces de quelques-uns d'entre eux.

La constance des directions voisines de l'Est-Ouest indique un soulèvement affectant une direction analogue. Ce serait un des plus anciens; car, s'il est bien marqué par la disposition que présentent le plus souvent les bancs de gneiss et de micaschiste, il l'est peu par ia configuration générale du sol.

Nous avons signalé plus haut la direction du Sud-Sud-Est au Nord-Nord-Ouest qui appartient à la chaîne de la Margeride, et celle du Sud 20 degrés Ouest au Nord 20 degrés Est. Toutes les deux sont au contraire fortement dessinées dans Je relief du pays. Là seconde joue un grand rôle dans la disposition du terrain houiller, fait sur lequel nous aurons lieu de revenir. Ces deux directions se retrouvent non seulement dans la France centrale, mais dans d'autres chaînes éloignées et dans la configuration du continent.

Enfin, quelques-uns des défilés profonds qui donnent passage aux eaux paraissent devoir leur origine à des secousses contemporaines des derniers phénomènes volcaniques de la contrée, secousses qui ont ouvert des fentes étroites, sans causer d'ailleurs une grande perturbation dans la disposition du terrain primitif. 

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